RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

 

 


Revue de presse mensuelle VOL2 N°1 SEPTEMBRE 2002


Dans le domaine des sciences, nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés.

De septembre à avril, le site sera constamment mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement

Pour toutes remarques, questions ou suggestions,

 Jean Robin, Ph.D.


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

 

VIROLOGIE FONDAMENTALE

 * STRUCTURE DES VIRUS

* CLASSIFICATION DES VIRUS

* ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

* TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

* DÉCAPSIDATION

* RÉPLICATION

* MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

*INTERFÉRONS

VIROLOGIE MÉDICALE

 VIH

Progrès vers un vaccin contre le virus du sida

Sida: une nouvelle molécule redonne l'espoir de vaincre les résistances des souches virales

Gène anti-VIH

Sida : nouvel espoir pour soulager les malades

Le VIH s’intègre préférentiellement près de gènes activés par la cellule

Les cellules graisseuses nouveau réservoir du virus du sida ?

Identification de l'origine de l'immunité naturelle face au sida

AUTRES VIRUS

Les chercheurs découvrent comment le virus Herpès dupe le système immunitaire

Des bactériophages enrôlés dans la guerre contre le charbon

La vulnérabilité au virus du Nil occidental varie

Moustiques et maladie: Les maladies exotiques pourraient gagner les Etats-Unis

L’avenir incertain de la vaccination

Une épidémie de Dengue se rapproche de Mexico

Grippe: un gène expliquerait la virulence du virus Hong Kong 1997

Enquête sur la possibilité de transmission du Virus du Nil par greffe ou transfusion

Le risque de transmission des virus par transfusion diminue dans les pays développés

La vaccination antivariolique paraît avoir des effets à long terme

Des drogues oncogènes peuvent mener à l'extinction un virus infectant à la fois les souris et les humains

Grippe Commune…ou bio-terrorisme?

Les lentivirus utilisés comme vecteurs dans la thérapie génique des thallasémies

 Sur la piste d'un vaccin contre le virus du Nil occidental

CALENDRIER DES CONGRÈS EN VIROLOGIE


NOUVELLES EN VIROLOGIE FONDAMENTALE


STRUCTURE DES VIRUS

David Bhella1, Adam Ralph1, Lindsay B. Murphyb,1 and Robert P. Yeo1. Significant differences in nucleocapsid morphology within the Paramyxoviridae . Journal of General Virology (2002), 83, 1831-1839.

Hanna M. Kivelä, Nisse Kalkkinen, and Dennis H. Bamford. Bacteriophage PM2 Has a Protein Capsid Surrounding a Spherical Proteinaceous Lipid Core . J. Virol. 2002. 76: 8169-8178.


CLASSIFICATION DES VIRUS

Houssam Attoui, Qin Fang, Fauziah Mohd Jaafar, Jean-François Cantaloube, Philippe Biagini, Philippe de Micco, and Xavier de Lamballerie . Common evolutionary origin of aquareoviruses and orthoreoviruses revealed by genome characterization of Golden shiner reovirus, Grass carp reovirus, Striped bass reovirus and golden ide reovirus (genus Aquareovirus, family Reoviridae). J Gen Virol 2002 83: 1941-1951.

J. L. Van Etten, M. V. Graves, D. G. Müller, W. Boland, N. Delaroque: brief review: Phycodnaviridae - large DNA algal viruses. Arch. Virol. 147 (2002) 8, 1479-1516

K. G. Srinivasan, R. Narendrakumar, S. M. Wong. Hibiscus virus S is a new subgroup II tobamovirus: evidence from its unique coat protein and movement protein sequences . Arch. Virol. 147 (2002) 8, 1585-1598

M.A. Mayo. Virology division news: A summary of taxonomic changes recently approved by ICTV. Arch. Virol. 147 (2002) 8, 1655-1663


ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

Paul R. Clapham and Áine McKnight. Cell surface receptors, virus entry and tropism of primate lentiviruses Journal of General Virology (2002), 83, 1809-1829.

D. Minder, J. Böni, J. Schüpbach, H. Gehring. Immunophilins and HIV-1 infection. Arch. Virol. 147 (2002) 8, 1531-1542

Urs Schneider, Veronika von Messling, Patricia Devaux, and Roberto Cattaneo. Efficiency of Measles Virus Entry and Dissemination through Different Receptors. J. Virol. 2002. 76: 7460-7467.


TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

Yasuhiko Matsushita, Kuniaki Yoshioka, Takuma Shigyo, Hideki Takahashi, Hiroshi Nyunoya. Phosphorylation of the Movement Protein of Cucumber Mosaic Virus in Transgenic Tobacco Plants . Virus Genes. 2002. 24: 231-234.

Gong Yang, Bing Sheng Qiu, Xiang Guo Liu, Yong Li and Xiao Feng Wang . Nonsense mutations of replicase and movement protein genes contribute to the attenuation of an avirulent tomato mosaic virus . Virus Research. 2002 . 87: 119 - 128.

Michelle Portlance Walker and W. Ian Lipkin . Characterization of the Nuclear Localization Signal of the Borna Disease Virus Polymerase . J. Virol. 2002. 76: 8460-8467.

Jennifer A. Seamon, Kathryn S. Jones, Christina Miller, and Monica J. Roth . Inserting a Nuclear Targeting Signal into a Replication-Competent Moloney Murine Leukemia Virus Affects Viral Export and Is Not Sufficient for Cell Cycle-Independent Infection . J. Virol. 2002. 76: 8475-8484.

Mark J. Tomishima and Lynn W. Enquist. In Vivo Egress of an Alphaherpesvirus from Axons. J. Virol. 2002. 76: 8310-8317 .


DÉCAPSIDATION


RÉPLICATION

Margo A. Brinton . The Molecular Biology of West Nile Virus: A New Invader of the Western Hemisphere . Annu. Rev. Micrbiol. (published online on July 15, 2002 )

Hong Tang and Alan McLachlan . Avian and Mammalian Hepadnaviruses Have Distinct Transcription Factor Requirements for Viral Replication . J. Virol. 2002. 76: 7468-7472.

Bodil Øster and Per Höllsberg .Viral Gene Expression Patterns in Human Herpesvirus 6B-Infected T Cells . J. Virol. 2002. 76: 7578-7586.

Sinéad Keating, Stuart Prince, Matthew Jones, and Martin Rowe . The Lytic Cycle of Epstein-Barr Virus Is Associated with Decreased Expression of Cell Surface Major Histocompatibility Complex Class I and Class II Molecules. J. Virol. 2002. 76: 8179-8188.


MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

Fabriquer chez soi le virus de la polio

Il est possible de fabriquer assez facilement un virus synthétique de la poliomyélite. C’est en tout cas ce que vient de réaliser l’équipe du Dr Eckart Wimmer de l’université Stony Brook de New-York (Etats-Unis).

Les chercheurs n’ont eu aucun mal à mettre au point ce virus, selon l’article publié dans la revue Science. Dans un premier temps, ils ont cherché la formule chimique de l’agent pathogène de la polio sur internet. Puis ils ont commandé par correspondance les différents gènes constituant le génome du virus. Après un peu de cuisine biologique, le virus synthétisé a été inoculé à des souris, qui sont mortes en moins d’une semaine. Les travaux de ces chercheurs sont assez inquiétants, car n’importe quel biologiste en herbe pourrait être capable de fabriquer un tel virus. D’autant plus dangereux, que la polio est en passe d’être éradiquée de la surface de la planète. Seules certaines régions d’Afrique et d’Asie restent encore touchées. Malgré l’avis de l’OMS d’arrêter la vaccination dans un futur proche, le Dr Wimmer estime qu’éradiquer un virus ne signifie pas le faire disparaître définitivement. Il est donc important de conserver des stocks de vaccins de chaque virus.

Aux dires des chercheurs, la version artisanale du virus aurait les même propriétés chimiques et pathogènes que son double naturel. Pour l’instant, le Dr Eckart Wimmer estime que la plupart des autres virus mortels telle la variole sont plus difficile à réaliser, mais qui sait, un jour cela sera peut être possible. De peur des attaques bioterroristes, le gouvernement américain a stocké suffisamment de vaccins anti-variole pour immuniser l’ensemble de ses concitoyens.

Référence: Jeronimo Cello, Aniko V. Paul, and Eckard Wimmer. Chemical Synthesis of Poliovirus cDNA: Generation of Infectious Virus in the Absence of Natural Template. Science 297: 1016-1018 (July 11, 2002).

David A. McClelland, James D. Aitken, David Bhella, David McNab, Joyce Mitchell, Sharon M. Kelly, Nicholas C. Price, and Frazer J. Rixon . pH Reduction as a Trigger for Dissociation of Herpes Simplex Virus Type 1 Scaffolds . J. Virol. 2002. 76: 7407-7417.


INTERFÉRONS

Julian A. Symons, David C. Tscharke, Nicola Price, and Geoffrey L. Smith . A study of the vaccinia virus interferon- receptor and its contribution to virus virulence. J Gen Virol 2002 83: 1953-1964.

Shuhei Nishiguchi, Masaru Enomoto, Motoharu Tanaka, Katsuhiko Fukuda, Akihiro Tamori, Daiki Habu, Tadashi Takeda, Susumu Shiomi, Takashi Tanaka, Yoshihisa Yano, Shuzo Otani. Accurate Prediction of Response to Interferon Therapy by Repeated Measurement of Hepatitis C Virus Core Protein in Patients with Chronic Hepatitis C. Intervirology 2002, 45:2:105-110.

M. Rottenberg and K. Kristensson.Effects of interferon-gamma on neuronal infections. Viral Immunology. 2002. 15: 247-260.

Valérie Castet, Chantal Fournier, Alexandre Soulier, Rozenn Brillet, Joliette Coste, Dominique Larrey, Daniel Dhumeaux, Patrick Maurel, and Jean-Michel Pawlotsky . Alpha Interferon Inhibits Hepatitis C Virus Replication in Primary Human Hepatocytes Infected In Vitro . J. Virol. 2002. 76: 8189-8199.

Friedemann Weber, Anne Bridgen, John K. Fazakerley, Hein Streitenfeld, Nina Kessler, Richard E. Randall, and Richard M. Elliott . Bunyamwera Bunyavirus Nonstructural Protein NSs Counteracts the Induction of Alpha/Beta Interferon. J. Virol. 2002. 76: 7949-7955.


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE


VIH


Progrès vers un vaccin contre le virus du sida

Des chercheurs américains ont fait état de progrès dans la mise au point d'un vaccin contre le virus du sida qui serait efficace contre un large éventail de souches du VIH, dans un article à paraître prochainement dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences (PNAS).

Ce vaccin, encore aux premiers stades de la recherche, semble capable de provoquer la production d'anticorps empêchant pour la première fois l'infection par une multitude de souches du virus VIH, selon les chercheurs de l'Institute of Human Virology (IHV) et des laboratoires Advanced BioScience dans le Maryland (est).

L'une des difficultés de la mise au point d'un vaccin anti-sida efficace est posé par la diversité du virus VIH qui, comme le virus de la grippe, prend différents visages pour tromper le système de défense immunitaire. Le VIH est porteur, en surface, d'une protéine (gp120) aux caractéristiques chimiques variables, rendant difficile la mise au point d'un vaccin capable de générer les anticorps reconnaissant les nombreuses formes de cette protéine. Les chercheurs sont partis du constat que toutes les molécules du gp120 possèdent des caractéristiques communes permettant à toutes les souches du virus VIH de s'accrocher aux CD4, des protéines de surface caractéristiques notamment des lymphocytes T4. Le VIH utilise cette protéine pour pénétrer à l'intérieur des T4 et les détruire. Les scientifiques ont alors produit des combinaisons artificielles de gp120-CD4 traitées chimiquement pour former un amalgame. Ces combinaisons ont alors été utilisées pour induire la production d'anticorps chez des animaux de laboratoires, parmi lesquels des singes.

"La combinaison gp-120-CD4 a montré une capacité durable à générer des anticorps qui neutralisent un large éventail d'isolats VIH-1", a expliqué le Dr Anthony Devico, professeur adjoint du IHV, affilié au centre médical de l'Université du Maryland. "Les résultats préliminaires indiquent que la combinaison gp120-CD4 pourrait servir de modèle utile à la mise au point d'un vaccin VIH", a ajouté ce spécialiste, co-auteur de la recherche. "C'est l'une des découvertes les plus intéressantes auxquelles j'ai pu assister dans la recherche sur le VIH/sida depuis les premiers temps de cette recherche, quand des progrès scientifiques semblaient être annoncés régulièrement", a commenté le professeur Robert Gallo, qui avait découvert en 1980 le premier rétrovirus humain HTLV-1. Cette découverte "a le potentiel de nous faire faire un grand pas dans la quête ultime d'un vaccin prévenant l'infection par le virus", a ajouté le Dr Gallo, qui dirige l'Institute of Human Virology où cette étude est menée

Report to appear during the week of Aug. 19-23 in the U.S. Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Sida: une nouvelle molécule redonne l'espoir de vaincre les résistances des souches virales

Une nouvelle molécule, en cours d'expérimentation, redonne de l'espoir aux personnes souffrant du sida et chez lesquelles certaines souches virales sont devenues résistantes aux traitements habituels. Le produit risque toutefois d'être cher compte tenu des difficultés rencontrées par ses fabricants. Baptisé le Fuzeon par ses deux concepteurs, le groupe pharmaceutique suisse Roche et la société américaine Trimeris, basée à Durham en Caroline du Nord, la molécule représente une priorité pour la Food and Drug Administration (FDA), l'agence américaine du médicament. Les firmes espèrent obtenir son feu vert rapidement en vue d'une commercialisation au printemps prochain.

Le Fuzeon est la première molécule d'une classe d'anti-VIH (virus du sida), les inhibiteurs de la fusion, qui empêchent l'entrée du virus dans la cellule sanguine. Son utilisation devrait permettre de prolonger la vie des patients dont certaines souches virales sont devenues résistantes aux thérapeutiques habituelles. Toutefois, le coût d'un traitement serait compris entre 10.000 et 15.000 dollars (euros) par an et par patient, la fabrication du produit étant très complexe. Pour l'heure, le médicament le plus cher du marché coûte environ 7.500 dollars par an au patient. Toutefois, il faut compter environ 15.000 dollars pour certains cocktails de thérapies.

 

Consulter le site de Roche et Trimeris: http://www.rocheusa.com/newsroom/current/2002/pr2002080201.html

Dans l'outil de recherche, taper: "Fuzeon"

Gène anti-VIH

Un gène qui confère au corps humain une résistance naturelle contre le virus du sida pourrait permettre la mise au point de nouveaux traitements pour combattre la maladie.

Nous possédons tous un gène, baptisé CEM15, qui freine le développement du virus de l'Immunodéficience humaine (VIH). Malheureusement, ce gène est généralement neutralisé par une protéine produite par le VIH. Cette protéine, le Virion infectivity factor ou Vif, désactive les défenses des cellules saines et permet au virus d'infecter l'organisme.

Michael Malim , le spécialiste des maladies infectieuses du King's College de Londres, et le docteur Ann Sheehy, de l'École de médecine de l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie, ont étudié des cellules infectées par un VIH dépourvu de Vif. Les chercheurs ont remarqué que le gène CEM15 interférait alors avec le cycle de reproduction du VIH et rendait les nouvelles particules virales non infectieuses. Le professeur Malim estime qu'en trouvant des substances capables de bloquer l'action du Vif, CEM15 pourra faire son travail correctement et prévenir la propagation du virus. Les trithérapies constituent actuellement le meilleur moyen de traiter les malades du sida. Mais ces traitements n'éradiquent pas totalement le virus qui finit par développer une résistance aux médicaments chez la moitié des patients traités.

Michael Malim croit en l'avenir prometteur des recherches sur le Vif pour trouver un nouveau moyen de lutter contre le virus. Il pense que d'ici dix ans, de nouveaux traitements ciblant le Vif pourraient être testés.

Référence: Ann M. Sheehy, Nathan C. Gaddis, Jonathan D. Choi, Michael H. Malim . Isolation of a human gene that inhibits HIV-1 infection and is suppressed by the viral Vif protein. Nature418, 646 - 650 (08 Aug 2002)

Sida : nouvel espoir pour soulager les malades

Un nouveau traitement pour lutter contre le Sida a été présenté samedi, à Barcelone, avant l’ouverture de la quatorzième conférence internationale sur le Sida. L’étude menée par le Pr Scott Hammer, chercheur au Columbia University College of Physicians and Surgeons de New York (Etats-Unis), montre qu’en utilisant une multithérapie à base de deux inhibiteurs de la protéase, on améliore considérablement l’état des malades. Là où les traitements les plus efficaces comme les thérapies antivirales ont échoué, le cocktail proposé par le Pr Hammer permet d’améliorer la santé des patients. L’étude montre aussi que la baisse du taux de virus dans le sang est d’autant plus importante que le malade n’a suivi aucun autre traitement au préalable.

Dans un article accompagnant celui du Pr Hammer, paru dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), trois médecins de l’université de l’Utah (Salt Lake City, Etats-Unis), estiment que les résultats obtenus grâce à ce nouveau traitement pourraient être d’une importance capitale pour soigner les milliers de personnes touchées par le Sida dans les pays en voie de développement. Jusqu’à présent, peu de traitements viennent en aide à ces populations car souvent trop chers. La production des inhibiteurs de la protéase étant « meilleur marché », ce traitement pourrait être une des solutions pour soigner les sidéens de ces pays.

Référence: Scott M. Hammer, et al. Dual vs Single Protease Inhibitor Therapy Following Antiretroviral Treatment Failure: A Randomized Trial . JAMA / volume:288 (page: 169; July 10, 2002 )


Le VIH s’intègre préférentiellement près de gènes activés par la cellule

Une équipe de chercheurs californiens dont les travaux sont publiés dans la journal Cell publient une sorte de carte génomique des sites préférentiels d’intégration de l’ADN proviral de VIH-1. Il appert, de manière surprenante, que l’intégration est loin d’être aléatoire, mais se situe souvent au niveau de gènes qui sont activement transcrits par la cellule. Tout se passe comme si, afin de se répliquer le plus efficacement possible au sein des cellules, le VIH ne cible pas seulement les gènes, mais ceux étant actifs dans la cellule.

Les auteurs se sont servis de la toute récente publication du génome humain pour séquencer l’ADN de cellules infectées par le VIH et identifier les régions et les gènes dans lesquels s’était intégré le génome viral. Puis à l’aide de la technologie des puces à ADN, les chercheurs ont déterminé si les gènes où s’était inséré l’ADN viral étaient actifs ou non dans la cellule hôte. Il a ainsi été identifié 524 sites d’intégration du cDNA proviral dont une proportion importante s’est réalisée dans des gènes. L’analyse transcriptionnelle de ces gènes a montré que les gènes activés dans la cellule étaient les principales cibles du virus, notamment les gènes stimulés par VIH-1 lui même après l’infection. Un site de forte intégration a également été mis en évidence dans une région couvrant 2,4 kb et contenant 1% des sites d’intégration.

Ces découvertes remettent en cause le principe de l’intégration virale au hasard et montrent selon les auteurs comment le VIH a adopté une stratégie de réplication agressive, en intégrant son ADN près de gènes actifs

Référence: Astrid R.W. Schröder, Paul Shinn, Huaming Chen, Charles Berry, Joseph R. Ecker, and Frederic Bushman. HIV-1 Integration in the Human Genome Favors Active Genes and Local Hotspots. 2002. Cell. 2002: 110: 521–529.


Les cellules graisseuses nouveau réservoir du virus du sida ?

Le virus du sida qui s'attaque de préférence aux cellules du système immunitaire pourrait également se cacher dans les cellules graisseuses, selon l'équipe du Dr France Pietri-Rouxel et du Dr Uriel Hazan du département des maladies infectieuses de l'Institut Cochin à Paris (Inserm--CNRS). L' étude in vitro paraît dans la revue de biologie expérimentale américaine Fasebj.

On sait depuis un certain temps que l'entrée du virus dans les cellules du système de défense immunitaire nécessite la présence de points d'accès, des molécules appelées récepteurs "CD4, CXCR4 et CCR5", qui se trouvent à la surface de ces cellules. Or, les chercheurs ont mis en évidence la présence de ces points d'accès sur les cellules graisseuses humaines et montré, pour la première fois, qu'elles pourraient également être une cible du VIH. Ainsi, mis en contact avec des cellules graisseuses, le virus est capable d'y pénétrer et d'entamer son cycle de développement et de multiplication. Ceci est démontré par l'analyse de la graisse provenant de patients infectés et sous tri-thérapie. Le tissu adipeux pourrait donc constituer un important réservoir du virus étant donné la proportion de graisse présente dans l'organisme humain. Là, le virus serait à l'abri dans des réservoirs inaccessibles à la thérapeutique. Si tel est le cas, la voie d'avenir consistera à faire en sorte que le tissu adipeux devienne la cible de nouveaux agents anti-VIH.

Référence: URIEL HAZAN, IGNACIO A. ROMERO, RAFFAELLA CANCELLO, SUSANA VALENTE, VIRGINIE PERRIN, VIRGINIE MARIOT, JULIE DUMONCEAUX, CINDY C. GERHARDT, A. DONNY STROSBERG, PIERRE-OLIVIER COURAUD, and FRANCE PIETRI-ROUXEL . Human adipose cells express CD4, CXCR4, CCR5 and receptors: a new target cell type for the immunodeficiency virus-1? FASEB J. 2002 16: 1254-1256.


Identification de l'origine de l'immunité naturelle face au sida

Des chercheurs américains et chinois ont annoncé avoir découvert l'origine de l'immunité naturelle constatée chez certains séropositifs infectés par le virus du sida (VIH) et qui ne tombent jamais malades. Dans la définition classique, cette population de "non progresseurs à long terme" représente 1 à 2% des personnes séropositives. L'équipe, dirigée par le Dr Linqi Zhang, a pu, chez ces individus, réussir à isoler un groupe de protéines appelées défensines-alpha-1, alpha-2 et alpha-3, capables d'inhiber la réplication du virus et d'empêcher ainsi la progression de l'infection. Inversement lorsque on supprime artificiellement ces protéines produites par des lymphocytes T CD8 prélevés sur des personnes "non-progressives à long terme", l'activité anti-VIH de ces globules est aussitôt pratiquement éliminée.

Ces trois protéines anti-VIH sont actives contre toutes les souches du virus, ce qui suggère que les défensines-alpha pourraient avoir des applications thérapeutiques. D'ailleurs, le directeur de l'ADARC, David Ho a confirmé que son équipe "poursuivait déjà de nouvelles approches thérapeutiques fondées sur cette découverte". Il reste encore à évaluer la puissance d'action des défensines-alpha. Pour ce faire, les chercheurs ont testé une version naturelle obtenue par purification de cellules immunitaires et une autre version synthétique fabriquée en laboratoire. Il est alors apparu que, si les deux ont bien montré une efficacité contre le VIH, la version naturelle était 10 à 20 fois plus puissante que son pendant synthétique. Les chercheurs de l'ADARC explorent aujourd'hui les moyens d'accroître la puissance des défensines-alpha d'origine synthétique.

Référence: ces travaux sont publiés dans la revue américaine Science à paraître vendredi 27 septembre.


AUTRES VIRUS 


Les chercheurs découvrent comment le virus Herpès dupe le système immunitaire

On sait que le virus Herpès a la propriété de devenir latent, se cachant dans les cellules et réapparaissant plus tard pour provoquer des maladies telles le zona, l'herpès génital et le cancer. La façon dont ces virus éludent alors le système immunitaire demeurait jusqu'ici mal comprise, mais des chercheurs de la Faculté de médecine Washington à St Louis viennent de lever le voile en découvrant qu'un virus Herpès de souris utilise, pour ce faire, des protéines cellulaires. Depuis longtemps nous savions qu'un élément du système immunitaire, connu sous le nom de système du complément, joue un rôle important dans le contrôle des infections par les virus Herpès. En effet, le système du complément, qui se compose d'environ 20 protéines différentes transportées dans la circulation sanguine, fait que, une fois activées par les agents infectieux, ces protéines s'unissent et se rassemblent sur les virus ou sur les membranes des cellules infectées et les tuent en perçant des trous dans les membranes. Pour se protéger contre un déclenchement par inadvertance de cette réaction du complément, les cellules saines produisent des molécules connues sous le nom de régulateurs de l'activation de complément (RCA). L'équipe de Virgin a pu constater qu'un type de virus Herpès synthétisait sa propre version de RCA pour duper le système immunitaire et pour éluder la destruction par le complément, mais que ces protéines analogues du RCA aidaient le virus seulement pendant l'infection aiguë. Les chercheurs ont trouvé que les virus dépourvus d'un analogue du RCA étaient moins virulents que le virus normal: il a fallu, en effet, 100 fois plus de virus mutant que de virus normal pour provoquer la maladie chez les souris saines. Le virus mutant s'est également répliqué 27 fois plus lentement que la normale, et il s'est avéré incapable de se propager à d'autres organes pendant l'infection aiguë. Ceci démontre que les protéines analogues du RCA étaient nécessaires pour la propagation du virus. Les résultats mettent également en évidence un nouveau mécanisme moléculaire grâce auquel les virus peuvent tromper le système immunitaire. En ciblant cette protéine virale ou en manipulant le système du complément, on espère un jour pouvoir développer de meilleurs traitements des infections herpétiques

Reference: Kapadia SB, Levine B, Speck SH, Virgin HW IV. Critical role of complement and viral evasion of complement in acute, persistent, and latent g-herpes virus infection. Immunity, 17, 1-20, August 2002.

Des bactériophages enrôlés dans la guerre contre le charbon

Une nouvelle sorte d'antibiotiques provenant de virus "mangeurs de bactéries" constituerait une arme efficace pour contrecarrer les attaques bioterroristes au charbon et pour traiter rapidement les personnes et les locaux contaminés, selon des travaux américains publiés jeudi dans la revue Nature.

La bactérie du charbon (Bacillus anthracis) qui a sévi, par voie postale, aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre, peut être détruite par des antibiotiques classiques. Mais certains redoutent que le bioterrorisme ne réussisse à mettre au point des souches résistantes aux traitements disponibles. "Des stratégies alternatives pour combattre de telles souches sont maintenant plus que jamais nécessaires", souligne le Dr Vincent Fischetti (université Rockefeller, New York), principal auteur de l'étude.

Les bactériophages ou phages (mangeurs) sont des virus minuscules, tueurs naturels de bactéries, comme celle du charbon (anthrax en anglais). L'enzyme clé des phages tueurs du charbon, la PlyG (pour phage lysine gamma), peut cibler et détruire en quelques secondes des millions de bacilles du charbon, selon les travaux in vitro des chercheurs. "Cette enzyme est quasiment aussi efficace que de déverser de l'eau de Javel sur ces bacilles", selon Raymond Schuch, co-auteur du travail. L'injection de l'enzyme a aussi sauvé les trois quarts des souris qui seraient sinon mortes d'une infection provoquée par une bactérie (Bacillus cereus) proche du charbon, mais plus aisée à manipuler sans danger en laboratoire. Contrairement aux antibiotiques et à la Javel, cette thérapie dérivée d'un phage "gamma", amateur exclusif du bacille du charbon, y compris des formes militarisées type "Ames", ne s'attaque pas à n'importe quelle espèce de bactérie, assurent les chercheurs qui l'ont testée sur de nombreuses bactéries. L'enzyme "ne détruirait pas les bactéries utiles de notre organisme", affirme Vincent Fischetti. Susceptible de traiter les personnes infectées, elle pourrait également servir à décontaminer les locaux (postes, métro..), le nez des porteurs de spores et à détecter la présence de charbon. L'enzyme, additionnée d'un agent germinateur, la L-alanine, détruit en effet les spores, la forme dormante du germe utilisée dans la guerre bactériologique. La L-alanine fait croire à la bactérie qu'il est temps de se réveiller et de surgir de sa coque protectrice (spore). A peine sorties, les bactéries sont aussitôt exterminées par l'enzyme. Cette combinaison pourrait servir à décontaminer les locaux et à débarrasser le nez des porteurs des spores, avant qu'elles n'aillent germer dans leurs poumons pour déclencher la maladie.

L'utilisation des phages pour combattre les bactéries, vieille stratégie soviétique datant des années 1930, s'est heurtée aux résistances développées par les bactéries. Pour éviter cet écueil, Fischetti au lieu de recourir au phage entier, s'est servi seulement d'un de ses éléments, la lysine, qui détruit ("lyse") la bactérie en la faisant exploser. Conscient du potentiel médical de pareilles enzymes, le Dr Fischetti en a déjà développé des applications sous forme de vaporisateur nasal, contre l'angine à streptocoque A qui peut se compliquer d'atteintes cardiaques, et, contre un germe (Streptococcus pneumoniae) cause de méningites et d'infections pulmonaires. Les essais cliniques sont prévus.

Référence: Raymond Schuch, Daniel Nelson, Vincent A. Fischetti . A bacteriolytic agent that detects and kills Bacillus anthracis . Nature418, 884 - 889 (22 Aug 2002)

La vulnérabilité au virus du Nil occidental varie

Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont découvert chez des souris un gène de sensibilité à l'infection par le virus du Nil occidental, qui a fait 14 victimes aux Etats-Unis depuis le début de l'année, et qui pourrait peut être expliquer les divers degrés de gravité de la maladie. Un homme de 84 ans est mort de la fièvre du Nil occidental, dans l'Etat du Kentucky, portant à 14 victimes le bilan des tués aux Etats-Unis, selon un décompte non officiel, ont annoncé mardi les autorités de l'Etat.

Une mutation du gène, situé sur le chromosome 5, pourrait expliquer pourquoi la maladie, transmise par les moustiques, généralement bénigne voire inapparente chez la majorité des personnes infectées, peut, chez d'autres, déclencher des encéphalites mortelles, suggèrent ces travaux publiés mardi dans les Comptes rendus de l'académie des sciences américaines (PNAS). Ce gène OAS-L1, commande la fabrication d'une enzyme (oligoadenylate synthétase) qui a normalement une action anti-virale. La production de l'enzyme est stimulée par l'interféron, antiviral naturel de l'organisme aujourd'hui utilisé dans le traitement de l'hépatite C, explique Philippe Desprès. L'anomalie du gène rend l'enzyme inactive.

Ce travail "ouvre des perspectives prometteuses pour la mise au point de tests de diagnostic, de traitements, voire de vaccins pour lutter contre des virus qui se propagent de plus en plus, tout comme les moustiques qui les transmettent. La mise en évidence d'un gène-candidat de sensibilité représente donc un espoir. Mais il faut d'abord vérifier que ce qui a été trouvé chez la souris existe aussi chez l'homme, tâche à laquelle s'est attelée le laboratoire de Cécile Julier à l'Institut Pasteur. Dans le même temps, d'autres équipes de Pasteur tentent de comprendre les mécanismes de défense contre le virus qui dépendent du gène-candidat. Cela permettrait d'élaborer des traitements ou des vaccins contre ces infections, "voire au delà".

Référence: Charles E. Samuel . Host genetic variability and West Nile virus susceptibility. PNAS published August 21, 200

Moustiques et maladie: Les maladies exotiques pourraient gagner les Etats-Unis

Avant l'apparition du virus de la Fièvre du Nil occidental aux Etats-Unis, les maladies telles que la malaria et la fièvre jaune pouvaient être considérées comme des infections "étrangères" ou "exotiques". Plus maintenant. En effet, ces maladies et les moustiques qui les propagent, peuvent maintenant être vus comme de vraies menaces pour la santé publique en Amérique. En effet, on réalise que les mêmes vecteurs qui portent le virus du Nil occidental sont également capables de porter d'autres maladies infectieuses dangereuses, telles la malaria, la fièvre jaune et la fièvre de Dengue. Les experts pensent que si le virus du Nil occidental peut voyager outre-mer, d'autres agents en sont tout aussi capables. "L'apparition du virus du Nil occidental aux Etats-Unis a certainement sonné le réveil" dit Andrew Spielman, professeur de médecine tropicale à l'Université Harvard de Boston. "Elle démontre que de tels microbes pathogènes peuvent rapidement s'établir ici et devenir des problèmes de santé publique". Quant au virus de la Fièvre du Nil occidental, Spielman dit. "je n'aurais jamais prévu cela, et je m'étonne comment il est maintenant largement répandu" .

Le risque d'émergence en Amérique du Nord de maladies exotiques est du à trois principales raisons:

- l'élévation des températures produit des hivers plus doux qui permettent aux moustiques porteurs de survivre plus longtemps. D'autre part, des températures plus chaudes induisent également l'augmentation de la fréquence de morsure de quelques moustiques qui, de ce fait, deviennent plus infectieux. Enfin, dans des conditions atmosphériques plus chaudes, les parasites se développent beaucoup plus rapidement à l'intérieur des moustiques, ce qui fait que l'insecte devient lui aussi plus vite infectieux.

- L'augmentation des voyages à l'étranger accroît également les risques. En effet, nombre de personnes aujourd'hui voyagent dans des régions de l'Afrique et de l'Amérique du Sud où la fièvre jaune, la fièvre de Dengue et la malaria sévissent de façon endémique. Elles courent ainsi le risque de porter ces maladies aux Etats-Unis.

- Le système de santé publique est un autre souci. L'émergence du virus du Nil occidental met en évidence de sérieuses failles dans le réseau de surveillance des moustiques. Par ailleurs, on manque de tests capables d'identifier rapidement plusieurs maladies exotiques.

Source: reportage de ABC News

L’avenir incertain de la vaccination

Malgré les bienfaits apportés par la vaccination depuis le début du 20ème siècle –recul des maladies, baisse de la mortalité et de la morbidité- cette médecine préventive est en perte de vitesse et son avenir est menacé, s’alarment des chercheurs dans la revue Science.

D’un côté, les organisations internationales comme l’OMS ou l’UNICEF lancent de grandes campagnes en faveur de la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche ou la rougeole. De l’autre, l’industrie pharmaceutique s’en désintéresse, constatent l’italien Rino Rappuoli et ses collègues américains Henry Miller et Stanley Falkow. Au niveau mondial, les ventes potentielles de vaccins sont estimées à 6,5 milliards de dollars. «Ce qui ne représente que 2% de l’ensemble du marché pharmaceutique, ou encore l’équivalent du chiffre d’affaire d’un seul médicament contre l’ulcère». Depuis 1967, le nombre de compagnies américaines fabricant les vaccins est passé de 37 à 10. La tendance est la même en Europe, regrettent les chercheurs.

«Cette insuffisance générale a été temporairement masquée par des investissements sans précédents des organisations caritatives », selon Rappuoli, Miller et Falkow. Ils réclament de toute urgence un changement radical dans l’approche économique et politique de la vaccination.

Référence: Rino Rappuoli, Henry I. Miller, and Stanley Falkow . The Intangible Value of Vaccination . Science 2002 August 9; 297: 937-939.

Une épidémie de Dengue se rapproche de Mexico

Les autorités de l'État mexicain de Morelos, qui borde Mexico au sud, ont décrété 1'état d'alerte sanitaire mercredi après avoir confirmé 13 cas de dengue et deux cas de la forme hémorragique la plus grave de cette fièvre.

Cette maladie, transmise par la piqûre d'un moustique, a déjà durement frappé le sud rural du Mexique, se rapprochant peu à peu de la capitale. Les autorités craignent maintenant que épidémie n'explose dans cette mégalopole de 18 millions d'habitants..

L'alerte émise mercredi concerne aussi la station balnéaire de Cuernavaca, à 55 kilomètres au sud de la capitale, lieu de villégiature favori des habitants de la ville a ex-pliqué le secrétaire aux affaires sanitaires de l'État de Morelos. Antonio Campos à1'agence gouver-nementale Notimex, parce que des cas de dengue y ont été recensés. Deux femmes sont mortes de dengue hémorragique dans 1'État de Veracruz, au sud du pays, comme un homme âgé dans 1'État de Colima, sur la côte pacifique.

Quelque 298 autres personnes sont soignées dans les États de Veracruz, Colima, Oaxaca, Guerrero, Quintana Roo et du Chiapas, a précisé le ministère.

Source: Associated Press (25 août 2002)


Grippe: un gène expliquerait la virulence du virus Hong Kong 1997

Un gène, capable d'empêcher les premières lignes de défense de l'organisme d'agir, expliquerait pourquoi le virus de la grippe de Hong Kong 1997 est si mortel.

On sait que la grippe est causée par des souches de virus A, B ou C. Le type A est responsable des grandes épidémies et il se modifie et s'adapte constamment, déjouant ainsi les réponses immunitaires. C'est ainsi que, en 1997, épidémiologistes et responsables de santé publique ont été confrontés à une variété entièrement nouvelle du virus, le "sous-type H5N1", qui a frappé Hong Kong, causant 18 infections humaines et six morts.

Les chercheurs ont montré que ce virus H5N1 est hautement capable de s'adapter afin d'échapper aux défenses naturelles antivirales de l'organisme, c'est-à-dire à une famille de substances appelées cytokines comme l'interféron (IFN), le TNF-alpha ou des interleukines (IL) comme l'IL-6. L'interféron joue un rôle important dans la réduction de la charge virale. Il devrait ses redoutables caractéristiques à un gène mutant qui fabriquerait une protéine baptisée NS1 (pour non structurale 1) qui lui permettrait de désarmer l'interféron . Lamutation responsable résiderait sur le gène NS1 en "position 92". Cette résistance du virus requiert la présence d'un acide glutamique à cet endroit du gène.

Infectant des porcs avec un virus grippal humain ordinaire H1N1, modifié afin que son patrimoine génétique comporte le gène NS du virus de Hong Kong, les chercheurs ont pu constater que la fièvre, la perte de poids et la durée de la virémie (présence de visu dans le sang) étaient plus prolongées chez ces animaux, comparés à ceux qui n'avaient été infectés qu'avec la forme naturelle du virus ordinaire. En outre, ce virus résistait contrairement aux autres au traitement par interféron et le TNF-alpha.

Puisque les virus H5N1 hautement pathogènes tdisposent d'un nouveau mécanisme pour circonvenir le puissant effet protecteur des interférons (IFNs) et du TNF-alpha, il est essentiell de prévenir de nouvelles transmissions de ces virus grippaux aux humains par une surveillance continue et la création d'un vaccin efficace.

Référence: site de la revue "Nature Medicine"


Enquête sur la possibilité de transmission du Virus du Nil par greffe ou transfusion

Les autorités américaines ont annoncé l'ouverture d'une enquête sanitaire sur la possibilité d'une transmission par greffe ou transfusion sanguine du virus du Nil occidental,. Cette investigation a été lancée afin d'éclaircir comment quatre récipiendaires d'organes provenant d'un unique donneur ont tous développé des symptômes de la maladie du Nil occidental. Les quatre personnes ayant reçu des organes, deux en Georgie et deux en Floride, sont tombés rapidement malades, montrant des signes de fièvre et d'encéphalite (inflammation du système nerveux central et du cerveau). L'une d'entre elles est décédée le 29 août, ont indiqué les Centres de contrôle et de prévention des maladies infectieuses (CDC).

Les autorités sanitaires ont pu établir que le donneur d'organes avait reçu de multiples transfusions sanguines avant son décès dans un accident de voiture. Plusieurs échantillons des dons de sang et des organes greffés ont été envoyés au laboratoire de Fort Collins, dans le Colorado, pour y être testés.

Si elles étaient confirmées, ces nouvelles contaminations seraient les premiers cas de transmission directement de l'homme à l'homme. Le seul mode connu à ce jour était par le biais d'une piqûre de moustique. Mais, il convient de rappeler que, même si tel était le cas, il n'y aurait pas pour l'instant de raison de déclencher une panique générale en ce qui concerne les transfusions. En effet, d'une part, le risque est très faible et, par ailleurs, 80% des personnes infectées par le virus ne développent aucun symptôme. Environ 20%, généralement les personnes âgées ou immunodéficientes, développe des symptômes mineurs, qui subsistent trois à six jours sous la forme d'une légère fièvre. Dans environ un cas sur 150, le virus cause une méningo-encéphalite qui peut être traitée mais qui, sous sa forme aiguë, entraîne la mort dans un cas sur 1.000. Un moratoire sur les transfusions sanguines n'est pas pour l'instant à l'ordre du jour , toutefois, l'Agence de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques (Food and Drug Administration, FDA) a lancé un appel à la prudence auprès des banques de sang et des organisations de collecte, comme la Croix-Rouge, afin qu'elles filtrent au mieux les donneurs de sang.

Source: communiqué del'AFP (2 sept. 2002)


Le risque de transmission des virus par transfusion diminue dans les pays développés

En l'affaire, on sait que la probabilité du risque encouru étant proportionnelle à la durée de la fenêtre (période au cours de laquelle le virus reste présent dans un échantillon sanguin avant de pouvoir y être détecté), plus on diminue celle-ci moins grandes sont les chances que le sang contaminé soit utilisé lors d'une transfusion, et donc moindres sont les risques de transmission.

La rapidité des méthodes de criblage des produits sanguins s'avère donc essentielle et leur amélioration doit conséquemment diminuer, le risque de transmission des virus. De ce point de vue, la technique dite d'amplification des acides nucléiques (NAT) se montre exemplaire. En effet, dans plusieurs pays (Etats-Unis, France, Espagne, Italie) où, pour plusieurs virus (HIV, HCV, et HBV), on a pu estimer les probabilités d'infection avant et après l'utilisation de NAT, les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Pour HIV, par exemple, la probabilité estimée de l'infection par transfusion qui était d'environ 1 sur 450.000 en Italie et 1 sur 3 millions en Australie avant NAT, a chuté, après NAT, à 1 sur 900.000 en Italie et à 1 sur 5 millions en Australie. Les probabilités ont diminué encore plus pour HCV, avec un risque estimé d'environ 1 sur 120.000 en Australie et de 1 sur 800.000 en France avant NAT, et de 1 sur 1 million en Australie à 1 sur 10 millions en France après NAT.

Pour HBV, l'estimation du risque s'avère plus difficile. Ceci doit être remédié, étant donné que ce virus reste celui le plus susceptible d'être transmis par transfusion.

Référence: Transfusion 2002;42:966-998.


La vaccination antivariolique paraît avoir des effets à long terme

Contrairement à l'opinion générale que la vaccination antivariolique a un effet limité de sept à 10 ans, il se pourrait que celle-ci ait des effets à long terme pouvant dépasser les 30 ans. En effet, des chercheurs américains ont pu mettre en évidence la durabilité des réponses immunitaires chez les personnes vaccinées il y a plus de 35 ans. Chez celles-ci, d'une part, l'inoculation provoque une réponse forte des lymphocytes T8 et cette réponse est de longue durée, d'autre part, les cellules immunitaires de telles personnes réagissent toujours à l'inoculation par la production par les lymphocytes T de certaines protéines, des interférons gamma, en réponse à une attaque contre le système immunitaire. Plus précisément, 4,8% des cellules CD8 (molécule de la surface cellulaire des lymphocytes T8) des individus vaccinés il y a plus de 35 ans ont réagi à la vaccine en produisant des interférons gamma, contre 6,5% des cellules CD8 chez les invidivus récemment vaccinés.

Cette découverte d'une protection à long terme pourrait influencer la stratégie de vaccination anti-variolique pour les personnels médicaux face au risque d'attaque bioterroriste. Les stocks de vaccin n'étant pas illimités , il vaudrait mieux cibler en priorité les individus jamais vaccinés.

Référence: lettre au New England Journal of Medicine: Smallpox and Smallpox Vaccination. ( Volume 347 August 29, 2002 Number 9 ).


Des drogues oncogènes peuvent mener à l'extinction un virus infectant à la fois les souris et les humains.

Pendant des décennies, les virologues se sont efforcés d'arrêter la propagation des virus. Leurs efforts ont mené au développement de drogues qui peuvent ralentir la propagation de certaines infections et maladies, telles le SIDA, en empêchant certains virus de se reproduire. Maintenant, un pas supplémentaire vient d'être franchi par des chercheurs du centre médical de Cèdre-Sinai, et de "l'Universidad Autonoma" de Madrid. En traitant des cellules de hamster infectées par le LCMV, un virus commun qui peut infecter des souris et des humains, avec des drogues mutagènes et oncogènes, soit le 5-fluorouracil (FU) et la 5-azacytidine (AZC), ces expérimentateurs ont provoqué chez le virus de tels taux de mutations qu'il est devenu incapable de se répliquer et a donc été mené à extinction.

En mettant en relation les quantités de drogues utilisées avec la capacité des virus à se répliquer et le taux de mutations affectant leurs génomes, les investigateurs ont pu voir que FU a éliminé plus efficacement qu'cAzc ce virus particulier. Ceci suggère que certains agents mutagènes seraient plus efficaces que d'autres. Des études complémentaires sont en cours pour déterminer par quels mécanismes les agents mutagènes ralentissent puis bloquent le processus de réplication. Tous ces travaux pourraient déboucher sur la mise au point de nouveaux traitements antiviraux qui réussiraient là où d'autres n'ont qu'une efficacité limitée.

Source: http://www.sciencedaily.com/releases/2002/09/020904074147.htm


Grippe Commune…ou bio-terrorisme?

Depuis les événements du 11 septembre et les attaques à l'anthrax, les chercheurs travaillent pour pouvoir évaluer très rapidement ce qui pourrait être une menace bio-terroriste. Ainsi, l'Institut de Virologie Humaine, en collaboration avec l'institut Walter Reed pour la recherche (WRAIR) et la Faculté de médecine de l'Université du Maryland, cherche à développer des outils diagnostiques qui pourraient différencier l'influenza commun de germes qui auraient été artificiellement manipulés.

On sait que chaque cellule humaine contient 40.000 gènes et exprime seulement 1-10 pour cent de ces gènes sous forme d'ARN messagers (mRNA). De plus, quand les cellules sanguines entrent en contact avec un microbe pathogène ou une toxine, elles changent la panoplie des gènes qu'elles expriment et ceci se traduit par un changement du spectre des mRNA qu'elles produisent. Ces modifications dans la production des mRNA peuvent être mises en évidence en hybridant chacun d'entre eux avec une sonde ( acide nucléique de séquence connue complémentaire de celle de l'acide nucléique recherché, en l'occurrence des fragments des gènes cellulaires, dits fragments d'ADNc). Cette hybridation se fait sur des plaques ou des membranes en verre couvertes des milliers de taches, chaque tache contenant un ADNc. Les hybrides sont révélés très simplement par fluorescence.

Utilisant cette technique, le laboratoire du Dr. Salvato veut exposer des cultures de cellules sanguines à cinq virus différents qui causent soit la grippe, soit des symptômes analogues (grippe, virus syncytial respiratoire, virus parainfluenza, rhinovirus et arénavirus). Le but est de pouvoir éventuellement déterminer quelles sont les réponses spécifiques qui permettront de les distinguer des agents biomanipulés. On espère ainsi pouvoir sélectionner environ 50 gènes (ADNc) par virus qui permettront de différencier la réponse induite par une infection virale commune de celle produite par une menace plus sérieuse. Les ADNc seront disposés sur des plaques de verre comme précédemment décrit.

L'outil diagnostique, qui pourrait être disponible en moins de deux ans, permettrait aux laboratoires de déterminer très rapidement (heures, voire minutes ) si une personne a une grippe commune ou a été exposée à des agents plus sérieux. Un rapport préliminaire est attendu cet automne.

Source: http://www.sciencedaily.com/releases/2002/09/020903071914.htm

 


Les lentivirus utilisés comme vecteurs dans la thérapie génique des thallasémies

Dans les thalassémies, une mutation du gène responsable de la synthèse de la ß-globine, protéine constituante de l'hémoglobine qui véhicule l'oxygène, aboutit à une malformation des globules rouges et, de ce fait, à une anémie sévère..

Les multiples transfusions faites dans le but de fournir aux malades les globules rouges nécessaires au transport de l'oxygène entraînent toutefois un dépôt de fer -- lequel fait partie de la structure chimique de l'hémoglobine -- dans les organes vitaux comme le coeur et le foie. Or les patients succombent le plus souvent des complications de cette surcharge de fer, qui provoque une insuffisance cardiaque et une cirrhose du foie.

La seule cure susceptible de guérir les personnes qui souffrent de cette maladie est la greffe de moelle osseuse. Toutefois, la probabilité de trouver un donneur compatible avec le malade se limite à une chance sur quatre.

Il n'est donc pas surprenant que ,depuis plus de 20 ans, les scientifiques aient envisagé la thérapie génique pour guérir ce type de désordres. L'idée de départ était d'ajouter de l'ADN de globine ß à des cellules de la moelle osseuse, grâce à un vecteur rétroviral qui serait porteur du gène producteur. Mais, depuis l'élucidation du mécanisme sous-jacent conduisant aux thallasémies, on a changé de tactique et de stratégie. En effet, étant donné qu'on sait maintenant que les thallasémies s'expliquent par des erreurs survenant lors du processus d'épissage pendant la synthèse de la chaîne ß de l'hémoglobine, on cible maintenant le dit processus.

Les erreurs d'épissage en question étant causées par des signaux fautifs situés dans des endroits du gène où ils ne devraient pas être, on a pensé à masquer ces signaux par des cARN en incorporant ceux-ci dans un vecteur viral, en l'occurrence un lentivirus, bien adapté à reconnaître et entrer dans les cellules sanguines. L'expérience vient d'être tentée pour traiter des cellules obtenues d'un patient thalassémique. On a pu constater que ce traitement avait partiellement reconstitué l'épissage correct dans les cellules et avait comme conséquence une augmentation marquée de la protéine ß normale. La technologie utilisée dans cette étude ne devrait pas se limiter à la thalassémie. En effet, selon des évaluations courantes, au moins 60 pour cent des gènes humains peuvent être alternativement épissés et pourraient donc être des cibles potentielles pour cette nouvelle forme de thérapie génique

Référence: le numéro 15 de "Blood", le journal de la Société américaine d'hématologie, dans lequel cette étude doit être publiéeest actuellement en ligne à www.bloodjournal.org.


Sur la piste d'un vaccin contre le virus du Nil occidental

Un prototype de vaccin mis au point par le groupe pharmaceutique britannique "Acambis" contre le virus du Nil occidental s'est montré efficace lors d'essais sur des souris. Il a provoqué la production d'un haut niveau d'anticorps neutralisant, laissant entrevoir la possible mise au point prochaine d'une arme contre ce virus déjà responsable de 108 morts aux Etats-Unis depuis le début de l'année.

Ce vaccin, appelé "ChimeriVax-West-Nile", a été mis au point en remplaçant les gènes de l'enveloppe du vaccin de la fièvre jaune par les gènes équivalents du virus du Nil occidental. Le vaccin-test est maintenant en production et des essais cliniques devraient commencer au début 2003.

Référence: communication présentée au 42e congrès mondial sur les agents antimicrobiens (ICAAC).


CALENDRIER DES CONGRÈS EN VIROLOGIE


SEPTEMBRE

42nd Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC). 27-30 Septembre 2002 . San Diego

OCTOBRE

39th Annual Meeting of the Infectious Diseases Society of America. 24-27 octobre 2002. Chicago.


 

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Mis à jour le 28 septembre 2002