![]() Nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés. De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire. Jean Robin, Ph.D.DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE
1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS 3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS La pénétration cellulaire du virus de l'hépatite C (VHC) est mieux comprise 4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE 7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO 8- RELARGAGE 10-ONCOGÉNÈSE 11- INFECTION ET IMMUNITÉ Initiative globale pour le partage des connaissances sur le virus H5N1 H5N1 se propage, encore et toujours Expérience rassurante : une faille prometteuse dans le virus de la grippe aviaire Estimation du risque de contamination virale entérique par les eaux en cas d'inondations L'intestin est une cible majeure du virus du sida SIDA : très bons
résultats pour un vaccin contre le VIH
Un rétrovirus jouerait un rôle positif dans la reproduction ovine et caprine Une mutation génétique expliquerait l'apparition de l'encéphalite herpétique Détermination des zones cérébrales précisément touchées par le virus de l'herpès simplex (HSV-1) SRAS: les études ne peuvent démontrer l'efficacité des médicaments à l'essai
1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS
La pénétration cellulaire du virus de l'hépatite C (VHC) est mieux comprise Les modalités de l'entrée des virions VHC dans la cellule cible restent mal comprises. Une meilleure connaissance des protéines d'enveloppe d'HCV (E1 et E2), probablement impliquées dans la pénétration cellulaire, permettrait sûrement des avancées thérapeutiques importantes. C'est pourquoi des systèmes ont été mis au point dans le but d'étudier plus précisément E1 et E2 et pour confirmer ou compléter les connaissances sur l'étape de pénétration pouvant expliquer le tropisme d'HCV. Pour ce faire, une équipe vient d'utiliser le système dit des Rhabdovirus pseudotypés. Rappelons que le pseudotypage consiste à réaliser un virus chimère. A partir d'un virus enveloppé n°1 (rhabdovirus), il s'agit " d'échanger " sa membrane avec celle d'un virus n°2 (VHC). Le virus obtenu est alors dit pseudotypé et possède le tropisme cellulaire du virus n°2 puisqu'il possède les protéines membranaires caractéristiques du second virus. Le suivi de l'infection par ce type de particule est réalisé facilement grâce à la présence d'un gène rapporteur au sein de la séquence nucléique encapsidée dans la particule virale. Le système a permis de montrer que: - l'entrée des virus pseudotypés dans les hepatocytes humains exige la co-expression d'E1 et d'E2 sur la surface des pseudotypes. - la neutralisation de l'infection des pseudotypes par des anticorps anti-VHC est en faveur que l'entrée cellulaire est négociée par les glycoprotéines d'enveloppe du VHC et par des molécules de surface précédemment caractérisées, y compris CD81. L'équipe a également utilisé le système dit de fusion cellulaire dépendante d'une glycoprotéine. Cette technique est basée sur la capacité d'une protéine à induire une fusion entre deux membranes. Différentes populations de cellules sont transfectées pour exprimer des protéines (virales ou cellulaires) suspectées de jouer un rôle dans la fusion membranaire. Deux populations, l'une exprimant une protéine membranaire cellulaire et l'autre une protéine virale, sont alors mises en contact. De plus, une seule de ces deux populations est marquée à l'aide d'une molécule (fluorochrome ), soit cytoplasmiques soit membranaires. On suit alors la fusion par la diffusion de cette molécule au sein de la deuxième population. Une telle analyse d'entrée a mis en évidence le dégagement d'un fluorochrome par les pseudotypes marqués de HCV, fournissant ainsi l'évidence de l'existence d'une fusion pH- dépendante de l'enveloppe virale avec un compartiment cellulaire. Finalement, en employant un éventail d'inhibiteurs d'endocytose, les chercheurs ont pu postuler que la pénétration de VHC dans les cultures primaires des hepatocytes avait lieu par endocytosis utilisant des puits avec un manteau de clathrine. Référence - Audrey Codran, and Jean-Pierre Martin. Entry of hepatitis C virus pseudotypes into primary human hepatocytes by clathrin-dependent endocytosis. J Gen Virol 87 (2006)
Les deux souches du virus herpès -- HSV-1, qui cause le feu sauvage sur la bouche, et HSV-2, l'herpès génital -- peuvent infecter la cornée, la surface transparente et voûtée qui forme la couche extérieure de l'oeil. L'herpès oculaire est la principale cause de cécité infectieuse aux Etats-Unis, avec 50.000 nouveaux cas par année. Dans environ un quart des cas, le virus pénètre la première couche de la cornée pour infecter une couche intérieure, le stroma, rendant la maladie beaucoup plus difficile à traiter. La mise au point d'un traitement efficace est entravée par le manque de compréhension des mécanismes par lesquels le virus infecte le stroma. Ceci est en voie d'être amélioré, car une équipe de chercheurs vient d'élucider les mécanismes en question. Selon leur étude, il appert que le virus HSV-1 pénètre les cellules du stroma par un processus semblable (phagocytose) à la manière dont les bactéries, les virus et d'autres envahisseurs sont engloutis par les cellules immunes appelées phagocytes. On peut, en effet, voir, sur les images de microscopie électronique, les cellules stromatiques émettre de longs bras (pseudopodes) grâce auxquels elles enserrent, puis emprisonnent les particules virales pour ensuite les internaliser dans leur cytoplasme à l'intérieur de vésicules. Normalement, dans les phagocytes, les particules étrangères ingérées sont détruites dans les vésicules, qui sont fortement acides. Mais, quoique les vésicules stromatiques soient aussi acides que celles des phagocytes, on constate que le virus herpès n'y est pas endommagé et qu'il peut en ressortir intact et capable infecter la cellule. Ceci soulève la possibilité intéressante qu'il pourrait en être de même dans les cellules phagocytaires et que, donc, on aurait là la raison pour laquelle le virus herpès peut contourner les défenses du système immunitaire. Maintenant que cette voie peu commune d'infection des cellules du stroma est connue, il reste à trouver les thérapies susceptibles de corriger les mécanismes sous-jacents. Il va aussi falloir vérifier si les particularités observées dans les cellules stromatiques sont aussi présentes dans les cellules phagocytaires. Ceci pourrait ouvrir la porte à de nouvelles stratégies de lutte contre les virus herpès en général. Référence - Christian Clement, Vaibhav Tiwari, Perry M.
Scanlan, Tibor Valyi-Nagy, Beatrice Y.J.T. Yue, and Deepak
Shukla. A novel role for phagocytosis-like uptake in herpes
simplex virus entry. J. Cell Biol. 2006 174:
1009-1021.
Initiative globale pour le partage des connaissances sur le virus H5N1 F ace au risque d'épidémie mondiale et aux dégâts que le virus H5N1 a déjà fait dans les pays touchés, les données scientifiques doivent circuler le plus vite possible pour lutter contre ce virus, estiment des chercheurs et des responsables de santé publique. Plus de 70 d'entre eux ont décidé de créer un consortium international, le GISAID (Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data) , pour organiser le partage des séquences génétiques des différentes souches virales analysées à travers le monde. Pour le moment, les données circulent essentiellement sur le réseau de l'OMS, lequel ne peut les diffuser que si le pays d'origine donne son accord. Dans le systéme du GISAID, les scientifiques seront invités à partager leurs séquences génétiques et à publier en collaboration avec d'autres chercheurs. Six mois après environ, les analyses seront déposées sur les trois banques de données publiques (GenBank, DDBJ, EMBL). Les initiateurs du consortium espèrent réduire ce délai avec l'expérience. Source - http://www.gisaid.org/
H5N1 se propage, encore et toujours... D'après la FAO, la présence du virus H5N1 a été confirmée, à ce jour, dans 55 pays d'Afrique, d'Asie et d'Europe. Contre 45 en avril dernier. Le virus semble donc poursuivre sa progression, notamment en Asie, en Afrique et au Proche-Orient. Dans un communiqué de presse, l'Organisation des Nations-unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) signale que "le virus mortel H5N1 continue de menacer les hommes, les animaux et les économies d'un nombre croissant de pays. Et ce, en dépit des interventions menées dans plusieurs pays pour endiguer sa propagation". Le virus continue donc de se propager en Asie, notamment en Indonésie où la grippe aviaire a tué 45 personnes. En Afrique, il "pose problème en Côte d'Ivoire et au Nigeria" où des flambées épidémiques ont été signalées dans des fermes avicoles du sud-ouest du pays. En Europe enfin, "nous estimons que la zone méridionale des Balkans et le Caucase sont une région à haut risque" a déclaré Juan Lubroth, responsable du système de prévention des maladies animales transfrontalières. "Nous ne prévoyons pas d'éradiquer le virus H5N1 dans les éventuels réservoirs d'oiseaux sauvages" explique de son côté Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la FAO. "Mais nous pouvons l'endiguer et le maîtriser pleinement dans le secteur avicole, ce qui est la meilleure garantie qu'il ne mutera pas en un virus aisément transmissible entre les humains". A condition toutefois "de renforcer les services vétérinaires dans les pays les plus pauvres du monde". Rappelons enfin que le virus H5N1 a tué 140 personnes dans le monde depuis 2002. Dont 63, cette année et 41 en 2005. Source: http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000378/index.html
Expérience rassurante : une faille prometteuse dans le virus de la grippe aviaire Les deux principaux médicaments utilisés aujourd'hui contre la grippe aviaire (oseltamivir, (plus connu sous le nom de Tamiflu et zanamivir communément appelé Relenza) reposent sur le même principe : le blocage de la protéine neuraminidase (N), qui permet au virus de s'échapper des cellules où ils se sont multipliés. Dès lors, la dernière étape de la réplication du virus est bloquée et la diffusion des particules virales nouvellement formées est interrompue. Les particules virales restent attachées aux cellules contaminées. Elles sont ensuite détruites par le système immunitaire. Ce traitement n'empêche pas la constitution de l'immunité chez les patients immunocompétents La neuraminidase existe sous neuf formes différentes (N1 N9). A l'époque où le Tamiflu et le Relenza ont été conçus, seules les formes N2 et N9 de la neuraminidase avaient été étudiées par cristallographie aux rayons X, et c'est donc tout naturellement qu'elles avaient été utilisées pour adapter leur structure moléculaire à la configuration 3-D des neuraminidases. Les scientifiques avaient ensuite pu vérifier l'efficacité du Tamiflu et du Relenza sur les autres types de neuraminidases, et en avaient conclu que la géométrie du site actif de la protéine ne différait pas d'une forme à l'autre. Or, des chercheurs du National Institute of Medical Research (Londres) viennent d'annoncer que le site actif de la forme N1 - celle du virus H5N1 - possède une cavité que N2 et N9 ne présentent pas. En effet, d'après l'équipe, lorsque le médicament se lie à la neuraminidase N1 pour bloquer son action, il reste un espace libre, une minuscule cavité d'un nanomètre (millionième de millimètre) de long et de 0,5 nanomètre de haut et de large. D'où l'idée que de nouveaux inhibiteurs de la neuraminidase s'emboîtant parfaitement dans cet espace pourraient être plus efficaces contre les virus H5N1 aviaires ou H1N1 de la grippe humaine. C'est donc en partie par chance que le Tamiflu et le Relenza se révélaient capables d'inhiber la forme N1 de la neuraminidase. Maintenant que cette information est connue, les chercheurs suggèrent de mettre au point de nouveaux médicaments spécifiques, dont les structures s'emboîteraient parfaitement dans les sites actifs du virus H5N1. La découverte de cette cavité dans la variante N1 devrait faire avancer de manière significative les scientifiques dans leur lutte contre la grippe aviaire. Plus précisément, certains virus H5N1 étant résistants aux médicaments actuels, les chercheurs espèrent avoir ainsi de "nouvelles occasions" de mettre au point des antiviraux efficaces. Source: http://uk.news.yahoo.com/16082006/323/bird-flu-drugs-need-better-grip-h5n1-virus-study.html
On sait que, en cas d'inondations, les personnes les plus susceptibles sont souvent frappées d'infections diverses, notamment entériques. Ceci n'est plus à démontrer pour les infections d'origine bactérienne (choléra, diarrhées, par exemple). Quant aux virus, on ne pouvait affirmer s'ils figurent, ou non, de façon significative parmi les germes pathogènes entériques qu'on peut retrouver dans les zones inondées, particulièrement dans les zones urbaines. C'est à cette tâche que s'est attaché un groupe de chercheurs qui ont analysé les virus entériques présents dans des échantillons provenant de zones inondées par l'Elbe dans la ville de Dresde en Allemagne (août 2002). Pour ce, des échantillons d'eau ont été prélevés sur 9 sites et testés pour la présence de 11 virus entériques. A titre de contrôles, des échantillons d'eau provenant des mêmes emplacements ont été analysés à intervalles saisonniers durant l'année suivante. Sur un total de 36 échantillons, 33 (92%) se sont avérés positifs pour au moins un virus. Ce sont les adénovirus de type 40/41 qui ont été le plus souvent détectés (53%), suivis par les astrovirus (50%) et les entérovirus (50%). Dans tous les échantillons, de bas niveaux de bactériophages ont été détectés sans spécificité ni pour l'emplacement, ni pour le moment (saison) de prélèvement, ce qui serait l'indice d'une contamination modérée du fleuve par les eaux usagées. On a observé une corrélation saisissante entre la température de l'eau et les niveaux de détection des génomes viraux. Ainsi, en août 2002 (température de l'eau moyenne de 17.8°), 8 emplacements se sont avérés positifs pour 17 virus, tandis qu'en novembre 2002 (température de l'eau moyenne de 7.6°), 9 emplacements étaient positifs pour 45 virus. On a également pu constater que l'ARN du virus de l'hépatite A n'a pas été détecté dans le secteur inondé. Ces résultats indiquent donc qu'il n'y aucun risque accru pour la transmission de maladies virales entériques par contact avec l'eau dans les secteurs inondés. Référence
- Jacques Rohayem.
and Axel
Rethwilm. Assessing the Risk of Transmission of Viral
Diseases in Flooded Areas: Viral Load of the River Elbe in
Dresden during the Flood of August 2002. Intervirology
2006;49:370-376
Les vaccins vivants atténués doivent être des composantes clés de la lutte contre les maladies causées par les arbovirus. Une des contraintes de leur utilisation est la nécessité que les souches constitutives ne soient pas transmises par le moustique vecteur. Pour assurer ceci, il faudrait pouvoir comprendre quels sont les mécanismes qui sont à la base de la pénétration et de la survie des arbovirus dans les insectes. Un pas important vient d'être fait dans cette direction. Prenant comme modèle le virus de la fièvre jaune (YFV), un prototype de la famille des Flaviviridae, un groupe de chercheurs a étudié la base génétique de l'infection et de la diffusion dans les moustiques Aedes egypti. Dérivés de virus infectieux, des virus chimériques furent séquentiellement construits qui présentaient diverses modifications dans les séquences constitutives des gènes structuraux de membrane et de protéine d'enveloppe, modifications les empêchant de persister dans l'appareil digestif des insectes vecteurs ("mid-gut restreint"; restriction intestinale). Les scientifiques ont pu alors constater que la substitution du domaine III de la protéine d'enveloppe d'un YFV "midgut-restreint" dans un YFV de type sauvage a eu comme conséquence une diminution marquée de la diffusion de ce dernier virus, ce qui suggère un rôle important joué par le domaine III dans ce processus. Référence - Kate L. McElroy, Konstantin A.
Tsetsarkin, Dana L. Vanlandingham and Stephen Higgs. Role of
the yellow fever virus structural protein genes in viral
dissemination from the Aedes aegypti mosquito midgut. J Gen
Virol 87 (2006), 2993-3001
Plusieurs approches sont en marche pour développer des vaccins contre les souches du virus de la grippe aviaire. Parmi elles, figurent les recherches sur les vaccins atténués qui, comme on le sait, ont le potentiel de produire une réponse immunitaire forte, étendue, et durable. Des résultats récents obtenus sur des souris et des furets (les modèles classiques dans les études contre les virus grippaux) sont très encourageants et préparent le terrain pour tester ces vaccins sur des volontaires humains. Les chercheurs ont réalisé ces vaccins en utilisant 3 souches affaiblies du virus de la grippe artificiellement construites, i.e. combinées avec des protéines H et N de virus H5N1 isolés chez des humains pendant trois années différentes : 2004, 2003, et 1997. Les souches ainsi obtenues ont alors été produites massivement sur des oeufs de poule, et ont été testées sur les poulets, les furets et les souris. Lors des essais de sécurité, il a pu être constaté que, à la différence des virus sauvages à partir desquels elles avaient été construites, les souches vaccinales n'ont pas causé la mort une fois injectées dans la circulation sanguine des poulets. Elles n'ont pas non plus causé d'infection persistante lorsqu'elles ont été inoculées par les voies aériennes des oiseaux. De plus, alors que les virus normaux étaient mortels chez les souris à diverses doses, les souches vaccinales n'ont pas causé la mort, même aux doses les plus élevées. Chez les furets, l'infection avec les souches a été limitée à la région respiratoire supérieure, alors que celle causée par les virus normaux s'ést étendue aux poumons. Dans les essais d'immunogénicité et de protection, toutes les souris qui avaient reçu les 3 vaccins ont survécu à une injection consécutive de virus normaux (challenge viral), tandis que les souris non vaccinées mouraient dans les mêmes conditions. Ceci s'est produit alors que les analyses de sang standard n'ont pu détecter d'immuno-réactions fortes à la suite de l'injection d'une dose unique de vaccin. Le virus challenge a été détecté dans les poumons des souris immunisées, mais à des niveaux plus bas que chez les souris non vaccinées. Les souris auxquelles on avait donné deux doses du vaccin ont montré, lors des analyses sanguines, une immunité plus forte et ont bénéficié d'une protection presque complète contre le challenge viral. En outre, ces mêmes souris ainsi que les furets qui avaient reçu, eux aussi, deux doses de vaccin ont été protégés contre le challenge par des souches H5N1 isolées de cas récents de grippe aviaire en Asie et différant des souches artificielles vaccinales. Cette étude prouve que des souches vaccinales atténuées, et basées sur une variété du virus H5N1, peuvent assurer la protection (au moins chez les souris et les furets) contre des virus H5N1 qui émergent des années plus tard. Une de ces souches est présentement testée sur des volontaires humains dans le cadre d'épreuves cliniques soigneusement conduites. Référence: Suguitan AL Jr., McAuliffe J, Mills KL, Jin H, Duke G, et al. (2006) Live, attenuated influenza A H5N1 candidate vaccines provide broad cross-protection in mice and ferrets. PLoS Med 3(9): e360. Disponible en ligne
à: http://dx.doi.org/10.1371/journal.pmed.0030360
Les manifestations du VEE, dont les moustiques sont les vecteurs, ravagent périodiquement les Amériques centrale et du Sud, infectant des dizaines de milliers de personnes et tuant des centaines de milliers de chevaux, d'ânes et de mules. De plus, les experts craignent également que le VEE soit utilisé comme arme par le bioterrorisme, étant donné qu'une telle arme biologique a déjà été développée pendant la guerre froide par les Etats-Unis et l'Union Soviétique. Maintenant, cette possibilité s'éloigne. En effet, utilisant la cristallographie aux rayons X, les chercheurs viennent de déterminer la structure précise d'une protéine que le virus requiert pour sa réplication, la protéase nsP2. Cette protéase agit comme une paire de ciseaux moléculaires, coupant un complexe de protéines fabriquées par le VEE, le résolvant ainsi en plus petites molécules lesquelles travaillent alors de concert pour transformer les cellules vivantes en usines fabricatrices de virus. A présent que les scientifiques savent quelle est la structure de nsP2, ils peuvent commencer, par des études de modélisation informatique, la recherche systématique de composés qui pourraient bloquer l'activité de l'enzyme et empêcheraient ainsi le virus de se répliquer chez les individus infectés. De tels inhibiteurs de protéase fonctionneraient tout comme les inhibiteurs de protéase pris par les personnes atteintes par le VIH. Ces composés thérapeutiques potentiels pourraient être disponibles pour des études pré-cliniques dans un délai de deux ans. Source - The University of Texas Medical Branch at Galveston Public Affairs Office 301 University Boulevard, Suite 3.102 Galveston, Texas 77555-0144 VIH L'intestin est une cible majeure du virus du sida Jusqu'à présent, les chercheurs imaginaient une attaque virale traversant la muqueuse intestinale pour aller coloniser des cellules immunitaires dans l'organisme. Or, c'est dans l'intestin même que se livre la grande bataille juste après l'infection. En effet, deux recherches indépendantes (1,2) montrent que c'est bien dans l'intestin, dont le tissu lymphoïde associé représente 70 % des défenses immunitaires de l'organisme, que se produit la destruction des cellules immunitaires en cas de sida. Destruction massive en un premier temps, prolongée par une inflammation persistante qui sape les défenses et fait que l'intestin sert de réservoir viral, empêchant les malades de se débarrasser du virus. Ceci explique que, lorsque les analyses sanguines faites lors du traitement par antiviraux laissent penser que le ce dernier est efficace, le virus, dans l'intestin, continue, en fait, de détruire les lymphocytes et de faire échec aux défenses immunitaires. Et cela, indépendamment de la date du début du traitement. En d'autres mots, l'intestin agissant comme un réservoir viral , empêche les patients de se débarasser du VIH. Références: (1) Moraima Guadalupe and Satya Dandekar. Viral Suppression and Immune Restoration in the Gastrointestinal Mucosa of Human Immunodeficiency Virus Type 1-Infected Patients Initiating Therapy during Primary or Chronic Infection. J. Virol. 2006 80: 8236-8247. (2) Poles, Michael A.
. and Anton, Peter A.
Lack of Decay of HIV-1 in Gut-Associated Lymphoid Tissue
Reservoirs in Maximally Suppressed Individuals. JAIDS
Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes.
43(1):65-68, September 2006.
Un vaccin contre le VIH obtenu à partir de la modification génétique du génome du virus du SIDA et qui s'est déjà montré efficace pour stimuler le système immunitaire des singes, pourrait ouvrir la voie à un vaccin viable, ce qui pourrait réduire considérablement l'impact de la maladie en une génération. En effet, ce vaccin "génétique " qui utilise des éléments du code génétique du VIH pour faire une première immunisation de l'organisme générant une réponse immunitaire (cellules tueuses), pourrait être efficace contre le véritable virus VIH. Le vaccin a été administré aux sujets au moyen d'une nouvelle technique, le système d'injection sans aiguille " Bioject ". Les sujets ont reçu trois doses du vaccin " génétique ", puis une quatrième dose, pour laquelle des éléments du vaccin VIH ont été joints à un vaccin traditionnel. les résultats obtenus se sont avérés " étonnamment bons ", plus de 90 % des sujets ayant développé une réponse immunitaire à la phase 1 des essais. La fondation Gates a annoncé récemment qu'elle allouera 287 millions de dollars (225 millions d'euros) à la recherche sur le vaccin contre le VIH pour accélérer la mise au point d'un vaccin viable. Source - Comptes rendus de la conférence sur le vaccin contre le SIDA/VIH à Amsterdam (30 août 2006). Un rétrovirus jouerait un rôle positif dans la reproduction ovine et caprine Les rétrovirus sont des virus emmagasinant de l'information génétique sur des molécules d'ARN, qui sont faites d'un seul brin, plutôt que sur des molécules d'ADN, qui sont plus courantes et sont faites de deux brins. Un rétrovirus qui a infecté une cellule peut modifier le processus génétique normal de celle-ci en construisant une version ADN de ses propres gènes, qui font dès lors partie intégrante du matériel génétique de la cellule hôte. La cellule hôte commence alors à répliquer le virus. Ordinairement, cette activité virale est responsable de maladies, comme, par exemple, le VIH-SIDA. Toutefois, une équipe de recherche vient de démontrer qu'un rétrovirus pouvait jouer un rôle important dans un processus physiologique normal, à savoir la gestation des brebis. Pour ce faire, les chercheurs ont injecté dans l'utérus des brebis un inhibiteur de transcription d'un ARN messager viral responsable de la production d'une protéine d'enveloppe du virus. Ils ont alors pu constater que les animaux ont souffert de fausses-couches à la suite d'un sous-développement placentaire ne permettant pas à l'embryon de s'implanter. Les chercheurs supposent que ce rétrovirus est issu d'une infection très ancienne, subie par un ancêtre au cours de l'évolution. A la suite de celle-ci, une contrepartie endogène est restée insérée dans le génome ovin et caprin. Par la suite, et parce qu'il produisait une protéine plus efficace que le gène d'origine, il est devenu dominant par le processus de sélection naturelle. Source - http://sciences.nouvelobs.com/sci_20060913.OBS1768.html
Une mutation génétique expliquerait l'apparition de l'encéphalite herpétique L'infection par le virus de l'Herpes simplex (HSV-1) se manifeste généralement, sur les parties du corps situées en haut de la ceinture, par des vésicules et des lésions douloureuses certes désagréables mais sans conséquences graves. Dans de rares cas, elle peut se compliquer et provoquer une encéphalite herpétique, surtout chez les enfants, le virus ayant une prédilection d'atteinte pour le lobe temporal du cerveau. C'est une complication gravissime, mais rare, dont l'incidence va de 1 sur 250.000 à 1 sur 500.000. Elle est de début rapide (moins de 48 heures), avec fièvre à 40° C, céphalées, troubles du caractère, du langage et de la mémoire. Puis, à la phase d'état, une obnubilation précède le coma, qui peut s'accompagner des convulsions ou des paralysies. L'évolution a un sombre pronostic : 80% de mortalité, avec des séquelles graves chez les patients survivants. Une équipe vient de démontrer qu'une mutation génétique expliquerait la survenue de cette maladie infectieuse chez certains patients. Les chercheurs ont, en effet, découvert chez deux enfants atteints d'encéphalite herpétique une mutation sur le gène UNC93B1 qui les prive d'interféron, une défense naturelle de l'organisme. Leur système immunitaire fonctionne normalement en cas d'infection, sauf avec le HSV-1, où il reste trop faible pour pouvoir lutter contre le virus. Ceci laisse penser que , outre le traitement actuel par antiviraux (acyclovir), 'un traitement à base d'interféron pourrait améliorer la prise en charge des patients atteints d'encéphalite herpétique. Des recherches ont été lancées pour identifier d'autres familles porteuses de cette mutation génétique. Référence
- Armanda Casrouge
and
Jean-Laurent Casanova. Herpes Simplex Virus Encephalitis in
Human UNC-93B Deficiency. Published Online September 14,
2006 Science DOI: 10.1126/science.1128346
Comme il est rappelé dans le communiqué ci-dessus, il arrive que, dans de rares cas, le virus de l'herpès simplex (HSV-1) cause, surtout chez les nouveaux-nés, une encéphalite (inflammation du cerveau), le virus ayant une prédilection d'atteinte pour le lobe temporal de l'organe. Une telle affirmation ne pouvait qu'être générale car on ignorait précisément quelles étaient les régions neuronales plus localement affectées. Afin d'étudier plus en détail le neurotropisme du HSV-1, des chercheurs ont créé un système ex vivo constitué de tranches de cerveau de souris et l'ont infecté par le virus. L'analyse des tissus a alors montré que l'infection restait confinée aux régions leptoméningées (l'arachnoïde et la pie-mère), périventriculaire et corticales du cerveau. Elle a confirmé aussi que le lobe temporal (plus précisément l'hippocampe) était une zone importante d'infection et que les tissus cervicaux de nouveau-né étaient beaucoup plus permissifs à l'infection HSV-1 que les tissus de souris adultes. .L'utilisation de doses infectieuses croissantes a révélé une augmentation de l'effet cytopathogène dans les territoire infectés, mais ceux-ci sont restés les mêmes. Un tel modèle d'infection diffère nettement de celui observé avec l'adénovirus et le virus de la vaccine. Ces résultats révèlent une interaction complexe du HSV-1 avec différents types de cellules cervicales et fournissent un modèle très utile pour élucider les mécanismes du neurotropisme viral. Référence - Efrat Braun,
and Israel Steiner.
Neurotropism of herpes simplex virus type 1 in brain organ
cultures. J Gen Virol 87 (2006), 2827-2837
D'abord reconnu comme une menace mondiale à la mi-mars 2003, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a été endigué en moins de quatre mois. Le 5 juillet 2003, l'OMS a déclaré interrompue la chaîne de transmission interhumaine du SRAS. Si nous avons beaucoup appris sur ce syndrome depuis le mois de mars 2003, notamment qu'il est dû à un nouveau coronavirus (SARS-CoV), l'épidémiologie et l'écologie de l'infection par le coronavirus du SRAS et de cette maladie restent incomplètement connues. La possibilité d'une résurgence du SRAS est bien réelle et la menace ne doit pas être sous-estimée Ceci est d'autant plus nécessaire que, à l'heure actuelle, il n'existe aucun vaccin ou traitement contre le SRAS. Les patients atteints du SRAS reçoivent le même traitement que tout autre patient atteint d'une grave pneumonie lorsqu'on suppose que la cause de la maladie est un virus. Cela peut comprendre, au besoin, des traitements de soutien, comme de l'oxygène. Des scientifiques de partout dans le monde font l'essai de divers médicaments, antiviraux, stéroides et immunoglobuline, qui pourraient se révéler efficaces contre le virus du SRAS. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi un groupe d'étude international chargé de revoir systématiquement les études portant sur les traitements potentiels du SRAS, particulierement ceux faisant appel aux drogues antivirales (ribavirine, lopinavir et ritonavir), aux stéroïdes, et aux immunoglobulines trouvées naturellement dans le sang humain. L'objectif était de déterminer si ces traitements agissaient in vitro et s'ils pouvaient améliorer l'état des patients et réduire le taux de mortalité des malades atteints par le SRAS. Les investigateurs ont examiné 54 études portant sur le traitement du SRAS. Les études concernant les drogues antivirales ont pu constater qu'une seule d'entre elles a réduit in vitro le taux de reproduction des virus, et que la plupart des autres étaient peu actives lorsque administrées aux patients. Sur 29 études relatives à l'utilisation des stéroïde, 25 étaient peu concluantes et quatre ont constaté que le traitement pouvait être dangereux. Au total, les études sont donc dans l'impossibilité d'affirmer que l'un ou l'autre des traitements utilisés contre le SRAS est efficace. Référence - Stockman LJ, Bellamy R, Garner P (2006) SARS: Systematic review of treatment effects. PLoS Med 3(9): e343. http://dx.doi.org/10.1371/journal.pmed.0030343
Dans le cas du virus de la grippe aviaire. un problème grave existe pour ce qui est de répondre à la demande mondiale en cas de pandémie. Deux solutions ont été envisagées pour résoudre la question d'une pénurie de vaccins: l'une reposerait sur le développement des capacités de production des usines de vaccins existantes, mais cela prend du temps. L'autre consisterait à améliorer l'efficacité des vaccins pour que de plus petites doses d'antigène suffisent à prémunir les humains de la grippe. Un adjuvant est une substance que l'on ajoute à un vaccin pour stimuler une réponse immunitaire du corps humain à l'antigène du vaccin. Les adjuvants étant capables d'améliorer la réponse immunitaire à des doses moindres d'antigène, ils permettent aux fabricants de faire durer plus longtemps les quantités d'antigène disponibles. La plupart des vaccins contre le virus de la grippe ne contiennent pas d'adjuvant. Deux équipes de chercheurs ont testé indépendamment l'immunogénicité et la tolérance de vaccins à virus entier inactivé associé des adjuvants, le virus H5N1 et l'hydroxyde d'aluminium dans un cas (1), le virus H9N2 et le MF59 dans l'autre cas (2) . Dans le cas des essais cliniques concernant le H5N1, 120 volontaires, âgés de 18 à 60 ans, ont reçu deux injections vaccinales par voie intramusculaire à 28 jours d'intervalle. Des concentrations de 1,25 microgrammes (µg), 2,5 µg, 5 µg et 10 µg d'hémagglutinine virale ont été testées. Les résultats ont alors montré que toutes les formulations ont été bien tolérées et ont induit une réponse immunitaire décelable dès la première dose. L'injection de deux doses contenant 10 µg d'antigène avec adjuvant a induit la réponse immune la plus importante (séroconversion chez 78 % des sujets, mesurée avec les tests d'inhibition de l'hémagglutinine), résultats correspondant aux exigences établies par l'Agence européenne des médicaments (EMEA) pour l'homologation du vaccin annuel contre la grippe. Dans le cas du virus H9N2 (souche candidate numéro deux à une éventuelle mutation qui pourrait la faire passer des poulets aux humains), les chercheurs ont vacciné 96 jeunes adultes qui ont été divisés en huit groupes recevant différentes doses, la moitié des groupes avec et l'autre moitié sans adjuvant MF59 (émulsions huile/eau qui a déjà fait ses preuves dans le vaccin contre la grippe saisonnière pour les personnes âgées). Les volontaires ont été testés pour la présence des anticorps à 28 jours et à 56 jours. Les chercheurs ontpu constater que, quand l'adjuvant était inclus dans le vaccin, la réponse anticorps -à tous les niveaux de dosage - était sensiblement meilleure, et ce de telle sorte qu'un quart de la dose normale s'avérait efficace et qu'une dose unique du vaccin avec l'adjuvant était aussi bonne que deux doses du vaccin sans adjuvant. L'utilisation de ces vaccins à virus entier contenant un adjuvant permettrait d'économiser l'antigène nécessaire à la fabrication (comme le recommande l'OMS) et augmenterait la capacité de production, notamment en cas de pandémie grippale. Des essais sur un plus grand nombre de personnes, chez les sujets âgés et chez les enfants sont envisagés. Références - (1) Jiangtao Lin. " Safety and immunogenicity of an inactivated adjuvanted whole-virion influenza A (H5N1) vaccine : a phase I randomised controlled trial ". The Lancet. [en ligne] (7 septembre 2006) (2) Robert L. Atmar,
and Robert B. Couch.
Safety and Immunogenicity of Nonadjuvanted and
MF59-Adjuvanted Influenza A/H9N2 Vaccine Preparations.
Clinical Infectious Diseases. Electronically published 25
September 2006.
3 - 6th September 2006. European Society for Clinical Virology. 9th Annual Meeting, Adrian Boult Hall, Birmingham Conservatoire, Paradise Place, Birmingham, England. 11-15 September 2006 12th International Bioinformatics Workshop on Virus Evolution and Molecular Epidemiology. Athens, Greece. 18-20 September 2006. SGM Virus Group / Italian Society of Virology joint meeting. Orvieto, Italy. 24-27 September 2006 7th International Congress of Veterinary Virology, of the European Society of Veterinary Virology (ESVV). Faculdade de Medicina Veterinária, Lisbon, Portugal.
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