RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

 

 


Revue de presse mensuelle VOL10 N°2 OCTOBRE 2006


Nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 Jean Robin, Ph.D.

Un des objectifs de ce site est d'être utile aux futures et futurs virologistes, et tout particulièrement aux étudiantes et étudiants, qui trouveront là, très certainement, des sujets pouvant faire l'objet de développements dans le cadre de séminaires ou de travaux dirigés. Dans cet esprit:

SI VOUS LE SOUHAITEZ:


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

Virologie fondamentale

 

Virologie médicale (VIH)

 

Virologie médicale et appliquée

(Autres virus)

Calendrier des congrès en virologie

VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

2- CLASSIFICATION DES VIRUS

Mise en évidence, par PCR en temps réel, d'un nouveau rhinovirus pathogène

3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

5- DÉCAPSIDATION

6- RÉPLICATION

Visualisation par un système d'imagerie dynamique et de "tracking" en 4D des mouvements du virus VIH1 à l'intérieur des cellules humaines

7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

8- RELARGAGE

9- INTERFÉRONS

L' extrêmité triphosphate virale en position 5' est le signal de reconnaissance pour RIG-I durant la synthèse de l'interféron

Le virus du Nil occidental s'évade des mécanismes immunologiques de défense mis en place par les interférons alpha et bêta>

10-ONCOGÉNÈSE

11- INFECTION ET IMMUNITÉ

Une réaction immunitaire violente expliquerait la gravité de l'atteinte par le virus aviaire H1N1 responsable de la grippe espagnole

La léthalité de la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire s'explique par la stimulation à l'excès des réponses immunitaires de l'organisme

Nouvel antiviral prometteur contre la grippe saisonnière et aviaire

Une manière entièrement nouvelle d'assurer une protection instantanée contre l'influenza

Les cellules CD-8 cannibalisent les cellules présentatrices d'antigènes viraux

Mise au point d'un nouvel agent antiviral contre les virus de type influenza

Avancée significative dans le combat contre l'hépatite C chronique

Mise en évidence d'une protéine capable de diminuer la réplication du VIH en cultures cellulaires

Un anticorps murin humanisé contre le virus H5N1 de la grippe aviaire

Une nouvelle façon de vacciner contre le virus HSV-1 de l'herpès génital pourrait être possible

La surinfection bactérienne pourrait être une conséquence de la réponse antivirale (interféron de type 1)

Le Tamiflu pourrait faciliter l'apparition, dans l'environnement, de souches résistantes du virus de la grippe aviaire


VIROLOGIE MÉDICALE

 VIH 

La formulation des microbicides contre le VIH doit prendre en compte tant l'agent microbicide lui-même que l'ingrédient protecteur de la membrane vaginale


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Les virus du rhume persistent sur les surfaces touchées: nécessité prophylactique du lavage de mains pour contribuer à éviter la propagation de ces agents pathogènes

Les nanotechnologies font de plus en plus appel aux virus

Découverte du site de fixation de la protéine qui assure la propagation du virus varicelle-zona

Les infections à picornavirus pourraient, plus tard, être responsables de troubles de la mémoire >>NOUVEAU


CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE


NOUVELLES EN VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS


2- CLASSIFICATION DES VIRUS

Mise en évidence, par PCR en temps réel, d'un nouveau rhinovirus pathogène

Ordinairement les virus sont identifiés par deux méthodes. La première, dite PCR, (Polymerase Chain Reaction) ou encore ACP (pour Amplification en Chaîne par Polymérase), est une technique qui permet d'obtenir, à partir d'un échantillon complexe et peu abondant du génome viral, d'importantes quantités d'un fragment d'acide nucléique spécifique et de longueur définie (un million de copies en quelques heures). Les copies sont alors aisément détectées par hybridation avec une sonde radioactive ou fluorescente. La seconde, le test antigénique, recherche la présence d'un antigène spécifique au virus répliqué en cultures cellulaires. L'Identification est assurée par un anticorps fluorescent.

Depuis peu un nouveau test de détection virale est possible. Il s'agit de la PCR en temps réel (MassTag PCR). Dans cette nouvelle technique, la réaction d'amplification de la séquence ADN cible suit les mêmes étapes qu'en PCR classique c'est-à-dire dénaturation, hybridation, extension. A la différence d'une PCR classique, la PCR en temps réel utilise une sonde fluorescente qui permet la quantification et la caractérisation de l'amplicon formé en temps réel. En regard des autres techniques de biologie moléculaire classiquement utilisées pour étudier l'expression des gènes (PCR classique, Northern-Blot), la PCR en temps réel apporte une plus grande fiabilité. Elle est beaucoup moins exigeante sur les rendements en ARNm et assure un gain de temps indéniable. Ses avantages scientifiques sont reconnus et ne font l'objet d'aucune critique.

Dans l'État de New-York pendant l'hiver 2004, il y eut une incidence élevée de maladies respiratoires virales. Les échantillons, testés par PCR ou test antigénique, s'avérèrent négatifs pour le virus Influenza et pour d'autres virus respiratoires (rhinovirus). Préoccupés par le fait qu'un nouveau virus pathogène pourrait être impliqué, des chercheurs ont réexaminé les échantillons par la PCR en temps réel. Ils ont trouvé que, sur 79 échantillons précédemment négatifs, 26 donnaient une réponse positive indiquant la présence de rhinovirus. Dans cette grande proportion d'échantillons, la moitié étaient positifs pour une souche non encore caractérisée. Le génome de ce nouveau rhinovirus n'est qu'à 50 à 60 pour cent similaire à celui d'autres rhinovirus connus.

L'équipe se propose maintenant d'examiner d'autres échantillons prélevés sur des patients autour du monde afin de voir si le même rhinovirus pourrait être impliqué.

Référence - Daryl Lamson, … and W. Ian Lipkin. MassTag Polymerase-Chain-Reaction Detection of Respiratory Pathogens, Including a New Rhinovirus Genotype, That Caused Influenza-Like Illness in New York State during 2004-2005. The Journal of Infectious Diseases, volume 194 (2006), pages 1398-1402


3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS


4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE


5- DÉCAPSIDATION


6- RÉPLICATION

Visualisation par un système d'imagerie dynamique et de "tracking" en 4D des mouvements du virus VIH1 à l'intérieur des cellules humaines

Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont réussi à visualiser les mouvements du virus VIH1 à l'intérieur des cellules humaines pendant les vingt-quatre premières heures suivant l'infection. Pour ce faire, ils ont infecté des cellules humaines en culture avec des particules de VIH1 génétiquement modifiées, exprimant une version de l'intégrase virale, facile à marquer à l'aide d'une substance fluorescente. Les cellules infectées ont été filmées pendant vingt-quatre heures à l'aide d'un système d'enregistrement vidéo couplé à un microscope confocale (microscopie en trois dimensions). Un logiciel spécialement conçu pour cette étude a ensuite été utilisé pour analyser les images et en extraire des données sur la cinétique des différents mouvements présentés par les complexes VIH-1 dans le cytoplasme et dans le noyau de cellules infectées.

L'analyse de près de mille trajectoires virales, observées dans plus de soixante cellules, au cours de six expériences indépendantes, a conduit aux résultats suivants.

Dans les premières heures suivant l'entrée du virus dans la cellule, le complexe viral se déplace dans le cytoplasme cellulaire selon une trajectoire curviligne, en direction du noyau. La cinétique du déplacement est " saltatoire" : le virus avance rapidement sur une assez longue distance, s'arrête, puis repart. Cette cinétique suggère un mécanisme de transport impliquant les microtubules.

A l'approche du compartiment nucléaire, la cinétique du déplacement change pour devenir plus lente. Elle implique alors probablement les mécanismes de mobilité intracellulaire dépendant de l'actine.

Lorsque le virus entre en contact avec la membrane nucléaire, les chercheurs ont observé des mouvements de faible amplitude qui pourraient refléter une interaction du complexe viral avec des filaments cytoplasmiques flexibles des pores nucléaires, ou encore les propriétés dynamiques de certaines nucléoporines périphériques.

Arhel et coll. ont réussi à observer quelques complexes viraux à l'intérieur du compartiment nucléaire, avant l'insertion du provirus dans le génome de la cellule hôte. Les mouvements intranucléaires du complexe viral sont très différents des mouvements intracytoplasmiques : la trajectoire du provirus est diffuse et sans localisation spécifique, suggérant une interaction avec la chromatine.

A plusieurs reprises, les chercheurs ont observé une soudaine disparition de la fluorescence, correspondant probablement à l'instant où le provirus s'intègre dans le génome de la cellule hôte.

Cette prouesse technique devrait faciliter la progression des connaissances relatives aux interactions du virus avec les composants de la cellule hôte. Par ailleurs, le protocole de visualisation des particules virales dans les cellules de mammifères mis au point par les chercheurs pourrait constituer un outil innovant permettant non seulement de tester l'effet de molécules thérapeutiques, mais aussi de développer des vecteurs lentiviraux dédiés au transfert de gènes.

Référence - Nathalie Arhel … and Pierre Charneau. Quantitative four-dimensional tracking of cytoplasmic and nuclear HIV-1 complexes. Nature Methods - 3, 817 - 824 (2006) .

Pas du tout dans la même veine, mais, puisqu'il est question de films, mentionnons que les laboratoires Roche mettent à la disposition du public 5 films d'animation illustrant les différentes étapes de l'infection cellulaire par le VIH.


7 - MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO


8- RELARGAGE


9- INTERFÉRONS

L' extrêmité triphosphate virale en position 5' est le signal de reconnaissance pour RIG-I durant la synthèse de l'interféron

Chaque cellule produit constamment un arsenal entier de protéines. Cette synthèse est codée par l'ADN du noyau des cellules qui contient l'information génétique nécessaire. Lorsqu'une une protéine particulière doit être produite, l'information contenue dans un gène donné est littéralement transcrite sous forme de matrice, dans un ARN messager. Celui-ci passe alors du noyau au cytoplasme où le message peut être traduit en protéine. La traduction se fait à l'intérieur de structures subcellulaires spéciales, appelées ribosomes qui vont assembler une séquence d'acides aminés selon les " instructions " du code génétique : chaque codon (groupe de 3 nucléotides de l'ARNm) correspond à un acide aminé, sauf 3 codons, appelés codons-stop, qui provoquent l'arrêt de la traduction.

Les virus, pour se répliquer utilisent ce mécanisme à leur profit. Plus précisément, après pénétration dans la cellule, le virus apporte seulement l'information génétique nécessaire à la fabrication des molécules qui le constituent.. Cette information virale supplante celle contenue dans le noyau cellulaire, ce qui fait que le virus est d'abord répliqué en nouveaux génomes qui sont ensuite transcrits en ARN-messagers, eux-mêmes traduits en protéines de structure. Ces macromolécules s'assemblent pour former de nouveaux virions qui sont libérés dans le milieu extérieur. En un mot, les virus détournemt à leur profit les voies métaboliques de la cellule en diminuant plus ou moins complètement les synthèses cellulaires :

Toutefois, les cellules ne sont pas complètement impuissantes devant un virus. Par exemple, on sait que quand certains virus infectent une cellule, une protéine synthétisée par un gène cellulaire se lie physiquement au matériel génétique du virus. Cette protéine, appelée, RIG-I est alors conformationnellement modifiée, ce qui intie une chaîne de signaux à destination d'autres protéines qui activent un facteur de transcription appelé le facteur 3 de régulation d'interféron 3 (IRF-3). Ce facteur active les gènes responsables de la production de l'interféron, qui inhibe la réplication virale.

Jusqu'ici on ignorait quel est le mécanisme qui permet une reconnaissance spécifique des ARN messagers viraux par la protéine RIG-I. Une équipe de recherche vient de répondre à cette interrogation.

Les résultats obtenus démontrent que la molécule antivirale RIG-I reconnaît les ARN viraux à ce que, contrairement, à celle des ARN messagers cellulaires, leur extrêmité triphosphate en position 5' n'est pas, soit coiffée par une protéine qui la recouvre, soit modifiée post -transcriptionnellement.

Cette connaissance pourrait éventuellement déboucher sur une thérapeutique.

Référence - Veit Hornung, … and Gunther Hartmann. 5'-Triphosphate RNA Is the Ligand for RIG-I. . Science. Published Online October 12, 2006.


Le virus du Nil occidental s'évade des mécanismes immunologiques de défense mis en place par les interférons alpha et bêta

Le virus du Nil occidental (en anglais : West Nile Virus) est un flaviviridae du genre Flavivirus (qui comprend également le virus de la fièvre jaune, le virus de la dengue, le virus de l'encéphalite de Saint Louis et le virus de l'encéphalite japonaise).

Il est transmis par piqûres de moustiques. La durée d'incubation est de 2 à 15 jours. L'infection passe la plupart du temps inaperçue : 80% infections humaines à VNO sont asymptomatiques. Dans les autres cas, la maladie se présente sous forme d'un syndrome de type grippal avec une fièvre, des maux de tête, des courbatures. Dans des cas exceptionnels (un cas sur 150), la maladie se présente sous une forme sévère et se traduit par des manifestations neurologiques (méningite aseptique, méningo-encéphalites, paralysie flasque aiguë) principalement décrites chez des sujets âgés. La mortalité a été évaluée à 2% des infections.

Il vient d'être découvert que le mécanisme de la pathogénicité du virus repose sur sa capacité à bloquer la cascade de signalisation appelée " voie Jak/Stat " qui, déclenchée par la fixation des interférons sur des récepteurs cellulaires, conduit à l'expression de plus de 100 gènes, parmi lesquels les facteurs de transcription de la famille IRF (interferon regulatory factor ou IRF) qui vont se lier aux séquences promotrices des ISG (interferon stimulated gene) et induire une réponse secondaire (protéines antivirales). Le VNO, quant à lui, bloque les récepteurs cellulaires sur lesquels se fixent les interférons alpha et bêta. Les protéines antivirales qui, dans ce cas médient les défenses immunologiques, ne sont plus produites, permettant ainsi au virus de se répliquer facilement.

Référence - Brian C. Keller, … and Michael Gale, Jr. Resistance to Alpha/Beta Interferon Is a Determinant of West Nile Virus Replication Fitness and Virulence. J. Virol. 2006 80: 9424-9434.


10- ONCOGÉNÈSE


11- INFECTION ET IMMUNITÉ

Une réaction immunitaire violente expliquerait la gravité de l'atteinte par le virus aviaire H1N1 responsable de la grippe espagnole

Comme nous en avions fait état, des travaux, publiés voici un an par des chercheurs américains ayant reconstruit (i.e. réactivé in vitro à partir de son génome) le virus H1N1 de la grippe "espagnole", avaient montré qu'il s'agissait probablementd'un virus d'origine aviaire qui se serait adapté à l'homme à la faveur d'une mutation.

Alors qu'une autre pandémie grippale est actuellement redoutée si le virus aviaire hautement pathogène H5N1réussissait à s'adapter à l'homme, il est essentiel de bien comprendre la réaction globale du malade au virus de la grippe espagnole en 1918-19.

Pour ce faire, et analyser comment les hommes ont réagi au virus meurtrier de 1918 (responsable de 20 à 50 millions de morts), les chercheurs l'ont inoculé dans sa version "reconstruite" à des souris, dont certaines ont été tuées en cours d'expérience pour examiner leurs poumons.

D'autres souris ont été infectées avec un virus de l'actuelle grippe saisonnière (un H1N1 comtemporain, différent de celui de 1918 car il a beaucoup évolué depuis) dans lequel avaient été insérés soit cinq, soit seulement deux des huit gènes du virus de la grippe espagnole.

Les souris infectées avec le H1N1 de 1918 "reconstruit" ont eu dans les 24 heures une réaction inflammatoire importante tandis que le processus de mort cellulaire était déclenché dans les cellules infectées pour tenter d'endiguer l'infection. Ces réactions fortes se sont poursuivies jusqu'à la mort de la plupart de ces souris au 5ème jour. Par extrapolation, ceci autorise à penser que l'infection par le virus H1N1 a pu provoquer d'importants dégâts dans les poumons des malades (oedèmes massifs entrainant leur inondation, hémorragies, destruction rapide de cellules épithéliales de la muqueuse respiratoire).

La réaction immunitaire a été plus modérée, les symptômes de la maladie moins graves et la mortalité plus tardive pour les souris infectées avec des virus contenant seulement une partie des gènes du virus de 1918.

Les chercheurs concluent que la réaction inflammatoire et la mort cellulaire accrues "pourraient avoir contribuées" à la gravité de la grippe espagnole, mais ils ajoutent qu'"on ne peut pas complètement exclure non plus" la possibilité qu'elles en "soient une conséquence plutôt qu'une cause". Ils invitent à poursuivre les études sur d'autres animaux.

Référence - John C. Kash, … and Michael G. Katze. Genomic analysis of increased host immune and cell death responses induced by 1918 influenza virus. Nature advance online publication 27 September 2006.


La léthalité de la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire s'explique par la stimulation à l'excès des réponses immunitaires de l'organisme

Les virologues peinaient à expliquer la forte mortalité - 143 morts sur 244 personnes infectées - due au virus de la grippe aviaire (H5N1), mortalité que l'on n'observe pas avec les virus de la grippe saisonnière. Afin d'élucider les raisons d'une léthalité aussi élevée, des chercheurs ont suivi des patients souffrant du H5N1 et les ont comparés à des sujets atteints de formes moins sévères de grippe.

Dans un premier temps, ils ont effectué des prélèvements (sang, sécrétions nasales et pharyngées) chez 18 personnes hospitalisées pour une infection par le H5N1 et dont 13 devaient décéder de cette infection. Ils ont d'autre part effectué les mêmes prélèvements chez 8 personnes infectées par un virus grippal habituel (H3N2 ou H1N1). La comparaison de ces analyses a montré la présence d'une charge virale beaucoup plus élevée au niveau de la gorge dans le cas du H5N1, charge plus importante encore chez les patients qui devaient décéder. Le virus H5N1 n'a été isolé que dans le sang de ces 13 personnes.

Par ailleurs, les scientifiques ont trouvé des taux élevés de cytokines dans le sang des patients, en particulier chez les 13 qui ont succombé à l'infection. En fait, l''équipe a établi que la progression de l'infection est si rapide et si puissante qu'elle déclenche une " tempête de cytokines ", scientifiquement dénommée " syndrome systémique de réponse inflammatoire". La cytokine est la molécule-signal utilisée pour alerter les leucocytes d'une infection. Il arrive parfois que le système immunitaire se mette à fabriquer une quantité excessive de cytokines, qui, alors, attaquent les cellules saines du corps, provoquant un effondrement généralisé de l'organisme (multi-organ failure). C'est le cas dans les décès dus à la grippe avaire où, lorsque le virus H5N1 arrive au contact de la trachée et des poumons, les cytokines en excès déclenchent une inflammation si violente qu'elle conduit à une pneumonie et à un syndrome de détresse respiratoire et contribue ainsi à l'exceptionnelle sévérité de cette maladie. . Une animation parue dans le New England Journal of Medecine illustre la façon dont le virus H5N1 peut produire une tempête de cytokines.

Tout indique donc que que la charge virale élevée, conjuguée à l'intensité des réponses inflammatoires qui en résultent, sont des éléments centraux de la pathogénèse due au H5N1.

Ces résultats concordent avec des recherches menées antérieurement sur les oiseaux et dont nous avions fait précédemment état. Ils réalisent un véritable bon en avant dans la compréhension du H5N1, qui pourrait désormais faire envisager le passage des traitements par anti-viraux, comme le Tamiflu, à des médicaments anti-inflammatoires tels que les stéroïdes, ou à l'inactivation temporaire de la réponse des leucocytes T en utilisant des médicaments conçus pour traiter l'inflammation pulmonaire. Dans la pratique, il va donc falloir administrer le traitement anti-viral le plus tôt possible et, par la suite, calmer le système immunitaire avec d'autres molécules. Ce qui est certain est que, dans le cas de la grippe aviaire, renforcer le système immunitaire n'est pas forcément la meilleure façon de s'en protéger. Cela pourrait même peut-être avoir pour effet de rendre la réaction au virus encore plus violente et donc encore plus dangereuse pour l'organisme.

Ces travaux confirment, par ailleurs, que le virus H5N1 se réplique davantage dans la partie basse du système respiratoire que dans la partie haute, comme le nez, pour les virus de la grippe saisonnière. Cela explique en partie pourquoi il ne se transmet pas facilement d'homme à homme.

Référence - Menno de Jong et al . A comparison of patients infected by the avian influenza virus H5N1 with those suffering from human flu adds weight to arguments that H5N1's deadliness is linked to the strength of the immune response that it provokes. Nature 443, 124 - 125 (14 Sep 2006)


Nouvel antiviral prometteur contre la grippe saisonnière et aviaire

On sait que les virus grippaux, ont développé une résistance au Tamiflu, nom commercial de l'oseltamivir, un puissant médicament antiviral considéré comme le meilleur moyen de prévenir la propagation de la maladie dans la population. Il reste le Relanza (zanimivir) qui, moins pratique, s'administre sous forme de spray nasal. La mise au point de nouveaux antiviraux est, ainsi, donc, une nécessité.

Il convient, dès lors, de saluer la mise au point, par la firme américaine BioCryst Pharmaceuticals, d'un nouvel antiviral, le Peramivir , lequel se révèle prometteur.

Dans un essai clinique de phase 1 (inocuité du produit) portant sur 60 adultes en bonne santé qui ont reçu des doses quotidiennes de Peramivir allant de 30 à 600 mg pendant dix jours, toutes les doses ont été bien tolérées sans effet secondaire sérieux.

Etant donné les effets antigrippaux puissants dont a fait preuve le Peramivir sur des animaux de laboratoire (infectés avec différents virus de la grippe y compris le H5N1 de la grippe aviaire) à des doses comparables, les chercheurs sont confiants d'obtenir des résultats similaires chez des humains dans un prochain essai clinique de phase 2 (efficacité du produit).

Le Peramivir, comme le Tamiflu et le Relanza, est un inhibiteur de la neuraminidase virale. La FDA, l'agence fédérale américaine de réglementation des médicaments, a décidé de placer le Peramivir dans la catégorie des nouveaux médicaments devant faire l'objet d'une procédure accélérée d'approbation de mise sur le marché.

 

Référence - Hui, C. Cockram and J. Sung. Injectable Peramivir Promotes Survival in Mice and Ferrets Infected with Highly Pathogenic Avian. Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy. San Francisco. 2006

http://www.icaac.org/

Des renseignements complémentaires sont disponibles sur le site de l a compagnie Biocryst :

http://www.biocryst.com/peramivir.htm


Une manière entièrement nouvelle d'assurer une protection instantanée contre l'influenza

Les méthodes existantes de vaccination consistent à stimuler le système immunitaire, afin qu'il produise des anticorps qui s'attachent à la surface du virus et initient le processus de sa neutralisation et de sa destruction. Ceci fonctionne bien pour beaucoup de maladies virales, telles que la variole, la poliomyélite et la rougeole, mais est beaucoup moins efficace avec la grippe, car, dans ce cas, la surface du virus change continuellement. Une nouvelle approche était donc requise que, semble-t-il, des chercheurs viennent de découvrir.

Ils emploient un virus grippal qui a naturellement perdu 80% de son matériel génétique constitué de huit segments d'ARN. Ceci rend le virus inoffensif et l'empêche de se reproduire de lui-même dans une cellule, de sorte qu'il ne peut causer d'infection. Cependant, s'il est rejoint dans la cellule par un autre virus grippal de type sauvage, il garde sa nature inoffensive mais peut alors se reproduire - et à une vitesse beaucoup plus rapide que le nouveau virus intervenant.

Cette vitesse rapide de reproduction fait que le nouvel envahisseur est gêné dans sa réplication et ne peut donc efficacement envahir les cellules et se répandre. De ce fait, le virus envahissant devient son propre vaccin en déclenchant une immuno-réaction suffisamment puissante pour le neutraliser avant qu'il puisse rassembler assez de virions pour enclencher une infection efficace.

Dans les essais préliminaires, le virus inoffensif s'est avéré capable de protéger des animaux contre diverses souches de virus influenza. Nommément, la progression de la maladie a été efficacement freinée et les symptômes ont été amoindris, l'organisme ayant eu le temps de développer une immuno-réaction efficace contre le nouvel envahisseur. Il appert qu'une dose unique du virus protecteur donnée six semaines avant, et 24 heures après une infection est efficace.

Étant donné que la production des anticorps ne dépend pas du virus protecteur, mais de la souche surinfectante, l'équipe croit que l'effet pourra s'exercer sur n'importe quelle souche de virus grippal. En outre, cette protection pourra prendre effet immédiatement, tandis que la protection produite par la vaccination conventionnelle demande deux à trois semaines pour s'établir.

Ces travaux sont préliminaires et doivent être poursuivis. C'est pourquoi les chercheurs ont maintenant déposé un brevet sur le virus protecteur et étudient comment ils pourraient l'utiliser dans de futurs essais cliniques sur l'humain.

Source - BBC News


Les cellules CD-8 cannibalisent les cellules présentatrices d'antigènes viraux

On sait que les cellules T cytotoxiques (CD8+) détruisent les cellules infectées. Ces cellules fonctionnent comme des cellules tueuses ('killer' en anglais) ou cytotoxiques car elles sont à même de détruire des cellules cibles qui expriment des antigènes spécifiques qu'elles reconnaissent.

Une recherche récente vient de démontrer que les cellules CD-8 ne se contentent pas de détruire, les cellules infectées par les virus, mais ingèrent des portions de ces dernières. La découverte a été faite lorsque des chercheurs ayant coloré les cellules infectées par un composé fluorescent virent littéralement les cellules CD-8 consommer les membranes et les surfaces externes des cellules, puis à les cannibaliser, de telle sorte qu'elles se mirent elles-mêmes à fluorescer.

Les scientifiques pensent que le phénomène aurait pour but de fournir aux CD-8 l'énergie nécessaire à leur fonctionnement.

Ils croient aussi que leurs résultats pourraient être à la base de méthodes pour déterminer l'efficacité d'un vaccin pendant le processus d'immunisation. La mesure des niveaux selon lesquels les cellules CD8+ répondent à et consomment les cellules présentatrices de l'antigène candidat pourrait probablement permettre de déterminer si un vaccin est efficace pour induire une réponse immunitaire.

Référence - Carol Beadling & Mark K Slifka. Quantifying viable virus-specific T cells without a priori knowledge of fine epitope specificity. Nature Medicine - 12, 1208 - 1212 (2006)


Mise au point d'un nouvel agent antiviral contre les virus de type influenza

Les drogues antivirales sont considérées comme une ligne de défense critique en cas d'une épidémie ou d'une pandémie de grippe. Les vaccins sont, bien sûr, le moyen de défense le plus importante, mais, comme ils doivent, chaque fois, être adaptés en fonction des souches virales infectantes, leur formulation et leur fabrication exigent du temps (au moins une année). Les anti-viraux pourraient être utilisés pendant cette phase d'attente.

A l'arsenal existant, pourrait maintenant s'ajouter une nouvelle drogue antivirale. Celle-ci, connue sous le nom d' inhibiteur de pénétration est un fragment (un peptide constitué de 20 acides aminés, EB) isolé de la séquence signal du facteur de croissance fibroblastique de type 4 dont le rôle biologique est d'aider le passage des molécules à travers la membrane cytoplasmique des cellules. Bien que le mécanisme précis de l'action du peptide reste à élucider, il semble fonctionner en bloquant la capacité des particules virales à s'ancrer sur leurs récepteurs cellulaires.

Le peptide EB, qui a été testé sur des cultures cellulaires et chez les souris, a conféré une protection complète contre l'infection et s'est montré fortement efficace pour traiter les animaux lors des phases précoces de l'infection. Tous les animaux ainsi traités avec de petites doses de la drogue ont survécu. Au contraire, les animaux infectés non traités sont tous morts dans un délai d'une semaine.. Ce prétraitement avec le peptide a assuré 100 pour cent de protection contre de nombreux sous-types de virus grippaux, y compris les virus H5N1 fortement pathogènes

En outre, EB pourrait aider à stimuler l'immuno-réaction à la grippe. En effet, les particules persistantes de virus qui n'auraient pas été bloquées (insuffisantes pour donner des symptômes) pourraient, tout comme un vaccin, donner au système immunitaire le challenge nécessaire pour élaborer une réponse efficace.

Référence - Jeremy C. Jones, Elizabeth A. Turpin, Hermann Bultmann, Curtis R. Brandt, and Stacey Schultz-Cherry. Inhibition of Influenza virus infection by a novel antiviral peptide that targets viral attachment to cells. J. Virol. 2006 : published online ahead of print on 27 September 2006


Avancée significative dans le combat contre l'hépatite C chronique

A la phase chronique, l'hépatite C se caractérise par l'extrême diversité de ses formes cliniques, allant de l'hépatite minime à transaminases normales jusqu'à l'hépatite active et à la cirrhose. Plusieurs travaux cliniques ont étudié l'histoire naturelle de l'hépatite C chronique et ont abouti à des modèles différents.

L'un d'entre eux, se basant sur le fait que, quantitativement, la réponse T CD8 spécifique du virus C est très faible par rapport à celle observée dans d'autres maladies virales et qu'elle est également insuffisante en termes de prolifération, de production d'interféron et d'activité cytotoxique, émet l'hypothèse que cette insuffisance de réponse T CD8 spécifique pourrait résulter d'un processus actif lié à l'activité de lymphocytes T régulateurs (CD4+, CD25+) capables d'inhiber la réponse T via une interaction directe ou la production de cytokines immunosuppressives comme l'IL10 et le TGF. En effet, IL-10 est une cytokine produite par des cellules T de la voie TH2 et inhibe la production de cytokines (en particulier l'IFNg) par les cellules de la voie TH1.

Le rôle de l'IL-10 vient d'être prouvé. Les chercheurs ont voulu voir ce qui se produirait s'ils administraient, à des souris infectées par le virus responsable de l'hépatite C chronique, un anticorps dirigé contre l'IL-10 et empêchant celle-ci de se fixer sur ses récepteurs physiologiques. Les animaux furent traités avec l'anticorps pendant deux semaines. On put alors constater que, au bout d'une semaine, leur état s'améliorait et que, après deux semaines, l'infection était résolue dans la majorité des cas. Par la suite, tous les animaux ont manifesté une immuno-réaction antivirale normale, ont gagné du poids et sont revenus à un état sain. Il a pu être noté que le traitement fonctionnait mieux s'il était initié juste après l'infection.

L'équipe de recherche va maintenant essayer de voir si ses conclusions sont applicables à l'humain. Une des prochaines étapes sera donc d'étudier l'effet de "l'anticorps IL-10 bloquant" sur des cultures de cellules humaines chroniquement infectées pour voir si elles peuvent également redevenir normales et fonctionnelles. Les scientifiques veulent aussi examiner, parmi les thérapies classiques (vaccins, drogues antivirales) quelles seraient celles qui pourraient être associées au blocage du récepteur IL-10. La combinaison des thérapies pourrait réduire au minimum les effets secondaires potentiels tout en réalisant une synergie efficace pour combattre la maladie virale.

Source - http://www.sciencedaily.com/releases/2006/10/061010022758.htm


Mise en évidence d'une protéine capable de diminuer la réplication du VIH en cultures cellulaires

Il avait été démontré (1) que les personnes co-atteintes par le virus VIH et par un un virus inoffensif appelé "virus dit de l'hépatite G" ou GBV-C vivaient plus longtemps que celles atteintes seulement par le VIH. Au niveau cellulaire, les auteurs avaient montré que la présence des deux virus conduisait à une inhibition de la réplication du VIH, mais le mécanisme d'interférence restait encore à être déterminé.

Ceci est maintenant fait, car l'équipe de recherche à l'origine de cette observation vient de découvrir (2) une protéine de GBC-C qui pourrait rendre compte de la cause exacte de l'action de ce virus.

Les chercheurs ont, en effet, constaté qu'un segment de 85 acides aminés appartenant à la protéine virale NS5A de GBV-C ralentit considérablement la réplication du VIH en cultures cellulaires.

GBV-C se développe dans le même type de cellules sanguines, les cellules T-CD4, que le VIH infecte. Le VIH s'attache à la surface de ces cellules sur des récepteurs spécialisés, puis pénètre dans le cytoplasme pour se répliquer et finalement détruire les cellules causant ainsi le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA). Les observations des chercheurs montrent que la protéine nouvellement identifiée, la NS5A, diminue le nombre de récepteurs CD4 disponibles pour le VIH, réduisant ainsi le nombre de particules virales capables d'initier l'infection cellulaire.

Cependant, avant que NS5A puisse être employée pour n'importe quel genre de thérapie, les chercheurs doivent continuer leur travail pour comprendre comment la protéine exerce son effet. Ils doivent notamment en étudier la structure moléculaire afin de voir quelle est la région effectrice. Une fois que cela sera accompli, l'équipe cherchera à développer des drogues qui calqueront l'action inhibitrice de la NS5A.

Références -

(1) Xiang et al. Effect of Coinfection with GB Virus C on Survival among Patients with HIV Infection. . N Engl J Med . 2001:345(10):707-714,715-724.

(2) Xiang et al. An 85-aa segment of the GB virus type C NS5A phosphoprotein inhibits HIV-1 replication in CD4+ Jurkat T cells. PNAS published online October 9, 2006


Un anticorps murin humanisé contre le virus H5N1 de la grippe aviaire

Dans le cas du virus de la grippe aviaire H5N1, aucun vaccin n'est disponible. Cependant, il a été montré que des anticorps de souris dirigés contre le virus pouvait contrarier l'infection chez la souris. L'injection d'un anticorps murin chez l'homme entraînerait rapidement sa reconnaissance et son élimination par le système immunitaire ; il est donc impératif de produire un anticorps toléré par l'organisme. La méthode choisie consiste à humaniser l'anticorps murin.

L'humanisation d'anticorps monoclonaux murins consiste à les modifier par ingénierie moléculaire, de façon à ce qu'ils ne soient pas reconnus par le système immunitaire des patients chez qui ils sont injectés à des fins thérapeutiques, tout en gardant leur haute affinité pour l'antigène.

Dans le cadre d'une démarche visant à optimiser cette approche en vue d'une utilisation chez l'homme, un groupe de recherche rapporte avoir testé contre le virus deux monoclonaux. murins humanisés capables d'identifier des types légèrement différents du virus H5N1 .

Ces anticorps ont été injectés séparément à deux groupes de souris. Dans le premier groupe, l'injection prit place 24 heures avant que les souris reçoivent une dose potentiellement mortelle de H5N1. Dans l'autre groupe, l'injection suivit de 24 ou 72 heures l'administration de la dose léthale de H5N1.

Les résultats ont alors montré que des faibles doses (1mg/kg) de l'anticorps administré au premier groupe protégeaient complètement les souris contre la maladie et la mort provoquées par H5N1. Cet anticorps manifeste donc un grand pouvoir prophylactique.

Par contre, dans le cas de l'autre anticorps administré après l'infection, des doses plus élevées furent nécessaires pour protéger complètement les souris, soit: 5mg/kg (administration un jour avant infection) ou 10mg/kg (trois jours après infection). En outre, l'effet prophylactique de ce même anticorps ne prit effet, et, ce, moins efficacement, que lorsqu'il fut donné à une dose élevée (5mg/kg) 24 heures avant l'infection.

Référence - Brendon J. Hanson, … and Richard J. Passive immunoprophylaxis and therapy with humanized monoclonal antibody specific for influenza A H5 hemagglutinin in mice. Respiratory Research 2006, 7:126.


Une nouvelle façon de vacciner contre le virus HSV-1 de l'herpès génital pourrait être possible

L' herpès génital est une maladie virale récurrente. Le virus le plus courant est l' HSV-2 ( herpès simplex virus 2 ) et beaucoup moins fréquemment l'HSV-1 ( herpès simplex virus 1 ).

La plupart des patients affectés par cette maladie ne le savent pas parce qu'ils n'ont pas eu de symptômes ou ont eu de faibles symptômes qui n'ont pas permis de faire le diagnostic. Ils resteront porteurs à vie et seront le réservoir de transmission de la maladie.

Généralement on croit que l'herpès est une affection relativement rare. Dans les faits l'herpès génital est parmi les maladies sexuellement transmissibles une des plus fréquentes au monde.

La vaccination offrirait la possibilité de protéger le sujet non infecté (vaccin prophylactique) ou de diminuer le nombre de récurrences cliniques et virologiques (vaccin thérapeutique). La recherche vaccinale est actuellement très active, et il y a des essais cliniques chez l'homme de divers vaccins (sous-unités, type DISC et ADN). Une de ces recherches, qui emprunte une voie originale, semble prometteuse.

Plus tôt cette année, une équpe de recherche a, en effet, démontré qu'une caractéristique du virus de l'herpès de type 1 réside dans le fait qu'il est capable d'éluder la réponse interféron des cellules contre l'infection et qu'il utilise, pour ce faire, une protéine appelée ICPO. La même équipe a montré, en outre, que HSV-1 déficient dans le gène producteur de l'ICPO est avirulent et peut, de ce fait, être un candidat éventuel pour la fabrication d'un vaccin par agent atténué.

On sait que les vaccins atténués suscitent une réponse immune qui se rapproche le mieux de celle qui résulte d'une infection naturelle et que, en fait, ils produisent une infection subclinique qui assure l'amplification de la masse antigénique de départ. Un tel vaccin dirigé contre le HSV-1, s'il s'avérait réalisable, présenterait donc un plus indéniable par apport aux autres approches de vaccination dont nous parlions plus haut.

Référence - Halford WP … and Gebhardt BM. ICP0 antagonizes Stat 1-dependent repression of herpes simplex virus: implications for the regulation of viral latency. Virology Journal 2006, 3:44 (9 June 2006)

On peut consulter la page Web de William Halford à:

http://vmb.montana.edu/faculty/halford/.


La surinfection bactérienne pourrait être une conséquence de la réponse antivirale (interféron de type 1)

Il est bien connu que beaucoup de maladies virales peuvent connaître des complications sous forme de surinfections bactériennes. C'est ainsi , par exemple, que la grippe peut parfois être accompagnée d'otites, de bronchites, de pneumonie.

Les virologuues s'interrogent sur les causes de ces réactions indésirables. Un consensus s'est établi sur le fait que les surinfections prennent place à la faveur d'un terrain immunologique affaibli par les virus, lesquels provoqueraient par ailleurs des lésions favorables à la colonisation par les bactéries.

Une étude vient d'être publiée qui, en plus de ce rôle indirect, attribue aux virus un rôle étiologique plus direct.

Les chercheurs infectèrent des souris, d'abord avec un virus à ARN appelé le virus de la chorioméningite lymphocytaire (LCMV), puis avec la bactérie Listeria monocytogenes. Trois jours plus tard, ils constatèrent que les animaux doublement infectés possédaient, dans le foie et la rate, une concentration bactérienne 1000 fois plus élevée que celle trouvée chez les sujets infectés seulement par la bactérie. De plus, ils trouvèrent que les souris surinfectées accusaient un déficit de cellules sanguines particulières appelées granulocytes (appelés autrefois " polynucléaires ") qui jouent des rôles très importants dans la lutte contre l'infection. Les granulocytes subissaient l'apoptose (mort cellulaire programmée) deux jours après l'infection virale, de telle sorte que leur nombre dans la moelle des souris était considérablement au-dessous de la normale.

Les chercheurs recherchèrent alors les facteurs antiviraux qui pourraient être responsables de la mort des granulocytes. Ils constatèrent que les niveaux de l'interféron de de type I - une cytokine connue pour être produite en réponse à l'infection de la plupart des virus, y compris LCMV - étaient inversement corrélés avec les niveaux sanguins de granulocytes. Pour voir s'il y avait un lien causal, les chercheurs infectèrent avec LCMV des souris dépourvues du récepteurs pour l''interféron de type I. Les granulocytes ne subirent pas l'apoptose et, en conséquence, ces animaux se montrèrent insensibles à l'infection par L. monocytogenes. Il devenait donc clair que l'interféron de type I est responsable de la mort viro-induite des granulocytes et de la surinfection bactérienne qui en découle..

Il n'est pas encore certain que ce mécanisme puisse être généralisé à tous les cas de surinfections bactériennes accompagnant les maladies à virus, mais, puisque l'activation de l'interféron de type I est une réponse observée dans toute infection virale, cette hypothèse a de grandes chances d'être vraie.

Référence - Alexander A. Navarini, … and Rolf M. Zinkernagel. Increased susceptibility to bacterial superinfection as a consequence of innate antiviral responses. Published online before print October 9, 2006


Le Tamiflu pourrait faciliter l'apparition, dans l'environnement, de souches résistantes du virus de la grippe aviaire

L'étude, l'an dernier, d'une souche de H5N1 résistante à l'oseltamivir (Tamiflu) a révélé la présence d'une mutation conférant à la souche cette capacité de résistance. Ces résultats confirmaient l'importance de la surveillance du virus et de l'usage des antiviraux. Une consommation excessive peut en effet faciliter l'émergence de souches résistantes, comme les antibiotiques avec les bactéries. Cette crainte est renouvelée, sous un autre angle, à la suite des résultats que viennent d'obtenir d'autres chercheurs.

Sachant que le Tamiflu est une molécule à la fois très stable chimiquement et peu métabolisée par l'organisme, qui l'excrète ainsi dans le milieu ambient sous forme active, les scientifiques ont recherché sa présence dans les eaux de surface. Ils y ont découvert des concentrations suffisamment élevées pour que les canards sauvages, qui évoluent et se nourrissent dans ces eaux, absorbent des quantités de Tamiflu suffisantes pour fournir à d'éventuelles souches mutantes de H5N1 un avantage sélectif qui en faciliterait la réplication et la présence dans l'environnement. De ce fait , et si une éventuelle souche de virus avaire adaptée à l'humain faisait son apparition, les probabilités de lui voir acquérir, par recombinaison, les les gènes de résistance se trouvent augmentées.

Les chercheurs concluent que l'industrie pharmaceutique devrait mettre au point des composés chimiques capables de détruire le Tamiflu. Ces produits pourraient être déversés au besoin dans les toilettes par les patients sous Tamiflu.

Référence - Andrew C. Singer, Miles A. Nunn, Ernest A. Gould and Andrew C. Johnson . Potential Risks Associated with the Proposed Widespread Use of Tamiflu. Environmental Health Perspectives. Volume 114, Number 10, October 2006.

Disponible en ligne à:

http://www.ehponline.org/members/2006/9574/9574.pdf


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE

 
VIH

La formulation des microbicides contre le VIH doit prendre en compte tant l'agent microbicide lui-même que l'ingrédient protecteur de la membrane vaginale

Il est bien connu que, dans les pays du tiers monde, l'inégalité entre les sexes implique un plus grand risque pour les femmes de contracter le VIH car plusieurs ne sont pas en position d'insister sur l'usage du condom ou sur d'autres pratiques du sécurisexe, auprès de leurs partenaires sexuels. Cette situation fait des vaccins et microbicides des moyens d'autant plus importants de se protéger contre le VIH.

Les microbicides existants sont excellents en termes de leur capacité à inactiver le VIH et, ainsi, la recherche continue-t-elle pour la mise au point de drogues sans cesse améliorées. Pour ce faire, les scientifiques ont besoin de normes de conception qui leur permettraient d'améliorer la l'efficacité de tels microbicides.

Dans cet esprit, les chercheurs ont développé un modèle informatique qui peut simuler l'interaction biologique entre le VIH présent dans le sperme et les deux produits qui forment un microbicide: le microbicide lui-même et l'enduit protecteur qui s'accumule sur la surface vaginale. Le modèle permet aux scientifiques d'indiquer l'épaisseur de la couche protectrice prévue, la concentration initiale du microbicide dans cette couche, et sa capacité de se lier à et de neutraliser les particules virales avant qu'elles atteignent la muqueuse vaginale. En l'occurrence, le composé antimicrobien (Cyanovirin-N) et un gel comme enduit protecteur ont été étudiés.

Les résultats montrent que des concentrations plus élevées du microbicide accélèrent la neutralisation virale et diminuent la pénétration du virus infectieux à travers la couche enduisante. Ils prouvent également que les ingrédients qui limitent le passage du virus aident au processus, en ce sens que la neutralisation du VIH est réalisable si une couche protectrice de l'ordre de 100 microns demeure en place après l'acte sexuel.

En d'autres termes, les résultats démontrent la nécessité, pour obtenir une formulation efficace, de coupler les substances microbicides actives avec des ingrédients protecteurs bien choisis pour leur capacité à limiter la diffusion virale et à rester en place.

Référence - Anthony R. Geonnotti and David F. Katz Dynamics of HIV Neutralization by a Microbicide Formulation Layer: Biophysical Fundamentals and Transport Theory Biophys. J. 2006 91: 2121-2130


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Les virus du rhume persistent sur les surfaces touchées: nécessité prophylactique du lavage de mains pour contribuer à éviter la propagation de ces agents pathogènes

Le lavage des mains, par son action mécanique, demeure le meilleur moyen de combattre la transmission des virus attrapés en touchant des gens ou des objets contaminés.

Une étude portant sur divers virus responsables du rhume banal vient documenter le bien fondé de cette pratique

Les chercheurs ont passé en revue des chambres d'hôtel, recherchant la présence des virus du rhume sur les surfaces des poignées de porte, commutateurs électriques, téléphones, zapettes de TV, stylos, et autres objets. Les résultats obtenus permettent de conclure que, quoi qu'on touche dans une chambre d'hôtel, on a 50% de chance d'entrer en contact, et donc d'être contaminé, par ces virus. Si la surface a été contaminée dans la dernière heure, le risque grimpe à 60%, et diminue, par contre, à 33% si le dernier contact humain remonte à 18 heures.

Au moment où va débuter la saison des rhumes, chacun, soit par précaution, soit par civisme, serait bien avisé de se laver les mains fréquemment. A ce sujet, rappelons que, à moins de le faire dans les règles de l'art (brossage vigoureux pendant plusieurs minutes avec du savon) il faut utiliser les désinfectants pour les mains à base d'alcool qui offrent certains avantages par rapport aux savons habituels : ils constituent des désinfectants plus efficaces, ils requièrent un temps de contact moins long et ils risquent moins de causer des dermatites.

Source - Article de l'University of Virginia Health System:

"Traveling Soon - UVA Researchers Find That Hotel Guests With Colds Can Leave Their Germs Behind After Check Out"

Un document intéressant de Santé Canada en rapport avec ce sujet:

Lavage des mains: Réduire le risque d'infections courantes


Les nanotechnologies font de plus en plus appel aux virus

La nanoscience est donc le domaine qui porte sur l'étude des phénomènes observés dans des structures et systèmes: 1) dont la taille, dans au moins une dimension de l'espace, s'exprime en nanomètres; et 2) qui possèdent des propriétés découlant spécifiquement de cette taille nanométrique. Les nanotechnologies sont quant à elles le domaine qui s'intéresse aux applications de ces phénomènes.

Étant donné que la taille des virus se situe dans la gamme dimensionnelle des nanotechnologies, ils peuvent, pour ces dernières, constituer d'excellents outils. Ceci est de plus en plus vérifié.

Dans le numéro d'Avril 2006, nous faisions état d'une utilisation du virus de la mosaïque du pois pour faire des condensateurs de taille moléculaire.

Depuis, d'autres expériences se sont poursuives dans la même veine. Les plus récentes sont les suivantes:

 

Un virus biologique pour accélérer les mémoires informatiques

Dans des domaines de pointe comme le multimédia, la rapidité des composants, et notamment celle des mémoires, joue un rôle fondamental. Ainsi, aujourd'hui, les mémoires des appareils photos numériques ne peuvent capturer une image en moins de quelques millisecondes.

Une équipe de l'Université de Californie a trouvé le moyen d'accélérer le processus, dont le temps de réaction pourrait dorénavant se compter en microsecondes. Le secret de cette réussite serait... un virus biologique. En effet, les chercheurs ont fabriqué des transistors ultra performants en recouvrant le virus de la mosaïque du tabac avec des particules de platine. La vitesse des échanges entre ces nanoparticules métalliques et les protéines du virus s'avère largement supérieure aux processus utilisés par les transistors traditionnels.

Mais, on est encore loin des applications industrielles: plusieurs millions de ces éléments bioélectroniques seraient nécessaires pour construire une mémoire entière. Il faudra attendre au moins quatre ans pour obtenir un tel résultat, selon les chercheurs de l'université de Californie à l'origine de la découverte.

Source:

http://news.softpedia.com/news/Platinum-Virus-Transistors-Could-Be-the-Faster-37218.shtml

 

Des batteries au virus M13

Des chercheurs ont réussi à exploiter un bactériophage afin de constituer des nano électrodes qui peuvent être exploitées par la suite dans des batteries Li-Ion ultra compactes. Synthétiser et assembler des fils nanoscopiques d'oxyde de cobalt à température ambiante avec le virus M13 est une première qui permettrait en théorie de concevoir des batteries de la taille d'un grain de riz.

Référence - Ki Tae Nam, … and Angela M. Belcher. Virus-Enabled Synthesis and Assembly of Nanowires for Lithium Ion Battery Electrodes. Science 12 May 2006: Vol. 312. no. 5775, pp. 885 - 888


Découverte du site de fixation de la protéine qui assure la propagation du virus varicelle-zona

La varicelle et le zona sont tous deux provoqués par un seul et même virus appartenant à la famille des Herpes virus : l'Herpesvirus varicellae ou VZV (Virus Varicelle Zona).

Le réservoir de la varicelle est exclusivement humain. On contracte la maladie par voie respiratoire ou par contact avec les lésions cutanées (vésicules). Une fois la varicelle guérie, le virus reste à l'état quiescent dans les ganglions nerveux sensitifs. Au fil du temps, l'immunité acquise contre la varicelle diminue. Le VZV peut alors se réveiller à la faveur d'une maladie infectieuse ou d'une baisse des défenses immunitaires (stress, traumatisme...). Et un zona apparaît : il s'agit d'une éruption de vésicules disposées en grappes sur un territoire bien précis du corps. Cette maladie contagieuse entraîne parfois des douleurs névralgiques intenses.

Pour lutter contre la multiplication virale, on dispose de plusieurs médicaments anti viraux spécifiques de cette infection. Ils sont d'autant plus efficaces qu'ils sont administrés précocément. Toutefois, certaines personnes étant résistantes à ces drogues, le besoin d'autres produits se fait sentir.

Il y a quelques années, des chercheurs avaient découvert que s'ils supprimaient une molécule appelée la glycoprotéine E sur la surface du virus, celui-ci perdait sa capacité d'infecter les cellules humaines. La glycoprotéine E étant donc impliquée dans l'infectiosité des virus, il devenait intéressant de rechercher son récepteur sur la cellule humaine.

Cette recherche vient d'être couronnée de succès. Il est maintenant démontré que la glycoprotéine E partage le même site de fixation sur la cellule que l'insulinase (insulin-degrading enzyme ). En même temps, il est trouvé que l'antibiotique bacitracine a la propriété de bloquer la fixation de l'insulinase sur son site et, du coup, celle de la glycoprotéine virale, diminuant donc fortement la réplication et la dissémination du virus.

Bien que la quantité de bacitracine requise pour bloquer efficacement l'interaction soit trop haute pour pouvoir être administrée sans risque, il n'en reste pas moins que le nouveau récepteur pourrait être une cible valide pour de futurs agents antiviraux..

Référence - Qingxue Li, Mir A. Ali, and Jeffrey I. Cohen. Insulin Degrading Enzyme Is a Cellular Receptor Mediating Varicella-Zoster Virus Infection and Cell-to-Cell Spread. Cell, Vol 127, 305-316, 20 October 2006.


Les infections à picornavirus pourraient, plus tard, être responsables de troubles de la mémoire

C'est un fait que rhume, gastro-entérite, hépatite A, poliomyélite… sont des maladies toutes déclenchées par des picornavirus. On estime que chaque année plus d'un milliard de personnes sont infectées par des picornavirus.

Étant donné que le virus de la poliomyélite entraîne une paralysie, les chercheurs se sont demandé si les virus de cette famille pourraient être responsables de dommages cérébraux. Ils ont donc étudié le cerveau de souris infectées par un virus proche de celui de la poliomyélite humaine, soit le virus de l'encéphalomyélite murine de Theiler.

Ils ont alors découverts que, bien après leur infection, les souris ont montré des difficultés plus ou moins importantes pour se repérer dans un labyrinthe. En examinant leurs cerveaux, les chercheurs ont constaté des lésions plus ou moins graves de l'hippocampe. Plus les troubles de mémoire spatiale étaient sérieux et plus les dégâts au niveau de l'hippocampe l'étaient aussi

Compte tenu de la très grande prévalence des infections à picornavirus chez l'humain, les chercheurs pensent que leurs résultats pouraient expliquer les pertes de mémoire observées chez les personnes âgées exemptes d'Alzheimer. Lees infections par les picornavirus pourraient donc au fil du temps écorner le capital cognitif d'un individu, augmentant la probabilité d'un déclin cognitif détectable au fur et à mesure du vieillissement de la personne.

Les scientifiques précisent encore plus leur hypothèse en disant que les troubles cognitifs et de mémoire modérés pourraient en fait être dus à une perte accumulative de la fonction de l'hippocampe causée par des infections à répétitions par des picornavirus. Une hypothèse qui, si elle est vérifiée, pourrait bien révolutionner le monde de la neurologie.

Source - Mayo Clinic

http://www.mayoclinic.org/news2006-rst/3699.html


CALENDRIER DES PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

5-7 october 2006 - XIIth West Coast Retrovirus Meeting - Palm Springs, California

9 October 2006 — RNA Viruses and Disease - Royal Society, London.

11 – 14 October 2006 - 18th Annual Conference of the Australasian Society for HIV Medicine - Melbourne, Australia,

12 – 15 October 2006 - 44th Annual Meeting of the Infectious Diseases Society of America - Toronto, Canada,

25-28 October 2006 — 8th European Congress of Chemotherapy (ECC8) and the 4th Conference on Viral Diseases (Convir4) - Budapest, Hungary


 

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Mis à jour le 30 octobre 2006