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VIROLOGIE
FONDAMENTALE
Vers un
nouveau paradigme en virologie: découverte
d'un virus qui parasite d'autres
virus
Un virus est une entité biologique qui
nécessite une cellule hôte, dont il
utilise les constituants, pour se
multiplier. Il n'est
pas
considéré comme un être
vivant du fait de son
manque d'autonomie : mais c'est en revanche un
modèle de " réplicateur égoïste
", c'est-à-dire
d'entité ayant pour programme unique de se
dupliquer. Chaque domaine du vivant, eucaryotes et
procaryotes (bactéries et archées),
est parasité par des virus qui leur sont
propres. C'est tout du moins ce qui était
admis. Mais un nouveau
venu dans le monde des virus vient bouleverser les
idées reçues.
En effet, une équipe
française vient de découvrir que
les virus eux-aussi
peuvent être infectés…par d'autres
virus. Spoutnick, est
le nom de ce nouveau virus qui présente la
particularité d'être capable d'infecter des virus "
géants " comme le
Mamavirus ou le Mimivirus, le
plus grand virus à ADN jamais
recensé, découvert par la même
équipe en 2003 chez l'amibe..
Les chercheurs ont d'abord
pensé que Spoutnick était comparable
aux fragments d'acides nucléiques
appelés satellites que
l'on trouve régulièrement
associés aux virus. Mais une analyse plus
complète a démontré qu'il
avait toutes les
caractéristiques d'un véritable virus
: il est incapable de se multiplier seul dans les
cellules, il doit se reproduire dans l'usine
à virus de Mimivirus où il est
produit parallèlement et il " rend malade "
son hôte en provoquant une diminution de la
multiplication du Mimivirus ainsi que des
défauts de fabrication, se
caractérisant par des anomalies
morphologiques.
L'analyse du génome de ce
virus montre qu'il
échange des gènes avec Mimivirus mais
qu'il a aussi importé des gènes de
virus d'autres domaines de la vie. Les chercheurs ont en effet
découvert chez Spoutnick une composition
génique toute particulière : des
gènes de
Mimivirus, un gène de virus d'archée
et deux gènes proches de ceux des
bactériophages.
Appelé virophage, par
analogie avec les bactériophages qui sont
les virus de bactéries, le nouveau virus
Spoutnick constitue donc une nouvelle famille virale et une nouvelle
entité biologique. C'est un virus de virus
qui permet notamment de réaliser le transfert
latéral de gènes entre virus
géants.
Par ailleurs, depuis de
nombreuses années les biologistes se
querellent pour savoir s'il faut ou non compter les
virus parmi les êtres vivants. Ainsi,
François Jacob, biologiste et Nobel de
médecine en 65, dit d'eux que "
placés en suspension dans un milieu de
culture, ils ne peuvent ni métaboliser, ni
produire ou utiliser de l'énergie, ni
croître, ni se multiplier, toutes fonctions
communes aux êtres vivants". La découverte d'un virus
géant qui tombe malade en étant
infecté par un autre virus tend à les
rapprocher du domaine du Vivant.
Référence :
La Scola B. at al. (2008),
The virophage, a unique parasite ofthe giant
Mimivirus. Nature advance online publication 6
August 2008 | doi:10.1038/nature07218
Découverte d'un mécanisme
protecteur anti-bactériophage chez les
bactéries
A l'instar des éleveurs
protégeant leurs cheptels des attaques de
parasites, les industriels qui mettent au travail
des "troupeaux"de
bactéries (dans
l'agroalimentaire, la pharmacie ou les
biotechnologiques) veulent aussi aider leurs
protégées à lutter contre
leurs ennemis. Les plus redoutables sont les
virus
bactériophages,
sortes de seringues à ADN, capables de
s'agripper à la bactérie puis
à en percer la paroi pour injecter tout leur
génome.
Mais les bactéries savent se
défendre. On s'en
doutait mais on ignorait le mécanisme. Un
début de réponse avait
été apporté par deux
chercheurs canadiens qui, mettant en
présence une population de bactéries du lait et un virus connu
pour les attaquer, avaient pu constater que,
à l'issue de ce combat microscopique,
la population
bactérienne était presque
décimée. Presque mais pas tout
à fait : certaines avaient trouvé la
parade et menaient une vie normale. L'analyse du
génome des survivantes avait
révélé une
caractéristique particulière :
l'abondance de séquences dites CRISPR
(Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic
Repeats). Cette
curiosité de la biologie des
bactéries, connue dans leurs deux grandes
lignées (les Eubactéries et les
Archées), consiste en de courtes portions d'ADN (10 à 50
nucléotides) répétées
à l'identique un grand nombre de fois
(jusqu'à 140) et séparées
entre elles par une séquence qui, elle,
reste unique et que l'on appelle faute de mieux un
espaceur.
Ces séquences
répétitives, concluaient les
chercheurs, jouent donc un rôle dans ce qui
ressemble à un véritable
système
immunologique des bactéries. Ils en voulaient pour preuve que
quatre espaceurs
présentaient des codes
génétiques similaires à celui
des bactériophages qui ont attaqué
les bactéries.
Les survivantes avaient donc intégré une partie du code
génétique du virus pour lutter contre
lui. Les chercheurs
avaient ensuite vérifié cette
hypothèse en intervenant
génétiquement sur les
bactéries pour ajouter ou retirer des
espaceurs. Ils avaient
observé que ces
derniers sont indispensables aux bactéries
pour lutter contre le virus. Les multiples séquences CRISPR
des bactéries étaient donc le
souvenir de mauvaises rencontres. Un peu comme une
vaccination, ces copies de génomes viraux
dans les espaceurs serviraient par la suite
à se défendre contre un attaquant de
la même famille.
Depuis, le mécanisme en cause était
resté inconnu, mais une équipe de
recherche néerlandaise pense l'avoir
découvert en identifiant des ARN
interférents formés à partir
des séquences CRISP. Ces ARN sont alors
capables d'interférer avec les ARN messagers
du virus qui contiendrait des séquences
identiques. Si donc un virus introduit un ADN dont
certaines séquences sont déjà
conservées dans l'ADN bactérien, tous
les ARN messagers issus de ces séquences
seront bloqués et la réplication
virale ne pourra donc se faire. Grâce
à ca mécanisme de nombreux ADN viraux
peuvent ainsi être reconnus et
bloqués.
Référence -
Stan J. J. Brouns, … and John
van der Oost. Small CRISPR RNAs Guide Antiviral
Defense in Prokaryotes. Science 15 August 2008:
Vol. 321. no. 5891, pp. 960 - 964.
Grippe
espagnole : des survivants de la grippe de 1918
produisent des anticorps efficaces
Alors que la pandémie de
grippe de 1918 a tué près de 50
millions de personnes dans le monde, dont beaucoup
étaient des adultes jeunes et en bonne
santé, les craintes d'une autre menace de
pandémie de grippe avec l'émergence
du virus de la grippe aviaire en Asie, les
chercheurs ont voulu étudier les virus de 1918 et la
réponse immunitaire à leur
présence dans le corps. En effet, depuis que le
séquençage de ce virus grippal a
été mené à bien, les
scientifiques ont pu étudier les
éléments qui lui ont
conféré une si grande virulence. En
revanche, jusqu'ici, peu
de travaux avaient été
consacrés à l'immunité
adaptative induite par le contact avec le virus
H1N1.
Pour cette raison, les
chercheurs ont réuni un groupe de 32 personnes âgées
de 2 à 12 ans en 1918, dont la plupart avaient vécu au
même domicile qu'une personne touchée
par la grippe. Quatre-vingt-dix ans plus tard, chez
tous ces 32 sujets, le
sérum sanguin présentait une
activité inhibitrice d'une protéine
présente à la surface du virus,
l'hémagglutinine (le "H" de
H1N1). Une
caractéristique
que ne présentait pas le groupe de sujets
témoins,
nés après la pandémie de
1918.
Les chercheurs ont ensuite
isolé dans le sang
de 8 des 32 sujets ayant connu la grippe espagnole
des globules blancs,
à partir desquels ils ont obtenu des
lignées de
lymphocytes B. Pour 7
des 8 sujets, les lymphocytes B produisaient des anticorps dirigés
spécifiquement contre le virus de la
pandémie de 1918, en l'occurrence contre
l'hémagglutinine du H1N1, mais pas contre
les souches de virus grippaux apparues plus
récemment.
Ces anticorps possèdent
une très forte
affinité pour l'hémagglutinine du
virus grippal H1N1 et une très grande
capacité à le
neutraliser. James Crowe
et ses collègues en ont fait la
démonstration expérimentale en
montrant que les anticorps protégeaient des
souris à qui l'on injectait la souche virale
de la grippe espagnole. Ce qui leur fait dire que
ces anticorps pourraient présenter un intérêt
thérapeutique face à un virus
analogue au H1N1 qui viendrait à
réémerger.
Référence -
Xiaocong Yu, … and James E.
Crowe Jr. Neutralizing antibodies derived from the
B cells of 1918 influenza pandemic survivors.
Nature advance online publication 17 August 2008
Découverte de protéines
anti-VIH dans les sécrétions
vaginales de femmes "exposées non
infectées" (ENI)
Alors que la perspective de
développer un vaccin efficace semble
toujours aussi lointaine, la prévention du sida passe
toujours principalement par l'utilisation du
préservatif.
Certains ont déjà eu l'idée de
remplacer la
barrière mécanique au virus que
procure le latex par une barrière
chimique.
Malheureusement, jusqu'à présent, les
produits chimiques
suffisamment efficaces contre le virus du
sida se sont
malheureusement révélés
très toxiques pour
les muqueuses qu'ils devaient
protéger. On est
donc à la recherche de nouvelles molécules
qui seraient à la fois efficaces et exemptes
d'effets indésirables. Une nouvelle étude permet de
l'espérer.
Des chercheurs canadiens avaient
noté que 140 sur
2000 prostituées kenyanes semblaient
résistantes à l'infection par le
VIH. Ces femmes qui ne
montrent aucun signe apparent d'infection par le
VIH-1 malgré plusieurs années
d'exposition sont dites "exposées non infectése"
(ENI).
Pour comparer les différences entre les
protéines présentes dans les
sécrétions vaginales des femmes
VIH-résistantes et des femmes
infectées par le virus ou vulnérables
à celui-ci., les
scientifiques ont utilisé l'électrophorèse
2D-DIGE (2-Dimensional
Differential in-Gel Electrophoresis), la technique
la plus fiable et reproductible de
protéomique comparative sur gel,
Il s'est avéré que
les femmes
résistantes présentaient un profil
protéique très différent de
celui des autres sujets.
Plus précisément, les
sécrétions vaginales des femmes
résistantes contenaient des taux plus élevés de
protéines anti-virales et
anti-inflammatoires.
Plus de 15
protéines ont ainsi été
détectées
parmi lesquelles on note des antiproteases,
y compris celles de la famille serpin B, ainsi que
la cystatine
A, un facteur anti-VIH-1
reconnu.
Si la validation de ces résultats peut
être apportée sur un
échantillon plus large, les biomarqueurs associés
à la résistance au VIH-1 pourraient
aider au
développement de microbicides efficaces
contre le virus.
Référence
- Burgener et al.
Identification of Differentially Expressed Proteins
in the Cervical Mucosa of HIV-1-Resistant Sex
Workers. Journal of Proteome Research, 2008; 0 (0):
0 DOI: 10.1021/pr800406r
Découverte d' un gène
jouant un rôle clé dans la production
d'anticorps qui neutralisent le VIH
Les anticorps sont essentiels face aux
infections virales, et
la plupart des vaccins contre
les maladies virales vont en fait stimuler l'organisme pour qu'il produise
des anticorps contre un virus cible.
Cependant, malgré des
années de recherche et la mobilisation
d'importantes ressources, la recherche n'a
pas encore pu mettre au
point un vaccin efficace contre le virus du
sida sans lequel cette
pandémie ne peut-être
maîtrisée.
Toutefois, une équipe de
chercheurs vient d'annoncer la mise en évidence d'un
mécanisme génétique potentiel
de production d'anticorps capables de neutraliser
le virus du sida. Cette
découverte, potentiellement importante pour la mise
au point d'un vaccin,
pourrait aussi expliquer pourquoi certaines
personnes exposées au VIH (virus de
l'immunodéficience humaine) ne sont jamais
infectées, relèvent les
auteurs.
Plus précisément,
identifié chez la
souris, un gène appelé Apobec3
déclenche la production d'anticorps
dirigés contre un rétrovirus
infectant. Ce même
gène est également présent chez
l'Homme, sur le chromosome 15. Il pourrait donc hypothétiquement jouer le
même rôle et permettre à
l'organisme de lutter efficacement contre le
VIH. Cette
hypothèse est confortée par de
précédentes
études
menées sur des personnes qui ont
été exposées au virus sans
toutefois être contaminées. Ces
individus produisent des anticorps particuliers capables de
reconnaître le virus et de le
détruire. Leurs génomes
présentent une activité
particulière dans la région où
se situe Apobec3.
On comprend donc que
cette recherche, qui
décrit un mécanisme
génétique de production d'anticorps
qui neutralisent le VIH, pourrait déboucher
sur de nouvelles idées qui pourraient mener
à la découverte de médicaments
et à des vaccins contre le
VIH.
Référence
- Mario L.
Santiago, Mauricio Montano, Robert Benitez, Ronald
J. Messer, Wes Yonemoto, Bruce Chesebro, Kim J.
Hasenkrug, and Warner C. Greene. Apobec3 Encodes
Rfv3, a Gene Influencing Neutralizing Antibody
Control of Retrovirus Infection. Science 5
September 2008: 1343-1346.
Herpès : de nouvelles perspectives
thérapeutiques
Provoqué par
l'herpès virus
simplex de type 1,
l'herpès
labial classiquement
appelé bouton de
fièvre est la
forme d'herpès la plus courante.
Ce virus provoque l'apparition
sur les lèvres et autour de celles-ci de
vésicules transparentes, de la taille d'une
tête d'épingle, entourées d'une
aréole rouge. Les bulles éclatent
assez rapidement en formant des croûtes. La
peau cicatrise sans séquelles. Un adulte sur
cinq peut être confronté à un
bouton de fièvre et peut en
développer plusieurs au cours de
l'année.
Après la
primo-infection, les virus se nidifient dans les
ganglions nerveux et peuvent y rester inactifs
pendant des années, sans être
détectés par le système
immunitaire. Ils peuvent être
réactivés, remonter le long des
fibres nerveuses pour réapparaître au
même endroit du visage et provoquer ainsi de
nouveau des poussées
d'herpès.
Une équipe de recherche
U.S. indique avoir dévoilé le
mécanisme par
lequel le virus HSV1 se maintient caché dans
le corps avant de
ressurgir à l'occasion d'un stress, d'une
exposition au soleil. En l'occurrence,
le génome viral
intégré dans l'ADN cellulaire
resterait latent grâce à l'action de 5
micro ARN qui bloqueraient la production de
protéines
réplicatrices.
Cette découverte pourrait
déboucher sur une
combinaison thérapeutique pour bloquer les
micro Arn et ainsi réactiver le virus
-inaccessible à tout traitement sous sa
forme dormante- et pouvoir ensuite le tuer, avec
l'antiviral acyclovir par exemple.
En théorie, il serait
possible d'activer tout
le stock de virus latents hébergés
par l'organisme et de l'en débarrasser
définitivement.
Les chercheurs ont déjà
commencé à étudier sur des
animaux le meilleur moyen d'administrer un tel
traitement. En plus du VHS-1, on pense que
ces travaux pourraient
servir à combattre d'autres virus latents
comme celui de l'herpès génital (VHS
2) ou de la varicelle.
Référence -
Umbach Jennifer Lin; Kramer
Martha F; Jurak Igor; Karnowski Heather W; Coen
Donald M; Cullen Bryan R. MicroRNAs expressed by
herpes simplex virus 1 during latent infection
regulate viral mRNAs. Nature
2008;454(7205):780-3.
Identification de 305 protéines
cellulaires impliquées dans l'infection par
le Virus du Nil Occidental
Le virus West Nile ou
virus du Nil occidental
(VNO) s'illustre
actuellement sur le continent
nord-américain. Les premiers cas sur ce
continent remonte à 1999 (New-York) et,
quant à lui, le Canada a confirmé ses
premiers cas en 2002. Dans la plupart des cas,
l'infection est bénigne chez l'homme. Mais
elle peut entraîner des encéphalites,
se manifestant par des tremblements et de fortes
fièvres suivies dans les cas les plus graves
d'un coma et de la mort.
Le virus appartient à la
famille des flavivirus -
incluant les virus de la dengue, de la
fièvre jaune, de l'encéphalite
japonaise et, entre autres, des virus transmis par
les tiques- qui cause de milliers de morts chaque
année dans le monde.
Le VNO ne possède
qu'une dizaine de protéines, nombre
très insuffisant pour expliquer les
multiples perturbations qu'il entraîne dans
les cellules infectées. Les virologues estiment donc que
le virus doit utiliser
à son profit d'autres protéines
d'origine cellulaire.
Afin de déterminer ces dernières, des
chercheurs américains on testé le génome humain
entier, à l'aide d'outils
dénommés "petits ARN
interférents".
Ils ont ainsi pu identifier 305 protéines (ou les
gènes qui en commandent la production) qui
peuvent altérer l'infection
virale.
Nombre de ces protéines
apparaissent cruciales
pour permettre au virus d'infecter les humains et
de se reproduire. Et
environ 30% des gènes impliqués dans
l'infection par le virus du Nil occidental
paraissent également jouer un rôle
dans la fièvre de la dengue.
Théoriquement,
si les scientifiques
trouvent un moyen d'entraver les capacités
du virus à utiliser ces protéines des
cellules, il serait possible de traiter et
prévenir différentes
variétés d'infections. Il pourrait être possible de trouver une cible d'attaque
commune aux flavirus.
Référence -
Manoj N. Krishnan, …and Erol
Fikrig. RNA interference screen for human genes
associated with West Nile virus infection. Letter.
Nature advance online publication 6 August 2008 |
doi:10.1038/nature07207.
L'aciclovir bloque la réplication
du VIH dans les cellules coinfectées avec le
virus Herpès
On sait que les antiviraux se
sont développés plus lentement que
les antibiotiques. Ainsi, c'est seulement en 1980
qu'est apparu l'aciclovir
(Zovirax®) actif sur
le virus de
l'herpès et sur
le virus
varicelle-zona.
En présence de virus à l'intérieur de la
cellule, l'aciclovir est transformé en
aciclovir
monophosphate puis en
aciclovir diphosphate et
triphosphate.
L'aciclovir triphosphate entre en compétition avec la
déoxyguanosine triphosphate, composante de l'ADN du virus, et de ce
fait, empêche la
réplication du génome
viral.
Les biotransformations subies
par l'aciclovir dépendent de la
présence de thymidine kinase
virale à
l'intérieur de la cellule : en absence d'infection, l'aciclovir n'est
pas transformé en aciclovir monophosphate et
les étapes ultérieures ne sont donc
pas possibles.
Une recherche récente
vient de démontrer que dans les cellules co-infectées par
le virus herpès, l'aciclovir bloque
également la réplication du
VIH. Le même aciclovir n'agit pas si les
cellules sont simplement infectées par le
VIH. Il appert donc que
ce sont les
transformations que le virus herpès fait
subir à l'aciclovir qui sont à la
base de l'effet anti-VIH. Les auteurs émettent
l'hypothèse que l'action consisterait en une inhibition de
l'enzyme réverse-transcriptase du
VIH.
Ces résultats apportent
une explication
à l'observation faite au début des
années 1990, quand plusieurs équipes
avaient observé que les patients séropositifs
traités au long cours par l'aciclovir
avaient une survie prolongée, sans pouvoir fournir d'explications
puisque cette molécule n'était pas
active pharmacologiquement contre le VIH. Ces
mêmes résultats relancent donc
l'espoir que, dans
certaines conditions, l'association d'un
antirétroviral et de l'aciclovir pourrait
ralentir la progression de l'infection à
VIH.
Référence -
Andrea Lisco, …and Leonid
Margolis. Acyclovir Is Activated into a HIV-1
Reverse Transcriptase Inhibitor in
Herpesvirus-Infected Human Tissues. Cell Host &
Microbe, Volume 4, Issue 3, 11 September 2008,
Pages 260-270
Première étude
détaillée des complexes de
réplication du virus du Syndrome
Respiratoire Aigu Sévère
(SRAS)
Le SRAS (syndrome respiratoire aigu
sévère)
est la première maladie grave et
transmissible à émerger en ce
XXI° siècle. L'épidémie,
partie de Chine fin 2002, a éclaté au
niveau mondial en 2003 faisant plus de 8000 cas et
près de 800 morts. Grâce à une
mobilisation internationale sans
précédent, motivée par
l'alerte mondiale déclenchée le 12
mars 2003 par l'OMS, l'épidémie a pu
être endiguée par des mesures
d'isolement et de quarantaine. De même,
l'agent causal du SRAS, a pu être rapidement
identifié.
De nombreuses questions restent
posées face à ce nouveau
virus, contre lequel on
ne dispose encore d'aucun traitement. Comment s'est
effectué le passage de l'animal à
l'homme? Combien de temps subsiste-t-il dans
l'environnement? Pourquoi
est-il si virulent?
Cette dernière question
(virulence) demande, pour qu'il y soit
répondu, que soient élucidés les
mécanismes de réplication du virus du
SRAS dans la cellule
infectée.
On se souviendra que le virus du
SRAS est une nouvelle variété de
coronavirus.
Son génome est
constitué d'un unique et petit brin
linéaire d'ARN de polarité
positive.
On se rappelera également
que les virus ARN
à brin positif
ont de petits génomes qui codent pour un nombre limité de
protéines et dépendent de leurs
hôtes pour compléter diverses
étapes de leur cycle de
réplication.
Ainsi donc leur réplication nécessite des
points de contact entre les virions ARN à
brin positif et leurs hôtes, lesquels sont
nécessaires pour la traduction et la
réplication des génomes
viraux.
Ces régions,
appelées complexes de réplication
virale, sont
associés à
des compartiments membraneux
spécifiques
dérivés de membranes intracellulaires
et contiennent les protéines et les ARN
viraux, ainsi qu'une variété de
protéines de l'hôte. Ces complexes
sont assemblés via
un réseau complexe d'interactions
protéine-protéine,
protéine-membrane et
protéine-ARN.
L'étude des complexes
de réplication est indispensable pour
comprendre le mécanisme de la
réplication virale. Elle est très
difficile car il faut trouver des méthodes
qui préservent l'intégralité
structurale des complexes.
Dans le cas du virus du SRAS, il
appert qu'une équipe de recherche vient de
grandement progresser en
ce sens en utilisant des techniques de microscopie
et de tomographie
électroniques.
Leurs résultats fournissent des
images d'une
précision inégalée des
complexes de réplication laissés
inaltérés.
Ces travaux représentent
donc une avancée
majeure pour étudier les étapes
clés du cycle infectieux du virus du SRAS en
culture cellulaire. Elle
peut avoir d'importantes
retombées pratiques pour le traitement de la
maladie.
Référence -
Knoops K, Kikkert M, van den
Worm SHE, Zevenhoven-Dobbe JC, van der Meer Y, et
al. SARS-coronavirus replication is supported by a
reticulovesicular network of modified endoplasmic
reticulum. PLoS Biology Vol. 6, No. 9, e226
doi:10.1371/journal.pbio.0060226
Les
virus jouent un rôle important dans les
écosystèmes des fonds
marins
Dans le cadre du cycle du carbone, des
organismes microscopiques à la surface de la
mer assimilent le dioxyde de carbone de
l'atmosphère. Bon
nombre de ces créatures microscopiques,
appelées procaryotes,
sont infectées par
des virus. Quand elles
meurent sous l'effet de ceux-ci, leurs restes riches en carbone
s'enfoncent doucement dans les profondeurs
où ils sont ensuite assimilés par
d'autres bactéries. Ces dernières,
à leur tour, servent de repas à de
plus grandes formes de vie et ainsi de suite,
alimentant donc la chaîne alimentaire au sein
des océans.
Ceci vient d'être
démontré
par une récente étude au cours de laquelle des scientifiques
originaires de France, d'Italie et des
États-Unis ont collecté plus de
200 échantillons
de sédiments dans les fonds marins de
certaines parties des océans Atlantique et
Pacifique ainsi que dans la
Méditerranée et la mer
Noire. Ces
échantillons ont été
collectés à des profondeurs allant de 165 mètres
à plus de 5000 mètres. Les scientifiques souhaitaient
étudier les
interactions bactéries-virus dans ces
environnements hostiles.
Ils ont découvert que
les virus étaient
responsables de pratiquement toute la
mortalité bactérienne dans les
sédiments des fonds marins. Par ailleurs, à des profondeurs dépassant
les 1000 mètres, le taux de mortalité
virale atteint presque les 100 %. Les virus fendent littéralement
les bactéries en deux, ce qui entraîne
la libération de leur contenu cellulaire
dans l'environnement, où les nutriments sont
rapidement réutilisés par d'autres
bactéries pas encore
infectées. Les
chercheurs décrivent ce processus comme du
"cannibalisme des grands fonds", qui
accélère
le cycle du carbone. Par ce processus,
le carbone est
recyclé, de même que les autres
nutriments. Selon les
estimations des scientifiques, ce processus
"détourne" de 0,37
à 0,63 gigatonne de carbone par an vers le
réseau trophique des fonds
marins.
Ces résultats montrent
donc que les virus jouent
un rôle important dans les cycles
biogéochimiques mondiaux, dans le
métabolisme des fonds marins et dans le
fonctionnement général du plus grand
écosystème de notre
biosphère.
L'équipe souhaite
désormais identifier les virus impliqués
dans ces processus et déterminer leur
rôle dans le maintien de la
biodiversité au sein de l'environnement des
fonds marins.
Référence -
Danovaro, R et al. (2008)
Major viral impact on the functioning of benthic
deep-sea ecosystems. Nature, 454:1084-1087 (28 Aug
2008
Le
Virus MCV est bien la cause d'un cancer mortel de
la peau, le carcinome de Merkel
Au cours de l'hiver dernier, une
équipe de chercheurs de l'University of
Pittsburgh Cancer Institute avait
révèlé l'existence d'un
nouveau
virus , inconnu
auparavant, fortement
associé à un cancer de peau rare mais
mortel, appelé
carcinome de
Merkel (Merkel cell
carcinoma.). Ce virus appartient aux
polyomavirus
et a été nommé Merkel cell polyomavirus
(MCV).
Voici maintenant qu'une nouvelle
étude menée par le même
laboratoire démontre formellement que
le MCV serait la cause du
carcinome de Merkel.
Plus précisément,
les expériences menées sur des
tumeurs humaines révèlent que
le cancer se
développe en deux
étapes: au cours
de l'infection, le MCV
s'intègre dans la cellule
hôte et son ADN y
produit alors des
protéines virales qui favorisent la
formation de cancer.
L'oncogénèse débute quand
une mutation supprime une
partie d'une protéine virale
nécessaire au virus pour se reproduire et
infecter d'autres cellules saines.
Ainsi donc, le MCV infecte les cellules normales
avant de se transformer en cellules
cancéreuses. De
ce fait, le virus ne peut
donc pas avoir infecté une tumeur
préexistante parce qu'il ne peut plus se
reproduire dans les cellules
cancéreuses. Il
appert donc que le MCV
est le responsable de la maladie.
Actuellement, il n'existe pas de
traitement pour l'infection par le MCV. Cependant,
l'identification de
l'agent et la compréhension de son
mécanisme d'action pourrait à terme
conduire à des interventions
ciblées.
Source- New Virus Is Culprit, Not
Bystander, In Deadly Skin Cancer
http://www.sciencedaily.com/releases/2008/09/080922155906.htm
Plusieurs
fonctions biochimiques de la protéine Nef du
VIH viennent d'être
déterminées
En plus des
trois protéines
classiques des Rétrovirus (Gag, Pol et Env)
et des deux protéines régulatrices
(Tat et Rev) qui sont
essentielles à la réplication virale,
le génome du virus
de l'immunodéficience humaine (VIH)
code également
quatre autres
protéines dites accessoires, Nef, Vif, Vpr
et Vpu. Ces
protéines, qui ne sont pas requises au cours
de test de réplication in vitro, sont en
revanche indispensables
au cycle viral in
vivo.
La protéine nef est impliquée dans l'infection
par le VIH qui cause une déplétion progressive du
nombre des lymphocytes CD4 et une altération
de leur fonction,
amenant à l'immunodéficience
associée au sida.
En rapport avec ce rôle de
déterminant clé de la
déplétion des lymphocytes CD4
in
vivo,
plusieurs fonctions
biochimiques de Nef viennent d'être
déterminées.
Une équipe de recherche
vient, en effet, de montrer comment Nef désactive deux principaux
acteurs du système
immunitaire. Ces
molécules sont, d'une part, celles qui
forment le complexe
majeur d'histocompatibilité
(CMH-1) lequel a pour
fonction de présenter les antigènes du
VIH au système immunitaire, et, d'autre part, les récepteurs de surface CD4
qui, reconnus par le
VIH, lui permettent d'entrer dans la cellule
hôte (lymphocytes).
De ce fait, en empêchant la présentation
des antigènes, Nef empêche que les
lymphocytes T cytotoxiques soient alertés,
inhibant ainsi la destruction des cellules
infectées et du virus. Celui-ci peut donc se répliquer
activement. Par ailleurs, lorsque Nef détruit CD4 à
la cellule des cellules infectées, ceci
encourage les nouveaux virions produits à
se propager dansde nouvelles cellules non
infectées.
Les deux modes d'action de
Nef utilisent une voie métabolique
commune. Le blocage de
cette dernière pourrait donc être un
puissant moyen de lutter contre le VIH. Les
scientifiques travaillent actuellement pour trouver
de tels inhibiteurs.
Référence -
Schaefer MR, Wonderlich ER,
Roeth JF, Leonard JA, Collins KL 2008 HIV-1 Nef
Targets MHC-I and CD4 for Degradation Via a Final
Common ß-COP-Dependent Pathway in T
Cells. PLoS Pathogens 4(8): e1000131
doi:10.1371/journal.ppat.1000131
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