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VIROLOGIE
FONDAMENTALE
Un poster du
journal «Nature Immunology» qui illustre
les mécanismes de production de
l'interféron:
http://www.nature.com/ni/extra/ifnsignaling/ifn_signaling.pdf
Une nouvelle voie thérapeutique
s'avère extrêmement prometteuse pour
la lutte contre le SIDA
Il y a plus de
vingt ans que des traitements très efficaces
de l'infection par le HIV ont
amélioré la qualité de vie des
personnes infectées par le HIV. Ces
traitements associent plusieurs molécules
(en général trois d'où le nom
de trithérapie) qui touchent des
mécanismes propres au virus
lui-même. Malheureusement, ce virus, comme
celui de la grippe, est en perpétuelle
mutation, ce qui lui permet de développer des
résistances aux
médicaments qu'on lui oppose.
Une approche
entièrement nouvelle,
développée par des chercheurs de
l'Institut de Génétique
Moléculaire de Montpellier, permet
d'éviter ces problèmes de
résistance en s'attaquant aux
mécanismes cellulaires qu'utilise le virus
pour se multiplier, alors que les
médicaments actuels visent des
mécanismes propres au virus
lui-même. Il s'agit donc d'un nouveau moyen de
bloquer sa multiplication..
Pour comprendre,
l'action des nouveaux médicaments, il
convient de rappeler quelques notions sur la
réplication du VIH. Lorsqu'il infecte une cellule
immunitaire, ce virus intègre son propre
matériel génétique dans
l'ADN
(acide désoxyribonucléique) de
celle-ci et détourne la machinerie
cellulaire à son profit pour produire de
nouveaux virus. Une des premières
opérations effectuées par le
génome viral passe par la production d'ARN
(acide
ribonucléique), sorte de calque de l'ADN,
qui sert à fabriquer les protéines
virales.
Cette étape est un processus complexe
appelé "épissage" au cours duquel, à
partir d'un "ARN-prémessager", la machinerie cellulaire
(et non la machinerie virale) procède
à un patchwork: des enzymes cellulaires
découpent des "introns" (considérés comme des
intrus) et "recollent" les morceaux restants
("exons") pour réconstituer l'ARN messager
qui, lui, pourra coder pour une protéine
virale.
Les chercheurs ont
mis au point une molécule chimique
(IDC16) qui empêche cette maturation des ARN
du virus.
On le voit donc, au lieu d'attaquer les composants
que le virus amène avec lui, le
composé vise ceux qu'il utilise dans la
cellule.
Les
résultats montrent que cette molécule
est efficace
non seulement sur des souches virales de
laboratoires, mais aussi sur des virus
isolés sur des patients, même lorsqu'il
s'agit de virus devenus résistants aux
thérapies habituelles. De plus, les premiers
tests ne montrent pas de toxicité de la
molécule IDC16 pour les cellules
immunitaires.
Cette nouvelle voie
thérapeutique s'avère extrêmement
prometteuse pour la lutte contre le SIDA mais aussi
pour toute autre pathologie causée par un
virus dépendant du même
mécanisme cellulaire. Toutefois, compte tenu des
phases de tests nécessaires sur l'animal
puis sur l'homme, elle ne pourra pas devenir un
médicament avant 5 à 10
ans.
Référence - Yea-Lih Lin, ... and
jamal Tazi. Small-Molecule Inhibition of HIV
pre-mRNA Splicing as a Novel Antiretroviral Therapy
to Overcome Drug Resistance Nadia Bakkour. PloS
Pathogens, 26 octobre 2007.
Pour
télécharger l'article
gratuitement:
http://pathogens.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.ppat.0030159
L'infection par le virus de
l'immunodéficience humaine (VIH) progresse
plus rapidement vers le stade du sida chez des
patients ayant un facteur de risque
génétique
spécifique
De
précédentes études ont
indiqué que le rythme d'évolution du SIDA
dépend notamment de l'ampleur,
dès les premiers stades de l'infection, de
la réplication virale (la multiplication du
VIH dans
les cellules immunitaires qu'il parasite et
détruit).
Une nouvelle
étude montre qu'au facteur
précédent, il va falloir, maintenant,
ajouter un profil génétique
particulier.
En effet, une
équipe de chercheurs vient d'identifier, sur
un gène, des variations qui constituent un facteur
de risque.
Plus précisément, les chercheurs se
sont concentrés sur le gène CCL3L1
qui code
pour la protéine du même nom qui
empêche le VIH de se fixer sur les
récepteurs CCR5
avant
d'envahir une cellule cible. Il appert que
le nombre de
copies du gène CCL3L1 est déterminant. Ce gène existe en
moyenne en deux exemplaires sur l'ADN des
Américains d'origine européenne et
trois exemplaires chez les Afro-américains
de la cohorte ayant servi à
l'étude.
Les
résultats montrent qu'avoir un nombre de copies
inférieur à la moyenne est
associé à une progression rapide de
l'infection vers le stade du
sida-maladie, tandis que les personnes ayant plus d'exemplaires
de ce gène que leur groupe ethnique, ont
moins de risque de contracter une infection au VIH
et d'évoluer vers le stade
sida.
Les chercheurs ont
pu déterminer quatre "groupes de risques
génétiques", selon la présence
ou non de mutations favorables sur le gène
CCR5 et le nombre d'exemplaires (faible ou
élevé) du gène
CCL3L1. Au
final, ils estiment que le profil
génétique CCL3L1-CCR5 pourrait
permettre de prédire le risque
d'évolution vers le sida
"indépendamment" d'autres indicateurs
actuellement utilisés (charge virale, taux
de lymphocytes T CD4...).
Les scientifiques
suggèrent que le profil génétique
CCL3L1-CCR5 pourrait jouer un rôle important
pour d'autres maladies infectieuses que le
sida..
Référence - Matthew J Dolan, … and
Sunil K Ahuja. CCL3L1 and CCR5 influence
cell-mediated immunity and affect HIV-AIDS
pathogenesis via viral entry-independent
mechanisms. .Nature Immunology. Published online:
21 October 2007 | doi:10.1038/ni1521
Production par l'autruche d'anticorps
contre le virus de la grippe aviaire
H5N1
En cas de
pandémie grippale, l’apparition de
résistances aux actuels traitements
antiviraux (oseltamivir) et le temps
nécessaire à la production massive
d’un vaccin efficace contre le virus responsable de
la pandémie doivent amener à
envisager de nouvelles stratégies
thérapeutiques. L’immunothérapie
passive des
patients au moyen d’anticorps pourrait en
être une.
Dans ce cadre, des
chercheurs ont développé une
nouvelle
technique plus efficace de production d'anticorps
contre le virus de la grippe aviaire H5N1 en
utilisant une seule autruche.
Cette nouvelle
méthode de production d'anticorps a
été mise au point en utilisant la
souche de virus de la grippe aviaire (type
H5N1). La méthode consiste à
immuniser
une autruche en lui injectant la partie
antigénique du virus et ensuite à
récolter l'anticorps
présent en grande quantité dans le
jaune des oeufs de l'autruche
immunisée. Ceci a permis de récolter
200 à
400 grammes d'anticorps fabriqués par une
seule autruche en six mois, soit une
quantité de 400 à 800 fois
supérieure à celle que l'on peut
obtenir en utilisant un lapin pour produire les
anticorps.
Fait très
important, les chercheurs ont pu vérifier,
lors d'une expérience consistant à
exposer des oeufs de poulet ou des cellules en
culture à des virus H5N1
mélangés à l'anticorps ainsi
préparé, que 5 microgrammes de celui-ci
suffisaient à neutraliser les virus et
empêcher la contamination.
Le coût de
production pourrait être fortement
diminué avec cette nouvelle méthode,
rendant possible la fabrication de masques protecteurs
imprégnés de cet
anticorps
pour prévenir la contamination du porteur du
masque par les virus de la grippe aviaire en cas
d'épidémie. L'autre avantage de cette
méthode de fabrication est d'obtenir une
grande quantité d'anticorps plus
homogènes puisqu'ils proviennent d'une seule
autruche, évitant ainsi les variations de
lot à lot lorsque les anticorps sont
fabriqués en utilisant d'autres animaux tels
que les lapins.
Source:
BE Japon numéro 460
(19/10/2007) - Ambassade de France au Japon / ADIT
Une équipe de chercheurs vient
de découvrir un nouveau moyen de restriction
du cycle réplicatif du VIH
Pour bien
comprendre comment il est possible d'arriver
à un tel résultat, il faut se
rappeler quelques points essentiels du cycle
réplicatif du VIH. Celui-ci est une suite
d'étapes critiques dont chacune contribue
à la réussite de l'infection.
Infectant d'abord une cellule cible, l'ARN
génomique est rétrotranscrit en ADN
par la transcriptase inverse, puis
intégré dans l'ADN cellulaire de
sorte qu'il existe une continuité physique
entre l'ADN du virus, alors appelé proviral,
et celui de la cellule. Le génome du virus
peut ensuite s'exprimer et détourner les
ressources cellulaires, pilotant la production de
molécules virales qui s'assemblent pour
former de nouveaux virus infectieux.
Ce sont les
dernières étapes de ce cycle, soit la
production et l'exportation des ARN viraux vers le
cytoplasme cellulaire que les chercheurs ont
décidé d'inhiber.
Pour ce faire, ils
se sont intéressés à la
protéine virale
Rev qui
fait la navette entre le noyau et le cytoplasme, et
permet l'export des ARN non
épissés ou incomplètement
épissés de HIV-1, à partir
desquels sont exprimées les protéines
de structure du virus. Dans la perspective d'inhiber cette
fonction, ils ont mis au point des peptides
capables d'inhiber la fonction de
Rev.
Celle-ci nécessite l'interaction de la
protéine Rev avec l'ARN cible, le RRE (Rev
Response Element), interaction nécessitant la
présence sur Rev d'une séquence
particulière de 17 acides
aminés. Les scientifiques ont
déterminé que les liaisons uniques entre
Rev et RRE, et qui aboutissent à la
formation d'une structure hélicoïdale,
peuvent être empêchées si on
utilise un un peptide mimétique bêta
en épingle à cheveu muni, sur une de
ses branches, du site de reconnaissance de
Rev. Ce
peptide possède alors la
propriété de se fixer sur le site RRE et,
ainsi, peut soit déloger Rev
déjà fixée, soit
empêcher Rev de s'attacher. Cette déficience
fonctionnelle de la protéine virale Rev,
liée à son transport
nucléo-cytoplasmique, aboutit alors à
une faible
production de protéines virales de structure
et de virions par les cellules
infectées.
Les chercheurs
espèrent qu'il sera possible maintenant, sur
cette base, de mettre au point un médicament
approprié pour le traitement du
VIH.
Référence - John A.
Robinson et al. Design of ß-Hairpin
Peptidomimetics That Inhibit Binding of a-Helical
HIV-1 Rev Protein to the Rev Response Element RNA,
Angewandte Chemie International Edition, doi:
10.1002/anie.200702801
Un pas vers un vaccin antigrippe
universel?
Il est bien connu
que les
surfaces muqueuses de l'arbre
respiratoire constituent une porte d'entrée virale
très importante et un site critique pour la réponse
immune. Les
principaux anticorps sécrétés
localement appartiennent à l'isotype IgA (S-lg A)
qui fixent
les particules étrangères et les
rendent ainsi inertes. Ces sécrétions
sont évacuées mécaniquement
grâce aux cils des cellules ciliées.
L'immunoprophylaxie par voie
muqueuse
constitue ainsi une approche intéressante
pour contrôler les infections acquises par
cette voie.
Dans ce droit fil,
une étude montre l'intérêt du
médicament expérimental
Ampligen® d'Hemispherx Biopharma, ARN
bicaténaire de synthèse,
utilisé comme adjuvant vaccinal. En effet, coadministré (voie
intranasale) à des souris avec le vaccin
anti-grippal 2005-2006, vaccin contenant les souches de type
A(H1), A(H3)
et B/Shanghai/361, il permet une protection non seulement
contre les souches constitutives du vaccin, mais
également contre la souche de type
H5N1. Fait
remarquable, seuls les animaux vaccinés par
voie intranasale et non hypodermique sont
protégés. Les chercheurs pensent donc que
les
mécanismes de l'immunité mucosale
(IgA) pourraient jouer un rôle
déterminant. On est en présence d'un
renforceur immunologique efficace et sûr qui
active une immuno-réaction muqueuse
robuste.
Tout ceci est
prometteur
pour l'avenir de la vaccination par voie
muqueuse.
De plus, si ces résultats peuvent être
confirmés et étendus à
l'humain, ils pourront, alors, apporter une solution au
problème de la production du vaccin contre
la grippe aviaire de type H5N1. En effet, il ne serait,
alors, pas nécessaire de fabriquer un vaccin
différent du vaccin saisonnier, mais il
suffirait d'enrichir ce dernier
avecAmpligen.
Référence - Takeshi Ichinohe, …
and Hideki Hasegawa. Cross-Protection against H5N1
Influenza Virus Infection Is Afforded by Intranasal
Inoculation with Seasonal Trivalent Inactivated
Influenza Vaccine. The Journal of Infectious
Diseases 2007;196:1313-1320
Résultats positifs dans le
développement d'un vaccin tétravalent
contre la dengue
La dengue est une arbovirose
extrêmement répandue. Elle est
habituellement bénigne mais ses formes
hémorragiques sont redoutables.
Naguère surnommée le "petit palu", la
dengue et ses complications, la dengue
hémorragique et la dengue avec syndrome de
choc, sont
aujourd'hui les arboviroses les plus importantes
dans le monde. Classée parmi les maladies
émergentes du fait de son extension
géographique récente, elle est
fréquente chez le voyageur.
Les virus
(quatre
souches de Flavivirus) de la dengue sont transmis à l'homme
par des moustiques et en particulier par la femelle de
la famille des Aedes aegypti, une espèce bien
adaptée à la vie urbaine surtout en
milieu tropical.
L'endémo-épidémie
de dengue est un véritable problème
de santé publique mondiale puisque c'est
désormais plus d'une centaine de pays qui est
concerné.
Il n'existe
aujourd'hui ni traitement spécifique ni
vaccin pour combattre cette maladie, mais de nombreuses
études multi-disciplinaires sont en cours.
La mise au
point d'un vaccin contre la dengue et ses formes
hémorragiques est malaisée en raison de
l'existence de quatre types différents de
virus et du
fait que la
protection contre un ou deux de ces virus peut en
réalité accroître le risque
d'une infection plus grave. Jusque-là, les
tentatives de mise au point de vaccins contre les
quatre virus ont échoué et ainsi,
pour le moment, le seul moyen de lutte existant est
le contrôle des moustiques
vecteurs
dans les zones concernées.
On sait que la
dengue est une maladie très
étudiée à l'Institut
Pasteur,
plusieurs équipes y développant des
thématiques complémentaires et
pluridisciplinaires dans les domaines de la
recherche fondamentale comme appliquée.
Cette recherche vient de porter fruit car la
division
vaccins de Sanofi-Aventis, annonce des résultats positifs
dans le développement d'un
vaccin pour
la prévention de la maladie. Le nouveau
vaccin repose sur une nouvelle technologie utilisant les
enveloppes protéiques qui apportent
l'immunité contre les quatre
sérotypes du virus responsable de la dengue et
de ses manifestations les plus
sévères- la dengue
hémorragique et la dengue avec syndrome de
choc.
Selon les
chercheurs, l''administration du vaccin candidat
tétravalent contre la dengue a induit une
réponse anticorps capable de
neutraliser les quatre sérotypes du virus
responsable de la dengue, et ce chez 100% des
adultes ayant participé à
l'essai mené aux Etats-Unis.
Ces
résultats encourageants font que,
maintenant, Sanofi Pasteur va étendre les essais
cliniques en cours à l'Asie et à
l'Amérique latine. Une demande d'enregistrement du
vaccin
pourrait être déposée
auprès des autorités sanitaires
en
2012.
Source - Communiqué de presse
Sanofi-pasteur
http://198.73.159.214/sanofi-pasteur/ImageServlet?imageCode=20599&siteCode=SP_HQ
Un pas important dans
l'immunothérapie des cancers d'origine
virale
Il est bien connu
que 20% des
cancers humains sont causés par des
infections virales
préexistantes. Les virus en question sont des virus
dits oncogènes qui sont capables, en
introduisant leur matériel
génétique dans un chromosome de la
cellule qu'ils infestent, de la rendre
leucémique ou cancéreuse. Il s'ensuit
une modification du patrimoine
génétique de la cellule
infestée, ce qui rend sa
prolifération anarchique et
désordonnée. Ceci affirme le
caractère malin de cette cellule
infestée.
Citons, pour
mémoire, certains virus à ADN du groupe
herpès qui ont été
trouvés associés à des cancers
(lymphome de Burkitt), les parvovirus impliqués dans le
cancer du col de l'utérus et le
virus de
l'hépatite B , voire d'autres virus des
hépatites (C et E )
qui
interviennent dans l'apparition du cancer du
foie.
Dans le cas des
tumeurs
cancéreuses d'origine non
virale, on
peut utiliser l'immunothérapie comme
traitement
car on a identifié, à la surface des
cellules cancéreuses, des protéines,
les antigènes, capables d'être
reconnus par des anticorps spécifiques.
Avec les
cancers d'origine virale, il en va tout
autrement
car les antigènes viraux ne sont pas
préférentiellement exprimés en
surface, mais à l'intérieur des
cellules et échappent donc à la
reconnaissance par les anticorps. Dans leur cas
l'immunothérapie paraissait
imposssible.
Heureusement, une
équipe de chercheurs vient de trouver un
moyen de
contourner cette difficulté. Les scientifiques ont
émis l'hypothèse que, au cours de
leur croissance rapide, les tumeurs peuvent ne plus
être suffisamment approvisionnées en
sang, ce qui entrainerait la mort et la
lyse de
nombreuses cellules tumorales qui
relâcheraient alors dans leur environnement
(la tumeur) leurs antigènes
viraux.
Dès lors, si, alors, on injectait dans le
sang des anticorps spécifiques de ces
antigènes couplés à des
isotopes radioactifs (éléments instables qui
dégagent des rayonnements), les anticorps pourraient,
dans la masse tumorale, se fixer aux cellules
cancéreuses en voie de destruction et la
radiation émise par les isotopes qui leur
sont couplés détruiraient par leur
concentration les cellules tumorales
voisines.
Les chercheurs pour
tester leur théorie sur des souris, ont d'abord couplé
le radio-isotope
rhénium 18 (un émetteur bêta pur)
à des anticorps qui attaquent E6, un
antigène viral produit par la
quasi-totalité des cellules du cancer du col
de l'utérus. Ils ont aussi préparé
une arme semblable en associant le rhénium 18 et les
anticorps qui ciblent HBx, un antigène viral
fait par les cellules cancéreuses du
foie.
Ensuite, des souris nues
immunodéficientes, qui avait reçu
préalablement une greffe de fragments des diverses
tumeurs humaines (col de l'utérus,
foie), ont
alors été soumises aux agents
radio-immunothérapiques précédemment
décrits.
Pour les deux types
de cancer, la radio-immunothérapie a
abouti à un ralentissement de la croissance
tumorale par rapport aux tumeurs chez les souris
non traitées. Dans le cas du cancer du col de
l'utérus, le traitement, non seulement a
stoppé la croissance des
tumeurs,
mais a même entraîné leur
régression. En outre, la radio-immunothérapie a
été confinée
entièrement à la masse tumorale,
laissant donc les tissus sains
intacts.
Cette étude
montre donc que, en principe, on peut espérer
utiliser la radio-immunothérapie dans le
traitement des cancers causés par des
virus. De
plus, les mêmes résultats sont
également porteurs d'espoir pour la
prévention du cancer. En effet, chez les
personnes chroniquement infectées par le
virus de l'hépatite B ou C, des
papillomavirus, ou d'autres virus connus pour
provoquer le cancer, la radio-immunothérapie
pourrait potentiellement éliminer les cellules
infectées par le virus avant qu'elles ne
soient capables de se transformer en cellules
cancéreuses.
Référence - Wang XG, Revskaya E,
Bryan RA, Strickler HD, Burk RD, et al. (November
2007) Treating Cancer as an Infectious
Disease-Viral Antigens as Novel Targets for
Treatment and Potential Prevention of Tumors of
Viral Etiology. PLoS ONE 2(10): e1114
doi:10.1371/journal.pone.0001114
Pour
télécharger l'article
gratuitement:
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0001114
Le virus H7N2 apparaît
être un excellent candidat pour
l'élaboration de futurs vaccins anti-grippe
aviaire
H7N2 est une souche faiblement pathogène de
la grippe aviaire. Ainsi, au Royaume-Uni, un foyer de
grippe aviaire dû à ce virus influenza
est apparu dans une ferme au nord du pays de
Galles, le 24 mai 2007. Plusieurs personnes ayant
été en contact avec les oiseaux
infectés ou s'étant rendues dans cet
élevage ont présenté un
syndrome grippal ou une conjonctivite de faible
intensité. Elles ont toutes reçu un
traitement antiviral de Tamiflu et sont
entrées en guérison.
Dans le cadre de la
recherche
d'un vaccin contre une éventuelle
pandémie de grippe aviaire, la faible
pathogénicité de H7N2 en fait donc un
agent de
choix.
Une équipe
de recherche a ainsi créé un
virus
hybride (H7N2-PR8) dont le génome (8
gènes) contient les génes
hémagglutinine et neuraminidase d'une souche
H7N2 et
six autres
génes d'une souche vaccinale humaine
H1N1.
Le virus obtenu a
d'abord été testé pour son
inocuité en l'injectant à
doses massives à des souris. Comme on s'y
attendait, le virus ne s'est que faiblement
répliqué et tous les animaux ont
survécu.
Ensuite, toujours
chez la souris, les chercheurs ont
démontré l'efficacité
thérapeutique de H7N2-PR8. En effet, en traitant
des
souris avec
ce vaccin, ils ont pu stimuler la réponse d'anticorps
et induire une protection immunitaire contre des
virus influenza aviaires hautement
pathogènes, soit les souches A/Canada/444/04
(H7N3) et A/Netherlands/219/03 (H7N7)
.
Ces premiers
résultats encourageants autorisent à
passer maintenant, chez l'humain, à des essais cliniques de
phase 1.
Référence - Claudia Pappas, … and
Ruben O. Donis. Development and Evaluation of an
Influenza Virus Subtype H7N2 Vaccine Candidate for
Pandemic Preparedness. Clinical and Vaccine
Immunology, November 2007, p. 1425-1432, Vol. 14,
No. 11
Inhibiteurs à petites
molécules contre la réplication du
virus du Nil Occidental et d'autres
flavivirus
Les virus de la
famille des Flaviviridae, tel que les virus du Nil occidental
(WNV), de
la dengue
(DENV), de
l'hépatite C
(HCV), et
de la fièvre jaune
(YFV),
posent un grave problème de santé
publique
dans les pays développés et en voie
de développement. Plus de 40% de la
population mondiale est exposé au risque
d'infection par la dengue. Chaque année, 1,5
million de personnes sont traités contre les
fièvres et fièvres
hémorragiques symptômes les plus
sévères du virus de la dengue.
Environ 2% de la population mondiale est
infectée par l'hépatite C. La
fièvre jaune et le virus du Nil occidental
affectent également la population mondiale.
Malheureusement, il n'existe aucun
médicament qui traite efficacement ces
maladies.
Une approche
prometteuse dans la lutte contre ces virus est de développer des
médicaments qui inhibent la
réplication virale. Des chercheurs ont fait des
progrès significatifs dans cette direction,
en découvrant dix composés qui inhibent la
réplication des virus du Nil occidental, de
la dengue et de la fièvre jaune dans des
cultures
cellulaires.
C'est donc une
étape
importante vers le développement de nouveaux
médicaments pour améliorer la santé
mondiale.
Référence - A.O. Noueiry, P.D.
Olivo, U. Slomczynska, Y. Zhou, B. Buscher, B.
Geiss, M. Engle, R.M. Roth, K.M. Chung, M. Samuel,
M.S. Diamond. 2007. Identification of novel
small-molecule inhibitors of West Nile virus
infection. Journal of Virology, 81. 21:
11992-12004.
Le calendrier des rappels vaccinaux
des infections virales pourrait être remis en
question
Il était
admis classiquement que, pour beaucoup de maladies
virales, l'immunité acquise suite à
une primo-vaccination ne protégeait pas
à vie et que, conséquemment, des
rappels
vaccinaux
étaient nécessaires chez l'adolescent
et l'adulte.
Cette conception
pourrait être revisée à la suite de
résultats récents obtenues par une
équipe de recherche qui a effectué,
sur 45 personnes, une analyse longitudinale du maintien des
titres d'anticorps spécifiques pour des
antigènes viraux (vaccine, rougeole, oreillons,
rubéole, varicelle, zona, et virus
Epstein-Barr) et pour des antigènes
bactériens (tétanos et diphtérie)
sur une période maximale de 26 ans.
Les
résultats montrent clairement que, pour la
période d'étude, la réponse humorale
(taux d'anticorps) est restée
remarquablement stable, avec des demi-vies allant de
50
ans pour la
varicelle et le zona jusqu'à plus de
200
ans pour
d'autres virus, comme la rougeole et les oreillons.
Par contre, les taux d' anticorps contre les
antigènes du tétanos et de la
diphtérie a diminué plus
rapidement,
avec des demi-vies respectives de 11 ans et 19 ans.
Ces
résultats montrent donc que le type d'antigène
peut jouer un rôle dans la longueur de la
protection immunitaire, les antigènes viraux
ayant des demi-vies plus longues qu'initialement
estimées. En conséquence, et bien que
les pratiques actuelles ne soient pas dangereuses,
certains
rappels vaccinaux pourraient, parce qu'inutiles,
être annulés ou effectués selon
un tout autre calendrier.
Référence
-
Amanna IJ, et al "Duration of
Humoral Immunity to Common Viral and Vaccine
Antigens" N Engl J Med 2007; 357: 1903-15.
Vaccin combiné contre la grippe
aviaire
Un vaccin
combiné a été
créé qui se montre efficace pour les
singes, pourrait permettre de contenir la grippe
aviaire chez les êtres humains, En effet, une
équipe de chercheurs a inséré un
gène H5 du virus pathogène H5N1, de
la grippe aviaire, une version moins virulente du
H1N1, dans le génome du virus affaibli NDV
de la peste aviaire, créant un nouveau pathogène
NDVHA. Ce
virus
recombiné a été administré par voie
nasale (2
doses espacées de 28 jours) et a
déclenché, chez tous les
singes
immunisés, la production d'anticorps contre le virus
de la grippe aviaire.. Une réponse à a
été notée dans les voies
respiratoires indiquant ainsi une probable
réduction de la transmission en cas
d'épidémie. Le vaccin s'est
avéré inoffensif pour les animaux
d'expérience.
On se propose
maintenant de passer à
l'expérimentation chez les
humains.
Référence - J.M. DiNapoli, L.
Yang, A. Suguitan Jr., S. Elankumaran, D.W.
Dorward, B.R. Murphy, S.K. Samal, P.L. Collins, A.
Bukreyev. 2007. Immunization of primates with a
Newcastle disease virus-vectored vaccine via the
respiratory tract induces a high titer of serum
neutralizing antibodies against highly pathogenic
avian influenza virus. Journal of Virology, 81. 21:
11560-11568.
Démonstration que la virulence
d'un herpèsvirus est liée à la
fonction de son
ADN-polymérase
Décrits chez
les chevaux pour la première fois en 1936
lors d'avortements, les herpès virus sont
à l'origine de lourdes pertes
économiques au niveau de l'élevage et
de l'entraînement. Si la forme abortive
semble avoir régressé depuis une
dizaine d'années, les formes respiratoires
et nerveuses sont de plus en plus
fréquemment observées. Dans le cas,
du virus E-HSV1 ces différentes
manifestations sont causées par deux souches
virales différentes.
La
prévention et le traitement de la maladie
imposent une bonne connaissance des
mécanismes qui peuvent expliquer
l'apparition régulière
d'épizooties. Ainsi, il serait
précieux de pouvoir connaître quelles
sont les différences qui existent entre les
génomes des deux formes de E-HSV1,
différences qui expliqueraient leurs
diverses propriétés
pathogènes.
Dans ce contexte,
une équipe de chercheurs vient de
réaliser une percée significative.
Les scientifiques ont découvert qu'une
simple mutation dans le génome d'une souche
neuropathogène du virus E-HSV1 suffisait
pour lui faire perdre sa virulence. Le gène
en question est celui responsable de la
synthèse de l'ADN-polymérase,
l'enzyme responsable de la réplication du
génome viral. La mutation altère les
propriétés de l'enzyme laquelle n'est
plus capable de synthétiser correctement le
génome du virus pathogène. Celui-ci
devient incapable de se répliquer
efficacement et, conséquemment, n'infecte
que très faiblement la moëlle
épinière de l'animal. De plus, les
virus produits s'avèrent beaucoup plus
sensibles à l'action des drogues
antivirales.
Référence - Goodman LB, Loregian
A, Perkins GA, Nugent J, Buckles EL, et al.. A
Point Mutation in a Herpesvirus Polymerase
Determines Neuropathogenicity. PLoS Pathogens Vol.
3, No. 11, e160
doi:10.1371/journal.ppat.0030160
Pour
télécharger l'article
gratuitement:
http://pathogens.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.ppat.0030160
Une équipe de recherche apporte
des résultats in vivo qui démontrent
que l'herpès génital HSV-2 agit bel
et bien comme un cofacteur de l'infection à
VIH
Les personnes
séropositives pour le VIH présentent
fréquemment un portage génital en ADN
herpétique (HSV-2), souvent asymptomatique, même
en l'absence d'antécédent
d'herpès génital symptomatique. De
nombreux arguments suggèrent que le HSV
pourrait agir comme un cofacteur de l'infection à
VIH, en
augmentant,
d'une part ",
l'infectiosité" génitale (charge virale
génitale) de l'individu coinfecté par
le HSV-2 et le VIH, et/ou en augmentant la
réceptivité du partenaire
séronégatif
exposé, et en pouvant, d'autre part,
transactiver
in vivo la réplication génitale du
VIH.
Tous les faits
relatés ci-dessus étaient
des
hypothèses qui jusqu'ici n'avaient
pas fait
l'objet d'une étude
précise. Ceci vient d'être
réparé car une équipe de
recherche apporte des résultats in
vivo qui démontrent que, comme on
le pensait, HSV-2 agit bel et bien comme un
cofacteur de l'infection à VIH.
Les chercheurs ont
étudié un petit groupe (20) d'hommes homosexuels
actifs coinfectés par
HIV/HSV-2 .
Les sujets n'avaient pas subi de thérapie
antirétrovirale et n'en suivaient aucune.
Ces personnes furent aléatoirement soumises,
soit à un traitement avec la drogue
antiherpétique le
valacyclovir (500 mg deux fois par jour), soit
à un placebo.. Après huit
semaines,
les sujets d'expérience furent soumis
à une "période
d'élimination" (washout period), au cours de
laquelle ils reçurent un placebo deux fois par jour.
Ensuite, ils furent de nouveau soumis en
alternance
à un autre cycle de huit semaines de
traitement/placebo. Au cours des deux cycles, les
participants visitèrent la clinique trois
fois par semaine. Lors de chaque visite, les
sécrétions
rectales
furent échantillonnées et des
prélèvements hebdomadaires
de
sang furent
recueillis pour déterminer les niveaux de
VIH.
Les
résultats obtenus montrent que
les niveaux
du VIH ont été réduits
d'environ 50 pour cent dans le sang et de 30 pour
cent au niveau du rectum chez les sujets ayant
reçu le valacyclovir qui réprime la
réactivation du HSV.
Cette étude
apporte donc du poids à l'hypothèse
que la
réactivation de HSV - 2 augmente la
réplication du VIH.
Source- Science Daily:
Suppressing Herpes Virus May Reduce
Infectiousness Of HIV
http://www.sciencedaily.com/releases/2007/11/071115121121.htm
Espoirs déçus dans le
cas du vaccin mixte VIH-AAV: le vecteur
interfère malheureusement avec la
réponse immunitaire dirigée contre le
virus
Les virus
recombinants ont de multiples applications en
recherche et en vaccinologie et ont conduit au
développement de vaccin-vecteur, comme celui
expérimental à base de virus
adéno-associé recombiné
(rAAV). Pour réaliser ce vaccin, on a
introduit deux à trois gènes du VIH
dans le génome du virus de l'AAV. On dispose
alors d'un vaccin mixte VIH-AAV, les
protéines du VIH étant
exprimées dans les cellules infectées
par le virus recombinant.
Le choix de l'AAV
est dicté par le fait que, contrairement
à d'autres virus vecteurs, il échappe
aux nombreux problèmes que posent les virus
recombinants, problèmes que nous rappelions
dans un numéro antérieur
de
"Récentes
perspectives en virologie".
Malheureusement,
une équipe de recherche du Wistar Institute
vient de découvrir que, dans le cas du
vaccin mixte VIH-AAV, le vecteur interfère
avec la réponse immunitaire dirigée
contre le VIH. Plus précisément, bien
que la réponse cellulaire
T-spécifique contre le VIH a bien lieu, il
appert que les cellules T produites sont
fonctionnellement diminuées de façon
importante. Effectivement, ces cellules induites
par le vecteur AAV s'avèrent incapables de
protéger efficacement contre le VIH en
raison de leur incapacité à
sécréter des niveaux adéquats
de cytokines, molécules qui ont la
propriété d'activer d'importantes
réactions immunitaire. De plus, ces
mêmes cellules se montrent gravement
atteintes dans leur capacité à se
multiplier lorsqu'elles rencontrent leurs
antigènes spécifiques.
En
conséquence, disent les chercheurs, le
vaccin mixte VIH-AAV doit être
considéré comme au mieux inutile. Il
doit être abandonné.
Source - Wistar Institute:
http://www.wistar.org/news_info/pressreleases/pr_11.15.07.htm
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