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VIROLOGIE
FONDAMENTALE
Proposition d'un nouveau système
de classification virale basé sur
l'étude des interactomes des diverses
cellules infectées
La structure des virus est
généralement simple, tandis que leur
classification est complexe. Actuellement,
plusieurs
systèmes, tels que le système ICTV,
la classification de Baltimore, le système
LHT, les classifications de Casjens et de Rois,
etc, ont été proposés pour
classer les virus et dégager les relations
existant entre eux.
Chaque système a ses limites, en raison de
la complexité des origines des virus et de
leur taux d'évolution rapide. Ainsi donc,
tout nouveau
système de classification est bienvenu, car
il apporte un complément de plus aux
systèmes existants.
Une équipe de recherche
vient justement de proposer une toute nouvelle classification virale
basée sur les interactomes des cellules
infectées.
Rappelons que l'interactome se définit comme
toutes les interactions possibles entre les
molécules biologiques d'une cellule et plus
spécifiquement l'ensemble des interactions
protéine-protéine. Dans les cellules infectées par
un virus, la survie, la réplication et la
diffusion de ces derniers dépend de leur
capacité à contrôler des
fonctions cellulaires. Cela implique qu'il puisse
s'établir une connexion (interactome) des
protéines virales au réseau des
protéines cellulaires afin d'altérer
la dynamique de ce réseau, conduisant au
détournement des fonctions cellulaires au
profit du virus ainsi qu'à
l'émergence ou la disparition de fonctions
cellulaires.
Les chercheurs sont partis
de l'hypothèse que
des virus phylogénétiquement
apparentés doivent avoir des interactomes
proches (modes d'action similaires), alors que les
virus éloignés doivent
posséder des interactomes
différents.
Dès lors, les relations établies par
l'analyse comparative des interactomes doit donc
permettre théoriquement de dégager
des relations (classification) qui pourraient
recouper les résultats taxonomiques des
autres systèmes de
classification.
Pour vérifier cette
hypothèse, les
scientifiques ont étudié 9683
interactions protéine-protéine dans
les interactomes de 114 virus qui ont pour
hôte, l'humain, notamment les virus VIH-1 et
VIH-2. La plus ou moins grande similarité
fonctionnelle des protéines humaines
ciblées par les protéines virales a
été utilisée pour
évaluer la relation potentielle entre les
différents virus. Il a ainsi
été possible aux investigateurs de
définir des groupes viraux ayant des
façons communes de détourner ou de
supprimer des fonctions cellulaires. Les résultats obtenus montrent
que tous ces groupes sont
conformes à ceux dégagés par
la taxonomie classique,
ce qui démontre que la méthode
basée sur la détermination des
interactomes donne des résultats compatibles
avec ceux fournis par les systèmes
taxonomiques antérieurs.
Référence -
Feng Xu, …and Tieliu Shi.
Exploring virus relationships based on virus-host
protein-protein interaction network. BMC Systems
Biology 2011, 5(Suppl 3):S11
doi:10.1186/1752-0509-5-S3-S11
Sarcome
de Kaposi - L'herpèsvirus humain induit une
reprogrammation des cellules endothéliales,
les transformant en cellules
mésenchymateuses invasives
Le sarcome de Kaposi (SK), connu aussi sous le nom de syndrome de
Kaposi, est lié
à l'infection par l'herpèsvirus
humain HHV8. La forme
classique provoque des tumeurs
cutanées intéressant d'abord
l'épithélium, puis gagnant la
muqueuse et pouvant essaimer
(métastases) en
donnant une atteinte viscérale, en
particulier une atteinte
pulmonaire, qui fait
toute la gravité de la maladie de Kaposi
On sait que les propriétés
nécessaires à la dissémination
métastatique sont acquises au travers
d'évènements qui favorisent la
croissance de la tumeur primaire. Ainsi, dans le cas du sarcome de
Kaposi, le phénomène
déterminant est la transition
épithélio-mésenchymateuse qui est le passage d'un
épithélium
dont les cellules polarisées sont
liées par des jonctions serrées, des
jonctions gap, des jonctions adhérentes, et
des desmosomes à
un mésenchyme
où les cellules ne sont plus liées
entre elles mais constituent un tissu de soutien
relié par la matrice extracellulaire et
où les cellules sont capables de
migration.
Les bases moléculaires de la
transition
épithélio-mésychenmateuse ont fait l'objet nombreuses
études. Celles-ci, bien que n'ayant pas
totalement clarifié le
phénomène, ont pu toutefois
préciser plusieurs
voies de signalisation
interconnectées,
ainsi qu'un bon nombre de molécules adaptatrices intervenant
dans la prolifération, la migration et
l'invasion.
Une équipe de
recherche vient d'apporter sa pierre à
l'édifice, en montrant, par l'étude
du transcriptome (l'ensemble des ARN messager) des
cellules épithéliales
infectées, que l'herpèsvirus humain
HHV8 induit la reprogrammation transcriptionnelle
de gènes des cellules en question, pour leur
faire fabriquer certaines des molécules
adaptatrices signalées plus haut, notamment
une métalloprotéinase associée
à la membrane de ces cellules, la
MT1-MMP.
Ceci donne au virus un
environnement de réplication optimum. En
effet, alors que les cellules epithéliales
ne sont en contact avec la matrice fibreuse que par
une face, les cellules mesenchymateuses, elles,
n'ont pas de contact direct entre elles et donc
offrent au virus plusieurs faces par lesquelles il
peut pénétrer.
Cette information pourra
éventuellement être utilisée
pour développer
des thérapies ciblées qui
préviendront ou, au moins, ralentiront la
progression du SK.
Source - Eurekalert 14-Dec-2011
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2011-12/uoh-kir121311.php
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