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Samedi, 19 octobre 2002
15 h 15 - 16 h 30
Salle Lac Mégantic
Le livre et la lecture dans la noblesse canadienne 1670-1764
Mario Robert, Ville de Montréal
La Nouvelle-France, à l'instar de sa métropole, disposait
d'un second ordre dont on connaît mieux les attributs et les comportements
démographiques depuis la parution de La Noblesse de Nouvelle-France
: Familles et alliances de Lorraine Gadoury en 1992. Toutefois, les habitudes
culturelles de ce groupe social sont méconnues. L'historiographie,
s'appuyant surtout sur la correspondance officielle des dirigeants de
la Nouvelle-France, a toujours conclu que le niveau de culture de cette
noblesse, souvent qualifiée d'indigente, était peu élevé.
Afin de mieux cerner certaines de ces pratiques culturelles, notre communication
portera sur la présence du livre et de la lecture au sein de la
noblesse canadienne entre 1690 et 1764. À partir d'un corpus documentaire
de 276 actes notariés, principalement les inventaires après
décès, et selon les méthodes quantitatives développées
par les historiens français du livre, nous identifierons le nombre
et l'importance des collections d'imprimés, les lieux de conservation
et la nature de ces collections. Les nobles canadiens se distinguent-ils
de la population de Québec à la même époque
? La place qu'ils accordent aux livres est-elle moindre que chez les nobles
de France ? Existe-t-il des nobles bibliophiles ? Le livre religieux est-il
omniprésent ? Voilà quelques-unes des questions qui seront
abordées dans notre exposé. Finalement, nous tenterons d'identifier
sommairement les pratiques de lecture des nobles canadiens, les "
signes de lecture " selon l'expression d'Henri-Jean Martin, ce que
ne peuvent les méthodes de l'analyse quantitative du livre.
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