RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

Revue de presse mensuelle VOL14 N°1 SEPTEMBRE 2008

Mis à jour le 30 septembre 2008

 

 

 

Introduction

Contact

Numéro du jour

Article du jour

Virologie fondamentale

Virologie médicale (VIH)

Virologie médicale et appliquée (autes virus)

Calendrier des congrès

Archives

Nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 

 Jean Robin, Ph.D.

Un des objectifs de ce site est d'être utile aux futures et futurs virologistes, et tout particulièrement aux étudiantes et étudiants, qui trouveront là, très certainement, des sujets pouvant faire l'objet de développements dans le cadre de séminaires ou de travaux dirigés. Dans cet esprit:

SI VOUS LE SOUHAITEZ:


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS  

Vers un nouveau paradigme en virologie: découverte d'un virus qui parasite d'autres virus

Les virus jouent un rôle important dans les écosystèmes des fonds marins

7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

 

2- CLASSIFICATION DES VIRUS

 

8- RELARGAGE

 

3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

 

9- INTERFÉRONS

 

4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

 

10-ONCOGÉNÈSE

Le Virus MCV est bien la cause d'un cancer mortel de la peau, le carcinome de Merkel

5- DÉCAPSIDATION

 

 

 

11- INFECTION ET IMMUNITÉ

 Grippe espagnole : des survivants de la grippe de 1918 produisent des anticorps efficaces

Découverte de protéines anti-VIH dans les sécrétions vaginales de femmes "exposées non infectées" (ENI)

Découverte d' un gène jouant un rôle clé dans la production d'anticorps qui neutralisent le VIH

Herpès : de nouvelles perspectives thérapeutiques

Identification de 305 protéines cellulaires impliquées dans l'infection par le Virus du Nil Occidental

L'aciclovir bloque la réplication du VIH dans les cellules coinfectées avec le virus Herpès

Plusieurs fonctions biochimiques de la protéine Nef du VIH viennent d'être déterminées >>>>NOUVEAU

6- RÉPLICATION

Découverte d'un mécanisme protecteur anti-bactériophage chez les bactéries

Première étude détaillée des complexes de réplication du virus du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS)

VIROLOGIE MÉDICALE: VIH

Développement d'un microbicide rectal préparé à partir d'un antirétroviral destiné à empêcher la pénétration muqueuse du VIH

VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS 

Virus du Nil : la guérison complète est possible  

Grippe aviaire : le virus H9N2 pourrait également être une menace

Où l'on reparle d'utiliser les réovirus contre la majorité des cancers

 Mise au point d'une nouvelle approche en virothérapie oncolytique

Le Telaprevir, une nouvelle antiprotéase contre le virus de l'hépatite C, entre en évaluation clinique

Sur la piste d'un vaccin général contre la grippe

CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

ARTICLES DU MOIS

VIROLOGIE FONDAMENTALE

Vers un nouveau paradigme en virologie: découverte d'un virus qui parasite d'autres virus

Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants, pour se multiplier. Il n'est pas considéré comme un être vivant du fait de son manque d'autonomie : mais c'est en revanche un modèle de " réplicateur égoïste ", c'est-à-dire d'entité ayant pour programme unique de se dupliquer. Chaque domaine du vivant, eucaryotes et procaryotes (bactéries et archées), est parasité par des virus qui leur sont propres. C'est tout du moins ce qui était admis. Mais un nouveau venu dans le monde des virus vient bouleverser les idées reçues.

En effet, une équipe française vient de découvrir que les virus eux-aussi peuvent être infectés…par d'autres virus. Spoutnick, est le nom de ce nouveau virus qui présente la particularité d'être capable d'infecter des virus " géants " comme le Mamavirus ou le Mimivirus, le plus grand virus à ADN jamais recensé, découvert par la même équipe en 2003 chez l'amibe..

Les chercheurs ont d'abord pensé que Spoutnick était comparable aux fragments d'acides nucléiques appelés satellites que l'on trouve régulièrement associés aux virus. Mais une analyse plus complète a démontré qu'il avait toutes les caractéristiques d'un véritable virus : il est incapable de se multiplier seul dans les cellules, il doit se reproduire dans l'usine à virus de Mimivirus où il est produit parallèlement et il " rend malade " son hôte en provoquant une diminution de la multiplication du Mimivirus ainsi que des défauts de fabrication, se caractérisant par des anomalies morphologiques.

L'analyse du génome de ce virus montre qu'il échange des gènes avec Mimivirus mais qu'il a aussi importé des gènes de virus d'autres domaines de la vie. Les chercheurs ont en effet découvert chez Spoutnick une composition génique toute particulière : des gènes de Mimivirus, un gène de virus d'archée et deux gènes proches de ceux des bactériophages.

Appelé virophage, par analogie avec les bactériophages qui sont les virus de bactéries, le nouveau virus Spoutnick constitue donc une nouvelle famille virale et une nouvelle entité biologique. C'est un virus de virus qui permet notamment de réaliser le transfert latéral de gènes entre virus géants.

Par ailleurs, depuis de nombreuses années les biologistes se querellent pour savoir s'il faut ou non compter les virus parmi les êtres vivants. Ainsi, François Jacob, biologiste et Nobel de médecine en 65, dit d'eux que " placés en suspension dans un milieu de culture, ils ne peuvent ni métaboliser, ni produire ou utiliser de l'énergie, ni croître, ni se multiplier, toutes fonctions communes aux êtres vivants". La découverte d'un virus géant qui tombe malade en étant infecté par un autre virus tend à les rapprocher du domaine du Vivant.

Référence : La Scola B. at al. (2008), The virophage, a unique parasite ofthe giant Mimivirus. Nature advance online publication 6 August 2008 | doi:10.1038/nature07218


Découverte d'un mécanisme protecteur anti-bactériophage chez les bactéries

A l'instar des éleveurs protégeant leurs cheptels des attaques de parasites, les industriels qui mettent au travail des "troupeaux"de bactéries (dans l'agroalimentaire, la pharmacie ou les biotechnologiques) veulent aussi aider leurs protégées à lutter contre leurs ennemis. Les plus redoutables sont les virus bactériophages, sortes de seringues à ADN, capables de s'agripper à la bactérie puis à en percer la paroi pour injecter tout leur génome.

Mais les bactéries savent se défendre. On s'en doutait mais on ignorait le mécanisme. Un début de réponse avait été apporté par deux chercheurs canadiens qui, mettant en présence une population de bactéries du lait et un virus connu pour les attaquer, avaient pu constater que, à l'issue de ce combat microscopique, la population bactérienne était presque décimée. Presque mais pas tout à fait : certaines avaient trouvé la parade et menaient une vie normale. L'analyse du génome des survivantes avait révélé une caractéristique particulière : l'abondance de séquences dites CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats). Cette curiosité de la biologie des bactéries, connue dans leurs deux grandes lignées (les Eubactéries et les Archées), consiste en de courtes portions d'ADN (10 à 50 nucléotides) répétées à l'identique un grand nombre de fois (jusqu'à 140) et séparées entre elles par une séquence qui, elle, reste unique et que l'on appelle faute de mieux un espaceur.

Ces séquences répétitives, concluaient les chercheurs, jouent donc un rôle dans ce qui ressemble à un véritable système immunologique des bactéries. Ils en voulaient pour preuve que quatre espaceurs présentaient des codes génétiques similaires à celui des bactériophages qui ont attaqué les bactéries. Les survivantes avaient donc intégré une partie du code génétique du virus pour lutter contre lui. Les chercheurs avaient ensuite vérifié cette hypothèse en intervenant génétiquement sur les bactéries pour ajouter ou retirer des espaceurs. Ils avaient observé que ces derniers sont indispensables aux bactéries pour lutter contre le virus. Les multiples séquences CRISPR des bactéries étaient donc le souvenir de mauvaises rencontres. Un peu comme une vaccination, ces copies de génomes viraux dans les espaceurs serviraient par la suite à se défendre contre un attaquant de la même famille.

Depuis, le mécanisme en cause était resté inconnu, mais une équipe de recherche néerlandaise pense l'avoir découvert en identifiant des ARN interférents formés à partir des séquences CRISP. Ces ARN sont alors capables d'interférer avec les ARN messagers du virus qui contiendrait des séquences identiques. Si donc un virus introduit un ADN dont certaines séquences sont déjà conservées dans l'ADN bactérien, tous les ARN messagers issus de ces séquences seront bloqués et la réplication virale ne pourra donc se faire. Grâce à ca mécanisme de nombreux ADN viraux peuvent ainsi être reconnus et bloqués.

Référence - Stan J. J. Brouns, … and John van der Oost. Small CRISPR RNAs Guide Antiviral Defense in Prokaryotes. Science 15 August 2008: Vol. 321. no. 5891, pp. 960 - 964.


Grippe espagnole : des survivants de la grippe de 1918 produisent des anticorps efficaces

Alors que la pandémie de grippe de 1918 a tué près de 50 millions de personnes dans le monde, dont beaucoup étaient des adultes jeunes et en bonne santé, les craintes d'une autre menace de pandémie de grippe avec l'émergence du virus de la grippe aviaire en Asie, les chercheurs ont voulu étudier les virus de 1918 et la réponse immunitaire à leur présence dans le corps. En effet, depuis que le séquençage de ce virus grippal a été mené à bien, les scientifiques ont pu étudier les éléments qui lui ont conféré une si grande virulence. En revanche, jusqu'ici, peu de travaux avaient été consacrés à l'immunité adaptative induite par le contact avec le virus H1N1.

Pour cette raison, les chercheurs ont réuni un groupe de 32 personnes âgées de 2 à 12 ans en 1918, dont la plupart avaient vécu au même domicile qu'une personne touchée par la grippe. Quatre-vingt-dix ans plus tard, chez tous ces 32 sujets, le sérum sanguin présentait une activité inhibitrice d'une protéine présente à la surface du virus, l'hémagglutinine (le "H" de H1N1). Une caractéristique que ne présentait pas le groupe de sujets témoins, nés après la pandémie de 1918.

Les chercheurs ont ensuite isolé dans le sang de 8 des 32 sujets ayant connu la grippe espagnole des globules blancs, à partir desquels ils ont obtenu des lignées de lymphocytes B. Pour 7 des 8 sujets, les lymphocytes B produisaient des anticorps dirigés spécifiquement contre le virus de la pandémie de 1918, en l'occurrence contre l'hémagglutinine du H1N1, mais pas contre les souches de virus grippaux apparues plus récemment.

Ces anticorps possèdent une très forte affinité pour l'hémagglutinine du virus grippal H1N1 et une très grande capacité à le neutraliser. James Crowe et ses collègues en ont fait la démonstration expérimentale en montrant que les anticorps protégeaient des souris à qui l'on injectait la souche virale de la grippe espagnole. Ce qui leur fait dire que ces anticorps pourraient présenter un intérêt thérapeutique face à un virus analogue au H1N1 qui viendrait à réémerger.

Référence - Xiaocong Yu, … and James E. Crowe Jr. Neutralizing antibodies derived from the B cells of 1918 influenza pandemic survivors. Nature advance online publication 17 August 2008


Découverte de protéines anti-VIH dans les sécrétions vaginales de femmes "exposées non infectées" (ENI)

Alors que la perspective de développer un vaccin efficace semble toujours aussi lointaine, la prévention du sida passe toujours principalement par l'utilisation du préservatif. Certains ont déjà eu l'idée de remplacer la barrière mécanique au virus que procure le latex par une barrière chimique. Malheureusement, jusqu'à présent, les produits chimiques suffisamment efficaces contre le virus du sida se sont malheureusement révélés très toxiques pour les muqueuses qu'ils devaient protéger. On est donc à la recherche de nouvelles molécules qui seraient à la fois efficaces et exemptes d'effets indésirables. Une nouvelle étude permet de l'espérer.

Des chercheurs canadiens avaient noté que 140 sur 2000 prostituées kenyanes semblaient résistantes à l'infection par le VIH. Ces femmes qui ne montrent aucun signe apparent d'infection par le VIH-1 malgré plusieurs années d'exposition sont dites "exposées non infectése" (ENI).

Pour comparer les différences entre les protéines présentes dans les sécrétions vaginales des femmes VIH-résistantes et des femmes infectées par le virus ou vulnérables à celui-ci., les scientifiques ont utilisé l'électrophorèse 2D-DIGE (2-Dimensional Differential in-Gel Electrophoresis), la technique la plus fiable et reproductible de protéomique comparative sur gel,

Il s'est avéré que les femmes résistantes présentaient un profil protéique très différent de celui des autres sujets. Plus précisément, les sécrétions vaginales des femmes résistantes contenaient des taux plus élevés de protéines anti-virales et anti-inflammatoires. Plus de 15 protéines ont ainsi été détectées parmi lesquelles on note des antiproteases, y compris celles de la famille serpin B, ainsi que la cystatine A, un facteur anti-VIH-1 reconnu.

Si la validation de ces résultats peut être apportée sur un échantillon plus large, les biomarqueurs associés à la résistance au VIH-1 pourraient aider au développement de microbicides efficaces contre le virus.

Référence - Burgener et al. Identification of Differentially Expressed Proteins in the Cervical Mucosa of HIV-1-Resistant Sex Workers. Journal of Proteome Research, 2008; 0 (0): 0 DOI: 10.1021/pr800406r


Découverte d' un gène jouant un rôle clé dans la production d'anticorps qui neutralisent le VIH

Les anticorps sont essentiels face aux infections virales, et la plupart des vaccins contre les maladies virales vont en fait stimuler l'organisme pour qu'il produise des anticorps contre un virus cible.

Cependant, malgré des années de recherche et la mobilisation d'importantes ressources, la recherche n'a pas encore pu mettre au point un vaccin efficace contre le virus du sida sans lequel cette pandémie ne peut-être maîtrisée.

Toutefois, une équipe de chercheurs vient d'annoncer la mise en évidence d'un mécanisme génétique potentiel de production d'anticorps capables de neutraliser le virus du sida. Cette découverte, potentiellement importante pour la mise au point d'un vaccin, pourrait aussi expliquer pourquoi certaines personnes exposées au VIH (virus de l'immunodéficience humaine) ne sont jamais infectées, relèvent les auteurs.

Plus précisément, identifié chez la souris, un gène appelé Apobec3 déclenche la production d'anticorps dirigés contre un rétrovirus infectant. Ce même gène est également présent chez l'Homme, sur le chromosome 15. Il pourrait donc hypothétiquement jouer le même rôle et permettre à l'organisme de lutter efficacement contre le VIH. Cette hypothèse est confortée par de précédentes études menées sur des personnes qui ont été exposées au virus sans toutefois être contaminées. Ces individus produisent des anticorps particuliers capables de reconnaître le virus et de le détruire. Leurs génomes présentent une activité particulière dans la région où se situe Apobec3.

On comprend donc que cette recherche, qui décrit un mécanisme génétique de production d'anticorps qui neutralisent le VIH, pourrait déboucher sur de nouvelles idées qui pourraient mener à la découverte de médicaments et à des vaccins contre le VIH.

Référence - Mario L. Santiago, Mauricio Montano, Robert Benitez, Ronald J. Messer, Wes Yonemoto, Bruce Chesebro, Kim J. Hasenkrug, and Warner C. Greene. Apobec3 Encodes Rfv3, a Gene Influencing Neutralizing Antibody Control of Retrovirus Infection. Science 5 September 2008: 1343-1346.


Herpès : de nouvelles perspectives thérapeutiques

Provoqué par l'herpès virus simplex de type 1, l'herpès labial classiquement appelé bouton de fièvre est la forme d'herpès la plus courante.

Ce virus provoque l'apparition sur les lèvres et autour de celles-ci de vésicules transparentes, de la taille d'une tête d'épingle, entourées d'une aréole rouge. Les bulles éclatent assez rapidement en formant des croûtes. La peau cicatrise sans séquelles. Un adulte sur cinq peut être confronté à un bouton de fièvre et peut en développer plusieurs au cours de l'année.

Après la primo-infection, les virus se nidifient dans les ganglions nerveux et peuvent y rester inactifs pendant des années, sans être détectés par le système immunitaire. Ils peuvent être réactivés, remonter le long des fibres nerveuses pour réapparaître au même endroit du visage et provoquer ainsi de nouveau des poussées d'herpès.

Une équipe de recherche U.S. indique avoir dévoilé le mécanisme par lequel le virus HSV1 se maintient caché dans le corps avant de ressurgir à l'occasion d'un stress, d'une exposition au soleil. En l'occurrence, le génome viral intégré dans l'ADN cellulaire resterait latent grâce à l'action de 5 micro ARN qui bloqueraient la production de protéines réplicatrices.

Cette découverte pourrait déboucher sur une combinaison thérapeutique pour bloquer les micro Arn et ainsi réactiver le virus -inaccessible à tout traitement sous sa forme dormante- et pouvoir ensuite le tuer, avec l'antiviral acyclovir par exemple.

En théorie, il serait possible d'activer tout le stock de virus latents hébergés par l'organisme et de l'en débarrasser définitivement. Les chercheurs ont déjà commencé à étudier sur des animaux le meilleur moyen d'administrer un tel traitement. En plus du VHS-1, on pense que ces travaux pourraient servir à combattre d'autres virus latents comme celui de l'herpès génital (VHS 2) ou de la varicelle.

Référence - Umbach Jennifer Lin; Kramer Martha F; Jurak Igor; Karnowski Heather W; Coen Donald M; Cullen Bryan R. MicroRNAs expressed by herpes simplex virus 1 during latent infection regulate viral mRNAs. Nature 2008;454(7205):780-3.


Identification de 305 protéines cellulaires impliquées dans l'infection par le Virus du Nil Occidental

Le virus West Nile ou virus du Nil occidental (VNO) s'illustre actuellement sur le continent nord-américain. Les premiers cas sur ce continent remonte à 1999 (New-York) et, quant à lui, le Canada a confirmé ses premiers cas en 2002. Dans la plupart des cas, l'infection est bénigne chez l'homme. Mais elle peut entraîner des encéphalites, se manifestant par des tremblements et de fortes fièvres suivies dans les cas les plus graves d'un coma et de la mort.

Le virus appartient à la famille des flavivirus - incluant les virus de la dengue, de la fièvre jaune, de l'encéphalite japonaise et, entre autres, des virus transmis par les tiques- qui cause de milliers de morts chaque année dans le monde.

Le VNO ne possède qu'une dizaine de protéines, nombre très insuffisant pour expliquer les multiples perturbations qu'il entraîne dans les cellules infectées. Les virologues estiment donc que le virus doit utiliser à son profit d'autres protéines d'origine cellulaire. Afin de déterminer ces dernières, des chercheurs américains on testé le génome humain entier, à l'aide d'outils dénommés "petits ARN interférents". Ils ont ainsi pu identifier 305 protéines (ou les gènes qui en commandent la production) qui peuvent altérer l'infection virale.

Nombre de ces protéines apparaissent cruciales pour permettre au virus d'infecter les humains et de se reproduire. Et environ 30% des gènes impliqués dans l'infection par le virus du Nil occidental paraissent également jouer un rôle dans la fièvre de la dengue.

Théoriquement, si les scientifiques trouvent un moyen d'entraver les capacités du virus à utiliser ces protéines des cellules, il serait possible de traiter et prévenir différentes variétés d'infections. Il pourrait être possible de trouver une cible d'attaque commune aux flavirus.

Référence - Manoj N. Krishnan, …and Erol Fikrig. RNA interference screen for human genes associated with West Nile virus infection. Letter. Nature advance online publication 6 August 2008 | doi:10.1038/nature07207.


L'aciclovir bloque la réplication du VIH dans les cellules coinfectées avec le virus Herpès

On sait que les antiviraux se sont développés plus lentement que les antibiotiques. Ainsi, c'est seulement en 1980 qu'est apparu l'aciclovir (Zovirax®) actif sur le virus de l'herpès et sur le virus varicelle-zona.

En présence de virus à l'intérieur de la cellule, l'aciclovir est transformé en aciclovir monophosphate puis en aciclovir diphosphate et triphosphate. L'aciclovir triphosphate entre en compétition avec la déoxyguanosine triphosphate, composante de l'ADN du virus, et de ce fait, empêche la réplication du génome viral.

Les biotransformations subies par l'aciclovir dépendent de la présence de thymidine kinase virale à l'intérieur de la cellule : en absence d'infection, l'aciclovir n'est pas transformé en aciclovir monophosphate et les étapes ultérieures ne sont donc pas possibles.

Une recherche récente vient de démontrer que dans les cellules co-infectées par le virus herpès, l'aciclovir bloque également la réplication du VIH. Le même aciclovir n'agit pas si les cellules sont simplement infectées par le VIH. Il appert donc que ce sont les transformations que le virus herpès fait subir à l'aciclovir qui sont à la base de l'effet anti-VIH. Les auteurs émettent l'hypothèse que l'action consisterait en une inhibition de l'enzyme réverse-transcriptase du VIH.

Ces résultats apportent une explication à l'observation faite au début des années 1990, quand plusieurs équipes avaient observé que les patients séropositifs traités au long cours par l'aciclovir avaient une survie prolongée, sans pouvoir fournir d'explications puisque cette molécule n'était pas active pharmacologiquement contre le VIH. Ces mêmes résultats relancent donc l'espoir que, dans certaines conditions, l'association d'un antirétroviral et de l'aciclovir pourrait ralentir la progression de l'infection à VIH.

Référence - Andrea Lisco, …and Leonid Margolis. Acyclovir Is Activated into a HIV-1 Reverse Transcriptase Inhibitor in Herpesvirus-Infected Human Tissues. Cell Host & Microbe, Volume 4, Issue 3, 11 September 2008, Pages 260-270


Première étude détaillée des complexes de réplication du virus du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS)

Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) est la première maladie grave et transmissible à émerger en ce XXI° siècle. L'épidémie, partie de Chine fin 2002, a éclaté au niveau mondial en 2003 faisant plus de 8000 cas et près de 800 morts. Grâce à une mobilisation internationale sans précédent, motivée par l'alerte mondiale déclenchée le 12 mars 2003 par l'OMS, l'épidémie a pu être endiguée par des mesures d'isolement et de quarantaine. De même, l'agent causal du SRAS, a pu être rapidement identifié.

De nombreuses questions restent posées face à ce nouveau virus, contre lequel on ne dispose encore d'aucun traitement. Comment s'est effectué le passage de l'animal à l'homme? Combien de temps subsiste-t-il dans l'environnement? Pourquoi est-il si virulent?

Cette dernière question (virulence) demande, pour qu'il y soit répondu, que soient élucidés les mécanismes de réplication du virus du SRAS dans la cellule infectée.

On se souviendra que le virus du SRAS est une nouvelle variété de coronavirus. Son génome est constitué d'un unique et petit brin linéaire d'ARN de polarité positive.

On se rappelera également que les virus ARN à brin positif ont de petits génomes qui codent pour un nombre limité de protéines et dépendent de leurs hôtes pour compléter diverses étapes de leur cycle de réplication. Ainsi donc leur réplication nécessite des points de contact entre les virions ARN à brin positif et leurs hôtes, lesquels sont nécessaires pour la traduction et la réplication des génomes viraux.

Ces régions, appelées complexes de réplication virale, sont associés à des compartiments membraneux spécifiques dérivés de membranes intracellulaires et contiennent les protéines et les ARN viraux, ainsi qu'une variété de protéines de l'hôte. Ces complexes sont assemblés via un réseau complexe d'interactions protéine-protéine, protéine-membrane et protéine-ARN.

L'étude des complexes de réplication est indispensable pour comprendre le mécanisme de la réplication virale. Elle est très difficile car il faut trouver des méthodes qui préservent l'intégralité structurale des complexes.

Dans le cas du virus du SRAS, il appert qu'une équipe de recherche vient de grandement progresser en ce sens en utilisant des techniques de microscopie et de tomographie électroniques. Leurs résultats fournissent des images d'une précision inégalée des complexes de réplication laissés inaltérés.

Ces travaux représentent donc une avancée majeure pour étudier les étapes clés du cycle infectieux du virus du SRAS en culture cellulaire. Elle peut avoir d'importantes retombées pratiques pour le traitement de la maladie.

Référence - Knoops K, Kikkert M, van den Worm SHE, Zevenhoven-Dobbe JC, van der Meer Y, et al. SARS-coronavirus replication is supported by a reticulovesicular network of modified endoplasmic reticulum. PLoS Biology Vol. 6, No. 9, e226 doi:10.1371/journal.pbio.0060226


Les virus jouent un rôle important dans les écosystèmes des fonds marins

Dans le cadre du cycle du carbone, des organismes microscopiques à la surface de la mer assimilent le dioxyde de carbone de l'atmosphère. Bon nombre de ces créatures microscopiques, appelées procaryotes, sont infectées par des virus. Quand elles meurent sous l'effet de ceux-ci, leurs restes riches en carbone s'enfoncent doucement dans les profondeurs où ils sont ensuite assimilés par d'autres bactéries. Ces dernières, à leur tour, servent de repas à de plus grandes formes de vie et ainsi de suite, alimentant donc la chaîne alimentaire au sein des océans.

Ceci vient d'être démontré par une récente étude au cours de laquelle des scientifiques originaires de France, d'Italie et des États-Unis ont collecté plus de 200 échantillons de sédiments dans les fonds marins de certaines parties des océans Atlantique et Pacifique ainsi que dans la Méditerranée et la mer Noire. Ces échantillons ont été collectés à des profondeurs allant de 165 mètres à plus de 5000 mètres. Les scientifiques souhaitaient étudier les interactions bactéries-virus dans ces environnements hostiles.

Ils ont découvert que les virus étaient responsables de pratiquement toute la mortalité bactérienne dans les sédiments des fonds marins. Par ailleurs, à des profondeurs dépassant les 1000 mètres, le taux de mortalité virale atteint presque les 100 %. Les virus fendent littéralement les bactéries en deux, ce qui entraîne la libération de leur contenu cellulaire dans l'environnement, où les nutriments sont rapidement réutilisés par d'autres bactéries pas encore infectées. Les chercheurs décrivent ce processus comme du "cannibalisme des grands fonds", qui accélère le cycle du carbone. Par ce processus, le carbone est recyclé, de même que les autres nutriments. Selon les estimations des scientifiques, ce processus "détourne" de 0,37 à 0,63 gigatonne de carbone par an vers le réseau trophique des fonds marins.

Ces résultats montrent donc que les virus jouent un rôle important dans les cycles biogéochimiques mondiaux, dans le métabolisme des fonds marins et dans le fonctionnement général du plus grand écosystème de notre biosphère.

L'équipe souhaite désormais identifier les virus impliqués dans ces processus et déterminer leur rôle dans le maintien de la biodiversité au sein de l'environnement des fonds marins.

Référence - Danovaro, R et al. (2008) Major viral impact on the functioning of benthic deep-sea ecosystems. Nature, 454:1084-1087 (28 Aug 2008


Le Virus MCV est bien la cause d'un cancer mortel de la peau, le carcinome de Merkel

Au cours de l'hiver dernier, une équipe de chercheurs de l'University of Pittsburgh Cancer Institute avait révèlé l'existence d'un nouveau virus , inconnu auparavant, fortement associé à un cancer de peau rare mais mortel, appelé carcinome de Merkel (Merkel cell carcinoma.). Ce virus appartient aux polyomavirus et a été nommé Merkel cell polyomavirus (MCV).

Voici maintenant qu'une nouvelle étude menée par le même laboratoire démontre formellement que le MCV serait la cause du carcinome de Merkel.

Plus précisément, les expériences menées sur des tumeurs humaines révèlent que le cancer se développe en deux étapes: au cours de l'infection, le MCV s'intègre dans la cellule hôte et son ADN y produit alors des protéines virales qui favorisent la formation de cancer. L'oncogénèse débute quand une mutation supprime une partie d'une protéine virale nécessaire au virus pour se reproduire et infecter d'autres cellules saines.

Ainsi donc, le MCV infecte les cellules normales avant de se transformer en cellules cancéreuses. De ce fait, le virus ne peut donc pas avoir infecté une tumeur préexistante parce qu'il ne peut plus se reproduire dans les cellules cancéreuses. Il appert donc que le MCV est le responsable de la maladie.

Actuellement, il n'existe pas de traitement pour l'infection par le MCV. Cependant, l'identification de l'agent et la compréhension de son mécanisme d'action pourrait à terme conduire à des interventions ciblées.

Source- New Virus Is Culprit, Not Bystander, In Deadly Skin Cancer

http://www.sciencedaily.com/releases/2008/09/080922155906.htm


Plusieurs fonctions biochimiques de la protéine Nef du VIH viennent d'être déterminées

En plus des trois protéines classiques des Rétrovirus (Gag, Pol et Env) et des deux protéines régulatrices (Tat et Rev) qui sont essentielles à la réplication virale, le génome du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) code également quatre autres protéines dites accessoires, Nef, Vif, Vpr et Vpu. Ces protéines, qui ne sont pas requises au cours de test de réplication in vitro, sont en revanche indispensables au cycle viral in vivo.

La protéine nef est impliquée dans l'infection par le VIH qui cause une déplétion progressive du nombre des lymphocytes CD4 et une altération de leur fonction, amenant à l'immunodéficience associée au sida.

En rapport avec ce rôle de déterminant clé de la déplétion des lymphocytes CD4 in vivo, plusieurs fonctions biochimiques de Nef viennent d'être déterminées.

Une équipe de recherche vient, en effet, de montrer comment Nef désactive deux principaux acteurs du système immunitaire. Ces molécules sont, d'une part, celles qui forment le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH-1) lequel a pour fonction de présenter les antigènes du VIH au système immunitaire, et, d'autre part, les récepteurs de surface CD4 qui, reconnus par le VIH, lui permettent d'entrer dans la cellule hôte (lymphocytes).

De ce fait, en empêchant la présentation des antigènes, Nef empêche que les lymphocytes T cytotoxiques soient alertés, inhibant ainsi la destruction des cellules infectées et du virus. Celui-ci peut donc se répliquer activement. Par ailleurs, lorsque Nef détruit CD4 à la cellule des cellules infectées, ceci encourage les nouveaux virions produits à se propager dansde nouvelles cellules non infectées.

Les deux modes d'action de Nef utilisent une voie métabolique commune. Le blocage de cette dernière pourrait donc être un puissant moyen de lutter contre le VIH. Les scientifiques travaillent actuellement pour trouver de tels inhibiteurs.

Référence - Schaefer MR, Wonderlich ER, Roeth JF, Leonard JA, Collins KL 2008 HIV-1 Nef Targets MHC-I and CD4 for Degradation Via a Final Common ß-COP-Dependent Pathway in T Cells. PLoS Pathogens 4(8): e1000131 doi:10.1371/journal.ppat.1000131

VIROLOGIE MÉDICALE: VIH  

Développement d'un microbicide rectal préparé à partir d'un antirétroviral destiné à empêcher la pénétration muqueuse du VIH

Il est connu que, en sus de l'homosexualité masculine, des études menées aux États-Unis montrent qu'il y a 7 fois plus de femmes qui pratiquent des relations sexuelles anales que d'hommes gays. Cette proportion augmente dans les populations où ces relations leur permettent de préserver leur virginité ou d'éviter des grossesses. De plus, ces études montrent que la transmission du HIV est de 2 à 3 fois plus efficace à travers l'épithélium rectal qu'à travers l'épithélium vaginal. Ces études soulignent donc l'importance de lutter contre la transmission rectale du HIV.

Ainsi, des efforts sont effectués dans le développement des microbicides administrés par voie rectale. Mais, de grandes difficultés sont à résoudre. En effet, un microbicide, qui se serait montré efficace au niveau vaginal, n'aura pas nécessairement la même efficacité au niveau rectal puisque les micro-environnements et la composition des tissus sont différents. En effet, le pH dans rectum est d'environ 7,2 alors qu'il est plus acide dans le vagin (entre 4 et 5). De plus, l'épithélium tapissant le rectum, n'est pas une structure pluri-stratifiée comme l'épithélium vaginal, donc facilement dommageable. De ce fait, il n'offre que très peu de protection et le virus atteint plus facilement les cellules cibles sous la lamina propria. Par ailleurs, étant donné l'impossibilité d'expérimenter sur l'humain, d'autres modèles expérimentaux doivent être utilisés. Pour l'instant, il existe des tests in vitro d'évaluation des formulations incluant des systèmes de culture de cellules de colon. De plus, des modèles animaux permettent l'évaluation in vivo, le modèle macaque restant nécessaire pour que les molécules à visée microbicide accèdent aux essais cliniques chez l'homme.

Dans le cadre des efforts faits pour le développement d'un microbicide rectal préparé à partir d'antirétroviraux destinés à empêcher la pénétration muqueuse du VIH, une équipe de chercheurs s'est penchée sur l'efficacité de l'application rectale d'un gel de ténofovir dans la prévention de la transmission du VIS (virus de l'immunodéficience simienne, l'équivalent du VIH) chez le macaque.

Plus spécifiquement, deux heures après l'administration dans le rectum d'un gel contenant du ténofovir, un test d'épreuve par administration de VIS a été réalisé chez 20 animaux. L'effet protecteur a été significatif : 8 macaques sur 9 ont été protégés contre l'infection, alors que tous les animaux sous placebo et 3 des 4 singes non traités ont été infectés.

Il convient cependant de ne pas se réjouir trop vite car les études chez l'animal ne reflètent pas toujours ce qui se passe chez l'homme. En effet, on se souviendra que des essais cliniques de microbicides vaginaux efficaces chez le macaque ont dû être stoppés car les femmes utilisant ce type de produitss avaient des taux d'infection VIH supérieurs au groupe contrôle.

Référence - Cranage M, Sharpe S, Herrera C, Cope A, Dennis M . Prevention of SIV Rectal Transmission and Priming of T Cell Responses in Macaques after Local Pre-exposure Application of Tenofovir Gel. PLos Med 5(8) : e157.

VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS 

Virus du Nil : la guérison complète est possible

Entre 2002 et 2007, plus de 2200 cas de personnes infectées par le virus du Nil ont été enregistrés au Canada. Cette année, trois cas ont été signalés jusqu'à maintenant, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. Le virus est transmis par les piqûres de moustique.

Il était connu que. dans le cas de l'infection par le Virus du Nil Occidental, 80 % des personnes qui contractent la maladie ne développent pas de symptôme et ignorent qu'elles sont infectées. La majorité des malades guérissent seuls en quelques jours. Toutefois, dans moins de 15% des cas, des complications surviennent : méningites, encéphalites, hépatites, pancréatites ou myocardites. L'évolution se fait alors vers la guérison, mais laissant très souvent des séquelles.

Ce point de vue est remis en question par une étude canadienne qui montre que les personnes ayant contracté le virus du Nil occidental, y compris celles qui ont vécu des complications neurologiques graves, ont des chances de guérir complètement avec le temps.

Les chercheurs ont mené une étude entre 2003 et 2007 auprès de 156 personnes infectées par le virus du Nil occidental. Certaines d'entre elles avaient même développé de graves méningites et encéphalites. Les scientifiques ont évalué les fonctions physiques et mentales des patients après qu'ils ont été infectés. Ils ont également mesuré leur humeur et leurs symptômes de fatigue. par la suite pris des mesures de façon régulière durant une longue période pour vérifier à quel point ces paramètres s'amélioraient.

Les résultats montrent que la durée moyenne de guérison est d'environ une année.

L'étude n'a pas été en mesure de déterminer des pronostics à long terme pour les patients qui ont développé une paralysie flasque aiguë reliée au virus du Nil, étant donné leur nombre restreint.

L'étude n'a pas inclus non plus sept personnes qui ont perdu la vie peu après avoir été infectées.

Référence - M. Loeb, … and J. Mahony. Prognosis after West Nile Virus Infection. Annals of Internal Medicine. 19 August 2008. Volume 149 Issue 4 . Pages 232-241


Grippe aviaire : le virus H9N2 pourrait également être une menace

Les experts de la grippe estiment pour la plupart qu'une pandémie à l'échelle planétaire est inévitable, mais ils ne peuvent prédire le moment où elle éclora et à partir de quelle souche.

Les têtes sont actuellement tournées vers la H5N1, en raison de son activité virale particulièrement intense depuis quelques années. On pense que, dans un avenir rapproché, la H5N1 pourrait se transformer en un virus qui se transmet facilement à l'humain et qui se propage rapidement d'un individu à l'autre.

Voici maintenant qu'une autre menace se précise, à savoir que, selon une équipe U.S. de recherche, la souche H9N2 serait, elle aussi, capable de se transmettre et de se propager avec un nombre limité de mutations. Retrouvée chez les oiseaux, la H9N2, par une simple mutation, a contaminé au moins quatre enfants à Hong Kong, provoquant des symptômes sans gravité. Elle a aussi été retrouvée chez des oiseaux, des cochons et d'autres animaux en Europe et en Asie.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont utilisé des furets pour caractériser le mécanisme de réplication et de transmission des virus H9N2. Ils ont montré que certaines souches actuellement en circulation de ces virus peuvent se transmettre à des furets sains mis en contact avec des furets infectés. Toutefois, une transmission aérosol du virus de n'a pas été observé, ce qui est un facteur clé pour des souches qui pourraient provoquer une pandémie.

L'étude conclue toutefois que "l'existence et la prévalence du virus H9N2 chez les volailles pourrait représenter une menace significative pour l'homme ".

Référence - Wan H, Sorrell EM, Song H, Hossain MJ, Ramirez-Nieto G, et al. 2008 Replication and Transmission of H9N2 Influenza Viruses in Ferrets: Evaluation of Pandemic Potential. PLoS ONE 3(8): e2923 doi:10.1371/journal.pone.0002923.


Où l'on reparle d'utiliser les réovirus contre la majorité des cancers

Environ deux tiers de tous les cancers présentent une voie RAS activée, y compris la plupart des maladies métastatiques. Un nombre important de mutations, y compris les mutations dans EGFR, Her2 ou K-RAS le long de la voie RAS entraîne l'activation de la voie RAS. La protéine de Ras est un des régulateur principaux dans la croissance et la multiplication des cellules. A partir de quelques cellules mutées, on assiste à une croissance non contrôlée et par la suite le cancer.

Par ailleurs, depuis quelques années, plusieurs études ont montré que certains virus peuvent détruire des cellules cancéreuses, tout en épargnant les cellules normales. Un des exemples récents de virus " oncolytique " est celui du réovirus de mammifères dont la réplication dans les cellules infectées est normalement bloquée par l'activation de la protéine kinase cellulaire PKR. En revanche, la transformation cellulaire par activation du protooncogène Ras inhibe la PKR, ce qui permet la réplication virale et entraîne la destruction des cellules infectées. Les études réalisées in vivo dans différents modèles murins de tumorigenèse ont révélé que l'infection locale par les réovirus entraîne la régression des tumeurs. De tels virus oncolytiques pourraient donc représenter une voie thérapeutique de certains cancers.

L'effet antitumoral des réovirus a notamment été examiné après injection locale au sein des tumeurs du cancer du poumon, le deuxième cancer le plus courant pour les hommes et les femmes et première cause de décès.

C'est ainsi que l'utilisation de réovirus sous le nom de Reolysin ® avait fait l'objet d'un premier essai clinique de phase I dans lequel dix-huit patients ne répondant pas aux traitements anticancéreux classiques avaient reçu, par injection intra-tumorale, des doses variables de virus. Aucun effet secondaire n'avait été observé, confirmant le faible pouvoir pathogène du virus chez l'adulte. En outre, les résultats préliminaires montraient une diminution du volume tumoral chez plus de la moitié de ces patients.

Maintenant, Oncolytics Biotech Inc entreprend des essais cliniques de phase II en utilisant REOLYSIN en association avec le paclitaxel et le carboplatine pour les patients atteints de cancers pulmonaires présentant une voie RAS activée.

Source - New Approach Uses a Common Virus to Combat Deadly Lung Cancer

http://www.newswise.com/articles/view/544125/


Mise au point d'une nouvelle approche en virothérapie oncolytique

Dans le cadre de la lutte contre le cancer, les virus oncolytiques, qui induisent la mort spécifique des cellules tumorales, ouvrent une nouvelle voie de thérapie. nouvelle arme contre le cancer.

Certains de ces virus sont naturellement oncotropes; ils pénètrent de façon spécifique dans les cellules tumorales et s'y répliquent pour ensuite les détruire, sans toutefois nuire aux cellules saines. Cependant, de nombreuses tumeurs primitives résistent encore à l'approche thérapeutique virale. Les recherches s'intensifient autour de ce point afin d'optimiser cette méthode de traitement des cancers.

Dans ce contexte, une équipe de chercheurs canadiens a mis au point une nouvelle thérapie virale en associant un un virus oncolytique naturellement inoffensif pour l'homme (un minuscule rhabdovirus en forme de projectile provenant de cellules d'insectes, connu sous le nom de VSV), avec une autre molécule qui augmente la capacité du virus à cibler et à détruire les cellules cancéreuses.

Plus précisément, les scientifiques se sont tournés vers les inhibiteurs d'histone désacétylase (HDAC), qui inhibent les enzymes responsables de la modulation de la structure des chromosomes dans les cellules tumorales. Ils ont alors testé l'association HDAC/virus, dans le cadre d'expériences avec cultures cellulaires réalisées en laboratoire sur des modèles animaux de cancer mais aussi sur des tissus humains prélevés chez des patients atteints de cancers du sein, de la prostate et du côlon immédiatement après l'excision des tumeurs.

Les résultats sont très clairs: un traitement à l'aide de ces composés permet d'augmenter la vulnérabilité du cancer aux virus oncolytiques.

Dans ces conditions, la virothérapie pourrait constituer une option valable pour le traitement du cancer lorsqu'elle est jumelée à une nouvelle approche biothérapeutique. De ce fait, les chercheurs pensent que les résultats de ces études pourraient s'étendre rapidement à la pratique.

Source - http://www.mcgill.ca/newsroom/news/item/?item_id=101822


Le Telaprevir, une nouvelle antiprotéase contre le virus de l'hépatite C, entre en évaluation clinique

L'hépatite C est une maladie du foie provoquée par le virus de l'hépatite C (VHC), qui se trouve dans le sang des personnes infectées. Le VHC, un problème de santé publique important qui affecte 170 millions de personnes dans le monde, se transmet par contact direct avec le sang d'une personne infectée. Bien que de nombreuses personnes atteintes d'hépatite C puissent ne présenter aucun symptôme, d'autres présentent des symptômes comme la jaunisse, des douleurs abdominales, de la fatigue et de la fièvre. L'hépatite C augmente considérablement les risques de maladie hépatique chronique, de cirrhose, de cancer du foie et de décès.

Le traitement de référence de l'hépatite C (AMM 1999) est la bithérapie ribavarine-interféron alpha INF mais plus de 50 % des patients demeurent non-répondeurs. Consequemment, plusieurs substances susceptibles d'interagir avec le cycle du virus de l'hépatite C (VHC) sont en cours de développement, afin de disposer de nouveaux traitements qui permettraient d'améliorer l'efficacité et la tolérance de la bithérapie recommandée actuellement.

C'est ainsi que la recherche porte sur un certain nombre d'antiviraux. Parmi ces derniers, le Telaprevir (VX-950) est la molécule dont le stade de développement est le plus avancé. Il s'agit d'une antiprotéase du VHC (développée par Vertex et Tibotec), qui s'est révélée prometteuse lors des essais préliminaires (sur un nombre limité de personnes). La molécule est un inhibiteur sélectif puissant de la protéase NS3/4A du VHC.

Échaudés par les résultats décevants de molécules au départ prometteuses contre les virus, les chercheurs estimaient, à juste titre, qu'il restait encore du chemin avant d'autoriser une telle molécule sur le marché. C'est pourquoi, afin de lever les préoccupations concernant notamment l'apparition de résistance à court et moyen terme et les effets indésirables du Telaprevir, un essai clinique de phase 3, l'essai ADVANCE, a démarré en mars dernier aux Etats-Unis et en Europe, afin d'évaluer l'efficacité et la tolérance de l'antiprotéase, en association avec la bithérapie (Interferon Pegylé + Ribavirine), chez environ 1050 personnes touchées par une hépatite C chronique, avec un virus du génotype 1, (l'un des 6 principaux génotypes du VHC, le plus fréquent et malheureusement le plus résistant), et qui n'ont jamais reçu de traitement. Cet essai permettra à terme de savoir si l'utilisation du Telaprevir en plus de la bithérapie augmenterait les taux de guérison et/ou prolongerait la durée de réponse au traitement, par rapport à une bithérapie seule.

Un autre essai vient d'être autorisé par les agences européenne et américaine du médicament (l'essai REALIZE). Il devra évaluer le Telaprevir en association avec la bithérapie (Interféron Pégylé + Ribavirine) chez des personnes touchées par l'hépatite C chronique, infectées par un virus du génotype 1, mais qui avaient eu une rechute ou un échec suite à un premier traitement. L'essai REALIZE va concerner 650 personnes, pendant 48 semaines. Elles recevront en association avec l'Interféron Pégylé et la Ribavirine, soit le Telaprevir, soit un placebo. La réussite du traitement sera définie par une charge virale du VHC indétectable (<10 UI/ml -Unités Internationales/ml-), 24 semaines après l'arrêt du traitement.

Source - http://news.indexweb.info/news/42542-telaprevir-nouvelle-antiprotease-contre-virus-hepatite-c-evaluation-clinique.html


Sur la piste d'un vaccin général contre la grippe

Les vaccins traditionnels contre la grippe sont conçus pour inciter une réponse immunitaire à l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), deux protéines que l'on trouve à la surface du virus de la grippe. Or, ces protéines mutent constamment. Par conséquent, chaque année, les vaccins traditionnels doivent être reformulés sur la base des souches susceptibles d'être les plus efficaces contre les nouvelles mutations.

En s'attaquant au problème, des chercheurs de l'Université d'Oxford ont plutôt mis au point un vaccin sur la base de protéines internes aux virions plutôt qu'à leur surface étant donné que, d'une part, ces protéines offrent davantage de similitudes entre les différentes souches et que, d'autre part, l'expérience montre que l'intérieur de la structure du virus est rarement modifiée.

Cette nouvelle approche vaccinale fait actuellement l'objet d'une étude menée sur des volontaires au Royaume-Uni.

Si l'expérience est couronnée de succès, elle pourrait radicalement changer la façon dont le vaccin contre la grippe est utilisé jusqu'ici. En effet, d'abord elle permettrait d'espacer les vaccinations car, une fois que les gens auraient reçu le vaccin universel, ils n'auraient besoin d'un vaccin d'appoint que tous les cinq à 10 ans. Par ailleurs, dans l'éventualité d'une pandémie, les stocks de vaccins pourraient être fabriqués à l'avance au lieu d'avoir à attendre l'apparition d'un foyer permettant d' identifier la souche responsable.

Toutefois, il faut noter qu' il ne peut s'agir que d'espoirs à long terme car bien d'autres essais cliniques devront être faits avant que l'on puisse commencer véritablement à vacciner la population.

Source- Human trials of universal flu vaccine begin

http://www.ox.ac.uk/media/news_stories/2008/080905_1.html

CALENDRIER DES PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

 September 4 - 6, 2008. Symposium on the Evolution of Antiviral and Antibacterial Defense. Berlin, Germany.

September 11-13, 2008 . IHV’s 11th Annual International Meeting. Harborplace Renaissance Hotel, Baltimore, Maryland, USA.

September 14-18, 2008 - 3rd International Conference on Retroviral Integrase. Marine Biological Laboratory, Woods Hole, Massachusetts, USA.

 21-23 September 2008 - 8th National Congress of the Italian Society of Virology. Orvieto, Italy

27-30 September 2008 — Viral Vector Vaccines. Wellcome Trust Conference Centre, Hinxton, Cambridge, UK.

30 -3 October 2008 - Human RNA Viruses. Trieste, Italy 

 

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SITES A CONSULTER:

Collège canadien des microbiologistes

Infectiologie: ressources en ligne

Informations récentes concernant la grippe aviaire