Conférences
Guy Debailleul |
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| Professeur titulaire à l’université Laval et titulaire de la Chaire en développement international |
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| Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur agronome de l’Institut National Agronomique de Paris, Guy Debailleul a été diplômé de l’Institut d’Études Poliques de Paris. Il est aussi titulaire d’un doctorat en économie du développement agricole obtenu à l’Institut Agronomique de Paris- Grignon (aujourd’hui « Agro-Paris Tech »). | |
Sa carrière de chercheur débute à l’Institut National de la Recherche Agronomique au département d’économie et sociologie rurales où il travaille sur l’organisation du mouvement coopératif agricole puis sur le développement des formes d’intégration dans la production porcine. Il rejoint le département d’économie rurale de l’Université Laval à Québec en 1980 où il est maintenant professeur titulaire ainsi que titulaire de la Chaire en développement international. Son enseignement et sa recherche portent sur les conditions de développement de l’agriculture dans les pays développés comme dans les pays en développement et s’intéressent notamment aux politiques agricoles et agroenvironnementales. Dans le cadre de la politique nationale de la ruralité mise en place par le Ministère des affaires municipales, des régions et de l’occupation des territoires (MAMROT), Guy Debailleul préside actuellement le groupe de travail sur la multifonctionnalité des territoires ruraux. Il est par ailleurs président du C.A. de Plan Nagua, un organisme de coopération internationale dont le siège est à Québec. |
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Agriculture, biodiversité et aménagement du territoire :
vers un nouveau paradigme
Le mode de production dominant en agriculture au Québec comme dans la plupart des pays développés peut apparaitre antagonique avec le concept même de biodiversité. Les pratiques agricoles intensives cherchent précisément privilégier le rendement maximal d’une variété d’une espèce sur une parcelle donnée ou le rendement maximal en viande ou lait d’une race donnée en encourageant l’élimination des espèces qui peuvent contrecarrer l’atteinte de ces performances. Cette évolution a conduit à une réduction dramatique de la biodiversité dans les systèmes agricoles intensifs.
Les risques que la poursuite de telles tendances fait courir à la biodiversité, à la capacité des systèmes agricoles à résister à des aléas biologiques et climatiques et les impacts sur la qualité des paysages et sur l’aménagement du territoire suscitent depuis quelque temps une remise en question des choix des modèles de développement agricole. Une plus grande prise en compte de la multifonctionnalité de l’agriculture, de la multifonctionnalité des territoires ruraux, de la préservation de la biodiversité amène à favoriser des modèles de développement agricole alternatifs et à l’adoption de programmes ou de politiques agricoles susceptibles de favoriser leur adoption. Plus largement une telle prise en compte implique un changement de paradigme agricole.
L’exposé illustrera la portée de la réduction de biodiversité en agriculture intensive et portera sur plusieurs exemples de pays ayant adopté une approche d’intégration de la biodiversité et du développement agricole dans une approche d’aménagement du territoire et suggérera des orientations pour la politique agricole québécoise.