RÉCENTES PERSPECTIVES

EN VIROLOGIE

 

Revue de presse mensuelle VOL20 N°2 FÉVRIER 2012

Mis à jour le 8 février 2012

 

 

 

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Virologie médicale et appliquée (autes virus)

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Nombreux sont les sites Internet consacrés aux sciences. Plus rares sont ceux consacrés à la virologie, et , parmi eux, plus rares encore sont ceux disponibles en français. "Récentes perspectives en virologie" veut, dans la mesure du possible, combler cette lacune en faisant état chaque mois des tous derniers travaux dans divers champs de la virologie tant fondamentale qu'appliquée.

De septembre à avril, le site sera constamment complété et mis à jour, aussi les lectrices et lecteurs intéressés sont-ils avisés de le consulter régulièrement au moins sur une base hebdomadaire.

 

 Jean Robin, Ph.D. ARMCCM

 

Un des objectifs de ce site est d'être utile aux futures et futurs virologistes, et tout particulièrement aux étudiantes et étudiants, qui trouveront là, très certainement, des sujets pouvant faire l'objet de développements dans le cadre de séminaires ou de travaux dirigés. Dans cet esprit:

Pour toutes remarques, questions ou suggestions


DANS CE NUMÉRO DE RÉCENTES PERSPECTIVES EN VIROLOGIE

VIROLOGIE FONDAMENTALE

1- STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS DES VIRUS

 

7- MORPHOGÉNÈSE ET SYNTHÈSE IN VITRO

 

2- CLASSIFICATION DES VIRUS-NOUVEAUX VIRUS

Proposition d'un nouveau système de classification virale basé sur l'étude des interactomes des diverses cellules infectées

8- RELARGAGE

 

3- ATTACHEMENT ET INTERNALISATION DES VIRUS

 

9- INTERFÉRONS ET ANTIVIRAUX

 

4- TRANSPORT INTRACYTOPLASMIQUE

 

10-ONCOGÉNÈSE

Sarcome de Kaposi - L'herpèsvirus humain induit une reprogrammation des cellules endothéliales, les transformant en cellules mésenchymateuses invasives

5- DÉCAPSIDATION 

 

11- INFECTION ET IMMUNITÉ

 

6- RÉPLICATION-LATENCE 

VIROLOGIE MÉDICALE: VIH  

 

VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

 Nouvelle technique d'adsorption permettant la détection des virus entériques dans les divers échantillons cliniques et environnementaux

Virus de la grippe - Les cellules immunitaires innées sont responsables de la réparation des tissus pulmonaires endommagés >>>>NOUVEAU

CALENDRIER DES TOUS PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

ARTICLES DU MOIS

VIROLOGIE FONDAMENTALE

Proposition d'un nouveau système de classification virale basé sur l'étude des interactomes des diverses cellules infectées

La structure des virus est généralement simple, tandis que leur classification est complexe. Actuellement, plusieurs systèmes, tels que le système ICTV, la classification de Baltimore, le système LHT, les classifications de Casjens et de Rois, etc, ont été proposés pour classer les virus et dégager les relations existant entre eux. Chaque système a ses limites, en raison de la complexité des origines des virus et de leur taux d'évolution rapide. Ainsi donc, tout nouveau système de classification est bienvenu, car il apporte un complément de plus aux systèmes existants.

Une équipe de recherche vient justement de proposer une toute nouvelle classification virale basée sur les interactomes des cellules infectées. Rappelons que l'interactome se définit comme toutes les interactions possibles entre les molécules biologiques d'une cellule et plus spécifiquement l'ensemble des interactions protéine-protéine. Dans les cellules infectées par un virus, la survie, la réplication et la diffusion de ces derniers dépend de leur capacité à contrôler des fonctions cellulaires. Cela implique qu'il puisse s'établir une connexion (interactome) des protéines virales au réseau des protéines cellulaires afin d'altérer la dynamique de ce réseau, conduisant au détournement des fonctions cellulaires au profit du virus ainsi qu'à l'émergence ou la disparition de fonctions cellulaires.

Les chercheurs sont partis de l'hypothèse que des virus phylogénétiquement apparentés doivent avoir des interactomes proches (modes d'action similaires), alors que les virus éloignés doivent posséder des interactomes différents. Dès lors, les relations établies par l'analyse comparative des interactomes doit donc permettre théoriquement de dégager des relations (classification) qui pourraient recouper les résultats taxonomiques des autres systèmes de classification.

Pour vérifier cette hypothèse, les scientifiques ont étudié 9683 interactions protéine-protéine dans les interactomes de 114 virus qui ont pour hôte, l'humain, notamment les virus VIH-1 et VIH-2. La plus ou moins grande similarité fonctionnelle des protéines humaines ciblées par les protéines virales a été utilisée pour évaluer la relation potentielle entre les différents virus. Il a ainsi été possible aux investigateurs de définir des groupes viraux ayant des façons communes de détourner ou de supprimer des fonctions cellulaires. Les résultats obtenus montrent que tous ces groupes sont conformes à ceux dégagés par la taxonomie classique, ce qui démontre que la méthode basée sur la détermination des interactomes donne des résultats compatibles avec ceux fournis par les systèmes taxonomiques antérieurs.

Référence - Feng Xu, …and Tieliu Shi. Exploring virus relationships based on virus-host protein-protein interaction network. BMC Systems Biology 2011, 5(Suppl 3):S11 doi:10.1186/1752-0509-5-S3-S11


Sarcome de Kaposi - L'herpèsvirus humain induit une reprogrammation des cellules endothéliales, les transformant en cellules mésenchymateuses invasives

Le sarcome de Kaposi (SK), connu aussi sous le nom de syndrome de Kaposi, est lié à l'infection par l'herpèsvirus humain HHV8. La forme classique provoque des tumeurs cutanées intéressant d'abord l'épithélium, puis gagnant la muqueuse et pouvant essaimer (métastases) en donnant une atteinte viscérale, en particulier une atteinte pulmonaire, qui fait toute la gravité de la maladie de Kaposi

On sait que les propriétés nécessaires à la dissémination métastatique sont acquises au travers d'évènements qui favorisent la croissance de la tumeur primaire. Ainsi, dans le cas du sarcome de Kaposi, le phénomène déterminant est la transition épithélio-mésenchymateuse qui est le passage d'un épithélium dont les cellules polarisées sont liées par des jonctions serrées, des jonctions gap, des jonctions adhérentes, et des desmosomes à un mésenchyme où les cellules ne sont plus liées entre elles mais constituent un tissu de soutien relié par la matrice extracellulaire et où les cellules sont capables de migration.

Les bases moléculaires de la transition épithélio-mésychenmateuse ont fait l'objet nombreuses études. Celles-ci, bien que n'ayant pas totalement clarifié le phénomène, ont pu toutefois préciser plusieurs voies de signalisation interconnectées, ainsi qu'un bon nombre de molécules adaptatrices intervenant dans la prolifération, la migration et l'invasion.

Une équipe de recherche vient d'apporter sa pierre à l'édifice, en montrant, par l'étude du transcriptome (l'ensemble des ARN messager) des cellules épithéliales infectées, que l'herpèsvirus humain HHV8 induit la reprogrammation transcriptionnelle de gènes des cellules en question, pour leur faire fabriquer certaines des molécules adaptatrices signalées plus haut, notamment une métalloprotéinase associée à la membrane de ces cellules, la MT1-MMP.

Ceci donne au virus un environnement de réplication optimum. En effet, alors que les cellules epithéliales ne sont en contact avec la matrice fibreuse que par une face, les cellules mesenchymateuses, elles, n'ont pas de contact direct entre elles et donc offrent au virus plusieurs faces par lesquelles il peut pénétrer.

Cette information pourra éventuellement être utilisée pour développer des thérapies ciblées qui préviendront ou, au moins, ralentiront la progression du SK.

Source - Eurekalert 14-Dec-2011

http://www.eurekalert.org/pub_releases/2011-12/uoh-kir121311.php

VIROLOGIE MÉDICALE: VIH

 

VIROLOGIE MÉDICALE ET APPLIQUÉE: AUTRES VIRUS

 Nouvelle technique d'adsorption permettant la détection des virus entériques dans les divers échantillons cliniques et environnementaux

Différentes maladies humaines sont associées aux virus entériques. La gastroentérite est le principal effet des virus entériques sur la santé. La durée d'incubation et la gravité des effets sur la santé dépendent du virus responsable de l'infection. En plus de la gastroentérite, les virus entériques peuvent causer des maladies aiguës graves comme la méningite, la poliomyélite et des maladies fébriles non spécifiques. Ils ont également été mis en cause dans des maladies chroniques, comme le diabète sucré et le syndrome de la fatigue chronique.

Les virus entériques ont un éventail limité d'hôtes, mais certains peuvent infecter à la fois les êtres humains et les animaux. On a décrit plus de 140 types sérologiques de virus entériques reconnus pour infecter les êtres humains. Les virus entériques reconnus pour infecter les êtres humains qu'on associe à des maladies d'origine hydrique comprennent les norovirus, le virus de l'hépatite A (VHA), le virus de l'hépatite E (VHE), les rotavirus et les entérovirus (poliovirus, virus Coxsackie A et B, échovirus et quatre entérovirus non groupés).

Ces virus ne peuvent pas se multiplier dans l'environnement mais ils peuvent survivre plus longtemps dans l'eau que la plupart des bactéries intestinales et ils sont plus infectieux que la plupart des autres microorganismes. Ils sont excrétés dans les selles des personnes infectées et certains d'entre eux peuvent aussi être excrétés dans l'urine. Des virus entériques ont été détectés dans l'eau de surface et dans des sources souterraines qui étaient réputées sûres.

La petite taille des virus entériques et la facilité relative avec laquelle ils traversent les barrières de filtration compliquent leur détection. Celle-ci doit être obtenue par d'autres méthodes basées sur les techniques d'adsorption, processus où un solide est employé pour enlever une substance soluble de l'eau..

Dans cet axe de recherche, des chercheurs proposent une nouvelle méthode basée sur l'utilisation de supports imprégnés d'une protéine découverte par eux et ayant la propriété de fixer sélectivement les norovirus, poliovirus et rotavirus (virus-binding protein, EVBP). Les scientifiques ont évalué la constante de dissociation kD à l'équilibre de leur système, valeur qui permet de caractériser l'efficacité de la liaison du ligand avec son récepteur. Ils l'ont comparé avec les kD de systèmes utilisant d'autres molécules pouvant aussi adsorber les entérovirus. Ils ont ainsi pu constater que le kd dans le système EVBP est plus faible de 1 à 3 log qu'un système d'immunoadsorption par anticorps, mais 2 log plus élevé que les systèmes utilisant des cations.

Ces caractéristiques générales dela liaison avec EVBP devrait permettre de l'utiliser comme un nouvel adsorbant pour la détection de virus entériques dans les divers échantillons cliniques et environnementaux.

Référence - Takahiro Imai, … and Tatsuo Omura. Adsorption characteristics of an enteric virus-binding protein to norovirus, rotavirus and poliovirus. BMC Biotechnology 2011, 11:123 doi:10.1186/1472-6750-11-123. Published: 16 December 2011 


Virus de la grippe - Les cellules immunitaires innées sont responsables de la réparation des tissus pulmonaires endommagés

On sait que la grippe H1N1 endommage l'ensemble des voies respiratoires, de la trachée aux alvéoles pulmonaires. Les voies respiratoires supérieures et inférieures présentent des signes d'inflammation et sont parfois gravement endommagées (lésions).

On a constaté que le pronostic de cette situation est différent selon les patients: l'organisme de certains arrive à réparer les dommages, tandis que, pour d'autres, leur système est impuissant à le faire et les personnes décèdent à la suite de pneumonie ou d'insuffisance pulmonaire. Le mécanisme moléculaire en jeu restait inconnu. Une équipe de recherche vient de découvrir ce dernier.

Travaillant in vivo sur des souris, les chercheurs ont observé que les animaux infectés par le virus de la grippe, et dépourvus d'une population de globules blancs particuliers, soit des cellules immunitaires appelées cellules lymphoïdes innées (ILC), souffraient d'une mauvaise fonction pulmonaire conduisant à leur mort éventuelle. L'équipe a par ailleurs constaté que ces cellules lymphoïdes innées produisaient un facteur de croissance appelé amphiréguline, facteur déjà connu pour promouvoir la multiplication des cellules épithéliales.

Les scientifiques ont alors réussi à normaliser la fonction pulmonaire des animaux atteints, soit par perfusion d'ILC, soit par injection d'amphiréguline dans leurs poumons. Ceci suggère donc que l'activation de ces cellules est le déclencheur, via l'amphiréguline, de la réparation des tissus des voies respiratoires.

Une collaboration avec d'autres chercheurs a permis d'identifier, dans le tissu pulmonaire humain, une population d'ILC similaires aux cellules de souris. Il est donc possible que ces cellules peuvent également orchestrer la réparation des tissus pulmonaires chez les humains .

Référence - Laurel A Monticelli, … David Artis. Innate lymphoid cells promote lung-tissue homeostasis after infection with influenza virus. Nature Immunology 12, 1045-1054 (2011) doi:10.1038/ni.2131

CALENDRIER DES PROCHAINS CONGRÈS EN VIROLOGIE

Feb 16, 2012 - Feb 20, 2012 : American Association for the Advancement of Science (AAAS) 2012 Annual Meeting, Vancouver, BC, Canada

February 26-29, 2012: 10th ASM Biodefense and Emerging Diseases Research Meeting, Washington, DC

 

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SITES A CONSULTER:

Collège canadien des microbiologistes

Infectiologie: ressources en ligne

Informations récentes concernant la grippe aviaire