RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

 

 


Revue de presse mensuelle VOL9 N°3 MARS 2006


Nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 Jean Robin, Ph.D.


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

Virologie fondamentale

 

Virologie médicale (VIH)

 

Virologie médicale et appliquée

(Autres virus)

Calendrier des congrès en virologie

VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

2- CLASSIFICATION DES VIRUS

3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

Une nouvelle étude décrit la protéine principale du virus aviaire H5N1 et la façon dont elle pourrait muter

4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

5- DÉCAPSIDATION

6- RÉPLICATION

7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

8- RELARGAGE

9- INTERFÉRONS

10-ONCOGÉNÈSE

11- INFECTION ET IMMUNITÉ

Résultats encourageants d'essai clinique (phase 1) d'un vaccin contre le virus d'Ebola

Une raison pourquoi, tantôt les maladies infectieuses virales s'éteignent, tantôt atteignent des proportions épidémiques

La stratégie anti-pandémie de grippe aviaire : prévoir le pire pour réagir au mieux

Des études de simulations de dynamique moléculaire laissent entrevoir un moyen décisif de régler le problème de la résistance du VIH aux inhibiteurs de la protéase

Une découverte ouvre la voie au développement de nouvelles stratégies pour contrôler, et peut-être éradiquer, les infections virales latentes à herpes virus >

En ce qui concerne les mécanismes d'évolution, la différence entre les les parvovirus et les ribovirus n'est pas aussi simple que l'on croyait qu'elle était

Nouvelle méthode de PCR multiplex pour la détection des virus des fièvres hémorragiques

Production par les plantes de la protéine p24 de HIV-1

Le groupe des candidats H5N1 ayant le potentiel de causer une pandémie de grippe humaine se diversifie génétiquement

Découverte d'une raison pour laquelle la grippe aviaire aviaire n'est pas transmissible d'un humain à l'autre

Un moyen possible d'empêcher l'eczema vaccinatum, une complication grave de la vaccination antivariolique

LesVesivirus et les anticorps dirigés contre eux sont assez communs chez l'homme

L'étude de la drosophile fournit une nouvelle approche pour comprendre la réponse innée du système immunitaire humain aux infections virales


VIROLOGIE MÉDICALE

 VIH 

Utilisation d'une nouvelle famille chimique - les céragénines- comme agent anti-VIH

VIH: découverte de deux nouveaux et efficaces inhibiteurs de l'intégrase virale

La thérapie HART serait insuffisante, à elle seule, pour limiter l'expansion du SIDA dans les pays sous-développés


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Cancer de la prostate: sur la piste d'une origine virale

Implication des papovavirus (HPV) dans le carcinome cellulaire squameux

Utilisation du virus de la mosaïque du pois pour faire des condensateurs de taille moléculaire

L'infection par bocavirus peut être associée à la pneumonie en Thaïlande, particulièrement chez les enfants >>>>NOUVEAU


CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE


NOUVELLES EN VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS


2- CLASSIFICATION DES VIRUS


3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

Une nouvelle étude décrit la protéine principale du virus aviaire H5N1 et la façon dont elle pourrait muter

On redoute que le virus aviaire H5N1, qui pour le moment est seulement transmissible de l'animal à l'homme, puisse muter sous une forme qui serait facilement transmissible de personne à personne. La mutation de la protéine H5 pourrait être une possibilité.

Une équipe de recherche vient d'élucider la structure d'une protéine H5 d'une souche H5N1 (A/Vietnam/1203/2004 (Viet04) ) fortement pathogène et l'a comparée aux mêmes protéines d'autres virus grippaux de type A, y compris le virus responsable de la grippe espagnole. Les résultats montrent qu'elle est plus apparentée à celle de ce dernier qu'à celle de tous les autres.

Par ailleurs, utilisant une nouvelle technologie appelée les microarrays glycan qui permet de tester plusieurs centaines de carbohydrates en une seule expérience, les chercheurs proposent un mécanisme potentiel par lequel H5N1 pourrait muter et acquérir la spécificité humaine. Ils montrent, en effet, que l'hémagglutinine des virus aviaires se fixe sur des acides sialiques en position a 2-3 sur les récepteurs cellulaires, tandis que l'hémagglutinine des virus humains se fixe sur des acides sialiques a 2-6. Conséquemment, la mutation qui rend posssible le passage d'une spécificité a 2-3 à une spécificité a 2-6 est critique pour l'humanisation du virus H5N1.

Référence - James Stevens et al. Structure and Receptor Specificity of the Hemagglutinin from an H5N1 Influenza Virus. Science DOI: 10.1126/science.1124513 (2006).


4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE


5- DÉCAPSIDATION


6- RÉPLICATION


7 - MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO


8- RELARGAGE


9- INTERFÉRONS


10- ONCOGÉNÈSE


11- INFECTION ET IMMUNITÉ

Résultats encourageants d'essai clinique (phase 1) d'un vaccin contre le virus d'Ebola

Ce vaccin d'essai incluait trois plasmides d'ADN codant chacun la glycoprotéine de surface GP et la nucléoprotéine interne (NP) de la souche Zaïre du virus d'Ebola. Les sujets ont reçu trois doses de vaccin ou de placebo à intervalles d'un mois par le biais d'injection intramusculaires. Trois cohortes ont été constituées qui ont reçu des doses progressivement plus élevées du vaccin: soit 2 mg (5 sujets), 4 mg (8 sujets), et 8 mg (8 sujets - dont 6 recevant les trois doses). Chaque cohorte a inclus deux sujets additionnels qui ont reçu un placebo au lieu du vaccin actif.

Le vaccin a été bien toléré, sans réactions défavorables et ce pour n'importe laquelle des doses administrées. Des anticorps Ebola-spécifiques contre au moins un des antigènes codés ont été détectés chez tous les sujets, tandis que des anticorps spécifiques anti-GP et une réponse cellulaire de type T sont apparus chez tous les destinataires qui avaient reçu les trois doses à tous les niveaux d'administration.

Les taux élevés d'immuno-réactions à tous les niveaux de dose de ce prototype de vaccin milite pour la poursuite des travaux.

Source - Résultats présentés, par Julie E. Martin and Betty Bumpers. au congrès de recherche sur la défense contre les armes biologiques tenu par de l'American Society for Microbiology (ASM) à Washington, D.C.


Une raison pourquoi, tantôt les maladies infectieuses virales s'éteignent, tantôt atteignent des proportions épidémiques

Souvent, les maladies infectieuses virales apparaissent et disparaissent dans les populations. Parfois, de petites manifestations s'éteignent rapidement, tandis que d'autres se transforment en épidémies. Depuis longtemps, les chercheurs voulaient comprendre la raison de telles différences.

Pour ce faire, un groupe de scientifiques a exploré la dynamique de l'apparition de virus pathogènes en utilisant, comme système d'étude, des virus et leurs bactéries hôtes. Ils ont déterminé les taux de transmission qui prévalaient en conditions où des populations virales pouvaient se maintenir sur les cellules de l'hôte originel, mais s'éteignaient sur celles d'hôtes nouveaux. Dans cette zone critique, ils ont alors observé un phénomène inattendu, à savoir que les virus qui avaient été précédemment produits chez un hôte originel montraient une plus grande productivité sur le nouvel hôte que les virus qui venaient d'être répliqués sur ce dernier. Tout se passait comme s'il y avait, derrière ce phénomène, un effet de "legs de l'hôte" (host-legacy).

Cette démonstration expérimentale d'un tel effet montre que la capacité d'un virus à se répliquer chez un hôte donné est fonction de l'histoire récente des générations précédentes et que, à cause de l'effet du legs de l'hôte, la taille de la population virale obtenue est supérieure à celle qui serait normalement obtenue bénéficiant ainsi d'une capacité adaptative accrue. On peut trouver ici une raison pourquoi les maladies infectieuses virales, tantôt s'éteignent, tantôt atteignent des proportions épidémiques.

Référence - Dennehy, John J., Nicholas A. Friedenberg, Robert D. Holt, and Paul E. Turner. Viral ecology and the maintenance of novel host use. The American Naturalist 167:3.


La stratégie anti-pandémie de grippe aviaire : prévoir le pire pour réagir au mieux

A l'heure actuelle, les cas de transmission inter-humaine du virus de la grippe de type H5N1 (virus de la grippe aviaire) sont peu nombreux, la transmission se faisant principalement du volatile à l'homme. Cependant, certains spécialistes estiment que le risque de pandémie de grippe H5N1 en population générale est sérieux car des mutations et arrangements génétiques pourraient accroître la transmissibilité inter-humaine.

Il paraît donc essentiel d'évaluer dès aujourd'hui les stratégies à mettre en oeuvre pour contenir la pandémie à sa source probable, c'est à dire en Asie du Sud Est. L'expérimentation étant naturellement exclue, le recours à la modélisation mathématique s'impose. Cette approche avait, en août 2005, aboutir à des premiers résultats en montrant que l'élimination d'une pandémie naissante était envisageable, en combinant des mesures de protection géographiquement ciblées, l'usage d'antiviraux et des restrictions des contacts entre personnes. Ceci à la double condition, toutefois, que le nombre de reproduction de base (basic reproduction number) - défini comme le nombre moyen de cas secondaires générés par un cas de première infection-, ne dépasse pas 1,8 et que, également, on puisse procéder à une identification rapide de l'épidémie naissante dans les 21 jours, avant que celle-ci ne contamine plus de 40 personnes.

Les chercheurs ont voulu savoir ce qui se passerait dans le cas où le nombre de reproduction de base serait plus élevé, par exemple si, la contamination interhumaine était augmentée par une contamination à partir des animaux qui ne manqueraient pas aussi d'être affectés. Ils se sont également placés dans l'hypothèse plus que probable où, à cause de la possibilité de contamination grippale par des individus déjà touchés, mais encore asymptomatiques, il serait impossible de détecter rapidement les premiers cas. Les résultats montrent que, alors, les mesures de protection et de restriction proposées par les précédentes études seraient insuffisantes et qu'il serait indispensable de recourir à des moyens plus draconiens tels que la vaccination et l'élimination des animaux affectés.

Les chercheurs espèrent que les autorités tiendront compte de tous les enseignements que fournissent les divers modèles.

Référence - C.E. Mills et al., "Pandemic influenza: Risk of multiple introductions and the need to prepare for them," PloS Medicine, Feb. 20, 2006.

http://www.plosmedicine.org


Des études de simulations de dynamique moléculaire laissent entrevoir un moyen décisif de régler le problème de la résistance du VIH aux inhibiteurs de la protéase

La dernière décennie a été marquée par d'importantes avancées dans le traitement des patients porteurs du VIH et ce, grâce au nouveau traitement antirétroviral hautement actif (ou Highly Active Antiretroviral Therapy (HAART)) comportant un mélange d'inhibiteurs de la réverse transcriptase et d'inhibiteurs de protéases. Malgré cela, l'émergence des virus multi-résistants demeure le principal défi auquel la communauté médicale doit faire face. La résistance aux inhibiteurs de protéase est principalement dûe à l'apparition de mutations chez le virus, particulièrement dans le gène de la protéase. Ces mutations sont responsables de changements conformationnels du site actif de l'enzyme qui font que les inhibiteurs qui s'y fixaient ne le reconnaissent plus, permettant à l'enzyme de conserver ainsi son activité.

Dans le but de déterminer la structure du site actif de la protéase du VIH, des chercheurs ont entrepris l'étude des diverses configurations possibles de l'enzyme par simulations de dynamique moléculaire. Les résultats obtenus ont permis de découvrir que les inhibiteurs travaillent en fermant, par rapprochement des bords, le site actif de l'enzyme. Celui-ci , qui est normalement étroit, peut, sous l'effet des mutations, adopter une configuration plus large qui en rend plus difficile la fermeture, l'énergie nécessaire pour le faire étant alors trop grande. Toutefois, les simulations ont montré aussi que certaines petites configurations moléculaires auraient la capacité en se fixant près du site actif d'en empêcher l'élargissement, permettant ainsi aux inhibiteurs de pouvoir continuer à exercer leur effet.

Il reste maintenant à synthétiser les molécules ayant la configuration qui a ainsi été déterminée. Un pas décisif sera alors accompli dans la résolution de la résistance du VIH aux inhibiteurs protéasiques.

Source - Eurekalert; Public Release: 10-Mar-2006

http://www.eurekalert.org/bysubject/medicine.php


Une découverte ouvre la voie au développement de nouvelles stratégies pour contrôler, et peut-être éradiquer, les infections virales latentes à herpes virus

Comme bon nombre de virus, les virus herpès sont capables d'établir, après la primo-infection, une infection " latente " chez les humains. Le virus persiste dans des réservoirs cellulaires pendant de longues périodes, sous une forme non infectieuse (sans réplication lytique). Occasionnellement, ou périodiquement, une réactivation de l'infection peut survenir et donner lieu à une récurrence symptomatique ; les virus Herpes simplex (VHS1 et 2) provoquent ainsi des récurrences du bouton de fièvre ou d'herpès génital ; le virus de la varicelle (VZV) peut produire un zona plusieurs années après l'infection infantile initiale. D'autres herpès virus, comme le virus d'Epstein-Barr (EBV) ou le virus herpès associé au sarcome de Kaposi (VHSK ou VHH8 pour virus herpès de type 8) peuvent être oncogènes durant la phase de latence et provoquer des cancers.

Or si les thérapies antivirales actuelles peuvent prévenir ou traiter l'infection active, elles ne peuvent prétendre éradiquer l'infection virale latente.

On savait depuis quelque temps, que la synthèse de la protéine LANA (Latency-Associated Nuclear Antigen) durant la période de latence associée au sarcome de Kaposi, est cruciale pour l'incorporation du génome viral dans les chromosomes humains (latence virale) et la survie des cellules infectées. Par cristallographie aux rayons X et des expériences d'altération moléculaire de LANA, les chercheurs ont pu démontrer que celle-ci se fixait à un type d'histones nucléosomiques appelées H2A-H2B.

Cette découverte ouvre la voie à la recherche et à la découverte de nouvelles drogues qui pourraient interférer avec le phénomène et donc avec latence du virus herpès.

Source - Howard Hugues Medical Institute

http://www.hhmi.org/


En ce qui concerne les mécanismes d'évolution, la différence entre les les parvovirus et les ribovirus n'est pas aussi simple que l'on croyait qu'elle était

Les virus pénètrent à l'intérieur des cellules en se liant à leurs récepteurs de surface. Cet attachement peut se se produire car les récepteurs viraux ont une forme complémentaire de celle des récepteurs cellulaires (image d'une clef dans une serrure). Il arrive parfois que les protéines constitutives des récepteurs viraux subissent par mutation ou recombinaison génétique un changement conformationnel qui leur permet de s'ajuster à des récepteurs cellulaires autres que ceux de leur cellule-hôte originelle. Ces virus mutants sont alors capables d'infecter des espèces autres que celles qu'ils infectaient habituellement. C'est ce qui s'est produit avec la grippe aviaire.

On sait, depuis longtemps, que les virus à ARN (ribovirus) ont un potentiel évolutif très élevé. Plusieurs facteurs interviennent (hyper mutation, recombinaison, réassortiment de gènes, ou par l'action combinée de ces différents processus), mais c'est avant tout la mécanique même de réplication de ces virus qui est le principal moteur de cette instabilité génétique. Les ribovirus utilisent en effet une polymérase qui ne répare pas ses erreurs de lecture du code génétique lors de la réplication, contrairement aux virus à ADN qui possèdent une ADN polymérase avec une correction de lecture. La conséquence en est un taux de mutation 1 000 fois plus élevé chez les virus à ARN que chez ceux à ADN.

Cette propension à muter constituait, pensait-on, un mécanisme important d'évolution chez les virus à ARN, mécanisme que ne possèderaient pas les virus à ADN (désoxyribovirus). Une équipe de recherche a choisi de mettre en doute ce paradigme et, pour ce, de se livrer à une analyse phylogénétique de parvovirus (désoxyribovirus à ADN monocaténaire) connus pour avoir récemment passé d'une espèce à l'autre et dont, consequemment, on possède les séquences génétiques avant et après leur transgression de la barrière d'espèce..

Une première étude (1) a alors montré que, dans le cas du parvovirus félin (FPLV), un virus émergent d'abord connu en 1978 pour infecter les chats et devenu depuis un agent pathogène des canidés (parvovirus canin ou CPV) omniprésent dans le monde entier, la recombinaison n'a joué aucun rôle dans le phénomène lequel était dû, comme chez les ribovirus, à un taux élevé de mutations à l'intérieur des gènes de capside. Les scientifiques ont pu alors constater que les taux de mutations (substitutions de nucléotides) ainsi observés étaient plus proches de ceux des ribovirus que de ceux des désoxyribovirus.

Intrigués, les mêmes chercheurs se sont alors attachés à vérifier si ce phénomène pourrait être caractéristique de la famille entière des Parvoviridae. Afin de corroborer ceci, ils ont examiné l'erythrovirus humain B19, un parvovirus qui peut être associé à certaines complications cardiaques. Le choix du B19 a été dicté par le fait qu'il est apparenté de façon lointaine au CPV. L'analyse phylogénétique (2) a alors montré le même taux extrêmement rapide de substitutions nucléotidiques, soit approximativement 10-4 nucléotides par emplacement et par an.

A la lumière de ces résultats, les scientifiques pensent donc maintenant que, en ce qui concerne les mécanismes d'évolution, la différence entre les les parvovirus et les ribovirus n'est pas aussi simple que l'on croyait qu'elle était. Dans leur prochaine série d'expériences, les chercheurs se proposent d' expliquer le phénomène et de vérifier si on peut le généraliser à d'autres rivovirus et désoxyribovirus monocaténaires.

Références:

(1) Laura A. Shackelton , Colin R. Parrish , Uwe Truyen , and Edward C. Holmes , High rate of viral evolution associated with the emergence of carnivore parvovirus. PNAS | January 11, 2005 | vol. 102 | no. 2 | 379-384

(2) Laura A. Shackelton and Edward C. Holmes. Phylogenetic Evidence for the Rapid Evolution of Human B19 Erythrovirus. J. Virol. 2006 80: 3666-3669


Nouvelle méthode de PCR multiplex pour la détection des virus des fièvres hémorragiques

Comme tous les organismes vivants, les virus possèdent un patrimoine génétique qui leur est spécifique. La détection de séquences de ce patrimoine (séquences dites " cibles ") trahit la présence d'un virus dans un organisme: c'est la base des techniques moléculaires de diagnostic. Pour ce faire, les laboratoires de recherche ont recours à une technique d'amplification moléculaire (technique de polymérisation en chaîne - ou PCR, en abrégé) permettant de réaliser des centaines de milliers de copies de la séquence cible du patrimoine génétique d'un virus et donc d'en faciliter la mise en évidence. Les protocoles PCR développés par les laboratoires de recherche utilisent des techniques de préparation d'échantillons peu adaptées à l'analyse routinière d'un grand nombre d'échantillons et analysent chaque agent individuellement ce qui augmente le nombre d'analyses nécessaires à la certification de plusieurs pathogènes.

En combinant la détection simultanée d'un ensemble de pathogènes dans une même organisme, on a mis au point des PCR multiplex qui contribuent à réduire le prix d'utilisation des kits moléculaires et à les rendre plus compétitifs par rapport aux techniques classiques.

Une équipe vient de réaliser un PCR multiplex qui, couplé à une détection par spectroscopie de masse, permet la mise en évidence rapide, sensible, spécifique et simultanée des virus des fièvres hémorragiques, i.e. les virus Ébola, Marburg, Lassa, Rift, Hanta, Crimean-Congo, Seoul , Fièvre jaune, et Kyasanur Forest.

Référence - Gustavo Palacios …and W. Ian Lipkin. MassTag Polymerase Chain Reaction for Differential Diagnosis of Viral Hemorrhagic Fevers. (CDC) Emerging Infectious Diseases. Ahead of Print. Vol. 12, No. 4. April 2006.


Production par les plantes de la protéine p24 de HIV-1

En général, les vaccins contre des agents pathogènes sont produits dans des installations pharmaceutiques et contiennent soit des variantes affaiblies, soit des éléments isolés de l'agent pathogène - un processus très coûteux qui nécessite beaucoup de travail.

Depuis quelques années, les approches génétiques nous permettent d'utiliser des plantes pour obtenir de nouveaux produits médicaux. En introduisant d'autres informations héréditaires, on peut inciter les plantes à produire les substances désirées; elles servent ainsi d'usine biologique. En contournant la production pharmaceutique, il est possible de produire des vaccins bon marché, accessibles aux pays moins fortunés.

Le virus du SIDA porte l'antigène interne P24. Celui-ci est un marqueur direct de la multiplication du virus dans les cellules qu'il a infectées. Sa recherche dans le sang est utile au dépistage précoce d'une infection par le VIH et il est le composant indispensable d'un vaccin anti-VIH.

Une séquence d'ADN, résultant de la recombinaison du gène responsable de la production de p24 et du gène qui synthétise l'immunoglobine A humaine (IgA), a été introduite dans des plantes de tabac. On a ainsi obtenu des plantes transgéniques qui produisent la protéine recombinante.

Les premiers résultats démontrent que la nouvelle protéine ainsi produite suscite une bonne réponse immunitaire chez la souris. La méthode pourrait donc, dans le futur, contribuer au développement d'un vaccin efficace et peu coûteux contre le virus du SIDA. Mais de nombreux travaux de développement seront nécessaires jusqu'à ce que ces vaccins soient utilisables pour l'homme

Référence - Patricia Obregon…and Julian K-C. Ma. HIV-1 p24-immunoglobulin fusion molecule: a new strategy for plant-based protein production. Plant Biotechnology Journal Volume 4 Page 195 - March 2006.


Le groupe des candidats H5N1 ayant le potentiel de causer une pandémie de grippe humaine se diversifie génétiquement

Tandis que le virus poursuit sa progression chez les oiseaux à travers le monde, les chercheurs continuent à surveiller l'évolution de cette souche d'influenza aviaire chez les humains. Une équipe a ainsi analysé les deux souches du H5N1 isolées chez l'homme : la souche vietnamienne et la souche indonésienne.

Ces deux souches sont parentes mais appartiennent à des sous-groupes génétiquement distincts. A de rares exceptions près, tous les échantillons de H5N1 isolés depuis 2003 chez les volailles ou chez les hommes appartiennent au génotype Z. A l'intérieur de ce groupe existent des sous-groupes, ou clades.

Les virus responsables de la totalité des infections chez l'homme de la plupart des foyers épidémiques en 2003 et 2004, appartiennent au clade 1. Or le virus responsable des cas humains de H5N1 en Indonésie depuis l'année dernière appartient au clade 2, précisent les chercheurs. Les virus de ces deux clades ont sans doute un ancêtre commun mais sont génétiquement différents. Ils sont cousins en quelque sorte.

Ceci indique que le groupe des candidats H5N1 ayant le potentiel de causer une pandémie de grippe humaine se diversifie génétiquement. Cette diversification doit normalement se poursuivre, aussi une surveillance accrue est-elle plus que jamais nécessaire.

Source - International Conference on Emerging Infectious Diseases. Atlanta. Mars 2006

Garten RJ et al. Analysis of H5N1 Influenza Viruses from Humans and Birds Between 2003 and 2005 Reveals an Increase in the Spectrum of Viruses with Pandemic Potential. ICEID. 2006. Presentation 64.


Découverte d'une raison pour laquelle la grippe aviaire aviaire n'est pas transmissible d'un humain à l'autre

Des chercheurs néerlandais (1) et japonais (2) ont découvert pourquoi, bien qu'il se réplique efficacement dans les poumons humains, le virus de la grippe aviaire ne se transmet pas entre individus. Ils ont en effet constaté que le virus de la grippe aviaire préfère les cellules humaines situées dans le fond des alvéoles des poumons, alors que le virus humain, lui, préfère les cellules situées dans le haut des voies respiratoires, par exemple dans la trachée. Or, un virus doit être situé dans le haut des voies respiratoires pour bien se transmettre entre humains. Il se loge dans les sécrétions buccales et nasales et est transféré aux mains lors d'une toux ou d'un éternuement. Ensuite, le virus passe sur les mains d'une autre personne à l'occasion d'une poignée de main ou par l'intermédiaire de surfaces comme le robinet d'une salle de bains ou une rampe d'escalier.

Tout ceci est dû au fait que la protéine de surface du virus H5N1, l'hémagglutinine, se lie à certains types de sucres présents à la surface des cellules pour entrer dans celles-ci. Les préférences de l'hémagglutinine du virus aviaire l'amènent à se lier principalement aux pneumocytes de type 2, qui tapissent l'intérieur des alvéoles pulmonaires, ou aux macrophages alvéolaires.

A présent, l'équipe des chercheurs hollandais va chercher à modéliser quelles mutations permettraient au virus de la grippe aviaire de se "fixer" dans les voies respiratoires supé-rieures de l'homme. Les équipes de l'Organisation mondiale de la santé pourront ainsi savoir quelles mutations surveiller.

De plus, les chercheurs hollandais ont comparé ce qui passait chez l'homme et chez plusieurs animaux. Ils ont constaté que le schéma de l'infection pulmonaire était très similaire chez le chat ou le furet, qui seraient donc de bons modèles animaux pour étudier la pneumopathie provoquée par le H5N1 chez l'homme.

Références -

(1) Debby van Riel … and Thijs Kuiken. H5N1 Virus Attachment to Lower Respiratory Tract. Published Online March 23, 2006 Science DOI: 10.1126/science.1125548

(2) Kyoko Shiny …and Yoshihiro Kawaoka. Avian flu: Influenza virus receptors in the human airway. Nature 440, 435-436 (23 March 2006)


Un moyen possible d'empêcher l'eczema vaccinatum, une complication grave de la vaccination antivariolique

La vaccination antivariolique est à l'origine d'un certain nombre de complications dont certaines mettent en jeu la vie du patient ou sont responsables de graves séquelles. Parmi elles, il convient de mentionner Eczema vaccinatum : (1/25000 primo-vaccinations, 1/250 000 rappels, mortalité 10 à 40%). Il s'agit d'une complication grave observée chez les personnes vaccinées ou chez les sujets contacts non vaccinés atteints ou ayant des antécédents d'eczéma. On constate alors une éruption aux endroits du corps atteints par l'eczéma.

Eczema vaccinatum se produit quand le virus de la vaccine, qui est actuellement utilisé comme vaccin anti-variolique, se réplique de manière incontrôlée et se répand dans tout l'organisme. Une équipe de recherche avait précédemment rapporté que les patients ayant des antécédents d'eczéma possédaient, dans leur peau, des taux de peptides antimicrobiens plus bas que les individus non affectés. Il avait été rapporté également qu'un de ces peptides antimicrobiens, appelé Ll-37, pouvait éliminer le virus de la la vaccine en culture de cellules. Dans une étude récente citée ci-dessous, les mêmes chercheurs démontrent que ce sont effectivement des niveaux plus bas de Ll-37 dans la peau de tels patients qui permettent la croissance non contrôlée du virus de la vaccine. Plus précisément, les cellules cutanées de ces malades s'avèrent incapables d'augmenterla production de Ll-37 en réponse à l'infection virale, contrairement aux cellules des individus témoins. Comme il fallait s'y attendre, l'addition de Ll-37 aux cellules infectées ralentit la croissance du virus de manière significative.

En outre, les patients présentent des niveaux élevés d'interleukine-4 (Il-4) et d'interleukine-13 (Il-13) dans leur peau. Les chercheurs démontrent que ce sont ces interleukines qui bloquent la production de Ll-37 chez ces patients. En effet, l'addition d'anticorps qui neutralisent les deux interleukines permet aux niveaux de Ll-37 d'augmenter et, ainsi, de contrôler l'infection virale.

Référence - Michael D. Howell, Richard L. Gallo, Mark Boguniewicz, James F. Jones, Cathy Wong, Joanne E. Streib, and Donald Y.M. Leung. Cytokine Milieu of Atopic Dermatitis Skin Subverts the Innate Immune Response to Vaccinia Virus. Immunity 2006 24: 341-348.


LesVesivirus et les anticorps dirigés contre eux sont assez communs chez l'homme

Les Vésivirus appartiennent à la famille des Caliciviridae qui comprend 4 genres:

· Les genres Lagovirus et Vésivirus affectent seulement les animaux chez qui ils sont responsables de pathologies variées incluant : gastro-entérites, lésions cutanées vésiculaires, infections respiratoires, maladie hémorragique.

· Les genres Norovirus (NV) (dénommé auparavant Norwalk-like virus) et Sapovirus (SV) (ex Sapporo-like virus) comprennent les Calicivirus isolés chez l'homme. Ils sont responsables de gastro-entérites chez l'homme.

En ce qui a trait aux vésivirus, on sait que ceux-ci sont des virus ubiquistes capables de causer diverses maladies dans un éventail très larges d'animaux, tant terrestres truie, chats, chiens, bétail, serpents, singe) que marins (phoque, baleines, entre autres). En raison de cette large distribution et de la réputation de ces virus pour être capables de franchir les barrières d'espèce, une équipe de chercheurs s'est préoccupée d'étudier leur prévalence chez l'homme.

Les scientifiques ont examiné des échantillons provenant de plus de 700 donneurs de sang répartis dans huit États occidentaux, ainsi que quelques échantillons provenant de patients atteints d'hépatite (virale et non-virale). Dans quatre groupes d'étude, les chercheurs ont trouvé que:

· 12% d'échantillons de sang, provenant de donneurs considérés sûrs et employés dans des transfusions sanguines, démontraient la présence d'anticorps dirigés contre les Vésivirus, suggérant ainsi l'existence d'une infection précédente.

· 21% des individus présentant des dommages hépatiques (démontrés par dosage enzymatique), et dont le sang avait été proscrit en conséquence, possédaient des anticorps à Vésivirus.

·29% des échantillons de sang provenant des personnes atteintes d'hépatite virale contenaient des anticorps à Vésivirus.

· 47% des individus affectés d'hépatite de cause inconnue - i.e. non-virale - avaient des anticorps à Vésivirus

Dans des essais séparés qui recherchaient directement le virus dans le sang, plutôt que les anticorps, la présence virale a été confirmée pour:

· 5% des échantillons provenant des donneurs normaux.

· 11% des individus présentant des dommages hépatiques

Cette étude démontre clairement que lesVesivirus et les anticorps dirigés contre eux sont assez communs chez l'homme. La coincidence entre une infection virale et la présence d'une maladie de cause inconnue ne prouve pas une relation de cause à effet, mais les chercheurs pensent que les données sont suffisamment intrigantes pour qu'ils essaient d'établir la preuve que l'infection par Vésivirus chez l'homme peut être responsable de dommages hépatiques ou d'autres problèmes tels que l'encéphalite et l'avortement spontané.

Référence - Alvin W. Smith, Patrick L. Iversen, Douglas E. Skilling, David A. Stein, Karin Bok, David O. Matson . Vesivirus viremia and seroprevalence in humans. Journal of Medical Virology Volume 78, Issue 5, Date: May 2006, Pages: 693-701.


L'étude de la drosophile fournit une nouvelle approche pour comprendre la réponse innée du système immunitaire humain aux infections virales

Certaines espèces de micro-organismes sont pathogènes et peuvent induire des dérèglements biologiques importants chez l'hôte infecté et, dans certains cas, provoquer sa mort. Le maintien d'une certaine harmonie dans le monde vivant nécessite donc un équilibre entre les organismes qui cherchent à se protéger des agents infectieux et les microbes qui tentent de contourner les défenses de l'hôte. Confrontées aux mêmes grands groupes de micro-organismes (Bactéries, virus, champignons, levures…), les espèces animales et végétales ont développé, au cours de l'évolution, des systèmes de défense qui leur sont propres. Si les mécanismes moléculaires mis en œuvre diffèrent, les buts à atteindre sont les mêmes. L'organisme contaminé doit dans un premier temps identifier l'agresseur, puis le neutraliser.

Dépourvus de système immunitaire adaptatif présent chez les vertébrés et conduisant entre autres à la production des anticorps, les invertébrés combattent les agents infectieux seulement avec leur système immunitaire inné, produisant notamment des peptides antimicrobiens. La synthèse de ces molécules est conditionnée à une étape préalable d'identification du micro-organisme. Les molécules impliquées dans cette reconnaissance sont maintenant assez bien connues, sauf en ce qui concerne celles qui combattent les virus.

Cependant, une nouvelle recherche fournit la première évidence que des ARN interférents (ARNi) sont les molécules utilisées par le système immunitaire de la drosophile pour protéger l'insecte contre l'infection par des virus.

Il est, en effet, démontré que, en réponse aux synthèses virales, les drosophiles élaborent des ARNi qui détruisent spécifiquement l'ARN des virus mais pas les ARN des cellules, protégeant, de ce fait, ces dernières contre l'infection virale. Sans voie active ARNi, les mouches meurent rapidement. En outre, les chercheurs identifient les acteurs principaux de cette immunité virale. Ceux-ci incluent la molécule virale qui déclenche l'immuno-réaction de la mouche et les gènes de cette dernière qui identifient et détruisent le virus.

La présence d'ARNi chez l'humain suggère que la poursuite des travaux sur la drosophile pourrait aussi nous éclairer, eu égard aux virus, sur le fonctionnement de la composante innée de notre propre système immunitaire.

Référence - Xiao-Hong Wang … and Wei Ding. RNA Interference Directs Innate Immunity Against Viruses in Adult Drosophila. Published Online March 23, 2006 Science DOI: 10.1126/science.1125694


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE


VIH

Utilisation d'une nouvelle famille chimique - les céragénines- comme agent anti-VIH

Les céragénines sont de peites molécules de synthèse qui ont la propriété d'être électrostatiquement attirées par les membranes négativement chargées des cellules-hôtes de certains virus, mycètes et bactéries. Ces produits sont fabriqués par une compagnie appelée Ceragenix Pharmaceuticals.

Des chercheurs viennent de prouver qu'une céragénine - la CSA54 - a la capacité de bloquer l'attachement du VIH aux cellules en saturant la membrane des cellules CD4+. Les essais démontrent, en outre, qu'elle n'est pas toxique même utilisée à des concentrations plus élevées que celles requises pour neutraliser le virus.

Il appert donc que la CSA54 pourrait devenir une nouvelle drogue anti-VIH. Cependant, les résultats n'en sont encore qu'au stade du tube à essais et les épreuves cliniques sont encore dans un horizon très éloigné. En outre, les résultats ne sont pas encore formellement publiés.

Source - Medical News Today

http://www.medicalnewstoday.com/medicalnews.php?newsid=37218


VIH: découverte de deux nouveaux et efficaces inhibiteurs de l'intégrase virale

L'intégrase est une des trois enzymes principales nécessaires à la réplication du VIH. Plus précisément, l'enzyme est requise pour permettre au virus d'intégrer son génome dans l'ADN de la cellule hôte, transformant celle-ci en une usine productrice de virus.

Les scientifiques ont déjà conçu de nombreuses drogues qui interfèrent avec les enzymes transcriptase-inverse et protéase. Les inhibiteurs d'intégrase sont, à leur tour, particulièrement attendus comme nouvelle arme antivirale.

Maintenant, dans des épreuves préliminaires, deux inhibiteurs d'intégrase expérimentaux ont pu éliminer plus de 95 pour cent du virus en simplement quelques jours de traitement - et, ce, même chez des patients qui hébergeaient une souche résistante à d'autres classes de drogues.

Dans le premier cas, 80 patients ont reçu la nouvelle drogue, MK0518, dans le cadre d'une thérapie antirétrovirale régulière, thérapie qui s'avérait inefficace à contenir le virus. Selon le dosage, et chez 57 pour cent à 72 pour cent des patients, la charge sanguine virale a pu être ramenée à des taux qui ne pouvaient plus être détectés par des analyses sensibles. En revanche, seulement 5 patients sur les 27 - 19 pour cent - auxquels avaient été donné un placebo en plus du traitement régulier, ont pu ramener leurs niveaux de virus circulants à des niveaux indétectables.

Dans le deuxième cas, l'autre drogue, GS9137, a provoqué une baisse encore plus grande de la charge virale pour chacun des dosages utilisés lors d'une épreuve de monothérapie s'étalant sur dix jours. GS9137 a pu réduire le virus de 99 pour cent dans la circulation sanguine.

Source - Présentation à la "13th Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections" in Denver


La thérapie HART serait insuffisante, à elle seule, pour limiter l'expansion du SIDA dans les pays sous-développés

On s'entend sur le fait que l'impossibilité dans laquelle les pays du tiers-monde se trouvent de pouvoir accéder aux thérapies anti-SIDA va avoir pour conséquence d'empêcher l'épidémie de SIDA de s'étendre.

Ceci est replacé dans un nouvel éclairage par une étude qui montre que, même si elle pouvait être dispensée, la thérapie HART serait insuffisante, à elle seule, pour réduire la transmission du VIH. En effet, les patients ainsi traités pourraient, parce que bénéficiant d'une amélioration de leur état général, reprendre une vie sexuelle active et contribuer, de ce fait, à la diffusion du VIH. Pour empêcher ceci il faudrait, comme ceci existe dans les pays développés, amener les populations à comprendre, raisonner et ainsi éviter les risques et conséquences associés à de tels comportements. En d'autres mots, la thérapie HART devrait être accompagnée d'une forte et efficace campagne d'éducation.

Référence - Rebecca F. Baggaley, Geoff P. Garnett, Neil M. Ferguson. PLoS Medicine. Volume 3/ Issue 4/ April 2006

Article disponible en ligne sur le site du journal:

http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=index-html&issn=1549-1676


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Cancer de la prostate: sur la piste d'une origine virale

Des chercheurs viennent de mettre en évidence un virus chez quelques patients atteints de cancer de la prostate, sans avoir encore pu établir de lien de causalité.

Ce virus, très proche d'un agent pathogène trouvé exclusivement chez la souris, le XMRV (xenotropic murine-like retrovirus), a été décelé dans des prostates prélévées chez des hommes possédant des anomalies génétiques particulières sur un gène, appelé RNASEL, qui code pour une enzyme aidant à la destruction des virus envahissants. Les hommes qui possèdent la version mutée du gène produisent ces enzymes en plus petite quantité que ceux dotés d'une version normale.

Des ADN provenant de 86 cancers de la prostate ont été placés sur une puce génétique contenant 20.000 morceaux de matériel génétique provenant de chaque virus connu. Il s'est avéré que l'ADN de huit des 20 patients, qui avaient deux copies du gène RNASEL muté, correspondait à l'ADN provenant du virus murin. Le virus n'a ensuite été découvert que chez un seul des 66 autres patients, suggérant que la génétique joue un rôle significatif dans le lien entre virus et cancer.

Les chercheurs vont maintenant analyser des centaines d'autres patients atteints de cancer de la prostate et mettre au point un outil de mesure pour dépister le virus dans le sang. Ils veulent aussi déterminer comment le virus se répand dans l'organisme, et s'il est spécifique à la prostate.

Source - Réunion de la Société américaine d'oncologie clinique à San Francisco (24 février 2006)

Voir:

http://www.sciencedaily.com/releases/2006/02/060226115016.htm


Implication des papovavirus (HPV) dans le carcinome cellulaire squameux

Les papillomavirus humains ou HPV infectent les cellules épithéliales de la peau (HPV de type bêta) ou des muqueuses (HPV de type alpha), et sont transmis par la dissémination de ces cellules lors de la desquamation. Il est bien connu que les HPV de type alpha peuvent provoquer des cancers des muqueuses, par exemple le cancer du col de l'utérus. Il était intéressant de savoir si les HPV bêta pouvaient, eux aussi, être carcinogènes.

Pour ce faire, une équipe de recherche a recherché des anticorps de HPV bêtas dans des échantillons de plasma provenant de 252 patients présentant des carcinomes cellulaires squameux, de 525 patients avec des carcinomes cellulaires basals et de 461 sujets témoins. En utilisant la détection sérologique par multiplex, une nouvelle méthode basée sur le dosage immunologique des anticorps viraux sur des billes fluorescentes, les auteurs ont détecté des anticorps anti-HPV chez les patients diagnostiqués avec le carcinome cellulaire squameuxs plus fréquemment que dans les sujets témoins. En addition, les chercheurs n'ont pas détecté plus d'anticorps anti-HPV chez les patients atteints de carcinomes cellulaires basals que chez les individus témoins.

En plus de rechercher les anticorps de HPV dans les échantillons, les chercheurs ont mené des entrevues individuelles avec les participants à l'étude afin d'évaluer d'autres facteurs de cancers cutanés qui pourraient influer sur les résultats. Les habitudes de style de vie, incluant le tabagisme, les antécédents médicaux familiaux, le niveau habituel d'exposition au soleil et la sensibilité de la peau à la lumière solaire ont été autant de points examinés et pris en compte . Ceci fait, les chercheurs ont encore trouvé une association entre HPV et le carcinome cellulaire squameux.

Ces évidences ne sont qu'indirectes. Il reste donc maintenant à démontrer un lien direct entre le HPV et la maladie.

Référence - Margaret R. Karagas, … and Michael Pawlita. Human Papillomavirus Infection and Incidence of Squamous Cell and Basal Cell Carcinomas of the Skin. Journal of the National Cancer Institute, Vol. 98, No. 6, 389-395, March 15, 2006.


Utilisation du virus de la mosaïque du pois pour faire des condensateurs de taille moléculaire

Le virus utilisé est un virus des végétaux, le virus de la mosaïque du pois cajan (Vmpc, en anglais Cpmv), non infectieux chez les animaux et dont la structure est maintenant bien connue. L'enveloppe de ce petit virus ARN est particulièrement intéressante, étant composée de 60 copies identiques d'une protéine asymétrique, qui constituent ainsi 60 sites équivalents pour attacher des molécules. La taille des particules virales est de 30 nanomètres (1 nanomètre = 1 millionième de mm)

L'équipe a créé des particules virales conjuguées, par réaction chimique, à des complexe du fer.(ferrocène) disponibles dans le commerce, avec une densité qui peut atteindre jusqu'à 240 composés par virion. Se faisant, chaque nanoparticule est devenue l'équivalent d'un condensateur de taille moléculaire - un dispositif qui pourrait stocker des charges électroniques.

Ces nanoparticules actives pourraient être employées à l'avenir pour faire plus rapidement des dispositifs plus forts et plus efficaces qui seraient utilisés dans les biodétecteurs, les dispositifs nanoélectroniques, ou les processus électrocatalytiques.

Source - BBC News

http://news.bbc.co.uk/1/hi/sci/tech/4782152.stm


L'infection par bocavirus peut être associée à la pneumonie en Thaïlande, particulièrement chez les enfants

Un nouveau parvovirus, baptisé bocavirus (HBoV), avait été isolé en 2005. On le pensait responsable d'infections respiratoires chez les enfants. Une nouvelle étude renforce ces soupçons.

Entre le 1er septembre 2004 et le 31 août 2005, les chercheurs ont examiné les spécimens nasopharyngaux prélevés sur des patients hospitalisés pour pneumonie en Thaïlande rurale, ainsi que sur des volontaires sains. Ils y ont recherché la présence de HboV.

Les résultats montrent que, sur 1178 patients qui étaient hospitalisés pour pneumonie, 53 (4,5%) étaient positifs pour HBoV contre seulement 3 sur 281 (1%) des individus du groupe témoin. Parmi les patients hospitalisés, la moitié (51%) des échantillons positifs pour HBoV a été trouvée chez des enfants de moins d'un an et 30% chez des enfants de 2-5 ans.

Il va falloir à présent établir directement un lien direct de causalité entre le HboV et la pneumonie.

Source- Sonja Olsen. Communication à la "International Conference on Emerging Infectious Diseases". 19-22 mars 2006. Atlanta


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