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VIROLOGIE
FONDAMENTALE
Dengue -
le modèle de facilitation de l'infection
virale par les anticorps (Antibody-Dependant
Enhancement, ADE) est mis à
mal
La dengue ou fièvre dengue
(FD), la plus
fréquente des arboviroses humaines,
transmise par des moustiques du genre Aedes, est
due à 4
sérotypes viraux de la famille des
Flaviviridae (DEN-1 à DEN-4) ne conférant pas
d'immunité croisée entre eux.
Endémo-épidémique dans toutes
les régions tropicales urbaines du globe, la
FD est considérée comme une
maladie émergente
du fait de l'extension spectaculaire de son aire
géographique et de sa
morbidité/mortalité en
hausse depuis ces
cinquante dernières années : on
estime à 100 millions le nombre de cas
annuels, dont 500 000 formes graves causant 30 000
décès.
En dépit de
symptômes bruyants (fièvre
élevée et syndrome algique
marqué), elle est
dans sa forme commune dite fièvre dengue
classique, d'évolution
bénigne avec
retour à l'apyrexie en moins d'une semaine
mais convalescence longue. À
l'opposé, pour des
raisons non encore entièrement
élucidées, l'atteinte virale peut
revêtir un caractère dramatique avec
mise en jeu du pronostic vital : c'est la dengue
hémorragique avec
ou sans syndrome de choc (DHF/DSS)..
Le modèle
prévalent à l'heure actuelle
(hypothèse
d'Halstead), mais encore
controversé, pour expliquer le
développement d'une forme grave de la
maladie est la facilitation de l'infection par les
anticorps (Antibody-Dependant Enhancement,
ADE). On a, en effet,
constaté, dans les pays où circulent
plusieurs types viraux, que les
présentations graves de la Dengue sont
parfois associées à une
deuxième infection (Thaïlande). On a
aussi pensé que le développement de
la dengue hémorragique chez les nourrissons
d'environ 6 mois, serait dû aux anticorps
anti-virus de la dengue transférés de
la-mère à son enfant.
Cette hypothèse n'est
pas universellement acceptée, dans la mesure où des
observations de dengue compliquée sont
constatées chez des patients sans
antécédents d'infection par un autre
type. Par ailleurs, voici que, dans le cas de la transmission
mere-enfant,l'hypothèse de Halstead vient
maintenant d'être mise à mal par les
travaux récents d'une équipe de
recherche.
L'étude
révèle, en effet, que les anticorps maternels contre la dengue
protègent les nourrissons contre
l'éventail complet de la maladie de la
dengue. Elle montre
également que tous
les nourrissons présentant une infection
symptomatique par le virus de la dengue avaient des
anticorps ayant une activité facilitante de
l'infection (Antibody-Dependant Enhancement, ADE)
mesurable, mais elle n'a pu établir aucun
lien entre la quantité d'ADE et le
développement de la dengue
hémorragique.
Ainsi donc, l'hypothèse de Halstead ne peut
être démontrée.
Les auteurs concluent que
"les résultats
devraient inciter à repenser le
modèle actuellement proposé pour
expliquer le développement d'une forme grave
de la maladie , et donc orienter la recherche vers
de nouveaux mécanismes
potentiels".
Référence -
Libraty et
al. A Prospective Nested Case-Control Study of
Dengue in Infants: Rethinking and Refining the
Antibody-Dependent Enhancement Dengue Hemorrhagic
Fever Model. PLoS Medicine, 2009; 6 (10): e1000171
DOI: 10.1371/journal.pmed.1000171
VIH-
Découvertes importantes dans les
mécanismes de relargage des virions par les
cellules infectées
Nous avions fait état
(Récentes
perspectives en virologie - Février
2008) de découvertes importantes sur la
libération par la cellule infectée
des virions VIH,
à savoir que:
- la protéine Vpu du VIH est
nécessaire à un assemblage viral
efficace et au bourgeonnement. Lors de celui-ci,
elle facilite la libération des particules
virales.
- Si Vpu est absente, les
virions restent rattachés, comme
soudés, à la membrane plasmique et ne
sont donc pas libérés pour infecter
des cellules voisines.
- Quand Vpu est
présente, elle séquestre une
protéine induite par l'interféron, la
téthérine, ce qui a pour
résultat qu'un grand nombre de particules
virales peuvent quitter la surface
cellulaire.
On savait donc que
la substance responsable
de la rétention des virions sur la membrane
plasmique en l'absence de Vpu est la
téthérine. Toutefois, on
ne savait pas exactement comment fonctionne cette
dernière pour souder les virions à la
membrane plasmique.
Un grand pas vient
d'être franchi dans cette
direction par une
équipe de recherche qui montre que
la
téthérine possède deux
extrêmités terminales qui lui
permettent respectivement de s'ancrer, d'une part,
dans la membrane cellulaire et, d'autre part, sur
les virions VIH. Les
chercheurs établissent que ces extrêmités fonctionnent
en se liant non aux protéines (cellulaires
ou virales), mais aux lipides présentes dans
la membrane cellulaire et dans l'enveloppe des
virions.
Référence -
David Perez-Caballero, … and Paul D. Bienias.
Tetherin Inhibits HIV-1 Release by Directly
Tethering Virions to Cells. Cell, Volume 139, Issue
3, 499-511, 30 October 2009
La
protéine en doigt de zinc nsp1 du virus du
SRAS est un important facteur de
virulence
La focalisation actuelle des
média sur le virus grippal (A)H1N1 fait
oublier que le SRAS
(syndrome respiratoire aigu
sévère) a
été la première maladie grave
et transmissible à émerger en ce
XXI° siècle. L'épidémie,
partie de Chine fin 2002, a éclaté au
niveau mondial en 2003 faisant plus de 8000 cas et
près de 800 morts. Grâce à une
mobilisation internationale sans
précédent, motivée par
l'alerte mondiale déclenchée le 12
mars 2003 par l'OMS, l'épidémie a pu
être endiguée par des mesures
d'isolement et de quarantaine.
L'agent responsable de la
maladie appelé aujourd'hui SARS-CoV a
été identifié dès la
fin du mois de mars 2003 par culture cellulaire,
microscopie électronique, puis par PCR. Ce
virus n'avait jusqu'alors jamais été
observé chez l'homme. Le SARS-CoV appartient
aux Coronaviridae
qui sont de gros virus (taille variant de 100
à 140 nanomètres) enveloppés
à ARN simple brin positif. Les particules
virales se présentent sous forme de
couronne, d'où l'appellation Coronavirus.
L'enveloppe est recouverte de spicules.
Rien n'indique aujourd'hui que
des souches de virulences différentes
existent et puissent différer dans leur
pouvoir infectant. Cependant, comme cela est
constaté pour d'autres virus,
l'apparition de souches
présentant des caractéristiques
différentes est possible et pourrait
conduire, soit à une augmentation, soit
à une diminution de la
virulence. Ces
éventuelles modifications sont susceptibles
d'avoir des conséquences sur
l'épidémiologie du
SRAS : elles pourraient
ainsi conduire à une extinction de la
maladie, à l'apparition de formes
bénignes ou plus graves, et plus ou moins
épidémiogènes par
l'acquisition ou la perte par mutations de facteurs
de virulence et de transmission. La connaissance des facteurs de virulence du
virus du SRAS est donc essentielle.
On vient de réaliser une
avancée
décisive dans cette direction. En effet, une équipe vient de
montrer que la
sous-unité N-terminal de la réplicase
virale, la protéine 1 non structurale (nsp1)
est un important facteur de
virulence. Les
scientifiques démontrent, en effet, que
nsp1 interfère
avec la synthèse de l'interféron
Beta et, ce, de
deux
façons:
- soit en se liant
à la sous-unité 40s des ribosomes qui
deviennent incapables de lire les ARN messagers
codant pour l'interféron;
- soit en rendant
illisibles ces mêmes ARN messagers par les
ribosomes. snp1 agit, en effet, comme une
protéine à doigt de zinc capable de
se lier aux ARN messagers
Ces travaux pourront
éventuellement mener les chercheurs sur la
piste de nouveaux
médicaments susceptibles de contrer la
virulence des souches du virus SRAS.
Référence -
Wataru Kamitani, Cheng Huang, Krishna Narayanan,
Kumari G Lokugamage, Shinji Makino. A two-pronged
strategy to suppress host protein synthesis by SARS
coronavirus Nsp1 protein. Nature Structural &
Molecular Biology 16, 1134-1140 (18 October 2009)
Progrès décisifs dans la
connaissance de la capside du VIH - Vers de
nouveaux antiviraux
Tout traitement contre
le VIH peut engendrer des
résistances aux antiviraux. Le virus mute et peut ainsi
échapper à ses agresseurs. Il est
alors utile de multiplier
les approches thérapeutiques nouvelles
susceptibles de limiter les résistances
vis-à-vis des traitements
existants.
Parmi celles-ci, on élabore depuis quelques
années un nouveau type de médicament
capable de s'attaquer aux protéines qui
enveloppent le génome du VIH. Il s'agit de la capside,
structure qui entoure et protège les
gènes viraux.
Pour que le virus se
multiplie, la capside doit être
préservée.
C'est pourquoi, tout
médicament s'attaquant à elle
affaiblit considérablement le
virus. Pour
trouver des
molécules remplissant cette
fonction, il est
nécessaire de
connaître avec précision la structure
de la capside elle-même. Or, celle-ci résistait aux
investigations des chercheurs
Ce qu'on savait était que
le VIH est constitué d'une particule
sphérique délimitée par une
membrane à laquelle sont
intégrées des protéines
d'enveloppes. A l'intérieur des virus
infectieux, se trouve un compartiment de forme
conique. Cette structure qui renferme le
génome, la
capside, est formée par environ 250
composés de forme hexagonale,
associés comme à la surface d'un
ballon de football. La
forme générale de l'ensemble n'est
toutefois pas sphérique mais conique.
La structure de cette capside se
présente comme une mosaïque. En effet,
chaque facette ou
hexagone constituant la capside virale est
formée d'un hexamère qui se
présente comme " une fleur sans bouton "
contenant 6 protéines de capside (CA), " ses
pétales ". Enfin
chaque protéine est constituée de 2
domaines, les domaines C-terminal (CTD) et
N-terminal (NTD) reliés entre eux par une
boucle flexible.
Les interactions liant les
protéines entre elles dans les
hexamères sont une cible potentielle pour
une molécule antivirale qui agirait en
empêchant ces assemblages. Le virus ne pourrait plus alors
être actif. Malheureusement, malgré
les efforts des chercheurs, la nature de ces interactions est
resté inconnu. En
effet, comprendre ces interactions nécessite de connaître avec
précision la structure des sous domaines des
molécules protéiques. Or, si on a
découvert facilement la structure des deux
sous-domaines rigides (CTD et NTD), celle du
domaine flexible intermédiaire a
été plus difficile.
Or, voici qu'une équipe
de recherche vient de lever le voile sur cette dernière
question.
En utilisant deux techniques,
à savoir la résonance magnétique
nucléaire et la
cryomicroscopie
électronique, les
chercheurs ont pu déterminer la structure du domaine
flexible intermédiaire permettant les
interactions entre les
hexamères.
Maintenant qu'on
connaît la structure de l'interface
intramoléculaire qui joue le rôle
essentiel dans la stabilisation de la capside et
sont donc des points sensibles de sa structure, on
devrait être à même de
développer de nouveaux
antiviraux.
Référence -
In-Ja L. Byeon … and Angela M. Gronenborn.
Structural Convergence between Cryo-EM and NMR
Reveals Intersubunit Interactions Critical for
HIV-1 Capsid Function. Cell, Volume 139, Issue 4,
780-790, 13 November 2009.
Nouvelles données sur
l'intégration du VIH dans le génome
cellulaire - Vers la mise au point de nouvelles
substances anti-intégrase
Il est bien connu que,
lorsque le VIH-1 infecte
une cellule, son ARN génomique est
copié en ADN double brin par l'ADN
polymérase virale : la transcriptase inverse
ou RT. Cet ADN va alors
migrer vers le
noyau au sein d'un
complexe multiprotéique ou complexe de préintégration
(PIC), et sera ensuite
intégré
dans le génome de la cellule par
l'intégrase
rétrovirale.
Tout récemment et faute
d'avoir pu trouver des
séquences consensus adjacentes au provirus
intégré, le dogme était que
l'intégration se faisait strictement au
hasard. Mais, la connaissance complète du
génome humain a permis d'examiner à
grande échelle les sites
d'intégration. Plusieurs groupes se sont
alors lancés dans l'identification
précise des sites d'intégration du
génome du VIH-1 et ont pu démontrer au contraire un biais
considérable en faveur d'une
intégration dans les régions
transcrites des gènes en
général (par opposition aux
régions non informatives de l'ADN), en
particulier dans ceux stimulés par
l'infection à VIH1. Bien qu'aucune
spécificité de séquence n'ait
été mise en évidence,
la distribution des sites
d'intégration a été
caractérisée comme non
aléatoire, mais comme se faisant
au niveau de gènes
actifs dans la
cellule.
Une équipe de recherche
vient de préciser le tableau en
montrant que les
génomes VIH s'intègrent dans les
régions transcrites à
proximité, et non de façon
contigüe, aux régions de départ
de la transcription.
Plus précisément, l'intégration se fait à une
distance de 1000 nucléotides, soit à
gauche, soit à droite de celles-ci. Il y a
donc des régions où le VIH ne
s'intègre jamais.
Les scientifiques pensent qu'elles doivent
receler une structure qui
empêche cette intégration (peut
être en rendant impossible l'action de
l'intégrase virale) et, donc, que si on
arrivait à la découvrir, on pourrait
donc découvrir des substances anti-VIH qui
viendraient enrichir la panoplie des
anti-intégrases.
Référence - Giordano et al. Cold spots in hot
spots: transcription start sites of active genes
are spared from HIV vector integration :. AIDS,
2009; 23 (18): 2535 DOI:
10.1097/QAD.0b013e3283336432
Visualisation en temps direct de
l'assemblage et du bourgeonnement des particules
VIH à la membrane plasmique de la
cellule
La phase tardive du cycle de
réplication des virus en général, et en
particulier du virus de l'immunodéficience
humaine de type 1 (VIH1),
correspond à une des étapes clés de la
dissémination du virus. Elle correspond à une
étape où l'ensemble des
composants viraux
s'accumule au niveau de la membrane
plasmique pour
donner naissance à
de nouvelles particules virales susceptibles d'infecter d'autres
cellules cibles. Trois
étapes majeures y
sont réalisées parmi lesquelles
l'assemblage, le
bourgeonnement
et la maturation. En
ce qui concerne l'assemblage et le bourgeonnement
à la membrane plasmique, ces
dernières années ont vu
émerger la notion que la protéine Gag, qui forme la coque du virus, est la
seule protéine
virale nécessaire au
déroulement de
ces étapes. Cependant, les détails de cette série
d'événements restaient encore
à être
précisés.
Une équipe de recherche,
grâce aux nouvelles techniques d'imagerie
cellulaire, a pu réussir à
visualiser l'assemblage
et le bourgeonnement des particules du VIH à
la membrane plasmique de la cellule. Plus spécifiquement, les
chercheurs ont utilisé la "technique de marquage à la
protéine fluorescente verte
(GFP)", une
protéine qui, comme son nom l'indique, a la
propriété d'émettre une
fluorescence de couleur verte. Les scientifiques
ont fusionné son
gène in-vitro au gène de la
protéine gag du VIH , puis ont introduit le gène
recombinant dans des cellules qui ont alors
synthétisé la protéine de
fusion gag, alors fluorescente. Ils ont pu alors
l'observer à l'aide d'un microscope à
fluorescence.
Simultanément, les
cellules contenaient 7 autres gènes du VIH
fournissant les protéines nécessaires
à la réplication du
virus.
Pouvant voir constamment les
protéines gag, l'équipe a pu
suivre et photographier
celles-ci en temps réel dans les cellules
où le VIH se répliquait et
préciser de ce fait leurs voies de trafic
intracytoplasmiques. De
plus l'assemblage des
particules virales à la membrane cellulaire
a pu être visualisé, ainsi que leur
relargage dans le milieu
extracellulaire. Le
temps séparant le début de la
maturation des virions à la membrane
plasmique et leur relargage a pu être
estimé à 1,500±700 secondes (25±11
minutes).
Référence -
Ivanchenko et al. Dynamics of HIV-1 Assembly and
Release. PLoS Pathogens, 2009; 5 (11): e1000652
DOI: 10.1371/journal.ppat.1000652
Article disponible en ligne
à:
http://www.plospathogens.org/article/info:doi%2F10.1371%2Fjournal.ppat.1000652
Découverte du mécanisme
responsable de la fièvre dans les infections
par les virus de la grippe
Contre les virus, nos cellules
ne manquent pas de ressources : elles
développent un arsenal de défense
varié, et les
stratégies de l'immunité sont
multiples. Cette
réalité est illustrée par la
découverte, il y a quelque temps, de la
voie
hélicase-RIG-I de l'ARN qui joue un
rôle essentiel dans la détection d'une
infection virale imminente et transmet directement
les signaux régulateurs déclenchant
la réponse antivirale de
l'hôte.
Plus concrètement, au
cours de l'infection, le virus déverse son
génome dans le cytoplasme de la cellule
hôte. Il va ensuite utiliser notre
matériel cellulaire pour se
développer. C'est ici, au cours de la
transcription du génome viral (fabrication
des ARN à partir du génome du virus),
que les chercheurs ont établi qu'un petit
ARN
bicaténaire se
formait et était reconnu par la protéine
RIG-I grâce
à une extrémité
particulière qu'il possède et qui est
composée de trois phosphates
enchaînés, que ne possèdent pas
les autres ARN cellulaires. La particularité
de ce mécanisme est qu'il est peu
spécifique : RIG-I peut ainsi
reconnaître toute une famille de virus ou
même n'importe quel ARN synthétique
portant le fameux motif phosphate. RIG-I ne se
préoccupe pas du reste de la séquence
de l'ARN, qui peut être très variable
d'un ARN à l'autre, mais uniquement du motif
de trois phosphates.
Cette reconnaissance des ARN
viraux va aboutir
à une cascade de
signalisation dans la cellule entraînant l'activation
d'IRF-3/7, d'AP1 et de NF-jB, principaux facteurs
de transcription impliqués dans la
production
d'interféron et
de cytokines pro
inflammatoires.
Une équipe de recherche
vient de montrer que la
production d'une de ces cytokines inflammatoires
par RIG-1 serait également responsable de la
montée de fièvre que l'on observe
dans toutes les grippes, mais plus
particulièrement dans celle causée
par le virus (A)H1N1.
Plus précisément, les chercheurs
montrent que RIG-1 déclenche la
production d'une
pro-interleukine-1.
Celle-ci se transforme
alors en une interleukine-1 mature, grâce à une enzyme, la
caspase, dont le
domaine CARD9 est activé par un complexe
multiprotéique ou
inflammasome.
L'interleukine-1 provoque
alors la fièvre et les
frissons, réponse
physiologique de l'organisme gênant la
réplication virale, laquelle est optimum
à 370C. La fièvre est donc utile et
permet une guérison plus rapide, tant
qu'elle ne dépasse pas les 38°5, limite
au delà de laquelle elle peut être mal
supportée.
Référence - Hendrik Poeck, Michael Bscheider,
Olaf Gross, Katrin Finger, Susanne Roth, Manuele
Rebsamen, Nicole Hannesschläger, Martin
Schlee, Simon Rothenfusser, Winfried Barchet,
Hiroki Kato, Shizuo Akira, Satoshi Inoue, Stefan
Endres, Christian Peschel, Gunther Hartmann, Veit
Hornung & Jürgen Ruland. Recognition of
RNA virus by RIG-I results in activation of CARD9
and inflammasome signaling for interleukin 1ß
production. Nature Immunology, 2009; DOI:
10.1038/ni.1824
On
découvre pourquoi l'hépatite B est
plus sévère chez les hommes que chez
les femmes
Il est connu qu'en moyenne l'hépatite B touche 3
hommes pour une femme et
que l'évolution
vers la chronicité (cirrhose, cancer) est
également plus grande chez les premiers (6
hommes pour 1 femme).
On ignorait les raisons d'un tel état de
fait. Ce n'est plus le
cas, grâce aux résultats d'une
recherche récente.
Les chercheurs
établissent, en effet, que l'apolipoprotéine A-I (apo A-I)
plasmatique, une protéine qui contrôle
l'inflammation, existe sous une forme
oxydée, et donc anormale, chez les hommes
infectés par le virus de l'Hépatite
B. Par contre, apo A-I reste normale chez les
femmes. Résultat: l'inflammation
hépatique est plus sévère chez
ceux-là que chez celles-ci.
Référence -
Fu Yang, …and Shuhan Sun. An Altered Pattern of
Liver Apolipoprotein A-I Isoforms Is Implicated in
Male Chronic Hepatitis B Progression. . Proteome
Res., Article ASAP DOI: 10.1021/pr900593r.
Publication Date (Web): September 29,
2009
Nouvelle
hypothèse: une exacerbation plutôt
qu'un effondrement de la réponse immunitaire
expliquerait la grande susceptibilité des
personnes âgées aux infections
virales
Il est bien connu que
les personnes
âgées présentent une grande
vulnérabilité aux infections
virales. La
sévérité et la
létalité de celles-ci augmentent , en
effet, avec l'âge. Ce qui est moins connu est la raison de
ce phénomène.
L'explication la plus
communément avancée était
l'affaiblissement du
système immunitaire. Une équipe de recherche propose
maintenant une autre
explication, qui irait
plutôt dans le sens d'une mauvaise réaction de l'organisme
des sujets âgés à la
réponse inflammatoire.
Pour arriver à cette
conclusion, les chercheurs ont infecté, par le virus
de l'herpès, des
souris en bas
âge (2-4 mois),
d'âge
moyen (8 -10 mois) et
âgées (18-20 mois). Les scientifiques ont
alors observé dans
tous les groupes une augmentation rapide des
médiateurs inflammatoires ou cytokines,
notamment de l'interleukine-17. Toutefois, les taux de cette dernière
allaient en augmentant avec
l'âge, avec, pour
conséquence, que, lorsque les investigateurs ont
examiné le foie des animaux, lieu où
le virus se réplique pour donner la
virémie secondaire, ils n'ont trouvé
de dommages (nécrose par cellules tueuses
NK) que dans la cohorte des individus
âgés. De
plus, lorsque les expérimentateurs ont
inhibé
l'interleukine-17, soit avant ou après
l'infection, les souris âgées ne
manifestaient plus de dommages au foie et ne
mouraient pas.
Ainsi donc, contrairement à ce qui
était communément admis, on peut
émettre l'hypothèse que la
susceptibilité des personnes
âgées aux infections virales pourrait
s'expliquer, non par un effondrement, mais
plutôt par une exacerbation, de la
réponse immunitaire. Il conviendrait donc chez elles,
plutôt que de
stimuler l'immunité, de modérer
certains aspects de celle-ci, soit la réponse inflammatoire.
Tout ceci devra être confirmé par
d'autres travaux.
Référence -
Heather W. Stout-Delgado,
…and Daniel R. Goldstein. Aging Promotes
Neutrophil-Induced Mortality by Augmenting IL-17
Production during Viral Infection. Cell Host &
Microbe Vol. 6, No. 5 446-456, (November 19,
2009)
Découverte du mécanisme
d'action du SEVI, facteur amplificateur du VIH dans
le sperme
On se souviendra
qu'on a découvert,
dans le sperme, des facteurs amplificateurs du
VIH. Il s'agit des
fragments "actifs" de la protéine PAP (protéine
phosphatase acidique prostatique) qui est produite et
sécrétée dans des
quantités très importantes (1-2
mg/ml) dans le sperme. Les fragments "actifs" de la
protéine PAP sont dénommés
SEVI (de l'anglais
"amplificateur de l'infection virale
dérivé du sperme"). Après un
rapport sexuel, la PAP peut être
détectée dans le vagin jusqu'à
24 heures après les rapports sexuels, et
dans ce temps elle peut se dégrader,
facilitant la formation des fragments,
agrégats et fibrilles qui constituent le
SEVI.
Bloquer cette
activité
constituerait, on le voit, une excellente possibilité de diminuer
le risque de transmission du virus par la voie
sexuelle.
Malheureusement, on
n'avait, depuis, pu faire beaucoup
progrès dans la
compréhension du
mécanisme qui mène à cette
cette activité.
Ceci est maintenant du
passé grâce aux travaux de deux
équipes de recherche dont les travaux
permettent de proposer un mécanisme explicatif de
l'activité du SEVI. Plus
précisément:
- une première
équipe (1) a réussi à
établir la structure moléculaire de
la protéine SEVI. Les scientifiques montrent
que cette structure permet la formation
d'assemblage en amas "de type spaghetti" des fibres
de ladite protéine. Ces amas se fixent alors
à à la surface des cellules
hôtes du VIH .
- La deuxième
équipe (2) explique comment les amas de SEVI
déforment la surface cellulaire, laquelle
forme alors des replis dans lesquels le VIH peut
s'encastrer et fusionner avec la membrane
cytoplasmique.
Avec l'objectif
d'améliorer la prévention de la
transmission du virus du Sida par voie sexuelle,
les chercheurs
s'intéressent maintenant à un
possible inhibiteur des SEVI : une solution incluant du gallate
d'epigallocatéchine, ou polyphénol du thé
vert.
Références -
1. Nanga et al. NMR
Structure in a Membrane Environment Reveals
Putative Amyloidogenic Regions of the SEVI
Precursor Peptide PAP248-286. Journal of the
American Chemical Society, 2009; 091117150504026
DOI: 10.1021/ja908170s
2. Brender et al. Helical
Conformation of the SEVI Precursor Peptide
PAP248-286, a Dramatic Enhancer of HIV Infectivity,
Promotes Lipid Aggregation and Fusion. Biophysical
Journal, 2009; 97 (9): 2474 DOI:
10.1016/j.bpj.2009.08.034
Nouvelle découverte sur la
structure des anticorps neutralisant efficacement
VIH
Le VIH est doté d'une
grande capacité de mutation qui lui permet
d'échapper
à une neutralisation par les
anticorps. De ce fait,
tous les prototypes de
vaccin proposés jusqu'à
présent ont une efficacité
très limitée et ne peuvent prévenir une
infection par ce virus.
A cet égard,
créer un vaccin
contre le VIH est un des grands défis
scientifiques de notre temps. On sait que, en étudiant
l'anticorps
b12 retrouvé dans
le sang, le sang de personnes ayant résisté
à une infection par le VIH, les chercheurs du VRC, ont
découvert que cet
anticorps se fixe sur le site de liaison entre la
glycoprotéine virale gp120 et le
récepteur CD4 de la cellule
hôte. C'est en se
fixant au récepteur CD4 qui se trouve
à la surface des cellules T que le virus
peut pénétrer la cellule et s'y
répliquer. L'anticorps b12, inhiberait cette
fixation et donc éviterait une infection. On
a pu ainsi constater que l'anticorps b12 peut protéger les
singes du VIH.
Le défi consiste
maintenant à stimuler le corps humain à
produire ces anticorps.
La protéine
HIVgp120 pourrait être utilisée pour
stimuler le corps à produire des anticorps
contre elle. Cependant,
les efforts
effectués en utilisant la gp120
monomérique comme immunogène n'ont pas abouti
à des préparations vaccinales
efficaces. Les anticorps
obtenus ainsi s'avèrent incapables de se fixer sur la
glycoprotéine d'enveloppe gp120
native, qui existe
à la surface de la cellule infectée
sous forme de trimères, et ne peuvent
donc neutraliser le VIH.
Manifestement, il existe une relation structure-fonction
de la glycoprotéine d'enveloppe gp120 qui
demande à être comprise. Une équipe de recherche vient
de faire, dans cette direction, un grand pas en avant.
L'étude démontre
que la raison de la
non-fixation des anticorps anti-gp120 similaires
à B12 (anticorps
produits par gp120 monomérique)
sur la
glycoprotéine fonctionnelle, est due
à la façon dont ces anticorps
s'attachent à celle-ci. En effet, un
examen attentif de ces anticorps montre que la
position de leurs sites d'attachement sur gp120
monomérique ne peut se faire qu'au prix
d'une déformation de cette protéine,
déformation impossible avec la structure
trimérique. En revanche, le site de liaison
à l'anticorps b12 permet de se fixer sans
problème à la gp120 possédant
sa structure trimérique
normale.
Le défi consiste donc
maintenant à faire produire par l'organisme
des anticorps qui possèdent des sites
d'attachement semblables à celui de
b12.
Référence -
L Chen et al. Structural basis of immune evasion at
the site of CD4 attachment on HIV-1 gp120. Science,
2009; DOI: 10.1126/science.1175868
Avancées significatives dans le
domaine des recherches en vaccination
thérapeutique contre les papillomavirus
humains (HPV) responsables des néoplasies
cervicales
La néoplasie vulvaire a été identifiée
comme l'une des 12 néoplasies dont
l'incidence augmente dans
les pays développés. Les néoplasies vulvaires
intraépithéliales
(VIN) et invasives
augmentent de 2,4 % par an et ce, essentiellement chez les femmes
jeunes. Les VIN
représentent 57 % des néoplasies
vulvaires et sont, en réalité, plus
fréquentes que les carcinomes invasifs. Aux
États-Unis, entre 1973 et 2000, l'incidence
des VIN a augmentée de 411 % contre 20 %
pour les cancers invasifs. Des chiffres similaires
ont été rapportés
d'après les données des registres
norvégiens.
L'association entre les VIN
et les papillomavirus humains (HPV) a
été bien
établie. Il est
à noter que, contrairement aux
néoplasies cervicales liées pour
près de 100 % à l'HPV, environ 30-40
% des cancers invasifs de la vulve sont liés
à l'HPV, le reste correspondant à
l'évolution d'un lichen scléreux
vulvaire. Les HPV induisent différents types
de lésions au niveau des tissus
cutanéomuqueux et de la région
anogénitale en fonction de leur
génotype. Ces lésions peuvent
être des lésions bénignes pour les
HPV 6 et 11 et des
lésions
prénéoplasiques ou
néoplasiques pour les HPV 16 et
18. La présence d'HPV 16 et 18 est
retrouvée dans 70 à 80 % des VIN, ce
qui permet de penser qu'une couverture vaccinale
par les vaccins HPV permettra non seulement de
diminuer l'incidence des néoplasies
cervicales intraépithéliales et des
cancers invasifs du col mais aussi de diminuer
l'incidence des VIN.
Rappelons qu'actuellement, deux vaccins
préventifs contre plusieurs souches de
papillomavirus sont disponibles. Le premier, le Gardasil®,
vise 4 types de papillomavirus à haut risque
(HPV 6,11, 16 et 18), responsables de 70 % des
cancers du col de l'utérus, de 90 % des
verrues génitales (condylomes) mais
également de lésions
précancéreuses de la vulve et du
vagin. Le second, le Cervarix ®, cible les deux principaux types de
papillomavirus cancérigènes, à
savoir les HPV 16 et 18.
Jusqu'ici, il n'existait
aucun vaccin qui ne soit pas préventif, mais
curatif des infections à
papillomavirus. Un tel
vaccin permettrait aux personnes à risque
qui seraient atteintes de se débarasser des
néoplasies
résultantes. Il
semble qu'on soit maintenant sur la bonne voie pour la réalisation de ce type de
vaccin qui entre dans le cadre des techniques d'immunothérapie qui
consistent à stimuler le système
immunitaire et à l'utiliser pour
détruire les cellules
cancéreuses.
Une équipe de recherche
vient de mettre au point
un vaccin anti-HPV capable d'induire des
réponses immunitaires spécifiques
chez 100% des patients atteints de néoplasie
intraépithéliale vulvaire
avancée (VIN3).
Les résultats démontrent que, parmi
les femmes qui ont participé à
l'étude, la majorité (79%) ont connu une
régression mesurable de leurs lésions
VIN3 1 an après vaccination. 47% des
femmes ont présenté une disparition
complète des lésions et sont
restées asymptomatiques dans les deux ans
suivant la vaccination. Le virus était
indétectable chez les femmes dont la maladie
a régressé complètement
après la première
année.
Le vaccin associe des peptides provenant de
protéines spécifiques des
lésions VIN et qui sont les antigènes
exprimés en surface des cellules tumorales
permettant leur reconnaissance par le
système immunitaire. Il s'agit non de peptides courts, mais
de peptides longs
(SLP®), plus stables
et plus immunogènes.
Référence - Gemma G. Kenter, … and Cornelis
J.M. Melief . Vaccination against HPV-16
Oncoproteins for Vulvar Intraepithelial Neoplasia.
New England Journal of Medicine (2009),
361:1838-47).
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