|
VIROLOGIE
FONDAMENTALE
L'induction des granules de stress
pourrait être un moyen de défense
contre les virus
On sait que,en réponse à une
agression (par exemple,
la pénétration virale), les cellules
réagissent en stoppant leurs synthèses
protéiques. Le
phénomène a de multiples causes.
L'une d'entre elles, étudiée que
depuis peu, est dépendante d'une
enzyme appelée
G3BP qui se localise
dans le cytoplasme. Cette enzyme a la
propriété de favoriser la formation
de granules cytoplasmiques appelés
granules de stress
(SGs), où des
ARNm
s'accumulent. Ces SGs
sont considérés comme des lieux de
"triage" des ARNm avant leur éventuelle
dégradation. Ce sont des structures
intracellulaires éphémère qui,
en effet, une fois le stress arrêté,
commencent à se désagréger
à une vitesse constante et disparaissent en
60 à 90 min selon leur taille.
Les ARN messagers
étant stockés dans les granules, les
synthèses protéiques ne peuvent
s'effectuer. Les
granules de stress seraient donc des
réserves d'ARNm afin de permettre un retour
plus rapide de la traduction après le stress
Il était logique de
penser que la
séquestration des ARN messagers dans les
granules de stress pourrait peut être
intéresser également les ARN viraux
et que, donc, l'induction des granules pourrait
être un autre moyen de lutte
anti-virale.
Cette hypothèse vient d'être
confirmée par une
équipe de recherche. Les chercheurs ont mis
en évidence que, tôt au cours de
l'infection cellulaire par le poliovirus, la
formation des SG est
induite, mais ceux-ci, par la suite, se
désagrègent très
rapidement.
L'enzyme G3BP est
dégradée.
Par contre, lorsque les scientifiques ont
utilisé des cellules fabriquant une
enzyme G3BP mutante
rendue résistante au clivage, ils ont constaté que
les granules de stress se
forment et persistent dans les cellules,
empêchant la réplication du
poliovirus.
Ces résultats montrent
que le poliovirus a donc la propriété
de cliver l'enzyme G3BP et d'empêcher
l'induction des granules de stress. Celle-ci peut
donc être considérée comme un
moyen
d'interférence antivirale. Il va être passionnant de
voir si ces
résultats peuvent être
généralisés à d'autres
virus.
Référence -
James P. White,
Ana Maria Cardenas, Wilfred E. Marissen, and
Richard E. Lloyd. Inhibition of Cytoplasmic mRNA
Stress Granule Formation by a Viral Proteinase.
Cell Host and Microbe 2007 2: 295-305.
Les virus herpes oncolytiques rendus
encore plus performants
Les virus, bien que souvent
nuisibles, peuvent être utilisés comme
instrument dans la lutte
contre le cancer. En
effet, on peut profiter de leur pouvoir infectieux
pour détruire les cellules
cancéreuses, mais il faut s'assurer que
l'infection soit spécifique aux cellules
tumorales uniquement. Ces virus, qui peuvent se
répliquer uniquement dans les cellules
cancéreuses sont nommés
virus
oncolytiques.
Si certains d'entre eux, tels
que les réovirus, les parvovirus ou le virus
de la stomatite vésiculaire, sont
naturellement
oncotropiques, la
plupart des virus aujourd'hui évalués
pour leurs capacités à
détruire les tumeurs ont été
génétiquement
modifiés dans ce
but. Ces modifications consistent en
général à inactiver les gènes viraux
nécessaires à leur réplication
dans les cellules normales mais dispensables dans
un contexte néoplasique.
Un exemple d'un virus de ce type
est celui créé par la
société biopharmaceutique
germano-américaine MediGene (MDG au Neuer
Market). Ce virus herpes
oncolytique, le NV1020,
s'est avéré capable,
lorsqu'administré par le truchement de la
circulation sanguine, de stabiliser la croissance de tumeurs
hépatiques et de réduire les
concentrations du marqueur tumoral CEA chez tous
les sujets au cours d'une période de 28
jours. De
surcroît, aucune
toxicité limitant
la posologie n'a été observée.
Le NV1020 a été décelé
dans les tissus tumoraux mais pas dans les foies
sains.
Une équipe de recherche
du LSU Health Sciences Center vient encore
d'améliorer ce
type d'herpesvirus oncolytique en le modifiant
génétiquement. Les scientifiques ont
inséré dans le génome d'un
virus herpès de
type 1 (HSV-1),
transformé, comme le NV1020, pour le rendre
oncolytique, le gène responsable de la
synthèse de glycoprotéines
fusogènes. Ce
nouveau virus, grâce à sa
propriété de fusion des cellules cancéreuses
(ici, cancer du sein), a
pu se multiplier et se
répandre chez celles-ci à de
très hauts taux
et, conséquemment, s'est montré
particulièrement efficace pour les
détruire.
Référence
- Anna H.
Israyelyan,
and Konstantin G. Kousoulas.
Effective Treatment of Human Breast Tumor in a
Mouse Xenograft Model with Herpes Simplex Virus
Type 1 Specifying the NV1020 Genomic Deletion and
the gBsyn3 Syncytial Mutation Enabling High Viral
Replication and Spread in Breast Cancer Cells.
Human Gene Therapy. 2007, 18(5):
457-473.
Découverte d'un nouveau virus
naturellement oncotrope
Certains virus peuvent
naturellement
reconnaître des cellules
tumorales dans une
population de cellules saines, et les lyser
spécifiquement en agissant sur leur
génome pendant la réplication
cellulaire. Ces virus sont oncotropes.
Des recherches sont en cours pour améliorer
cette technique qui s'avère prometteuse dans
la destruction des tumeurs humaines.
Voici qu'aux réovirus, parvovirus et
virus de la stomatite
vésiculaire, qui
sont naturellement oncotropes, on peut maintenant
ajouter le virus SVV-001
(Seneca Valley Virus),
un picornavirus
qui s'est avéré, dans une toute
récente étude capable, après
son injection sanguine, de reconnaître spécifiquement et
de lyser des cellules tumorales (cancer du poumon
et tumeurs oculaires)
greffées chez des
souris.
Il est encore trop tôt
pour crier victoire car il n'est pas clair si ces
résultats obtenus sur des souris
immuno-déficientes pourraient être
reproduits chez des
patients atteints de
cancer métastatique. En effet, il se
pourrait que, chez eux, la réponse
immunitaire, consécutive à toute
injection de SVV-001, réduise
l'efficacité de ce dernier.
Référence - P. Seshidhar Reddy, Kevin D.
Burroughs, Laura M. Hales, Shanthi Ganesh, Brian H.
Jones, Neeraja Idamakanti, Carl Hay, Shawn S. Li,
Kristine L. Skele, Ann-Jeanette Vasko, Jingping
Yang, D. Neil Watkins, Charles M. Rudin, and Paul
L. Hallenbeck. Seneca Valley Virus, a Systemically
Deliverable Oncolytic Picornavirus, and the
Treatment of Neuroendocrine Cancers. J. Natl.
Cancer Inst. 2007 99: 1623-1633.
Modélisation informatique de
propagation d'une pandémie de SRAS: : tracer
pour mieux traquer
Le SRAS en 2002, le chikungunya
en 2005 et, encore et toujours,
l'éventualité d'une mutation vers
l'homme du H5N1 de la grippe aviaire. Force est de
constater que nous vivons
sous la menace des pandémies
virales.
Afin de lutter efficacement
contre la diffusion des agents pathogènes,
il faut pouvoir agir
dès la détection des premiers cas
d'infection. Il est donc
très utile de savoir où le
virus est susceptible de se propager et
en combien de
temps il peut atteindre
telle ou telle région du monde. Le
recours à la
modélisation informatique est donc inévitable. Étant
donné que. à l'échelle de la
planète, c'est
avant tout le réseau du transport
aérien qui gouverne la propagation des virus
très contagieux,
comme celui de la grippe, .il faut, pour
prévoir efficacement la diffusion de
l'épidémie, prendre en compte la
totalité de ce réseau.
C'est ainsi que des chercheurs
avaient mis au point, en début
d'année ("Récentes
perspectives en virologie". Février
2007) le tout premier outil capable de modéliser,
à l'échelle de la planète, la
propagation des virus par le biais des transports
aériens. On
estimait que cet outil pourrait servir à
améliorer l'efficacité des mesures
à mettre en place en cas de pandémie.
Tel est bien le cas,
le modèle vient
d'être appliqué au cas du
SRAS. Dans un premier
temps, et grâce aux données de l'IATA,
les chercheurs ont décrit l'essentiel du
réseau aérien mondial en reprenant
les principales lignes qui desservent 3000
aéroports dans 200 pays, avec leur nombre de
passagers annuel. Ensuite. l'intégration
à ce modèle d'un processus dynamique,
la propagation d'une épidémie de SRAS
(avec son temps d'incubation et sa
probabilité d'infection de nouveaux sujets),
a permis au modèle
d'identifier des voies
préférentielles de propagation et de
tester de nouvelles stratégies de
contrôle des
épidémies.
Les résultats indiquent comment à
partir d'un foyer infectieux,
l'épidémie se propage dans des
délais variés et avec une
intensité variable dans les
différents pays.
Référence: Vittoria Colizza, Alain
Barrat, Marc Barthelemy and Alessandro Vespignani
Predictability and epidemic pathways in global
outbreaks of infectious diseases: the SARS case
study. BMC Medicine (in press)
On peut consulter
(téléchargement lent) l'article
à:
http://www.biomedcentral.com/imedia/1536055482163784_article.pdf?random=9262
Élucidation du mécanisme de
formation des glycoprotéines d'attachement
du virus de la fièvre hémorragique de
Crimée-Congo - Espoirs pour de futures
drogues antivirales
Le virus de la fièvre
hémorragique de
Crimée-Congo fait
partie des Nairovirus,
groupe constituant l'un des cinq genres de la
famille des Bunyaviridae.
Les 32 membres du genre Nairovirus se transmettent
sans exception par l'intermédiaire de
tiques, argasides ou ixodides.
La maladie entraîne
habituellement un énanthème
hémorragique intéressant le voile du
palais, la luette et le pharynx ainsi qu'une
éruption pétéchiale; des
hémorragies touchant les gencives, le nez,
les poumons, l'utérus et l'intestin peuvent
survenir et, dans certains cas, entraîner des
lésions hépatiques et la mort par
hémorragie. Le
taux de moralité de certains cas varie de 2
à 50 %.
Les particules virales ou
virions sont de forme sphérique,
présentant une enveloppe lipidique acquise au niveau de membrane de
l'appareil de Golgi et sont constituées de quatre
protéines : deux glycoprotéines Gn et
Gc localisées à la surface de la
particule, une nucléoprotéine (N) et
une RNA-polymerase ARN dépendante
(L). Le génome
se compose de trois
molécules d'ARN simple brin L, M et S de
polarité négative ou
ambisens. Les
glycoprotéines reconnaissent les récepteurs
cellulaires viraux et
servent donc au virus à s'attacher à la surface de la
cellule hôte.
Une équipe de recherche
vient de démonter que, au cours de la
formation des virions, une enzyme, la
pro-protéine
convertase SKI-1/S1P
coupe à plusieurs
reprises les précurseurs des
glycoprotéines Gn et Gc pour rendre
celles-ci fonctionnelles. Des cellules
déficientes en
SKI-1/S1P ne peuvent
produire de virions infectieux car la molécule Gn n'est pas
coupée de manière
adéquate.
L'enzyme SKI-1/S1P
apparaît donc comme une cible intéressante pour de futures
drogues antivirales
contre le virus de la fièvre
hémorragique de Crimée-Congo. En
outre, une thérapie
génique pourrait
être développée en ciblant le
gène qui code l'enzyme.
Référence
-
Éric Bergeron, Martin J. Vincent, and Stuart
T. Nichol. Crimean-Congo Hemorrhagic Fever Virus
Glycoprotein Processing by the Endoprotease
SKI-1/S1P Is Critical for Virus Infectivity.
Journal of Virology, December 2007, p. 13271-13276,
Vol. 81, No. 23
Élucidation des mécanismes
d'action de la protéine oncogène E1A
des adénovirus
La prolifération
cellulaire est une
procédure complexe qui est positivement et négativement
contrôlée par l'activité d'un
certain nombre de gènes
cellulaires.
Parmi ceux-là, les
produits pRb du
gène RB1 suppresseur de
tumeurs sont des
régulateurs de la machinerie
transcriptionnelle de la cellule. Ils interviennent
au niveau du contrôle de la
prolifération et du cycle cellulaire. Ces
polypeptides jouent un rôle tellement
important que certains
virus oncogènes ont développé
des mécanismes qui leur permettent de
synthétiser des oncoprotéines qui
s'associent aux produits de ces gènes et les
inactivent. Ce faisant,
ils interfèrent avec les voies de
régulation qui normalement conduisent
à l'inhibition de la croissance cellulaire.
Celle-ci, dérégulée, s'emballe
et la prolifération cancéreuse
commence. Par exemple, la protéine E1A des adénovirus est capable de se
complexer et d'inactiver les membres de la famille
pRb. Il en est de même pour la
protéine
E7 des papillomavirus et
de l'antigène
T de SV40.
Il est donc intéressant
de connaître quels sont les mécanismes précis qui
permettent aux protéines oncogènes
virales de reconnaître le produit prB et de
s'y fixer. C'est ce que
vient de faire une équipe de chercheurs pour
la protéine E1A.
Pour comprendre les
résultats obtenus, il est bon de rappeler
que normalement la
protéine pRb régule le cycle
cellulaire en séquestrant, sous une forme
hypophosphorylée, le facteur de
transcription E2F, essentiel à l'activation
transcriptionnelle de gènes impliqués
dans la stimulation de la prolifération
cellulaire. Les
chercheurs ont étudié la
structure
moléculaire des produits prB et
E1A et se sont
aperçus qu'ils ont de grandes similitudes. Celles-ci sont telles que
la protéine E1A
des adénovirus peut se comporter comme un
analogue de pRb, pouvant
déloger celle-ci
de son site d'attachement sur E2F. Celle-ci n'étant plus
phosphorylée peut alors stimuler la croissance cellulaire qui se
poursuit de façon
incontrôlée.
Ces résultats permettent
une meilleure
compréhension des mécanismes
moléculaires de la
cancérisation.
Ils pourraient éventuellement
déboucher sur la découverte de
nouveaux leviers
thérapeutiques.
Référence - Xin Liu and Ronen Marmorstein.
Structure of the retinoblastoma protein bound to
adenovirus E1A reveals the molecular basis for
viral oncoprotein inactivation of a tumor
suppressor. Genes Dev. 2007 21:
2711-2716.
Élucidation du mécanisme
d'échappement des poxvirus aux
défenses immunitaires. Espoirs pour un
nouveau type de vaccin?
Il est bien connu que les
cellules immunitaires nommées
cellules T
cytotoxiques
patrouillent l'organisme à la
recherche des cellules
infectées par les virus. Celles-ci arborent à leur
surface des fragments de protéines virales.
Quand les cellules T cytotoxiques trouvent ces
protéines virales, elles détruisent la cellule et
éliminent de ce fait le
virus.
Des molécules connues
sous le nom de molécules du complexe majeur
d'histocompatibilité de classe 1
(MHC-1) sont responsable
de l'exhibition des
fragments de protéines (peptides) sur la
surface des cellules.
Chaque molécule MHC-1 présentent un
site de liaison au peptide et lorsque celle-ci est
réalisée, le complexe MHC1-peptide voyage à
la surface des cellules où le peptide est
exposé et peut être
détecté par les cellules T
cytotoxiques. Ce
mécanisme fait des molécules MHC-1 le
mécanisme le plus important pour combattre
la plupart des infections virales. Une recherche
récente démontre que c'est précisément là
où les poxvirus ont
évolué,
trouvant un moyen de bloquer cette
immuno-réaction.
D'autres recherches avaient
montré le rôle de plusieurs protéines virales
agissant sur le transport de protéines
cellulaires. . Dans
cette étude, les investigateurs ont
constaté que dans les cellules
infectées par le virus du cowpox ,
une protéine
virale connue sous le nom de CPXV203 rejoint les
complexes MHC1-peptides et bloque leur transport
dans l'appareil de Golgi, les empêchant ainsi
d'apparaître à la surface des
cellules. Les chercheurs
ont par ailleurs démontré que
certains poxvirus simiens
peu virulents
possèdent, eux, une protéine CPXV203 mutante qui
est incapable de se fixer au complexe
d'histocompatibilité. Chez ces animaux, il y donc
exhibition normale des
peptides viraux à la surface de la cellule
infectée.
L'action de CPXV203 représente donc une
nouvelle stratégie
pour bloquer l'immunité
cellulaire.
Ces résultats non
seulement fournissent une meilleure compréhension des
infections virales, mais
ils offrent également des perspectives nouvelles dans les processus
cellulaires immunitaires
fondamentaux.
Par ailleurs, on pourrait
éventuellement envisager d'utiliser comme agents vaccinaux des
poxvirus qui possèderaient des versions
tronquées de CPXV203. Ceci est intéressant car la
famille des poxvirus est responsable de nombreuses
maladies animales et humaines
Référence -
Byun M, Wang X,
Pak M, Hansen TH, Yokoyama WM. Cowpox virus
exploits the endoplasmic reticulum retention
pathway to inhibit MHC class I transport to the
cell surface. Cell Host & Microbe, Vol 2,
306-315, 15 November 2007.
La NASA
se lance à son tour dans l'observation par
satellite pour suivre les épidémies
virales
On sait que, pour que des
transmissions
accidentelles des virus puissent déclencher des
épidémies, et ne pas seulement donner lieu
à des formes sporadiques, il faut faire
intervenir des effets
d'amplification liés à des
modifications naturelles ou artificielles de leur
environnement. Ces
changements peuvent être associés
à la déforestation ou à la
culture de nouveaux territoires par des
collectivités humaines venant au contact de
réservoirs sauvages, par exemple des
rongeurs sains mais porteurs de virus. Ils peuvent
également être liés à la
mise en eau de barrages et à l'extension des
cultures irriguées. La mise en eau favorise
alors la pullulation des moustiques et les
concentrations animales et humaines. La conjonction
de ces deux facteurs est probablement à
l'origine des épidémies
récentes de Fièvre de la
Vallée du Rift en Egypte et en Mauritanie
On conçoit donc que
tous ces changements
doivent être observés, mesurés
et appréciés. Pour ce, les
satellites se révèlent être des
outils précieux.
A l'évidence, ils ne suivent pas les nuages
de moustiques ou les populations infectées.
Leur contribution consiste à recueillir des données sanitaires,
climatiques et environnementales, en lien direct
avec les écosystèmes susceptibles
d'abriter les vecteurs des maladies. Ils observent
les éléments qui peuvent en favoriser
le développement : eaux stagnantes, vent,
couvert végétal etc.
Suivant l'exemple
français (1998) du CNES (Centre National d'Études
Spatiales), la
NASA, dans le cadre de son "Earth Science Applied Sciences
Program" soutient des
projets dans le domaine
de la
télé-épidémiologie, ayant pour objectif le
déploiement de systèmes de
surveillance épidémiologique
opérationnels et d'alerte précoce. Le
réseau U.S. repose sur 14 satellites
qui recueillent les
données environnementales pertinentes et les
relaie aux organismes de santé tels les CDCP
(Centers for Disease Control and Prevention) qui
les analysent et les
interprètent.
Les épidémies que
peuvent causer les virus
d'Ébola, du Nil occidental ou de la
vallée du Rift
sont particulièrement en ligne de
mire.
Source - http://www.sciencedaily.com/releases/2007/11/071106140029.htm
Nouvelle conception d'un vaccin
anti-VIH
On sait que les cellules tueuses naturelles
(NK), qui appartiennent
à l'immunité innée, peuvent
jouer un rôle
crucial pour ralentir la progression vers le sida
et abaisser la charge virale. En effet, elles reconnaissent et
détruisent les cellules infectées par
un virus (ainsi que les cellules
cancéreuses). Leur
activité est contrôlée
(stimulée ou inhibée) par de nombreux
récepteurs à leur
surface. Parmi ces
récepteurs, la famille des récepteurs KIR (Killer
Cell Immunoglobulin-like Receptor) se distingue par sa diversité
extrême et son évolution rapide ; ces
récepteurs ont pour ligands les
molécules HLA de
classe I. Ces
récepteurs KIR, comme les autres
récepteurs présents sur les cellules
NK, sont également exprimés sur les lymphocytes T
cytotoxiques ; ils
jouent donc un rôle à la fois dans
l'immunité innée et l'immunité
acquise. Chaque gène KIR code pour un
récepteur
activateur ou un
récepteur
inhibiteur des cellules
NK.
Certains virus ont
développé des stratégies conduisant à la
protection des cellules qu'ils infectent de la
destruction par des lymphocytes cytotoxiques,
notamment en modulant l'expression des
récepteurs inhibiteurs KIRs des cellules
tueuses NK.
Chez des personnes
infectées par le VIH, l'expression des KIRs
inhibiteurs est augmentée sur les cellules
NK, les lymphocytes T CD8 et T CD4, et elle est
ainsi corrélée positivement à
la charge virale et à l'évolution de
l'infection. Par contre,
les cytokines
exogènes (IL-10, IL15 et
TGFß)
diminuent l'expression de
ces KIRs sur les NK et
les lymphocytes T CD4 et CD8 de personnes
infectées par le VIH, restaurant une activité
cytotoxique de ces cellules et la production des
cytokines TNF-aet IFN-alpha.
Ce dernier
phénomène vient d'être
utilisé par une équipe de recherche
qui a conçu un vaccin ADN recombinant contenant un
segment d'ADN codant pour les protéines du
virus HIV simien (SHIV) et fusionné avec le
gène synthétisant
l'interleukine-15.
Les chercheurs ont alors
administré ce
vaccin à des singes macaques. Des animaux témoins ont
reçu un vaccin anodin. Plus tard, tous les
singes ont été inoculés par une souche
pathogène recombinante de
SIV. Les réponses
à l'inoculation virale ont été
nettement différentes entre les deux
groupes: les singes qui
avaient reçu le vaccin ont
développé une charge virale nettement
inférieure à celle des singes
contrôles,et ils n'ont pas
présenté de pathologie clinique
décelable.
Ces résultats laissent
penser qu'un vaccin ADN
renforcé par l'administration d'e la
cytokine IL-15 peut changer l'histoire naturelle de
l'infection par le VIH.
Référence - Jean D. Boyer,
and David B.
Weiner. Protection against simian/human
immunodeficiency virus (SHIV) 89.6P in macaques
after coimmunization with SHIV antigen and IL-15
plasmid. PNAS 2007 104: 18648-18653; published
online before print November 13 2007.
Attachement du VIH/SIDA aux cellules
cibles: progrès dans la connaissance de la
structure de la boucle V3
On sait aujourd'hui que
l'entrée du VIH de
type 1 (VIH-1) dans la cellule nécessite une interaction
séquentielle de
la glycoprotéine
virale de surface, la gp120, tout d'abord avec le récepteur CD4 puis avec un cofacteur de fusion. La fixation du VIH-1 sur le
récepteur CD4 entraîne un
changement
conformationnel de la gp120 qui démasque alors une
région
particulière, la boucle V3. Cette boucle V3 est un domaine
hypervariable de la gp120 qui joue un rôle
essentiel dans la fusion virus-cellule. Sa
séquence détermine en grande partie
la capacité du virus à infecter
différentes cibles cellulaires telles que
les lymphocytes CD4+, les macrophages ou les
lignées lymphocytaires T (cette
propriété est appelée
tropisme).
La boucle V3 est une
région qui induit
la production d'anticorps
neutralisants. Ces
anticorps, généralement
isolat-spécifiques, agissent en
bloquant l'interaction de
la boucle V3 avec des déterminants
membranaires impliqués dans la fusion
virus-cellule ou cellule infectée-cellule
saine. Malheureusement
l'hypervariabilité de V3 fait qu'elle
change constamment de
structure rendant inefficaces les anticorps
neutralisants qu'elle a
induit dans un état précédent.
Une équipe de chercheurs
a émis l'hypothèse que les
changements structuraux
de V3 pourraient
ne pas concerner
certaines zones qui
seraient donc hautement conservées et que,
conséquemment, l'identification de ces
zones pourrait
être précieuse pour le développement de futurs vaccins et
drogues antivirales.
Les scientifiques ont donc
entrepris l'étude
structurelle comparative de boucles V3 de diverses
souches de VIH. Ils ont,
pour ce, mis au point une nouvelle méthode
combinant les techniques de l'évolution
moléculaire et de l'intelligence
artificielle. Ils ont ainsi pu reconstituer l'histoire
évolutionnaire sous-jacente à 1154
séquences génétiques de
diverses boucles V3.
Plus précisément, ils ont
découvert des groupes d'acides aminés qui sont
biologiquement dépendants les uns des
autres. Ces acides
aminés coévolutifs sont reliés
entre eux par des liaisons qui sont
réparties au long dela boucle V3 comme le
sont les barreaux d'une échelle.
Référence - Poon AFY, Lewis FI, Kosakovsky Pond
SL, Frost SDW (Nov. 2007) An evolutionary-network
model reveals stratified interactions in the V3
loop of the HIV-1 envelope. PLoS Comput Biol 3(11):
e231. doi:10.1371/journal.pcbi.0030231
Pour
télécharger l'article:
http://compbiol.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pcbi.0030231
L'exposition préalable aux
piqûres de moustique facilite l'infection par
le Virus du Nil Occidental
Le virus du Nil occidental
(VNO) est une maladie
infectieuse transmise par
les moustiques,
notamment ceux de l'espèce
Aedes
aegypti.
.
Une équipe de recherche
vient de montrer que cette transmission est
d'autant plus facilitée qu'elle a été
précédée par une
exposition
préalable aux
mêmes piqûres de ces insectes.
Dans leurs expériences,
les chercheurs ont exposé des
souris sous
sédatifs à
15 et 20 moustiques
Aedes
aegypti pendant
une heure une fois par semaine. Les scientifiques
alors soumis chacun de ces animaux, ainsi que les
animaux d'un groupe contrôle(souris non
exposées préalablement aux insectes)
à la piqûre
d'un moustique infecté par le virus du Nil
occidental.
Les résultats sont
frappants: 68 pour cent
des souris préexposées pendant deux
semaines aux piqûres sont mortes du virus du
Nil occidental. Le taux est passé à
91 pour cent lorsque l'exposition préalable
s'est étalée sur quatre semaines. Par
contre, le virus a tué seulement 27 pour
cent des souris précédemment non
exposées aux insectes.
Les scientifiques ont
constaté que, aux
sites des piqûres
et probablement sous l'effet de composantes salivaires de
l'insecte, il y avait
une forte augmentation de
l'interleukine IL-10,
une cytokine reconnue d'inhiber la réponse
inflammatoire. Celle-ci
étant très utile pour une
défense. " en première ligne ", le
VNO pourrait finalement profiter de cet état
de fait.
Référence - Schneider BS, McGee CE, Jordan JM,
Stevenson HL, Soong L, et al. (2007) Prior Exposure
to Uninfected Mosquitoes Enhances Mortality in
Naturally-Transmitted West Nile Virus Infection.
PLoS ONE 2(11): e1171
doi:10.1371/journal.pone.0001171
Pour
télécharger l'article:
http://www.plosone.org/article/fetchArticle.action?articleURI=info:doi/10.1371/journal.pone.0001171
|