RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

Revue de presse mensuelle VOL14 N°2 OCTOBRE 2008

Mis à jour le 31 octobre 2008

 

 

 

Introduction

Contact

Numéro du jour

Article du jour

Virologie fondamentale

Virologie médicale (VIH)

Virologie médicale et appliquée (autes virus)

Calendrier des congrès

Archives

Nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 

 Jean Robin, Ph.D.

Un des objectifs de ce site est d'être utile aux futures et futurs virologistes, et tout particulièrement aux étudiantes et étudiants, qui trouveront là, très certainement, des sujets pouvant faire l'objet de développements dans le cadre de séminaires ou de travaux dirigés. Dans cet esprit:

SI VOUS LE SOUHAITEZ:


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS  

 Importante avancée méthodologique dans l'étude de la structure des virus: utilisation de méthodes d'études complémentaires permettant une haute résolution

Élucidation de la structure d'un virus puissamment oncolytique, le virus Seneca-001

L'étude des virus des environnements extrêmes pourrait bouleverser nos connaissances en matière de biodiversité ou d'écologie et avoir d'importantes retombées bio-industrielles

7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

 

2- CLASSIFICATION DES VIRUS

 

8- RELARGAGE

 

3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

Nouvel éclairage sur le mécanisme du changement conformationel de la protéine fusogénique E des flavivirus

9- INTERFÉRONS

 

4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

 

10-ONCOGÉNÈSE

 Nouveau rôle pour la protéine EBNA1 du virus d'Epstein-Barr dans le développement de certains cancers

5- DÉCAPSIDATION

 

 

 

11- INFECTION ET IMMUNITÉ

 Nouvelle et prometteuse méthode de vaccination contre les virus de la grippe

Le métabolisme lipidique est identifié comme une cible de choix pour de futures drogues anti-virales

La formation de complexes immuns est une étape défaillante dans la réponse immunitaire contre le VIH/SIDA

Nouvel éclairage sur le maintien du phénomène de latence de l'Herpes Simplex de type 1 (HSV-1)

Une avancée vers la mise au point d'un vaccin ADN efficace contre plusieurs souches du virus H5N1 de la grippe aviaire

Avancées dans la compréhension du mécanisme de résistance au virus de la dengue

Premières données sur sur l'évolution des mécanismes de défense immunitaire antivirale " TLR-indépendants"

6- RÉPLICATION

La décision lyse/lysogénie repose, chez le bactériophage lambda, sur une réponse collective des virions

Visualisation par IRM du processus d'activation de la protéase du VIH

VIROLOGIE MÉDICALE: VIH

 Caractérisation des mécanismes sous-tendant les anomalies du métabolisme lipidique induites par le VIH dans les lymphocytes T

Une nouvelle étude montre que le virus du sida aurait touché l'homme dès les années 1880

Après les Etats-Unis, l'étravirine, un nouveau médicament anti-VIH, est autorisé en Union Européenne >>>>NOUVEAU

VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS 

  Nouvelle plate-forme de détection électronique des virus de la grippe dont le H5N1

Non seulement HHV-6, agent de la roséole, peut être transmis de façon materno-fœtale, mais aussi par hérédité

Isolement d'un nouveau virus de la famille des Arénaviridés en Afrique du Sud et en Zambie

Les virus hyperthermophiles d'archaebactéries sont d'excellents objets pour les nanotechnologies

CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

ARTICLES DU MOIS

VIROLOGIE FONDAMENTALE

 La décision lyse/lysogénie repose, chez le bactériophage lambda, sur une réponse collective des virions

On sait que lorsque l'ADN d'un bactériophage pénètre dans une bactérie, deux types de réponses peuvent se produire:

1) Réponse lytique.

L'ADN du phage (encore appelé prophage ) prend le contrôle du métabolisme de la bactérie et induit la synthèse de ses propres constituants, protéines et ADN. Ces constituants s'assemblent et forment de nouveaux phages. La bactérie éclate.

2) Réponse lysogénique

L'ADN du phage est intégré au chromosome bactérien. Il reste à l'état de repos, c'est à dire qu'il se réplique en même temps que l'ADN bactérien, reste intégré au chromosome bactérien et ne forme pas de nouveaux virus. Le métabolisme et la viabilité des bactéries ne sont pas modifiés tant que la bactérie reste dans cet état. Les bactéries à prophage intégré sont appelées des bactéries lysogènes. Les phages qui s'intègrent sont dénommés phages tempérés.

Les bases génétiques de la lysogénie sont étudiées depuis fort longtemps. Jusqu'ici on s'accordait pour dire que le choix entre la réponse lytique et la réponse lysogène (la décision lyse-lysogénie) reposait sur chaque phage tempéré. Celui-ci avait la structure génomique le rendant apte à entrer en lysogénie et le mécanisme de choix entre la lyse et la lysogénie était régulé par un réseau des gènes connu sous le nom de commutation moléculaire ("genetic switch").

Ainsi, par exemple, dans le cas du bactériophage lambda, la commutation est centrée autour d'une région du génome (ADN bicaténaire) comportant 80 paires de bases appelée "opérateur droit (OD). L'opérateur droit est encadré à sa gauche par le gène structural du répresseur de lambda (cI) et, à sa droite, par le gène structural d'une autre protéine de régulation , appelée Cro. Lorsque lambda est à l'état de prophage, c'est à dire intégré dans le génome bactérien, le gène du répresseur (cI) est le seul qui soit exprimé (avec cII qui est un régulateur positif de cI). Quand le bactériophage est engagé dans la phase de croissance lytique, le gène du répresseur ne s'exprime pas, mais le gène Cro, comme de nombreux autres gènes de lambda, est exprimé. Donc, quand le gène du répresseur est exprimé, le gène Cro reste silencieux, et lorsque le gène Cro s'exprime, le gène du répresseur reste silencieux. Cette décision entre la transcription du gène du répresseur et la transcription du gène de la protéine Cro dépendait, pensait-on, de nombreux facteurs de l'hôte (par exemple de la présence ou de l'absence de certaines protéines cellulaires). On n'avait pas envisagé qu'elle puisse aussi dépendre des autres bactériophages accompagnant celui qui va subir la commutation. Or, c'est précisément ce que les travaux d'une équipe de recherche viennent de mettre en évidence.

Les scientifiques ont, en effet, montré que, alors qu'un seul phage lambda infectant conduit à la mort cellulaire et à la production virale, l'infection par deux ou plusieurs phages aboutit à une réponse lysogénique. Ainsi donc, deux virus se comportent différemment d'un seul virus, bien que tous et chacun possèdent le même circuit de décision génétique. Il fallait trouver l'explication.

Selon les chercheurs, avec un seul virus, Cro domine et la voie lytique prévaut. Par contre, si le virus est accompagné d'un certain nombre de virus co-infectants, il y a un seuil à partir duquel la boucle de rétroaction associée à CI domine, orientant le processus sur la voie lysogénique

Les virologues pensent que le " choix " entre les deux états (l'état lytique et l'état lysogène) dépend de la vitesse relative de synthèse des produits des deux gènes cI et cII et que cette vitesse est augmentée lorsque plusieurs phages sont présents..

On le voit donc, lorsque plusieurs bactériophages lambda infectent une cellule hôte, ces virions peuvent prendre une décision collective différente de celle qui serait prise individuellement

Référence - Joshua S. Weitz, Yuriy Mileyko, Richard I. Joh and Eberhard O. Voit. Collective Decision Making in Bacterial Viruses. Biophysical Journal 95:2673-2680 (2008).


Nouvelle et prometteuse méthode de vaccination contre les virus de la grippe

Les méthodes de vaccination antivirales classiques stimulent le système immunitaire de sorte que les globules blancs produisent des anticorps qui se fixent à la surface des virions et initient leur destruction. Ceci fonctionne bien pour de nombreuses maladies, telles que la variole, la poliomyélite et la rougeole, mais est beaucoup moins efficace pour la grippe, étant donné que la surface du virus de l'influenza est en continuelle évolution. Ainsi, la vaccination contre une souche de la grippe, par exemple H3N2, est totalement inefficace contre un autre, comme le H5N1. Cela est particulièrement problématique quand une nouvelle souche pandémique apparaît, car tous les vaccins préexistants sont susceptibles d'être totalement inefficaces.

Compte tenu de ceci, une équipe de recherche a passé plus de deux décennies à rechercher une toute nouvelle méthode de vaccination. Celle-ci repose sur l'utilisation d'un "virus protecteur" ou "virus défectif" dont l'action repose sur les principes suivants.

Il faut d'abord rappeler que le matériel génétique d'un virus de la grippe se compose de 8 segments individuels d'un ARN simple brin. .Tous ces brins portent des gènes essentiels à la réplication des virions dans les cellules infectées. Les chercheurs ont créé par ingénierie génétique un virus Influenza mutant qui possède une délétion (suppression) couvrant près de 80% de l'ARN de l'un de ces 8 brins.

Cette suppression rend le virus inoffensif et l'empêche de se reproduire par lui-même au sein d'une cellule, de sorte qu'il ne peut pas se propager comme un virus normal de la grippe. Il y a interruption du cycle de multiplication avec production de virus défectifs ou production abortive.

Toutefois, si le virus défectif est rejoint au sein de la cellule-hôte par un autre virus (virus helper ou adjuvant) de l'Influenza, il conserve son caractère inoffensif, mais, par complémentation génétique (utilisation des protéines fournies par les segments intacts de l'ARN de l'autre virus), il commence à se répliquer - et, ce, à un rythme beaucoup plus rapide que le nouveau virus surinfectant. Ce dernier voit donc sa reproduction ralentie considérablement. De ce fait, les symptômes de la nouvelle infection sont grandement atténués et l'organisme a le loisir de développer une réponse immunitaire efficace contre un envahisseur ainsi très affaibli.

Effectivement, dans les expériences qui ont été menées, l'instillation par voie nasale de 120 nanogrammes du virus défectif a réussi à protéger complètement les souris contre plusieurs souches infectieuses d'Influenza A/WSN, soit les souches H1N1, H2N2, H3N2, and H3N8. On le voit donc, la protection est générale et non spécifique, ce qui est attendu étant donné que la protection ne trouve pas sa source dans une réaction contre les protéines structuales des virions, mais résulte d'un phénomène d'interférence impliquant les mécanismes de réplication communs aux diverses souches.

Référence - Dimmock et al. Influenza Virus Protecting RNA: an Effective Prophylactic and Therapeutic Antiviral. Journal of Virology, September 2008, p. 8570-8578, Vol. 82, No. 17


Visualisation par IRM du processus d'activation de la protéase du VIH

La protéase est une enzyme essentielle à la réplication du VIH. Après que ce dernier a intégré son code génétique avec celui de la cellule humaine, le génome viral produit une chaîne de protéines. La protéase découpe cette chaîne en particules plus petites qui pourront être utilisées pour former de nouvelles particules. Autrement dit, cette enzyme est responsable de la maturation et de la transformation des principales protéines du VIH. Sans elle, les cellules infectés ne peuvent plus produire des particules infectieuses du virus.

Lorsque la protéase virale est synthétisée, ellel'est sous une forme inactive qui doit subir des changements conformationnels pour devenir active. Plus précisément, il a été montré qu'elle existait dans un équilibre monomère-dimère in vitro, mais que seul le dimère était actif

Toutefois, le processus par lequel le nouveau dimère (assemblage des deux précurseurs) devenait actif restait, jusqu'ici, inconnu. Cette lacune vient d'être comblée grâce aux travaux d'une équipe de recherche.

Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé une nouvelle technique d'imagerie par résonance magnétique (IMR) qui leur a permis de visualiser le processus qui préside à l'activation de la protéase virale. Il s'agit de changements conformationnels transitoires qui prennent place à l'extrêmité N-terminale du dimère, là où une queue (suite de résidus d'acides aminés) est excisée.

Référence - Chun Tang, … and Marius G Clore. Visualizing transient events in amino-terminal autoprocessing of HIV-1 protease. Nature, Vol. 455, No. 7213. (2 October 2008), pp. 693-696.


Le métabolisme lipidique est identifié comme une cible de choix pour de futures drogues anti-virales

On sait que l'enveloppe virale est de nature membranaire : à ce titre, elle contient des phospholipides, des protéines, ces deux structures portant des polyosides. Ainsi donc, quand un virus enveloppé pénètre dans l'organisme, il tente d'augmenter le métabolisme cellulaire, particulièrement celui des des acides gras (constituants des lipides), de manière à s'assurer de pouvoir disposer de membranes bien pourvues des constituants essentiels.

Une équipe de recherche a donc eu l'idée que les drogues anti-obésité qui ralentissent le métabolisme des lipides pouraient être utilisées pour lutter contre les infections virales, comme la grippe, l'hépatite et le VIH, causées par des virus enveloppés..

Les chercheurs ont pu vérifier leur hypothèse en montrant que la réplication de deux virus enveloppée, le cytomégalovieus humain (HMCV) et le virus Influenza pouvait être diminuée par un facteur de 100 en utilisant des drogues qui bloquent le métabolisme des acides gras.

Le métabolisme lipidique apparaît donc être une cible de choix pour de futures drogues anti-virales.

Référence - Joshua Munger, … and Joshua D Rabinowitz . Systems-level metabolic flux profiling identifies fatty acid synthesis as a target for antiviral therapy. Nature Biotechnology Published online (28 Sep 2008), doi: 10.1038/nbt.1500, Research.


Importante avancée méthodologique dans l'étude de la structure des virus: utilisation de méthodes d'études complémentaires permettant une haute résolution

Les familles des Potyviridés et des Flexiviridés ou, de manière plus générale, les virus filamenteux, inclut des agents de maladies graves des plantes aussi bien chez la canne à sucre (SCMV, SrMV, SCSMV) que chez les plantes à tubercules (YMV, YMMV), la papaye (PapMV) ou l'ananas (Closterovirus). Pour aucun de ces virus, à cause de la difficulté à préparer des échantillons satisfaisants et des limitations des diverses techniques, la structure était encore connue au niveau moléculaire.

Cette lacune vient d'être comblée par les travaux d'une équipe de recherche qui a procédé à une étude comparative de la structure de deux virus, l'un, le Virus de la mosaïque du soja , appartenant à la famille des potyviridés et l'autre, le Virus X de la Pomme de terre , à la famille des flexiviridés.

Les chercheurs, pour ce faire ont fait appel à deux techniques de microscopie électronique, soit la microscopie électronique classique et la cryo-microscopie électronique qui, contrairement à la précédente, permet l'observation, sans déformation structurale, d'un échantillon biologique dans son état natif. Ils ont également examiné les échantillons à l'aide de la microscopie électronique en transmission à balayage (STEM) qui améliore la précision des précédentes techniques en explorant l'échantillon point par point. Enfin, les scientifiques ont utilisé la technique de diffraction aux rayons X qui permet de résoudre la structure atomique des spécimens.

Les renseignements complémentaires fournis par les diverses méthodes ont permis de déterminer à un degré inégalé de précision la structure moléculaire de la capside des deux virus et de conclure à la similarité de celle-ci, bien que les deux virus appartiennent à des familles distinctes. Plus précisément, les deux virus ont en commun une capside protéique de symétrie hélicoïdale, ayant un peu moins de 9 sous-unités par tour de spire.

Référence - Amy Kendall, Michele McDonald, Wen Bian, Timothy Bowles, Sarah C. Baumgarten, Jian Shi, Phoebe L. Stewart, Esther Bullitt, David Gore, Thomas C. Irving, Wendy M. Havens, Said A. Ghabrial, Joseph S. Wall, and Gerald Stubbs. Structure of Flexible Filamentous Plant Viruses. J. Virol. 2008 82: 9546-9554.


Nouveau rôle pour la protéine EBNA1 du virus d'Epstein-Barr dans le développement de certains cancers

Le virus d'Epstein-Barr est l'un des plus répandus dans le monde, et on connaît d'ores et déjà son implication dans le développement de cancers comme le lymphome de Burkitt ou le cancer des cellules épithéliales.

Il y a trois ans, des chercheurs de l'université de Toronto avaient mis en évidence le rôle potentiel du virus d'Epstein-Barr dans le déclenchement et le développement de certains types de cancers. Ils avaient plus particulièrement étudié l'action de la protéine EBNA1 contenue dans la signature génétique du virus sur des cellules humaines cultivées en laboratoire et montré que EBNA1 déréglait le système de régulation naturelle de prolifération des cellules, en se fixant sur une protéine particulière dans la cellule, l'UPS7 responsable de la croissance cellulaire.

Depuis, les scientifiques ont poursuivi leurs travaux et présentent aujourd'hui des résultats qui illustrent un autre mode d'interaction de EBNA1 avec les cellules.

Plus spécifiquement, l' équipe a trouvé que EBNA1 s'attaque à la protéine PML qui se comporte comme un suppresseur de la prolifération des cellules cancéreuses. En fait, PML est spécifiquement associée aux corps nucléaires et EBNA1 provoquerait une désorganisation de ces structures favorisant, de ce fait, l'oncogénèse.

Reference: Sivachandran N, Sarkari F, Frappier L. Epstein-Barr Nuclear Antigen 1 Contributes to Nasopharyngeal Carcinoma through Disruption of PML Nuclear Bodies. PLoS Pathog, 4(10): e1000170 DOI:


Élucidation de la structure d'un virus puissamment oncolytique, le virus Seneca-001

Les virus qui tuent les cellules cancéreuses ont montré des promesses pour les cancers localisés, mais leur succès a été limité dans les cancers métastasés. Or, il existe un virus, le virus de la vallée de Seneca (Seneca-001), qui est un virus puissant capable de différencier entre cellules normales et cancéreuses et de tuer ces dernières. Le virus peut être un traitement pour quelques cancers métastasiques

Les chercheurs qui ont examiné le potentiel du virus Seneca-001 ont pu déterminer que son efficacité pour éliminer les cellules cancéreuses est de 100 fois supérieure à celle des agents chimiothérapiques. Toutefois, le mode d'action du virus restait inconnu.

Des scientifiques viennent d'avancer sur la voie de l'élucidation du mécanisme de l'action oncolytique de Seneca-001. Dans un premier temps, les scientifiques ont déterminé la structure 3D des virions. Ils ont ainsi pu montrer que cette dernière diffère, tant par la surface externe de la capside que par l'arrangement du le génome (brin d'ARN monocaténaire) à l'intérieur de celle-ci, de la structure de tout autre membre de la famille des Picornaviridés. Ils ont ainsi pu classer Seneca-001 comme un tout nouveau genre, celui des "Senecavirus."

Ensuite, les chercheurs ont identifié à la surface de la capside de Seneca-001 des structures protéiques qu'ils pensent pouvoir être des récepteurs qui seraient spécifiques d'autres récepteurs présents exclusivement sur les cellules cancéreuses. Ceci expliquerait la très haute spécificité des virions pour ce genre de cellules.

Maintenant, l'équipe de recherche travaille à déterminer la nature et la structure tridimensionnelle des récepteurs putatifs de Seneca-001.

Référence - S. Venkataraman, V. Reddy, Seshidhar P. Reddy, Neeraja Idamakanti, Paul L. Hallenbeck and Jackie Loo. Structure of Seneca Valley Virus-001, an oncolytic picornavirus representing a new genus. Structure, Vol 16, 1555-1561, 08 October 2008


La formation de complexes immuns est une étape défaillante dans la réponse immunitaire contre le VIH/SIDA

On sait que la lutte immunologique contre les virus passe par la formation de complexes immuns. En clair, certains lymphocytes B ou plasmocytes, sécrètent des anticorps anti-viraux qui agissent dans le milieu extracellulaire (ou milieu intérieur) en se liant spécifiquement aux antigènes viraux qui ont déclenché leur formation. La liaison antigène-anticorps entraîne la formation de complexes immuns (agrégats de virions), qui, d'une part, empêche la pénétration du virus dans les cellules et, d'autre part, favorise l'intervention de mécanismes innés d'élimination de ces complexes par les cellules phagocytaires (macrophages, polynucléaires granulocytes) exprimant des récepteurs de la partie constante des anticorps. Ces cellules, c''est à dire dire les granulocytes et les macrophages, absorbent les complexes immuns, et les digèrent. Les virions, on le voit, sont donc successivement neutralisés puis détruits.

Une étude récente vient de démontrer que, dans le cas du VIH, les phénomènes précédemment décrits sont perturbés car les complexes immuns apparaissent bel et bien 8 jours après l'infection, mais ils sont peu importants et ne sont pas suffisants pour neutraliser tous les virions car les anticorps qui seraint plus efficaces pour leur formation, c'est à dire ceux dirigés contre les glycoprotéines majeures d'enveloppe( gp141, gp120) n'apparaissent que tardivement (respectivement 13 et 27 jours post-infection), bien après que les particules virales ont eu le temps de pénétrer dans les cellules.

Ces résultats suggèrent que, dans le cadre de la mise au point de vaccins contre le VIH, il faudrait trouver des moyens pour avancer la fabrication des anticorps efficacement neutralisants dans le court laps de temps qui sépare l'apparition des virions dans le plasma de leur entrée dans la cellule-hôte.

Référence - Georgia D. Tomaras, … and Barton F. haynes. Initial B Cell Responses to Transmitted HIV-1: Virion-Binding IgM and IgG Antibodies Followed by Plasma Anti-gp41 Antibodies with Ineffective Control of Initial Viremia. J. Virol. 2008 : JVI.01708-08v1


Nouvel éclairage sur le maintien du phénomène de latence de l'Herpes Simplex de type 1 (HSV-1)

On sait que le virus de l'Herpes Simplex de type 1 (HSV-1) responsable de l'herpès labial (feu sauvage) est un virus neurotrope qui après une phase d'infection aiguë des neurones sensoriels entre en latence dans le système nerveux se cachant dans les neurones. Il peut ensuite se réactiver, entraînant alors des récurrences labiales (bouton de fièvre), plus rarement oculaires, et exceptionnellement des méningo-encéphalites.

Les données biologiques sur les mécanismes du maintien de la phase de latence virale étaient encore incomplètes. Ainsi, on ne s'expliquait pas clairement pourquoi le système immunitaire n'attaquait pas les neurones abritant le virus. Le maintien de la latence était également objet de perplexité. Une équipe de recherche vient d'apporter une réponse à ces questions.

Pour bien comprendre les travaux des chercheurs, il convient de rappeler quelques notions fondamentales d'immunologie. On se rappelera que les lymphocytes cytotoxiques T-CD8 éliminent les cellules infectées grâce à leur sécrétion d'une enzyme, la perforine ou pore-forming protein, qui facilite l'accessibilité d'une autre enzyme lymphocytaire, la granzyme B, à ses cibles cytoplasmiques et nucléaires. En fait, le granzyme B est une sérine protéase capable d'induire la mort cellulaire rapide de la cible par apoptose.

Les chercheurs montrent qu'il en va différemment dans le cas des cellules dans lesquelles HSV-1 est à l'état latent. La granzyme B, d'une part, s'attaque à une protéine précoce (ICP4) requise pour la réplication du virus, perennisant de ce fait la latence virale et, d'autre part, n'exerce aucune action apoptotique sur la cellule infectée.

Étant donné que, normalement, le granzyme B possède deux voies potentielles et complémentaires afin d'induire la mort cellulaire de la cible: une voie cytosolique d'activation en cascade des caspases pro-apoptotiques; une voie nucléaire impliquant une probable protéine régulatrice du cycle cellulaire telle l'activation de la kinase Cdc2, il va falloir maintenant découvrir pourquoi ces deux voies ne sont pas activées dans les cellules où le virus est latent.

Référence - Jared E. Knickelbein, … and Robert L. Hendricks . Noncytotoxic Lytic Granule-Mediated CD8+ T Cell Inhibition of HSV-1 Reactivation from Neuronal Latency. Science 10 October 2008: 268-271.


Une avancée vers la mise au point d'un vaccin ADN efficace contre plusieurs souches du virus H5N1 de la grippe aviaire

Le virus H5N1 de la grippe aviaire est très répandu parmi la population aviaire en Asie et dans certaines régions d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient. Le virus infecte rarement les individus mais il a déjà tué 243 des 385 personnes infectées, d'après l'Organisation Mondiale de la Santé. Les experts craignent que le virus en constante mutation prenne une forme facilement transmissible d'humain à humain.

Voici que les travaux d'une équipe de recherche démontrent qu'un vaccin expérimental à base d'ADN pourrait stimuler le système immunitaire pour atteindre des niveaux censés protéger contre plusieurs souches du virus H5N1 de la grippe aviaire.

On sait que, alors que les vaccins conventionnels de la grippe emploient les virus qui sont développés en oeufs de poulet et administrés sous une forme affaiblie ou tuée, les vaccins ADN, en revanche, utilisent des molécules d'ADN appelées des plasmides qui contiennent seulement des parties du matériel génétique du virus. Une fois à l'intérieur du corps, l'ADN demande aux cellules humaines de fabriquer les protéines qui agissent en tant que vaccin contre le virus.

En l'occurrence, le vaccin ADN conçu par les chercheurs est constitué de plasmides (petits ADN circulaires) porteurs de séquences consensus (motif commun qui est retrouvé dans plusieurs protéines externes de diverses souches du virus H5N1). Il peut ainsi déclencher la fabrication de protéines capables d'agir sur des souches différentes, éliminant de ce fait la principale limitation des vaccins standard, à savoir la haute variabilité du virus de la grippe aviaire.

Par ailleurs, il faut savoir que les vaccins ADN exigent, pour agir, d'être injectés par les voies sous-cutanée ou intramusculaire. Le problème rencontré alors par tous les investigateurs est de trouver un moyen pour que l'ADN se rende au noyau de la cellule pour produire les protéines appartenant au pathogène.

Pour répondre à cette difficulté, les chercheurs ont administré le vaccin par l'électroporation. Ce procédé par lequel on émet de petits chocs électriques permet de créer une porosité dans le muscle, soit de petits trous qui se referment très vite. L'ADN peut ainsi traverser les deux couches membranaires de la cellule et y entrer plus facilement.

Les résultats montrent que, dans les précédentes conditions, l'administration de ce vaccin ADN parvient à produire une forte et large réponse immunitaire chez les animaux d'expérience.

Reference - David D. Ho et al. : A consensus-hemagglutinin-based DNA vaccine that protects mice against divergent H5N1 influenza viruses. Proceedings of the National Academy of Sciences 105(36): 13538-13543 (September 9, 2008)


L'étude des virus des environnements extrêmes pourrait bouleverser nos connaissances en matière de biodiversité ou d'écologie et avoir d'importantes retombées bio-industrielles

On sait que les sources hydrothermales se forment au niveau des dorsales océaniques, à des profondeurs variant entre 500 et 4000 m. Les dorsales sont des zones de fortes activités volcaniques, activités fragilisant la croûte océanique et créant des fissures par lesquelles pénètre l'eau de mer. Celle-ci se réchauffe en s'approchant des chambres magmatiques, s'acidifie et dissout des constituants basaltiques. Le fluide acide d'environ 350°C remonte jusqu'au plancher océanique, chargé de métaux (fer, zinc, manganèse, plomb, cuivre) et d'éléments réduits (H2S, CO2, H2). Le contact avec l'eau de mer à 2°C provoque la précipitation des minéraux qui s'accumulent autour des sorties de fluide, formant ainsi des cheminées pouvant atteindre 20 m de hauteur.

Milieux très chauds, sans oxygène et riches en métaux lourds, les abords des sources hydrothermales des dorsales océaniques constituent des environnements extrêmes, où la vie a toutefois réussi à s'immiscer. Ainsi, autour de ces sources hydrothermales, étudiées depuis 1978, existent des biotopes grouillant de vie, avec des vers géants et des arthropodes inconnus qui ont fasciné scientifiques et grand public au moment de leurs découvertes. A l'échelle microscopique, et moins connus, d'autres organismes, les archaebactéries (micro-organismes ressemblant aux bactéries), pullulent elles aussi. Ces micro-organismes poussent à des températures supérieures à 80°C (on les appelle donc thermophiles). Au niveau de leur morphologie et de leur forme, ils s'apparentent aux bactéries. Ils ne dépassent guère un micromètre. Par contre, ils fonctionnent différemment de celles-ci.

L'intérêt pour ces micro-organismes n'est pas seulement d'ordre théorique, car en amont des procédés industriels, les organismes thermophiles sont pleins d'atouts et séduisent les biotechnologies pour au moins deux raisons :

· Possibilité d'effectuer des procédés biotechnologiques à des températures élevées.

· Intérêt des composants moléculaires, et notamment des enzymes douées d'activité à des températures nettement plus élevées que les enzymes des organismes conventionnels. De plus, les enzymes thermophiles sont plus stables que les enzymes mésophiles, même à des températures modérées, ce qui permet de prolonger leur durée de vie et de mieux supporter l'action d'agents dénaturants, de solvants et de protéases.

Scientifiques et industriels en conviennent, les microorganismes des sources hydrothermales détiennent des secrets qui laissent rêveurs. Des secrets aux enjeux professionnels, médicaux et scientifiques. On estimait ainsi à plus de 17 milliards de dollars (en 1999), le marché potentiel mondial des enzymes et des composés organiques issus des extrêmophiles

Les études sur les archaebactéries extrêmophiles sont donc allées croissant. Étant donné que les virologues savent bien que les génomes microbiens des archaebactéries extrêmophiles terrestres évoluent en grande partie grâce à un flux de gènes (acquisition, perte et réarrangements) dont les plasmides et les virus sont à la fois l'immense réservoir mais aussi les vecteurs naturels, ils ont donc eu l'idée de voir s'il n'en serait pas de même dans l'environnement des archaebactéries océaniques des profondeurs. Ils se sont ainsi intéressés aux virus susceptibles de les infecter et plus spécifiquement aux bactériophages qui ont le pouvoir d'intégrer leur génome dans le génome cellulaire.

Ils ont recueilli un grand nombre d'échantillons et de données qui vont, ils l'espèrent, leur permettre de démontrer que:

· En facilitant les échanges et les transferts génétiques latéraux, ces éléments extrachromosomiques (ECE) que sont les génomes viraux participent activement à l'adaptation des communautés microbiennes à leur environnement et, à long terme, à leur diversification et leur évolution.

· Le séquençage des génomes viraux intégrés dans les archaebactéries pourra démontrer qu'une grande proportion des séquences obtenues seront totalement nouvelles. Il devrait s'agir de génomes viraux aux fonctions inconnues à ce jour.

On le voit, il appert de plus en plus que, quels que soient les biotopes, .les virus constituent la composante majeure de la biosphère et l'ensemble des organismes cellulaires est littéralement plongé dans un océan viral.

Référence - Shannon J Williamson, … and K Eric Wommack. Lysogenic virus-host interactions predominate at deep-sea diffuse-flow hydrothermal vents. The ISME Journal advance online publication, 21 August 2008


Avancées dans la compréhension du mécanisme de résistance au virus de la dengue

Sur les deux milliards d'individus vivant dans les régions infestées par Aedes aegypti, le moustique vecteur de la dengue, plus de 100 millions sont affectés chaque année par cette maladie, devenue la principale virose émergente à transmission vectorielle des régions tropicales et sub-tropicales en Asie du Sud-Est et en Amérique Latine, y compris dans les DOM-TOM français comme les Antilles, la Guyane et la Polynésie française. En France métropolitaine, la dengue est une maladie à déclaration obligatoire depuis 2006.

S'il est de plus en plus fréquemment observé que les individus infectés par ce virus développent un syndrome hémorragique qui s'avère mortel, surtout chez les enfants pendant les périodes épidémiques, il faut savoir que dans une majorité des cas, la dengue demeure une infection virale plutôt bénigne, voire asymptomatique.

Une explication de ce phénomène vient d'être proposée par des chercheurs français et américains qui viennent de publier leurs travaux dans la revue PloS NTD. La mise en évidence d'un nouveau mécanisme de résistance au virus de la dengue pourrait être à la base de nouvelles stratégies de prévention contre la dengue.

Rappelons qu'une question importante pour la compréhension de la pathogenèse de la dengue concernait l'identité des cellules immunes impliquées dans le contrôle de l'infection par ce virus au site de la piqûre du moustique. Il semblait que l'infection des cellules dendritiques immatures joue un rôle crucial dans la pathogenèse de la Dengue et que l'interaction entre la glycoprotéine E de l'enveloppe virale et CD209/DC-SIGN soit un élément clé pour leur infection productive.

Les chercheurs viennent hors de tout doute établir le phénomène montrant que, parmi les cellules du système immunitaire, les cellules dendritiques de la peau sont les premières cibles cellulaires du virus de la dengue au site d'inoculation par le moustique vecteur. L'interaction entre la glycoprotéine de l'enveloppe virale et la molécule de surface "CD209/DC-SIGN des cellules dendritiques du derme, est donc l'évènement majeur pour l'infection de ces cellules puis la dissémination du virus de la dengue chez l'individu infecté.

Or ces chercheurs ont observé que les macrophages du derme humain, c'est-à-dire les cellules de la réponse immunitaire impliquées dans le contrôle de l'infection des agents pathogènes, qui expriment la molécule de surface sont capables d'internaliser le virus, mais aucune production virale n'est détectée dans les cellules infectées.

L'incapacité du virus à se reproduire dans les cellules a pu être attribuée à l'accumulation du virus internalisé dans des phagosomes peu acides. Un tel mécanisme présenterait un moyen nouveau de contenir l'infection des virus enveloppés et pourrait constituer un système de défense important pour empêcher la dissémination du virus de la Dengue juste après la piqûre du moustique.

Référence - Kwan et al. 2008. Dermal-Type Macrophages Expressing CD209/DC-SIGN Show Inherent Resistance to Dengue Virus Growth. PLoS Neglected Tropical Diseases 2(10): e311 doi:10.1371/journal.pntd.0000311


Premières données sur sur l'évolution des mécanismes de défense immunitaire antivirale " TLR-indépendants"

Jusque récemment, l'immunité adaptative, et plus particulièrement les cellules T cytotoxiques, étaient considérées comme les seuls éléments essentiels dans la défense de l'hôte contre les infections virales. Des données récentes, qui ne remettent toutefois pas en cause le rôle crucial de ces cellules dans ces mécanismes, ont également mis en lumière les fonctions primordiales des cellules de l'immunité innée, macrophages, cellules dendritiques et cellules natural killer (NK), dans la lutte antivirale. Le système immunitaire inné constitue la première ligne de défense de l'hôte et joue un rôle primordial contre l'invasion par les pathogènes. Ces dernières années, plusieurs travaux ont démontré que la détection de motifs microbiens est principalement assurée par des récepteurs de reconnaissance appelés " Toll-like receptors " (TLR). À ce jour, 10 TLRs (TLR1-TLR10) ont été clonés à partir du génome humain. L'engagement de ces récepteurs active alors plusieurs cascades de signalisation qui aboutissent à la mise en place extrêmement rapide de systèmes de défense très efficaces. Par ailleurs, les cytokines synthétisées et libérées au cours de cette première phase de la réponse immunitaire sont essentielles à l'activation des cellules de l'immunité adaptative, qui permettront une lutte spécifique et l'établissement d'une mémoire immu-nologique contre l'agresseur.

Cependant, de nouvelles molécules, impliquées dans des mécanismes de défense immunitaire antivirale " TLR-indépendants ", ont été mises en évidence très récemment et font l'objet d'études approfondies. Cette nouvelle voie de signalisation, qui détecte des molécules d'origine virale comme l'ARN double brin, fait intervenir des récepteurs intracellulaires à domaine hélicase, comme les protéines RIG-I (retinoic acid inducible gene) et MDA-5 (melanoma differentiation-associated gene 5) , et culmine avec la production d'interférons de type I.

Les facteurs de la réponse antivirale TLR-indépendante souffrent encore d'une description insuffisante. Étant donné que les ARN hélicases RIG-I et MDA5 partagent la même structure : un domaine hélicase en carboxy-terminal de type DExD/H, requis pour la détection des acides nucléiques, et deux domaines CARD (caspase recruitment domain) à l'extrémité amino-terminale, indispensable pour la signalisation, une équipe de recherche a pensé qu'elles pourraient partager une évolution commune. Les chercheurs se sont appliqués à la démontrer.

Les résultats démontrent que le gène MDA-5 est apparu avant RIG-1 et que l'évolution commune des deux gènes s'est faite ensuite spécifiquement chez les mammifères par des mécanismes de duplication et réassortiment de segments de gène (gene shuffling) . De surcroit, l'équipe a pu identifier le promoteur qui contrôle l'expression de MDA-5 et RIG-I.

Ces résultats sont les premiers a jeté un éclairage sur l'évolution des mécanismes de défense immunitaire antivirale " TLR-indépendants ".

Source - Researchers examine evolution of genes that trigger the body's immune response to viral infection

http://www.physorg.com/news143805921.html


Nouvel éclairage sur le mécanisme du changement conformationel de la protéine fusogénique E des flavivirus

Les encéphalites à tiques sont dues à des virus neurotropes transmis par morsure de tiques. En Europe, elles sont dues aux virus de l'encéphalite à tiques (tick-borne encephalitis virus, TBEV), et comprennent l'encéphalite verno-estivale russe, l'encéphalite d'Europe centrale, l'encéphalite Louping Ill et autres maladies liées. L'encéphalite de Powassan est plus spécifique à l'Amérique du Nord et à la Russie ; elle est due au virus de Powassan.

Une équipe de recherche vient de préciser le mécanisme moléculaire d'entrée du virus TBEV dans les cellules hôtes.

On savait déjà que ce virus, comme tous les autres flavivirus, gagne accès à l'intérieur de la cellule par fusion de son enveloppe virale avec la membrane cellulaire. Plus précisément, des trois protéines structurales sont associées aux virions ( la capside et deux protéines membranaires, une petite protéine M non glycosylée et la protéine majeure de surface E, qui, elle, est souvent glycosylée), la protéine E est celle qui joue un rôle dans l'entrée du virus dans la cellule. Pour ce faire, elle interagit avec le ou les récepteurs de surface, qui ne sont pas encore clairement identifiés, et fusionne les membranes virales et cellulaires à pH acide. En effet, ce dernier provoque un changement conformationnel de E (structure en épingle à cheveux ) qui peut alors aggripper la membrane des endosomes et la fusionner avec la membrane virale.

Une équipe de recherche vient de montrer que le domaine de fusion (partie de E qui assure la fusion) de tous les flavivirus est caractérisé par une séquence commune de 5 résidus histidine. Les chercheurs ont pu montrer que la mutation du résidu histidine His23 suffisait à elle-seule à abolir la fusion, alors que la mutation des 4 autres résidus restait sans effet.

Il reste maintenant aux scientifiques à comprendre pourquoi His23 joue un rôle aussi déterminant dans le changement de conformation du peptide de fusion.

Référence - Fritz et al. Identification of specific histidines as pH sensors in flavivirus membrane fusion. The Journal of Cell Biology, 2008; 183 (2): 353-61

VIROLOGIE MÉDICALE: VIH  

 Caractérisation des mécanismes sous-tendant les anomalies du métabolisme lipidique induites par le VIH dans les lymphocytes T

Les patients infectés par le VIH/sida développent de nombreuses anomalies du métabolisme lipidique se caractérisant par une augmentation de la synthèse de novo des acides gras (de l'ordre de 400 %), une augmentation de la triglycéridémie et une hausse du stockage lipidique dans les tissus adipeux. Ces modifications seraient dues au développement d'une hypersensiblité à l'insuline. Alors que ces troubles ont surtout été associés au traitement antirétroviral, on sait à présent que les individus non traités présentent également des perturbations.

On s'inquiète évidemment beaucoup de ces manifestations. Le préjudice esthétique est un problème en soi. Quant aux anomalies biologiques on peut vraisemblablement s'attendre à des complications cardio-vasculaires nombreuses et sévères dans les années qui viennent.

Ces manifestations, parfaitement inattendues et d'apparition récente, restent encore très mal cernées. Il serait donc très important, afin de pouvoir comprendre quels sont les mécanismes moléculaires impliqués, de caractériser l'activité du VIH dans les cellules infectées et de préciser quelle est l'expression, dans celles-ci, de nombreuses protéines impliquées dans le métabolisme lipidique.

Pour ce faire, une étude de protéomique a comparé le profil d'expression protéique observé dans des cellules infectées in vitro à celui de cellules non infectées. Elle montre que la réplication du VIH dans les lymphocytes T perturbe l'expression de dix huit protéines qui voient leur expression apparaître, augmenter ou diminuer dans les cellules infectées. Par exemple :

- la LRP1 (Low-density Lipoprotein Receptor-related Protein 1) est surexprimée en cas d'infection VIH avec un dosage 148% plus élevé que dans les cellules non infectées;

- six kinases (CO3, P3C2B, KPCB, FAS, ACSL1, and GPX1) et la protéine CO3 sont exprimées exclusivement dans les cellules infectées ;

- L'apolipoprotéine B 100 est considérablement augmentée (1327%).

On espère que ces résultats pourront éventuellement permettre la mise au point de drogues susceptibles de corriger les désordres lipidiques maintenant mieux caractérisés.

Référence - Suraiya Rasheed, Jasper S. Yan, Alex Lau, Arvan S. Chan . HIV Replication Enhances Production of Free Fatty Acids, Low Density Lipoproteins and Many Key Proteins Involved in Lipid Metabolism : A Proteomics Study. PLoS ONE 2008 ; 3(8) : e3003. doi:10.1371/journal.pone.0003003


Une nouvelle étude montre que le virus du sida aurait touché l'homme dès les années 1880

Jusqu'à présent, les scientifiques faisaient remonter aux années 1930 l'origine du virus de l'immunodéfience humaine. Or, une nouvelle étude démontre que le virus du SIDA était peut-être présent dans la population humaine dès les années 1880, soit depuis plus longtemps que ne le pensaient les chercheurs

Ces derniers ont analysé des séquences d'un virus extrait d'un prélèvement de ganglion conservé dans la paraffine datant de 1960 ((DRC60) et provenant d'une femme de Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) à l'époque coloniale belge. Ils l'ont comparé au plus ancien virus humain disponible à ce jour et datant de 1959 (le VIH-1 groupe M, dénommé ZR59) connu provenant d'un homme de la même ville de l'ex-Zaïre (ZR). De plus, ils ont comparé les deux souches à une centaine d'échantillons récents, pour observer les mutations intervenues. Ils ont pu constater que les souches étaient très divergents entre elles, laissant ainsi envisager que l'ancêtre commun de ce virus a pu apparaître au début du XXème siècle, voire avant.

Les chercheurs estiment que la fourchette la plus probable pour l'apparition du virus dans la population humaine est la période 1884-1924. Ils avancent l'hypothèse que le virus a dû alors se répandre d'abord lentement, puis plus facilement par le biais des rapports sexuels avec l'urbanisation puis le développement du commerce et des déplacements de l'époque coloniale.

Références - Nature News (Published online 1 October 2008)

Tissue sample suggests HIV has been infecting humans for a century

http://www.nature.com/news/2008/081001/full/news.2008.1143.html

Michael Worobey, … and Steven M. Wolinsky. Direct evidence of extensive diversity of HIV-1 in Kinshasa by 1960. Nature Volume 455 Number 7213 p661, 2 October 2008


Après les Etats-Unis, l'étravirine, un nouveau médicament anti-VIH, est autorisé en Union Européenne

On sait que, dans l'arsenal de la lutte contre le VIH/SIDA, les inhibiteurs de la réverse-transcriptase virale occupent une place importante. Ces inhibiteurs appartiennent à deux classes différentes étant, soit des analogues nucléosidiques (INTI) soit des inhibiteusr non nucléosidiques (INNTI). Ces derniers bloquent la transcriptase en se fixant sur des résidus amino-acides de l'enzyme, à proximité du site catalytique dont ils modifient la structure, ce qui rend l'enzyme inactive, tandis que les premiers entrent en compétition avec les nucléosides naturels au site actif de la transcriptase inverse et bloquent ainsi l'élongation du génome viral ADN.

Les INNTI sélectionnent assez vite une résistance du virus à la suite des mutations des acides aminés qui délimitent le lieu de leur interaction. Toutefois, les patients prétraités porteurs de souches virales présentant des mutations de résistance aux INNTI de première génération, vont maintenant pouvoir bénéficier d'un INNTI de première génération, l'étravirine que, à la suite de la FDA (Food and Drug Administration) qui l'avait homologué mi janvier 200, l'Union européenne vient autoriser la mise sur le marché sous le nom générique d'Intelence ®. Ceci est une surprise car habituellement lorsqu'un patient est résistant à l'un des INNTI, il y a de grandes chances qu'il le soit aussi aux autres molécules de la classe.

Lors des essais, les taux de réponse virologique dans le groupe de patients recevant Intelence ® ont été élevés puisque 59 % des patients ont atteint une charge virale de 50 copies par ml en 24 semaines contre 41 % dans le groupe placebo. Seul effet indésirable, des éruptions cutanées en début de traitement.

La découverte de ce nouveau médicament est un soulagement pour de nombreux patients infectés par le virus du sida et devenus résistants. Comme tous les autres INNTI, Intelence ® sera associée, dans le cadre de trithérapies, à un inhibiteur de protéase boosté et d'autres antirétroviraux.

Source - http://www.emea.europa.eu/humandocs/PDFs/EPAR/intelence/H-900-fr1.pdf

VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS 

 Nouvelle plate-forme de détection électronique des virus de la grippe dont le H5N1

La virologie est un domaine qui va profiter de l'importante révolution technologique que sont les nanotechnologies. Celles-ci vont, en effet, parmettre d'explorer (nano-exploration) en temps réel le déroulement du cycle viral dans les cellules infectées. Elles vont aussi autoriser le nano-diagnostic des infections virales, et assurer l'apport de nanomédicaments antiviraux dans les microsites cellulaires où ils vont pouvoir exercer leur action.

Dans ce contexte, on apprend que l'Agence américaine des médicaments et des produits alimentaires (FDA) a autorisé mardi la commercialisation d'un nouveau test capable de diagnostiquer très rapidement la grippe chez les humains y compris l'infection grippale provoquée par la souche H5N1, hautement pathogène.

Cet instrument ("the Human Influenza Virus Real-Time RT-PCR Detection and Characterization Panel" ou rRT-PCR Flu Panel), s'appuie sur une technique de biologie moléculaire pour isoler et amplifier le matériau génétique présent dans les sécrétions prélevées dans les narines ou la gorge des patients. Le matériau génétique est étiqueté avec des molécules fluorescentes qui sont ensuite analysées par un instrument de diagnostic appelé "Applied Biosystems 7500 Fast Dx" qui a aussi obtenu mardi le feu vert de la FDA pour être commercialisé simultanément avec le rRT-PCR Flu Panel.

Les résultats sont obtenus en quatre heures au lieu de plusieurs jours jusqu'à présent. De plus, le système est capable de tester multiples échantillons en même temps. On le voit, il permet donc de fournir une plus grande aide aux laboratoires sur la ligne de front du dépistage de la grippe.

En cas de pandémie, une telle détection précoce pourra permettre de mettre en oeuvre plus rapidement des stratégies étendues de contrôle aussi bien que des mesures pour limiter la propagation du virus et la mortalité telles que la fermeture des écoles, l'annulation des grands rassemblements publics et la mise en place par les entreprises d'une politique de télétravail depuis le domicile de leurs employés.

Il s'agit donc indiscutablement d'un accomplissement important dans la surveillance de la santé publique.

Source - Infection Control Today magazine

FDA Clears New CDC Test to Detect Human Influenza

http://www.infectioncontroltoday.com/hotnews/new-test-for-human-influenza.html


Non seulement HHV-6, agent de la roséole, peut être transmis de façon materno-fœtale, mais aussi par hérédité

On sait que les sources de virus sont les êtres humains et les animaux infectés, avec l'aspect particulier que constitue la transmission verticale. Ce mode de transmission est le passage direct d'une maladie, d'un caractère génétique ou d'un état particulier, d'une génération à l'autre, soit par hérédité, soit par transmission de la mère à l'enfant.

Ainsi, la transmission materno-fœtale du sixième herpèsvirus humain (HHV6), proche du cytomégalovirus humain et responsable de l'exanthème subit (roséole) et de pathologies opportunistes chez le sujet immunodéprimé, a été démontréée sur la base d'une détection positive des IgM anti-HHV6 dans des sangs de cordon et, d'autre part, par détection de séquences génomiques d'HHV6 dans des cellules mononucléées du sang périphérique, des organes hématopoïétiques et le système nerveux central de fœtus.

Voici maintenant que les résultats obtenus par une équipe de recherche démontrent que non seulement HHV-6, peut être transmis de façon materno-fœtale, mais qu'il peut l'être aussi par hérédité..

Les chercheurs ont examiné 254 enfants dont 43 présentaient une infection congénitale (à la naissance) par HHV-6, infection démontrée par la présence du virus dans des échantillons de sang de cordon.

Les scientifiques ont pu démontrer que, sur ces 43 nourrissons, 86 pour cent d'entre eux (37) abritaient le virus intégré dans leurs chromosomes. Ces enfants qui avaient intégré génétiquement le HHV-6 présentaient des niveaux plus élevés de virus dans le corps que ceux qui avaient été infectés à travers le placenta. De plus, l'ADN de HHV-6 a pu être retrouvé dans les cheveux de l'un des parents de tous les enfants ayant le virus intégré, ce qui signifie que les enfants ont acquis le virus par l'intermédiaire des ovules ou des spermatozoides au moment de la conception.

Référence - Caroline Breese Hall, … and Michael P. McDermott. Chromosomal Integration of Human Herpesvirus 6 Is the Major Mode of Congenital Human Herpesvirus 6 Infection. Pediatrics, Sep 2008; 122: 513 - 520.


Isolement d'un nouveau virus de la famille des Arénaviridés en Afrique du Sud et en Zambie

Les arénavirus sont des des virus à ARN qui englobent sous leur enveloppe des granules denses d'origine cellulaire (ribosomes). Leur rôle exact n'est pas connu mais ils donnent leur nom à ces virus (arena = sable en grec). Ils infectent des rongeurs dont les urines et les excréments sont très infectieux. Les virus peuvent passer des rongeurs à l'homme par contact direct avec les excréments de l'animal, par ingestion de nourriture contaminée ou par inhalation de particules (aérosols) elles aussi souillées par l'urine ou la salive du rongeur. Le virus se transmet ensuite aisément d'homme à homme.

Parmi les maladies causées par les arénavirus, on trouve, en Afrique australe et occidentale, la fièvre de Lassa. Celle-ci est à l'origine de fièvres hémorragiques graves avec cas secondaires (chez les soignants ou chez les autres malades). Son réservoir est un petit rongeur appelé mastomys natalensis, dont l'habitat s'étend aux 2/3 de l'Afrique (le Natal est une province d'Afrique du Sud).

Voici que vient tout juste d'être identifiée, dans la même région géographique, une autre infection à forte mortalité due elle aussi à un nouvel arénavirus jusqu'ici inconnu. La mystérieuse maladie virale hémorragique qui a récemment fait trois morts à Johannesburg s'apparente à la fièvre de Lassa et son agent pourrait être un arenavirus porté par un rongeur, proche du virus de la fièvre de Lassa venant d'Afrique de l'Ouest. Des tests se poursuivent au NICD et au Center for Disease Control à Atlanta (Etats-Unis) pour mieux caractériser le virus.

On avait déjà noté que l'émergence de nouvelles souches d'arenavirus était relativement fréquente en Amérique du Sud, où sévissent déjà les virus Machupo, Sabia ou Guanarito, qui provoquent des fièvres hémorragiques. L'Afrique connaît donc à son tour le même phénomène.

On le voit, la coévolution arénavirus/rongeurs se poursuit.

Sources -

Communiqué de l'Organisation mondiale de la santé (OMS):

http://www.who.int/csr/don/2008_10_13/fr/index.html


Les virus hyperthermophiles d'archaebactéries sont d'excellents objets pour les nanotechnologies

On sait qu'une nanoparticule est un assemblage de quelques centaines à quelques milliers d'atomes, conduisant à un objet dont au moins l'une de ses dimensions est de taille nanométrique (1 à 100 nm). Afin de donner une idée de la grandeur de l'échelle : l'épaisseur d'un cheveu humain varie entre 20000 nm et 100000 nm. On parle de "particules ultra-fines" PUF, ou de "nanoparticules" NP, de manière plus ou moins équivalente.

Les nanoparticules apparaissent particulièrement prometteuses dans de nombreux domaines tels que, par exemple, la biologie, la médecine ou l'électronique. Dans ce contexte, il est primordial de savoir synthétiser des objets de morphologie différente de la sphère, pouvant permettre la réalisation de tâches de plus en plus complexes.

Pour ce faire, les expérimentateurs s'intéressent énormément aux virus qui se comportent comme des nano­machines destinées à transmettre leur matériel génétique (ADN ou ARN) d'une cellule hôte à une autre. Les protéines qui composent la capside (coque externe) des virus ont des propriétés particulières de solidité et de résistance aux conditions des milieux exterieurs, et de plasticité permettant l'expulsion du materiel génétique dans la cellule hôte nouvellement infectée

C'est ainsi qu'un groupe de recherche a étudié des virus hyperthermophiles d'archaebactéries que l'on trouve dans des sources chaudes d'origine volcanique (+85°C) et acides (pH 2). Ces virus particuliers résistent à ces conditions extrêmes et possèdent la faculté de remodeler leur enveloppe externe pour fabriquer des tubes protéiques à l'extrémité desquels des "crochets" semblent favoriser le contact avec de nouvelles bactéries hôtes.

Le dernier virus actuellement étudié est le SIRV2 (pour Sulfolobus Islandicus Rudivirus de type 2). Ce virus intéresse particulièrement les chercheurs car il est composé d'un ADN double brin, protégé par de multiples copies d'une petite protéine structurale majoritaire, sur laquelle peuvent être accrochés des groupes d'atomes (en début, milieu ou fin de capside selon le pH d'expérimentation). On peut ainsi obtenir des NP offrant des propriétés très diverses.

Cette modéliation au niveau moléculaire promet plusieurs applications intéressantes de nano­technologies

Référence - Nicole F. Steinmetz, … and David Prangishvili. Site-specific and spatially controlled addressability of a new viral nanobuilding block: Sulfolobus islandicus rod-shaped virus. Advanced Functional Materials, November 10, 2008 DOI: 10.1002/adfm.200800711

CALENDRIER DES PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

  October 5 - 9. 15th International Symposium on Hepatitis C Virus and Related Viruses. San Antonio. Texas

October 16-19. The Fifteenth West Coast Retrovirus Meeting . Palm Springs. California

October 29-November 2 - 8th International Symposium On Neurovirology. San Diego. California 

 

ARCHIVES

 

2002

janvier

février

mars

avril

septembre

octobre

novembre

décembre

 

2003

janvier 

février

mars 

avril

septembre

novembre

décembre

 

2004

janvier

février

mars

avril

septembre

octobre

novembre

décembre

 

2005

janvier

février

avril

septembre

octobre

novembre

décembre

 

2006

janvier

février

mars

avril

septembre

octobre

novembre

décembre

 

2007

janvier

février

mars

avril

octobre

novembre

décembre

 

2008

janvier

février

mars

avril

septembre
 

SITES A CONSULTER:

Université de Sherbrooke

Collège canadien des microbiologistes

Infectiologie: ressources en ligne

Informations récentes concernant la grippe aviaire