RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

 

 


Revue de presse mensuelle VOL5 N°3 MARS 2004


Dans le domaine des sciences, nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois, et dans la langue de Molière, des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée. On y trouvera une sélection qui, sans prétendre être exhaustive, porte sur les recherches virologiques les plus récentes au fur et à mesure qu'elles apparaissent dans les médias spécialisés.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 Jean Robin, Ph.D.


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

Virologie fondamentale

 

Virologie médicale (VIH)

 

Virologie médicale et appliquée

(Autres virus)

Calendrier des congrès en virologie

VIROLOGIE FONDAMENTALE

 * STRUCTURE DES VIRUS

* CLASSIFICATION DES VIRUS

* ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

* TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

* DÉCAPSIDATION

* RÉPLICATION

* MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

*INTERFÉRONS

*ONCOGÉNÈSE

* INFECTION ET IMMUNITÉ

Les rétrovirus se croisent activement dans les populations humaines

Evaluation du potentiel protecteur des glycoprotéines d'enveloppe du virus du SIDA


VIROLOGIE MÉDICALE

 VIH 

Interférence négative entre virus: le pire ennemi du VIH serait-il un autre virus ?

Découverte d'une protéine expliquant la résistance des singes au VIH

Des souches du VIH sont plus virulentes que d'autres

Un test oral rapide du SIDA approuvé aux Etats-Unis


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

Une protéine pour lutter contre l'hépatite B

La souris produit des anticorps neutralisant le SRAS

Première structure 3D d'une protéine réplicative du virus du SRAS

Des virus utilisés comme charpente pour la fabrication de nanostructures

Résultats prometteurs d'un nouveau vaccin contre la variole

Les scientifiques ont créé des balances microscopiques qui peuvent peser une particule virale

Mise au pont d'un dispositif pour détecter, emprisonner et désactiver les virus

Des moustiques hybrides seraient, en Amérique du Nord, la cause de la maladie du Virus du Nil occidental (VNO)

Découverte d'un nouveau coronavirus humain, proche du SRAS

Un ribozyme s'avère efficace contre l'hépatite B

Implication d'un virus dans l'Histiocytose de Langerhans

La vaccination des oiseaux contre la grippe du poulet pourrait accélérer l'apparition de nouvelles souches virales


CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE


NOUVELLES EN VIROLOGIE FONDAMENTALE


STRUCTURE DES VIRUS


CLASSIFICATION DES VIRUS


ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS


TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE


DÉCAPSIDATION


RÉPLICATION


INTERFÉRONS


ONCOGÉNÈSE


INFECTION ET IMMUNITÉ

Les rétrovirus se croisent activement dans les populations humaines

Au terme d'une enquête de terrain effectuée au Cameroun au sein de neuf communautés rurales, il a été constaté que sur 1.800 personnes examinées, 1.100 avaient été en contact avec du sang ou d'autres fluides corporels et qu'un pour cent d'entre elles (dix individus) présentaient des anticorps à un virus, appelé "spumavirus" ou, dans le jargon scientifique, "virus foamy du singe" (simian foamy virus/SFV).

Découverts il y a une cinquantaine d'années, les spumavirus sont des rétrovirus retrouvés chez la plupart des primates non-humains, de même que chez les chats et les bovins. Ils ne sont pas pathogènes, mais des cas de séropositivité ont été signalés chez des animaliers s'occupant de singes en parc zoologique.

Les analyses pratiquées sur les personnes infectées au Cameroun ont montré que celles-ci avaient été en contact avec trois espèces de primates (gorilles, mandrills et cercopithèques de Brazza). Ce contact a été établi non pas par la consommation de ce qu'on appelle en Afrique "viande de brousse", mais par une infection subie lors de la manipulation de carcasses d'animaux abattus ou suite à une morsure provoquée par un singe blessé. Le sida ainsi que la fièvre hémorragique dite d'Ebola ont cette origine.

Les résultats prouvent donc que les contacts avec les primates non-humains, qui se produisent pendant la chasse et l'abattage de ces animaux, peuvent jouer un rôle dans l'apparition de rétrovirus humains. La réduction de la chasse de viande de brousse permettrait de réduire la fréquence de l'apparition de maladies.

Si cette découverte ne constitue absolument pas l'annonce d'une nouvelle épidémie, il convient, malgré tout d'être vigilant étant donné que le temps d'incubation de ces virus est très long.

Référence: Nathan D Wolfe et al. Naturally acquired simian retrovirus infections in central African hunters. The Lancet. Volume 363, Number 9413 20 March 2004.


Evaluation du potentiel protecteur des glycoprotéines d'enveloppe du virus du SIDA

Un des principaux obstacles dans la recherche de vaccins et de traitements contre le sida, reste la très grande diversité des sous-type de VIH. Cette variabilité apparaît aussi sur la combinaison des glycoprotéines qui recouvrent le virus. A l'aide de différents outils mathématiques et informatiques, des chercheurs de l'Institut de Recherche pour le Développement ont montré que le VIH utiliserait la variabilité de tels sites pour échapper aux anticorps de l'hôte. Les sucres, en se fixant sur les sites de glycosylation, créeraient un encombrement spatial et empêcheraient les anticorps de se fixer sur les sites de reconnaissance du virus, sans toutefois entraver le rôle de la partie protéique des glycoprotéines d'enveloppe dans la fixation du virion à la cellule-hôte. Grâce à ce " bouclier de sucres " changeant, le virus échapperait ainsi aux anticorps sans que sa capacité de fixation aux cellules-hôtes ne soit perturbée.

Ces travaux permettent de mieux comprendre comment le VIH échappe au système immunitaire. Ces données sur l'enveloppe du virus ouvrent la voie a de nouvelles perspectives de recherches pour lutter contre ce fléau qui touche plus de 40 millions de personnes. On espère notamment s'en servir pour l'élaboration de nouveaux médicaments contre le sida et, éventuellement, d'un candidat-vaccin, valable pour l'ensemble des souches VIH.

Référence: M. Choisy, CH. H. Woelk, J. F. Guegan and D. Robertson, 2004 - Comparative study of Adaptative Molecular Evolution in Different Human Immunodeficiency Virus groups and subtypes, Journal of Virology, vol. 78, n°4, 1962-1970.


NOUVELLES EN VIROLOGIE MÉDICALE


VIH


Interférence négative entre virus: le pire ennemi du VIH serait-il un autre virus ?

De nouveaux résultats montrent que des malades du Sida co-infectés par le GB Virus type C (GBV-C ) un virus, proche de celui de l'hépatite mais inoffensif, connaissent un taux de survie nettement plus élevé. Telle est la conclusion d'une étude menée sur des échantillons sanguins provenant d'un groupe de patients masculins atteints du Sida et médicalement suivis en permanence depuis 1984, dans le cadre de la Multicenter AIDS Cohort Study.

Dix-huit mois après l'infection par le virus VIH du Sida, la présence de GBV-C ne change rien au taux de survie des patients. Mais au bout de six années, la différence est étonnante : 75 % de survivants chez les malades abritant GBV-C contre 39 % chez les autres. Pire, les patients porteurs de GBV-C au moment de l'infection mais chez qui ce virus salvateur disparaît voient leur taux de mortalité multiplié par près de 6

Reste à expliquer ce phénomène. Les scientifiques n'ont que des hypothèses. On sait que le GBV-C se développe dans une certaine famille de lymphocytes, les CD4+, décimés par le HIV. Le GBV-C pourrait n'être pour rien dans l'augmentation du taux de survie constaté : ce serait, au contraire, parce que, pour une autre raison, certains patients résistent mieux au HIV que les CD4+ seraient chez eux plus nombreux, offrant une possibilité de développement pour GBV-C. Mais il se peut aussi que ce dernier exerce effectivement une action inconnue réduisant la prolifération du VIH : compétition entre virus ou production d'une molécule.

Affaire à suivre!

Référence: Roger J. Pomerantz, and Giuseppe Nunnari. HIV and GB Virus C - Can Two Viruses Be Better Than One? New England J. Of Medicine. Volume 350:963-965 March 4, 2004 Number 10


Découverte d'une protéine expliquant la résistance des singes au VIH

Une équipe américaine a mis en évidence un mécanisme protégeant les singes du virus VIH (responsable du Sida chez l'homme) indépendamment des anticorps et des globules blancs du système immunitaire. L'étude menée est partie d'un fait bien connu : certaines espèces de primates de l'Ancien Monde, comme les macaques, les babouins ou les mangabeys, semblent imperméables au VIH, alors qu'ils sont sensibles à son cousin, le virus de l'immunodéficience simien (SIV). Afin de mieux comprendre ce phénomène, Joseph Sodroski et ses collègues ont d'abord créé des pathogènes hybrides possédant une capside d'origine simienne et des gènes humains qui se sont révélés capables d'infecter les singes. Ils ont ensuite imaginé de produire des virus présentant une capside moitié humaine moitié simienne. Mais ces virus-là n'ont pas pu pénétrer l'intérieur des cellules singes. Cette résistance serait liée, selon les chercheurs, à une protéine appelée TRIM5-alpha. En effet, l'introduction du gène codant pour TRIM5-alpha dans des cellules humaines permet de bloquer l'infection par le VIH tandis qu'à l'inverse, le fait de bloquer ce gène dans des cellules de singe suffit à rétablir une susceptibilité au VIH.

La découverte ne devrait pas déboucher à court terme sur l'élaboration de médicaments contre le Sida, mais tout nouveau moyen d'agir sur le cycle de vie du virus peut ouvrir des voies de thérapies antivirales intéressantes. Elle pourrait également permettre d'expliquer l'immunité naturelle au VIH ou à d'autres virus constatées chez certaines personnes.

Référence: Matthew Stremlau et al. The cytoplasmic body component TRIM5 restricts HIV-1 infection in Old World monkeys. Nature 427, 848 - 853 (26 February 2004)


Des souches du VIH sont plus virulentes que d'autres

En voie de devenir l'une des premières causes de mortalité par maladie infectieuse, le sida touche plus de 40 millions de personnes, dont 30 millions vivent en Afrique sub-saharienne. Les experts estiment que chaque jour, plus de 140.00 personnes sont contaminées par le virus.

Des travaux récents démontrent que les différentes souches du virus d'immunodéficience humaine (VIH) n'ont pas toutes le même potentiel infectieux. En effet, des chercheurs américains ont étudié la séropositivité sur huit couples hétérosexuels de Zambie dont l'un des partenaires venaient de contaminer l'autre. En comparant les différentes souches de virus qui avaient infecté chacun des deux partenaires, ils ont constaté que seulement un petit sous-ensemble de souches était responsable de l'infection primaire du receveur. Après analyses au microscope, ils ont découvert que ces dernières possédaient des glycoprotéines de surface plus petites que la moyenne et étaient particulièrement compactes. On pense que ces plus petites protéines d'enveloppe seraient un atout pour le virus et favoriseraient la pénétration de ce dernier dans les cellules hôtes. D'autre part, il a été constaté que ces souches étaient particulièrement vulnérables aux anticorps de partenaires transmetteurs. Les deux mécanismes associés expliquent l'invasion du receveur par ces souches à molécules de surface plus petites.

La découverte pourrait permettre d'ouvrir la voie à de nouvelles recherches dans le but de fabriquer un vaccin, en exploitant cette courte période, juste après la contamination, pendant laquelle les souches infectantes sont plus fragiles et plus vulnérables.

Référence: Cynthia A. Derdeyn et al. Envelope-Constrained Neutralization-Sensitive HIV-1 After Heterosexual Transmission. Science 26 March 2004: 2019-2022.


Un test oral rapide du SIDA approuvé aux Etats-Unis

Jusqu'ici, les analyses rapides exigeaient de prélever un peu de sang au bout du doigt. Il fallait attendre ensuite jusqu'à deux semaines pour connaître les résultats des analyses et chaque année 8.000 personnes séro-positives ne revenaient pas chercher leur test dans les hôpitaux publics. Ce test présentait en outre le désavantage de faire intervenir des aiguilles et de faire couler du sang, donc d'être potentiellement dangereux pour le personnel médical.

Voici que le gouvernement américain vient de donner son feu vert au premier test oral du virus du SIDA qui donne une réponse en 20 minutes. Le test d'OraSure Technologies, Oraquick, repose sur l'examen d'un coton spécialement traité qui est passé sur les gencives afin de s'imprégner de cellules. En cas d'infection par le virus VIH, des lignes rouges apparaissent sur le test.

Fiable à 99%, selon l'Agence fédérale du médicament, il pourrait notamment être utilisé en Afrique, le continent le plus touché par l'épidémie. En cas de test positif, les patient doivent faire confirmer le diagnostic par un laboratoire.

Les experts prédisent que ce progrès va pousser des milliers d'Américains à se faire tester ce qui se traduira par un ralentissement de la progression de la maladie.

Source: dépêche de l'AFP


VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS


Une protéine pour lutter contre l'hépatite B

On sait qu'une protéine appelée Apobec3G, et synthétisée naturellement dans nos lymphocytes T, introduit des erreurs dans le code génétique des rétrovirus et prévient ainsi leur propagation. En plaçant ces altérations fatales, Apobec3G n'empêche pas le virus de se reproduire, mais s'assure du fait que son ADN soit mort, qu'il ne "dise" plus rien, lorsqu'il pénétre dans les cellules.

Voici maintenant qu'il est démontré que cette même protéine pourrait dans certaines conditions bloquer la réplication du virus responsable de l'hépatite B et ainsi empêcher l'infection.

D'après les chercheurs, le mécanisme qui permet de bloquer la propagation du HBV est légèrement différent de celui qui bloque celle du VIH. Au lieu de provoquer des erreurs d'écriture sur le matériel génétique viral, la protéine empêche le virus de procéder à certaines opérations nécessaires à la synthèse même du matériel génétique.

Référence: Priscilla Turelli, Bastien Mangeat, Stephanie Jost, Sandrine Vianin, and Didier Trono. Inhibition of Hepatitis B Virus Replication by APOBEC3G. Science 19 March 2004: 1829.


La souris produit des anticorps neutralisant le SRAS

Des chercheurs du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) soutiennent que le système immunitaire de la souris produit des anticorps capables de neutraliser le virus provoquant la pneumopathie atypique.

L'équipe de recherche a, dans un premier temps, déterminé que les souris pouvaient être infectées par le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Ce virus a contaminé les poumons et voies respiratoires des souris de laboratoire, sans pour autant les rendre malades.

Au moment d'une seconde infection au SRAS, les scientifiques se sont aperçus que le système immunitaire des souris répondait à l'attaque virale par la production d'anticorps, empêchant ainsi la réplication du virus dans les poumons et les voies respiratoires. Les chercheurs ont déduit que la première infection protégeait les souris de la réinfection.

Une autre expérience a permis d'établir que les anticorps produits par les souris pouvaient être transférés à d'autres souris jamais en contact avec le virus, leur conférant une immunité contre le virus. Les rongeurs, une fois les anticorps inoculés, ont été infectés avec le virus, mais il s'est montré incapable de répliquer.

Ces résultats prometteurs permettent d'espérer qu'un vaccin contre ce virus extrêmement contagieux pourrait être créé d'ici quelques années.

Référence: K Subbarao et al. Prior infection and passive transfer of neutralizing antibody prevent replication of severe acute respiratory syndrome coronavirus in the respiratory tract of mice. J. Virol. 2004. 78: 3572-3577.

On peut aussi consulter: http://www.nih.gov/news/pr/mar2004/niaid-12.htm


Première structure 3D d'une protéine réplicative du virus du SRAS

Le virus responsable de la pneumonie atypique (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère ou SRAS), nouveau venu de la famille des Coronavirus, représente un exemple récent de virus pathogène humain émergent, capable de franchir la barrière Animal-Homme. L'épidémie qu'il provoque est préoccupante tant par sa gravité (autour de 10 % de mortalité chez les personnes infectées) que par sa rapidité de diffusion dans le monde.

Un travail , réalisé par les chercheurs du laboratoire Architecture et fonction des macromolécules biologiques (AFMB) du CNRS et des universités Aix-Marseille I et II, en collaboration avec des laboratoires européens de la plateforme de Génomique structurale de Marseille, qui ont effectué en parallèle de très nombreux essais de clonage, purification, cristallographie, de manière semi-automatisée , a permis de déterminer la structure 3D de l'une des protéines du virus. La résolution de la structure tridimensionnelle de nsp9 a permis de trouver immédiatement sa fonction dans la machinerie réplicative qui permet au virus de se multiplier.

Ces premières données structurales sont un pas vers la mise au point de drogues antivirales dirigées contre les protéines essentielles du virus.

Par ailleurs, l'approche des chercheurs de l'AFMB pourrait être étendue à de nombreux pathogènes viraux dont l'émergence est très probable ou déjà avérée (virus de la Dengue, du Nil occidental, de la grippe aviaire, etc...).

Référence: Egloff MP, Ferron F, Campanacci V, Longhi S, Rancurel C, Dutartre H, Snijder EJ, Gorbalenya AE, Cambillau C, Canard B. The severe acute respiratory syndrome-coronavirus replicative protein nsp9 is a single-stranded RNA-binding subunit unique in the RNA virus world. Proc Natl Acad Sci U S A. 2004 Mar 16;101(11):3792-6.


Des virus utilisés comme charpente pour la fabrication de nanostructures

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l'Université du Texas à Austin ont génétiquement modifié un virus commun pour en faire un support de synthèse de nanostructures.

Pour cela, ils ont commencé par exprimer des peptides (ou chaînes d'amino-acides) présentant une forte affinité pour des matériaux particuliers sur la capside de bactériophages M13. En fournissant ensuite les bons éléments au bon moment, la coque modifiée du virus joue un rôle de canevas sur lequel vont se développer des cristaux réguliers parfaitement agencés. Dernière étape du processus, la base virale du dispositif est retirée, autorisant l'agrégation des cristaux en nanostructures individuelles.

Grâce à sa technique, l'équipe a réussi la synthèse de nanostructures à partir de deux matériaux semi-conducteurs, le sulfure de zinc (ZnS) et le sulfure de cadmium (CdS), et de deux alliages ferromagnétiques, de cobalt et de platine (CoPt) et de fer et de platine (FePt).

Une société nommée Semzyme a d'ores et déjà été créé afin de porter la technique sur le marché industriel.

Référence: Chuanbin Mao et al. Virus-Based Toolkit for the Directed Synthesis of Magnetic and Semiconducting Nanowires. Science Jan 9 2004: 213-217.


Résultats prometteurs d'un nouveau vaccin contre la variole

Des essais sur l'efficacité d'un nouveau vaccin antivariolique ont donné des résultats encourageants sur des souris et des singes. Ce qui pourrait déboucher sur un vaccin mieux toléré par les personnes dont la santé ne permet pas la vaccination.

En effet, selon de tous récents travaux, des singes traités avec le virus modifié de la vaccine Ankara (MVA) ont été immunisés contre la variole du singe, aux effets similaires à la variole chez l'homme, tandis que ceux qui n'avaient pas été inoculés sont tombés gravement malades. Le candidat vaccin a été testé par la même équipe sur des souris au système immunitaire affaibli, qui ont très bien réagi, tandis que d'autres souris ayant reçu le vaccin antivariolique traditionnel Dryvax étaient mortes de ses effets secondaires.

Les chercheurs en déduisent que ce nouveau vaccin pourrait être une solution de rechange pour vacciner les personnes à immunité réduite, comme les malades du sida, qui ne peuvent pas aujourd'hui être protégées contre la variole.

L'éradication de la maladie a été proclamée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1980. Mais la variole est considérée comme une arme de terreur potentielle, qui pourrait être utilisée pour semer la panique et provoquer des centaines de milliers de morts.

En principe, seuls deux laboratoires, l'un américain et l'autre russe, sont détenteurs du virus. On craint que des échantillons du virus soient tombés aux mains de personnes malveillantes. L'actuel vaccin contre la variole est fabriqué à partir de la vaccine ou "variole de la vache".

Référence: Patricia L. Earl et al. Immunogenicity of a highly attenuated MVA smallpox vaccine and protection against monkeypox. Nature 428, 182 - 185 (11 March 2004)


Les scientifiques ont créé des balances microscopiques qui peuvent peser une particule virale

Des physiciens ont pesé un virus - le virus de la vaccine qui est utilisé dans le vaccin antivariolique - en employant un tremplin minuscule. Ce dernier, fait à partir d'un ruban de silicium de 30 nanomètres d'épaisseur, soit 2.000 fois plus mince que des cheveux humains, oscille naturellement à une fréquence qui peut être mesurée par réflexion d'un rayon laser sur son extrémité. Quand un objet minuscule tel qu'un virus adhère au bout du tremplin, la fréquence de l'oscillation change d'une valeur qui correspond au poids du virus. Selon les résultats, le virion de la vaccine pèse environ 10 femtogrammes, qui est environ le milliardième du poids d'un grain de riz.

Les chercheurs songent à transformer leurs balances en détecteurs minuscules de virus. Ils ont, en effet, l'intention d'enduire le tremplin avec des anticorps qui permettraient seulement à un type particulier de virus d'y adhérer. Si, dans un milieu donné, la fréquence du tremplin change, ceci signifierait qu'un virus donné est présent dans l'air. De tels détecteurs pourraient un jour être employés pour surveiller la pureté d'air dans les hôpitaux, ou pour aider à la lutte antiterroriste.

Référence: Bashir, R. et al. Single virus particle mass detection using microresonators with nanoscale thickness. Applied Physics Letters, in press, (2004).


Mise au pont d'un dispositif pour détecter, emprisonner et désactiver les virus

Des ingénieurs ont fait breveter un dispositif pour le piégeage et la désactivation des particules virales. Leur appareil combine un champ électrique avec des rayons X mous et des catalyseurs pour capturer et détruire des bioagents tels que le virus de variole. Quand des particules pénètrent dans le dispositif, elles sont chargées et emprisonnées dans un champ électrique qui les conduit sur les parois où des nanoparticules catalysent leur oxydation, donc la destruction de leurs composants organiques. Ces nanoparticules peuvent être activées ou désactivées par les rayons X mous.

Les chercheurs ont testé leur dispositif en utilisant le virus inactivé de la poliomyélite et ils ont obtenu 99,9999 pour cent d'efficacité. Le travail est prometteur pour lutter contre le terrorisme et également pour amélioration de l'hygiène des installations de ventilation dans les bâtiments ou les carlingues d'avion.

Sources: le travail a été présenté au colloque "Researcch in Aerosols and Air Quality, " tenu le 2 mars 2004 à la Washington University.

On pourra aussi consulter: http://www.sciencedaily.com/releases/2004/03/040309073744.htm


Des moustiques hybrides seraient, en Amérique du Nord, la cause de la maladie du Virus du Nil occidental (VNO)

Le VNO infecte des oiseaux en Europe et Amérique du Nord, mais c'est seulement en Amérique du Nord qu'il infecte et tue régulièrement des personnes. La raison, jusqu'ici inconnue, pourrait résider au niveau de l'évolution, sur le continent nord-américain, du moustique vecteur, Culex pipiens.

En effet, grâce à l'analyse détaillée d'ADN, des chercheurs rapportent qu'en Europe, Culex forme deux groupes distincts. Un de ceux-ci vit à l'extérieur dans des pays plus froids, hiberne, et mord principalement les oiseaux. Le deuxième groupe vit à l'extérieur dans des climats plus chauds out sous abris, tels que les tunnels ferroviaires. Il n'hiberne pas, mais s'alimente voracement sur les humains. Ce groupe, appelé Culex molestus, ne s'hybride jamais avec le premier. Ceci explique pourquoi en Europe, le virus du Nil occidental n'est pas transporté des oiseaux à l'homme.

Les deux groupes de Culex ont été importés sur le continent nord-américain, mais, là, pour des raisons inconnues, ils auraient hybridé, donnant naissance à un vecteur hibernant qui peut aisément faire le pont entre le réservoir aviaire et les humains.

Toutefois, pour expliquer la transmission à l'humain, d'autres scientifiques blâment la susceptibilité des oiseaux américains pour le virus du Nil occidental. Selon eux, les oiseaux eurasiens et africains qui ont vécu avec le virus pendant des millénaires lui sont résistants, et une fois infectés ne portent donc pas des niveaux élevés de virus dans leur sang et ainsi sont moins susceptibles de fournir des doses virales élevées aux moustiques vecteurs. Inversement, les oiseaux américains, dépourvus de défense contre le VON, porteraient beaucoup plus de virus, et pourraient donc le propager aux humains plus aisément.

Il est probable que les deux théories sont complémentaires.

Il n'y a aucune évidence jusqu'ici que les hybrides aient atteint l'Europe. Mais s'ils le faisaient , ils pourraient radicalement y changer la dynamique du virus du Nil occidental .

Référence: Jennifer Couzin . Hybrid Mosquitoes Suspected in West Nile Virus Spread Science 5 March 2004; 303: 1451


Découverte d'un nouveau coronavirus humain, proche du SRAS

Des chercheurs néerlandais viennent d'annoncer avoir identifié un virus jusque là inconnu, cousin de l'agent de la pneumonie atypique, mais qui serait largement répandu dans le monde. Ce virus, le "quatrième coronavirus humain connu", baptisé HCoV-NL63, est responsable d'un mauvais rhume mais pas de pneumopathie comme le coronavirus responsable du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) dont l'épidémie de 2002-2003 a totalisé 8.422 cas dont 916 décès enregistrés, pour l'essentiel en Chine continentale.

Il a été découvert en enquêtant sur le cas d'une fillette de sept mois, admise en janvier 2003 pour une bronchiolite et une conjonctivite. Les tests destinés à détecter les virus susceptibles d'être impliqués (virus respiratoire syncythial ou VRS responsable de la plupart des bronchiolites du nourrisson, adénovirus, virus de la grippe...) étaient négatifs.

Par la suite, le nouveau coronavirus a été décelé chez sept autres patients, enfants et adultes, souffrant d'infections respiratoires, signe que le virus a largement diffusé dans la population humaine. Le nouveau virus a été détecté au cours de l'hiver (jusqu'à 7 % des admissions pour atteintes respiratoires de cause indéterminée en janvier 2003), mais pas pendant la belle saison (printemps, été) comme les autres coronavirus dont la transmission prédomine en hiver.

L'analyse complète du génome du virus, isolé grâce à la fillette, montre que le nouveau virus est plus proche de l'un des deux plus anciens coronavirus humains connus (le HCoV-229E), avec lequel il partage deux tiers environ de ses nucléotides (sous-unités de l'ADN), que du virus du SRAS.

Selon les chercheurs, ce nouveau virus peut causer des affections respiratoires aigues chez les enfants de moins d'un an et les adultes immunodéprimés (par un traitement pour greffe de moelle osseuse ou une maladie pré-existance comme par exemple le sida). Mais les symptômes qu'il occasionne sont modérés comparés à ceux du SRAS.

De prochaines études devraient permettre d'avoir une vision plus précise de la fréquence de ce virus et de son association avec les maladies respiratoires.

Source: article publié sur le site internet de la revue Nature Medicine.


Un ribozyme s'avère efficace contre l'hépatite B.

L'hépatite B est une maladie infectieuse du foie causée par un virus du même nom. L'infection ne se produit que si le virus pénètre dans le sang et atteint le foie. De là, le virus s'étant reproduit en grande quantité se diffuse dans tout le courant sanguin.

Pour des raisons encore mal connues, 10 pour cent des personnes qui contractent l'hépatite B deviennent porteuses de cette maladie. Leur sang reste infecté pendant des mois, des années, ou même à vie. Soixante-dix pour cent des porteurs d'hépatite B développent une forme de maladie chronique, mais ils ne paraissent pas malades. Les autres 30 pour cent souffrent continuellement d'une maladie du foie qui se transforme souvent en cirrhose et, après une période de 30 à 40 ans, en cancer du foie. A l'heure actuelle, il n'existe aucun moyen de guérir les porteurs d'hépatite B

Le virus de l'hépatite B est un virus de classe VII, donc à ADN simple et double brin, avec reverse transcriptase. Le VHB pénètre dans les hépatocytes grâce à un récepteur dont l'identité n'est pas encore totalement déterminée. A cette étape, le virus perd son enveloppe et rejoint le noyau de l'hépatocyte. Le génome pénètre dans le noyau pour être transformé en un ADN circulaire covalemment clos (ADN ccc) grâce à l'intervention d'enzymes cellulaires. Cet ADN est transcrit en divers ARNm qui servent à la traduction des protéines virales. Un ARN de 3,5 kb, dit ARN prégénome est encapsidé et copié en un ADN de 3180 nucléotides, grâce à la transcriptase inverse virale. La synthèse du second brin d'ADN, à partir du brin néo-synthétisé s'interrompt prématurément donnant des brins courts de taille variable. La nucléocapside acquiert ensuite l'enveloppe et le virion ainsi formé est libéré dans le sang. Certaines nucléocapsides ne sont pas enveloppées et retournent au niveau du noyau, avec pénétration des génomes viraux et redémarrage d'un nouveau cycle de multiplication. Cette étape permet le maintien d'un "pool" d'ADN ccc dans le noyau de l'hépatocyte, ce qui rend difficile l'élimination totale du virus par les traitements antiviraux.

On sait que les ribozymes dérivés des pathogènes de plantes (hammerhead et hairpin) ont démontré une certaine habileté à cliver plusieurs ARN et à inhiber la réplication virale. Plusieurs laboratoires travaillaient sur le développement d'une stratégie basée sur ce ribozyme pour contrôler la réplication du virus VHB (virus de l'hépatite B). L'un d'entre eux a pu, utilisant des liposomes contenant une cassette SNIPAA qui contient une double dose du ribozyme trans-actif extrait d'hammerhead, faire pénétrer celle-ci dans des cellules hépatiques de souris chroniquement atteintes de VHB et constater que le virus était éliminé. Les expériences furent réalisées in vitro et in vivo. Les auteurs attribuent leur succès à plusieurs raisons techniques qu'ils décrivent dans leur travail.

Référence: version en ligne (5 mars) du journal, Molecular Therapy. La version papier apparaîtra dans l'édition d'avril du journal.


Implication d'un virus dans l'Histiocytose de Langerhans

L'Histiocytose de Langerhans est une maladie rare qui existe depuis longtemps. Connue précédemment sous divers noms tels que: histiocytose X, maladie de Hand-Schüller-Christian, maladie de Letterer-Siwe et granulome à eosinophile, ce n'est que depuis peu qu'on y attache plus d'attention.

L'Histiocytose de Langerhans consiste en une augmentation des histiocytes dans les tissus. Les histiocytes sont des globules blancs dont la tâche est de détruire certains éléments étrangers au corps et de combattre les infections. La cellule de Langerhans est l'un de ces histiocytes. L'augmentation de ces cellules dans certaines parties du corps compromet le bon fonctionnement des organes touchés. Certains patients ne présentent qu'une lésion à un endroit précis. Chez d'autres on trouve des lésions à divers endroits du corps. Parfois plusieurs organes sont touchés en même temps. Cela arrive plus fréquemment chez les très jeunes enfants. Dans ce dernier groupe, la maladie est parfois fatale. Il arrive aussi que le patient guérisse spontanément. Certains patients peuvent développer des problèmes chroniques et des lésions permanentes.

La cause de cette maladie est encore inconnue. Les causes de l'histiocytose langerhansienne restent encore obscures. L'histiocytose langerhansienne est-elle réactionnelle ? Tumorale ? Un virus est-il à incriminer ?

Des travaux récents apportent des éléments en faveur de l'hypothèse virale. En effet, des chercheurs ont trouvé des évidences en faveur de la présence d'un virus, le virus herpès humain 6 (HHV-6) dans les tissus de 25 enfants sur 35 atteints d'histiocytose de Langerhans (LCH), contre seulement cinq sur 19 enfants non atteints. Des chercheurs précédents avaient suspecté que HHV-6 pourrait jouer un rôle dans la LCH, mais les évidences apportées étaient indirectes, ou avaient été contestées par l'existence possible d'une contamination . L'étude courante échappe à ces critiques et montre la présence directe du virus dans le cytoplasme de lymphocytes dans des tissus de patients atteints de LCH. La présence du virus a été confirmée par hybridation in situ. Les chercheurs suggèrent qu'après que le virus HHV-6 ait infecté des lymphocytes, l'organisme déclenche en réponse une immuno-réaction anormale ayant pour résultat la surproduction des cellules de Langerhans. Le fait que HHV-6, soit extrêmement commun chez les enfants et les adultes explique qu'on ait pu le retrouver dans 5 échantillons sur 19 de tissus provenant d'enfants sans LCH. Mais, puisque ces enfants n'étaient pas atteints, les résultats suggèrent que le virus agit sur des individus qui présenteraient une certaine prédisposition fondamentale à la maladie.

Ces travaux permettent d'espérer que le traitement de la LCH pourra évoluer vers la prise de médicaments antiviraux ou de drogues qui stimulent le système immunitaire

Référence: Glotzbecker, Michael P. et al. Langerhans Cell Histiocytosis: A Primary Viral Infection of Bone?: Human Herpes Virus 6 Latent Protein Detected in Lymphocytes From Tissue of Children. Journal of Pediatric Orthopedics. 24(1):123-129, January/February 2004.


La vaccination des oiseaux contre la grippe du poulet pourrait accélérer l'apparition de nouvelles souches virales

La vaccination apparaît être le seul moyen de stopper l'évolution de l'épidémie de grippe du poulet en Asie. Ainsi, la Chine et l'Indonésie vaccinent, et d'autres pays asiatiques frappés par la maladie envisagent de le faire.

Mais, les vaccins, particulièrement ceux contre la grippe, ne sont pas 100 pour cent efficaces. Tandis qu'ils empêchent les animaux de développer la maladie, une certaine quantité de virus peut persister et se répliquer à l'intérieur des organismes et, ainsi, diffuser d'animal à animal. De telles "épidémies silencieuses" sont très difficiles à repérer, mais peuvent causer de nouvelles manifestations si des animaux non vaccinés sont exposés aux porteurs ou si on cesse prématurément la vaccination. Étant donné que le virus H5N1 circule toujours parmi les oiseaux vaccinés, la crainte est que, profitant de la situation, il puisse se transformer en une forme qui soit non seulement transmissible à l'homme, comme la souche actuelle, mais soit également contagieuse de personne à personne.

Ces craintes viennent d'être confirmée par une recherche au Mexique où il vient d'être montré que le virus de la grippe aviaire évolue, chez les animaux vaccinés à un taux sans précédent, avec des conséquences imprévisibles. Dans leur rapport, les chercheurs indiquent que "des différences antigéniques majeures" ont été trouvées dans les virus isolés à partir de poulets vaccinés depuis 1995. La nouvelles souche est très différente de la souche circulante actuelle, ce qui signifie que les oiseaux infectés excréteront plus de virus et répandront l'infection plus aisément. Normalement le virus grippal aviaire change peu chez les poulets, parce qu'il y persiste rarement assez longtemps, mais, au Mexique, le virus a été exposé aux poulets vaccinés pendant des années et ceci a encouragé l'apparition de nouvelles formes.

Le virus H5N1 qui circule actuellement chez les poulets vaccinés en Asie est susceptible d'évoluer de la même manière. Il est possible, cependant, de supprimer le virus sauvage H5N1 chez les animaux vaccinés. La solution est de détecter et détruire les infections silencieuses. Il y a deux façons possibles de le faire:

- la manière basse technologie est de placer des oiseaux non vaccinés à côté de ceux qui le sont. Si n'importe quelle souche grippale circule, les oiseaux "sentinelles" développeront des symptômes évidents.

- la méthode de pointe est d'employer un vaccin marqueur qui déclenche la production d'un ensemble différent d'anticorps au virus sauvage. Les essais d'anticorps peuvent alors distinguer les oiseaux infectés et ceux qui ont été simplement vaccinés.

La surveillance on le voit est essentielle. Sans elle, l'utilisation de la vaccination peut avoir un effet de boomerang, et devenir un outil pour propager le virus, au lieu de le contrôler. Toutefois, il est à craindre que de tels systèmes de surveillance soient hors de portée des pays asiatiques.

Source: http://www.newscientist.com/news/news.jsp?id=ns99994810


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