titre utilisation dans les sciences humaines

Nos recherches à savoir comment Ajax est utilisé dans le domaine des sciences humaines furent peu fructueuses. Sur son blogue, Dan Cohen co-auteur «Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, and Presenting the Past on the Web», fait le même constat en déclarant qu’Ajax est peu utilisé dans la sphère académique.1 Malgré tout, Ajax reste attrayant pour les sciences humaines, particulièrement pour les bibliothèques et musées, puisqu’il met l’emphase sur une présentation interactive du texte et des données sans trop mettre l’accent sur le côté graphique comme pourrait le faire une technologie tel Flash. Cohen met toutefois en garde les historiens qui désireraient utiliser cette application, et demande que l’on réfléchisse sur ce qu’est une utilisation appropriée de l'Ajax dans les sites Web historiques. Nous devons nous assurer que cette application permettra d’atteindre les buts de nos projets et bien reconnaître les avantages et les désavantages d’un tel outil. Cohen nomme comme grand désavantage d’Ajax pour l’utilisation académique la difficulté de retrouver un URL pour un document spécifique, ce qui entraînerait un problème dans l’archivage des pages et l’utilisation du marque-page. Par contre, il recommande l’utilisation d’Ajax pour les formulaires, les rendant ainsi moins longs et plus faciles à naviguer. Il donne comme exemple le formulaire de Hurricane Digital Memory Bank.2

Ajax est peu utilisé académiquement en sciences humaines. Par contre, son interactivité pourrait bien s’intégrer à des projets de type pédagogique ciblant comme utilisateur le grand public. Il est vrai qu’Ajax possède plusieurs inconvénients. Par contre, une fois la connaissance de ces inconvénients acquise, des mesures peuvent être prises pour palier à ceux-ci, comme nous allons le voir plus loin. 

Pour ce qui est du Web 2.0, les historiens s’y impliquent de plus en plus. Plusieurs historiens ont leur blogue. Dan Cohen sur son propre blogue invite les professeurs à posséder le leur.3 Il ne faut pas oublier que le blogue devient un autre médium de publication et permet de partager avec les autres une passion. Cohen invite aussi le monde académique à se libérer des préjugés entourant les blogues, particulièrement ceux où seuls les adolescents attardés sont utilisateurs de ce genre d’outil. Plusieurs blogues historiques son disponibles sur le Web comme «History Blog»4 hébergé par l’Université Georges Mason. De plus, William J. Turkel du département de l’Université Western en Ontario et Nicolás Quiroga de Tapera effectuent une étude à propos des blogues historiques.5 Les deux chercheurs posent des questions sur les raisons de visiter un blogue historique, mais aussi sur les objectifs lorsque l’on en met un sur pied.

Les sciences humaines peuvent aussi être intéressées par des applications web servant à gérer des données. Par exemple, Library Things6 offre de se faire une base de données de nos lectures en ligne. De plus, plusieurs sites de folksonomie comme del.icio.us ou Digg permettent aux gens s’intéressant à certains sujets dans le domaine des sciences humaines de créer des marque-pages sur leurs sites préférés.7 Le Web 2.0 prône le partage de données, ce qui peut faciliter le travail des universitaires. Par contre, ce point reste à discuter, puisque plusieurs érudits ont peur du partage d’informations et surtout du vol d’idées. Une autre question se pose, à savoir si les sites de partage de l’information comme les wikis et les blogues proposent des savoirs crédibles.8 Cette question demande une plus grande réflexion qui ne sera pas faite dans le cadre de ce travail.

Un chapitre de Digital History, «Collecting History online», encourage les historiens à développer des projets Web qui vont au-delà de la présentation du simple texte.9 Nous devrions profiter de l’interactivité que nous offre l’Internet. Par exemple, l’avenir de la collecte d’archives peut être facilité par le Web. Quoi de mieux, qu’utiliser le Web pour amasser des documents, images, sons, vidéos pour de futures recherches. L’idée d’interactivité et d’échange d’information cadre dans le concept du Web 2.0. Des initiatives comme Hurricane Digital Memory Bank, Moving Here: Two Hundred Years of Migration to England ou September 11 Digital Archive en plus de partager de l’information, permettent aux usagers d’enrichir les collections.10 Pour ce qui est de la valeur historique des récits amassés sur ce genre de site, Marshal Poe, professeur d’histoire à l’Université Harvard et créateur d’un wiki, MemoryArchive.org11, est en accord avec ce genre de pratique. Pour lui ce type de récits prendra de la valeur avec le temps et sera l’équivalent d’un article de journal des siècles derniers.12

1. Dan Cohen. «Using Ajax Wisely» [En ligne]. 2 mai 2006, Adresse: http://www.dancohen.org/blogue/posts/using_ajax_wisely, consulté le 13 octobre 2006.

2. Hurricane Digital Memory Bank. Hurricane Digital Memory Bank: Collecting and Preserving the Stories of Katrina and Rita  [En ligne]. Center for History and New Media, Créé en 2005, Adresse:   http://www.hurricanearchive.org/, consulté le 13 octobre 2006.

3. Dan Cohen. «Professor Start your Blogue» [En ligne]. 21 août 2006. Adresse: http://www.dancohen.org/blogue/posts/professors_start_your_blogues, consulté le 13 octobre 2006.

4. History Blogs [En ligne]. George Mason University, Adresse: http://hnn.us/articles/1572.html, consulté le 13 octobre 2006.

5. Tapera-DHH Survey of History Blogues [En ligne].Western University, Adresse:  http://digitalhistory.uwo.ca/wiki/index.php/Tapera-DHH_Survey_of_History_Blogues#The_Questions, consulté le 13 octobre 2006.

6. LibraryThing. LibraryThing: Catalog your books online [En ligne]. Adresse: www.librarything.com, consulté le 12 octobre 2006.

7. Del.icio.us. Del.icio.us : social bookmarking [En ligne].  Yahoo Inc.. Adresse: http://del.icio.us, consulté le 12 octobre 2006 et Digg. Digg / Technology [En ligne].  Digg Inc.. Adresse : http://digg.com/, consulté le 12 octobre 2006.

8. Andrew Keen. «Web 2.0» [En ligne].  The Daily Standard, 15 février 2006, Adresse: http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/006/714fjczq.asp?pg=1, consulté le 12 octobre 2006.

9. Daniel J. Cohen et Roy Rosenzweig. «Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, and Presenting the Past on the Web» [En ligne]. Adresse :  http://chnm.gmu.edu/digitalhistory/collecting/, consulté le 30 août 2006.

10. Moving Here: Two Hundred Years of Migration to England[En ligne].National Grid for Learning/ The National Archive (UK), Adresse:http://www.movinghere.org.uk/default.htm, consulté le 20 octobre 2006, et   The September 11 Digital Archive [En ligne]. Center for History and New Media / American Social History Project, Créé en 2002, Adresse: http://www.911digitalarchive.org/, page consulté le 20 octobre 2006.

11. Ce site invite les gens à y laisser leurs histoires personnelles : MemoryArchive. MemoryArchive, the encyclopedia of memories[En ligne]. Adresse: http://www.memoryarchive.org/en/MemoryArchive, consulté le 24 octobre 2006.

12. Nicolas Ritoux. «Mes mémoires sur Internet». La Presse, mardi 24 octobre 2006, p. Actuel 2.

précédent
haut
suivant